Auteur : David Nicholls
Editeur : 10X18
Collection : 10X18
Parution : 2 février 2012
Pages : 620
15 juillet 1988. Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d'une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s'attendre, dans les remous étourdissants de leur existence. Un conte des temps modernes où la splendeur d'aimer a fait chavirer le monde entier.
Mon avis
Un grand merci à Jed’s Burdy de me l’avoir
envoyé durant notre swap wishlist, car en effet il était On the Top !
Depuis le visionnage de la bande annonce du film, l’histoire me faisait de l’œil,
et comme j’aime le répéter, je préfère lire le livre avant de regarder le film.
Un jour. Le 15 juillet. Durant 20 ans. Deux
inconnus, amis et amants vont se perdre, se retrouver, s’aimer et se haïr. La
trame peut légèrement faire penser à ce livre Les aimants qui avait été un coup
de cœur. Bien sur on nage dans quelque chose de totalement différent avec le
récit de Nicholls, mais la structure peut être comparable.
Tout reste très abstrait pour le lecteur, il
ne se retrouve invité dans ces vies que durant une journée, le reste de l’année
lui est vaguement conté au fil des dialogues et des situations différentes d’année
en année. Mais qu’importe, ces 15 juillet sont plus que passionnants, car
justement il faut reconstituer tout ce qui aurait pu, ou s’est produit durant
le reste de l’année.
On apprend à aimé et à détester Dexter et on s’apitoie
sur le sort d’Emma. Par moment cela saute aux yeux qu’ils feraient mieux de ne
plus jamais s’adresser la parole, pourtant quelque chose les retient l’un à l’autre,
impossible de les séparer bien qu’ils ne s’apportent rien de bon.
Dans ce genre d’histoire, la fin est vite deviné,
mais qu’importe, on connaît le dénouement rien qu’en regardant la couverture.
Ici ce qui importe c’est tout le labyrinthe qu’ils auront du traversé pour se
rendre à l’évidence du non sens de leur vie loin l’un de l’autre. On se cogne
aux rêves qui s’effondrent et aux illusions perdues. Les personnages sont d’abord
jeunes et pleins d’ambitions, pourtant la société dans laquelle ils évoluent
les remets bien vite au pas, et les fait glisser dans son moule pro-conforme. Dexter
voit ses rêves de stars de la télévision totalement engloutis quand il se
retrouve à la porte des studios, quant à Emma, elle réalise qu’elle est à la
dérive quand elle couche avec son patron sur la moquette de son bureau. Les
déclics se font, enfin, dans leurs têtes et les rêves peuvent reprendre. Mais
les années passent…
On ne trouve plus de personnages aussi bien
aboutis que Dexter et Emma dans la littérature actuelle. Travaillé avec
réalisme et honnêteté, jamais tout blanc ou tout noir, mais toujours une
balance constante entre les deux. Des personnages qui peuvent rappeler des
gens, des couples, des amis que l’on connait ou que l’on va connaître. La seule
gêne qui persiste durant la lecture, quand on a que 22 ans, c’est de se dire « Est-ce
que je ne suis pas en train de suivre des rêves irréalisables comme les leurs ?
Ne suis-je pas en train de me tromper ? Comment faire si je m’en rends
compte trop tard ? » On découvre une partie très philosophique à
travers ce simple roman. Car au final c’est ce qu’il est, un simple roman, qui
pourrait facilement se faire vendre comme du Musso ou du Levy, mais Nicholls va
plus loin. Au-delà de tout ce que l’on pourrait croire, il nous fait nous poser
les bonnes questions. Car finalement, s’il arrive à condenser 20 ans en 620
pages, c’est bien la preuve que la vie est courte.
D’abord édité chez Belfond en grand format,
puis chez 10X18 en format poche, je reste une adepte du poche. Facile à glisser
dans son sac, et concernant celui-ci je voulais féliciter les éditions 10X18
qui ont amélioré leurs mises en pages et leur design de couverture et de quatrième
de couverture. C’est beaucoup plus plaisant à lire que les anciens.
Une excellente lecture. Qui frôle le coup de cœur
de peu.
