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jeudi 4 août 2016

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Auteure : Harper Lee
Éditeur : Le livre de poche
Collection : Le livre de poche
Parution : 15 novembre 2013
Pages : 447
EAN-13 : 9782253115847

Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche.
Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au coeur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis -, a connu un tel succès. Mais comment est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C'est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique.


Mon avis



Enfin ! J’ai enfin lu le fameux « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ». Ce livre faisait partie de mes non-lectures de la honte. Tout le monde autour de vous l’a lu, sauf vous ! Grâce à la proposition de lecture commune avec Elodie de la chaîne Eliot et des livres, j’ai comblé ce manque littéraire.

Je partais avec beaucoup d’appréhension concernant ce livre. Avouons-le, il a quand même beaucoup de très bons avis. Du coup, forcément, j’avais un peu peur et je lui ai mis une barre de départ très haute. Et en effet, durant la première partie, j’étais un peu déçue du découpage, et de l’histoire tout simplement. Parce que c’est long, c’est vraiment très long à démarrer. Donc je ne dirais pas que Harper Lee n’a pas de style, mais disons qu’elle n’a pas un très bon rythme au niveau de son récit. Ça prend beaucoup de temps à démarrer, on aurait vraiment pu faire accélérer le mouvement, même si le but était, peut-être, de nous faire découvrir l’ambiance de l’Alabama dans ces années-là.
Heureusement qu’au moment où j’ai cru que j’allais abandonner cette lecture, le passage du procès est enfin arrivé, et clairement, c’est la partie la plus intéressante de tout le roman. Je l’ai trouvée très intense et perturbante. Pendant toute la durée du procès, on ne voit pas passer les pages tellement on est imprégné de ce moment-là.

Concernant les personnages, même si Scout est le personnage principal du livre, et que c’est à travers elle qu’on va découvrir tout le roman, je lui ai largement préféré son père Atticus, qui est pour moi le personnage principal, magistral de ce roman. Il a un charisme de dingue, il défend ses idées malgré les gens qui sont contre, et va prendre en charge la défense d’un noir, face à une blanche, donc littéralement face à toute la ville. Mais il est également admirable dans la manière dont il traite ses enfants, la manière dont il les élève. Leur famille ne ressemble pas du tout à une famille des États-Unis de ces années-là. La relation qu’ont ces trois-là entre eux est vraiment formidable ! Que ce soit envers Jem, le frère de Scout, ou envers Scout elle-même, Atticus a toujours une attitude très particulière envers ses enfants, même s’il a très peu temps à leur consacrer.
Jem est un personnage un peu pénible. Il représente tout ce que je déteste dans un personnage sans vraiment être exploité à 100 %. Je l’ai trouvé ennuyeux, même un peu snob à certains moments. On sent que c’est un jeune garçon qui veut grandir et qui a envie de se détacher de sa jeune sœur, et du coup il ne prend pas toujours les bonnes décisions.
Et pour finir, le personnage de Scout est intéressant malgré qu'elle soit légèrement en retrait. Mais là encore, je pense que c'est pour mieux servir le lecteur. Vu qu'on va littéralement découvrir toute l’histoire à travers son regard d'enfant, son innocence. C'est un super point de vue que j'ai beaucoup aimé suivre. Mais du coup, c'est vrai qu'on passe un peu outre pas mal de ses états d'âmes. Je pense que j'aurais voulu savoir plus de choses sur Scout. 

Pour ce qui est de l'ambiance générale du roman, je pense que Harper Lee ne pouvait pas faire mieux. On visualise clairement les États-Unis des années 30, comme ce qu'on a pu voir dans les films, et surtout on ressent cette angoisse par rapport aux noirs. Durant toute ma lecture, j'ai bien ressentie cet état d'esprit, comme  quoi des gens étaient limite en trop dans cette ville. C'est juste une sensation, et des fois décrire une sensation ce n'est pas évident, et là Harper Lee a réussit à le faire pour tout un roman, donc bravo Madame. 

En conclusion, je dirais que c'est un bon livre, mais qui malgré tout a un petit problème au niveau du rythme. On a un début très lent, un milieu explosif et de nouveau une fin plus lente. Je me faisais cette réflexion en tournant ma vidéo, et je me disais limite que j'aurais préféré que la fin du roman soit la fin du procès.  Car tout le procès finalement nous apprend ce qui se passe, nous laisse supposer énormément de choses et donc la fin aurait pu être évincée. Le mot fin arrive un peu comme un cheveux sur la soupe, comme si l'auteure s'était dit "je vais m'arrêter là, j'aurais pu m'arrêter avant ou m'arrêter après, ben non, je me suis arrêtée ici.". La fin est d'ailleurs légèrement comique on va dire, du coup c'est un peu dommage, vu tous les messages qu'on a voulu nous faire passer pendant le bouquin. Toutefois, ça reste une bonne lecture et je suis vraiment contente d'avoir comblé ce manque littéraire.
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