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mercredi 15 août 2018

La ferme du bout du monde


Cornouailles, une ferme isolée au sommet d'une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille... et ses secrets.
1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu'à cet été 1943 qui bouleverse leur destin.
Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l'a préparée à ce qu'elle va y découvrir. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?


Mon avis

Reçu lors de sa sortie, plus ou moins, je suis la reine de l'attente et de la poussière dans ma PAL. Le livre est d'ailleurs sorti en poche, depuis le temps. Je savais que ce roman me faisait très envie, mais je ne me souvenais bien sûr plus de son résumé. C'est donc un peu à l'aveugle que je suis retournée en Cornouailles, après le roman de Eva Chase.

Will et Alice sont envoyés dans la ferme des parents de Maggie, en Cornouailles, durant la Seconde Guerre mondiale. Les deux citadins vont vite trouver leurs marques et apprécier la vie à la campagne. Comme souvent dans ces romans, j'ai adoré les passages à la ferme et voir grandir Will, Alice et Maggie. Leur complicité mais aussi leurs différences m'ont plu. Ce ne serait pas un bon roman rempli de secrets de famille, sans le personnage contemporain qui va essayer de tirer tout ça au clair. Malheureusement, le personnage de Lucy souffre de nombreux clichés, qui me l'ont rendue beaucoup moins attachante. Femme trompée qui doit prendre du recul sur son couple, qui s'était éloignée des siens à cause de son couple et qui retrouve la famille au bord de la ruine, elle tente bien sûr de recoller les morceaux et sauver tout le monde.

J'ai beaucoup aimé Maggie. Elle est le personnage central du roman, pleine de vie et de courage. On l'admire et on tremble plus d'une fois pour elle. Elle rêve d'indépendance et de ne pas suivre ce que sa mère voudrait pour son avenir. Une fois âgée, son personnage garde cette même verve. Véritable pilier de la famille, elle ne cédera pas aux sirènes de son fils, qui lui propose une somme alléchante contre la ferme pour la transformer en résidence de vacances. Quelque chose la retient ici, et elle ne partira pas.
Honnêtement, j'ai souvent lu les passages de Lucy en diagonale. Elle ne m'intéresserait pas, et je voulais surtout connaître la vie de Maggie.

Le secret est assez commun, enfin disons qu'il est souvent vu dans ce genre de romans. Mais l'autrice l'intègre parfaitement à son récit, le rendant crédible.
Ce qui se dégage fortement de ce roman, c'est surtout son ambiance. Les étés en Cornouailles, l'odeur de la paille, le bruit qu'elle fait quand elle crisse sous les pieds. Les vagues qui s'acharnent. Les pluies qui peuvent ruiner une année de récolte. Sarah Vaughan nous embarque dans un véritable tableau mouvant, ou chaque coup de pinceau modifie le destin des personnages.


Autrice : Sarah Vaughan
Editeur : Préludes
Collection : -
Parution : 5 avril 2017
Pages : 444


jeudi 12 janvier 2017

Elles sont parties pour le nord

Auteur : Patrick Lecomte
Éditeur : Pérludes
Collection : -
Parution : 9 mars 2016
Pages : 283
EAN-13 : 9782253107781

1917. Wilma, onze ans, se réveille par un matin d'hiver glacial dans la cabane qu'elle habite avec son père, trappeur dans le Grand Nord canadien.
De retour d'une expédition en ville, il lui rapporte un cadeau : un livre finement illustré, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède.
C'est là, dans ces pages, qu'elle rencontre Akka, l'oie sauvage. Cette lecture va bouleverser à jamais la vie simple et rude de la jeune fille, qui se lance dans un combat héroïque pour la sauvegarde du plus grand oiseau migrateur d'Amérique du Nord.


Mon avis

Quand les éditions Préludes m’ont envoyé ce livre lors de sa parution, j’étais tout excitée ! Le résumé me vendait de la nature et de l’aventure, j’étais conquise avant même de le commencer.

Il me semblait parfait pour le Cold Winter challenge, j’y voyais déjà la cabane au Canada et les grands froids. L’histoire commence bien, la jeune Wilma attend sagement le retour de son père. Quand ce dernier rentre enfin, il lui apporte un cadeau, un livre de contes suédois. Cette histoire va transporter la petite fille et la guider vers son avenir, sans qu’elle s’en rende compte. Malheureusement, le froid n’est là qu’au début. Et l’aventure de Wilma ne prend pas la tournure que j’espérais.

Wilma est une belle personne. Pour son avenir, son père décide de l’envoyer dans les meilleures écoles, mais la petite fille ne souhaite pas quitter sa nature. Et c’est là que j’ai été déroutée, j’ai pensé que l’histoire se concentrerait sur Wilma et tout ce qu’elle allait mettre en pratique pour revenir auprès de son père. Et en fait, pas du tout ! On va traverser les années, et découvrir que la jeune femme qu’elle est devenue va se passionner pour un animal en voie de disparition : la grue blanche. À partir de ce moment-là, tout le roman va se concentrer sur le combat de Wilma. Et j’ai trouvé que son personnage s’effaçait un peu. Je la rencontrais, enfant, pleine d’imagination et de courage. Et une fois devenue plus âgée, elle a perdu en saveur. Je n’ai rien ressenti avec ce personnage. Je l’ai trouvée fade et banale, alors qu’elle mène un sacré combat ! Et qu’elle fait preuve de beaucoup de courage. Elle ose se hisser devant des hommes qui ne prêtent habituellement aucune attention aux paroles des femmes, donc elle aurait dû me plaire. J’aurais dû avoir envie de lever le poing avec elle, mais non. Je n’ai pas accroché. C’est comme ça.

Le récit était beaucoup trop axé sur ces grues blanches pour que je m’y intéresse réellement. Ces animaux ne m’ont pas beaucoup touché, et je n’arrivais tout simplement pas à m’intéresser à eux. Mais j’ai été bête. Souvent, je ne lis pas le résumé en entier, parce que j’ai peur d’en savoir trop. Là, j’aurais peut-être dû. Et me rendre compte directement que la thématique n’allait pas être celle que j’attendais au final.
Tant pis pour moi. Ce sont des choses qui arrivent.

lundi 26 décembre 2016

Le coeur entre les pages

Auteure : Shelly King
Éditeur : Préludes
Collection : -
Parution : 5 mai 2015
Pages : 373
EAN-13 : 9782253191001

Maggie, 34 ans, vient d'être licenciée de la start-up branchée de la Silicon Valley où elle travaillait. Que faire sinon traîner au Dragonfly, la pittoresque librairie de livres d'occasion ? Lassé de la voir végéter, Dizzy, son meilleur ami, lui propose de participer à un club de lecture. Au programme : L'Amant de Lady Chatterley.
Dans l'édition ancienne qu'elle déniche, Maggie découvre une mystérieuse correspondance amoureuse...
Cette découverte va bouleverser la vie de la jeune femme et celle de la petite librairie menacée de fermeture par la concurrence. Le tout sous les yeux espiègles de Grendel, le chat qui a élu domicile parmi les rayonnages.
Spirituel, mordant, généreux, Le Coeur entre les pages est un premier roman au charme fou, une histoire à la fois drôle et sensible qui chante la mélodie joyeuse des livres que nous avons aimés.


Mon avis

Ce livre a été lu dans un contexte un peu particulier. Pour resituer tout ça, je l’ai commencé samedi 26 novembre. Et à ce moment-là, je ne le savais pas encore, mais ce livre allait sauver mon week-end. Car ma petite fille est arrivée le 28 novembre, et quand le travail se met en route… il faut s’accrocher et essayer de se vider la tête comme on peut. Le roman de Shelly King m’aura donc accompagné dans ces moments, et restera à jamais dans ma mémoire comme étant le livre que je lisais lors d’un des plus beaux jours de ma vie.

En le commençant, je savais que j’allais être conquise. Une librairie d’occasion et une femme un peu perdue dans la vie, qui vient de perdre un emploi prestigieux. Maggie essaie de passer le temps, et lit des romances historiques au Dragonfly, la bouquinerie de son quartier. Son meilleur ami lui propose de participer à un club de lecture, pour essayer de se faire bien voir auprès d’une femme très influente dans le monde des start-ups à succès, milieu dont Maggie vient de se faire licencier. Le roman du prochain rendez-vous ? L’amant de Lady Chatterley. Mais dans l’édition de Maggie, se cache bien plus qu’un roman. La jeune femme y découvre une correspondance poétique et enflammée.

C’est un presque coup de cœur pour ce roman. Il est tout doux, et m’a vraiment fait du bien. J’ai apprécié le personnage de Maggie, même si je ne me suis pas sentie très proche d’elle. Elle fait partie de ce genre de personnages qui ne me ressemble pas, mais qui me touche. Ses actions partent d’une bonne intention, malheureusement, elle ne se rend pas toujours compte que des gens peuvent se retrouver blessés par ses choix. Elle l’apprendra à ses dépens. C’est quelqu’un de très humain. Une belle personne, qui possède ses failles et ses défauts. J’ai toujours de la peine avec ces personnages trop parfaits, ou trop lisses. Maggie entre dans la catégorie « réaliste ». J’aurais pu la rencontrer au Dragonfly et échanger des avis livresques avec elle.

L’intrigue repose sur cette correspondance, entre autres. Tout va graviter autour de ça, mais l’auteure fait entrer beaucoup plus d’enjeux. Les échanges romantiques entre Henry et Catherine dans le roman de D. H. Lawrence, vont faire bouger beaucoup de choses. Pour Maggie, mais pas que. Et c’est ce qui m’a beaucoup plu dans cette histoire. C’est cet élément déclencheur assez minime qui va tout changer. On retrouve également cette ambiance à la Amélie Poulain, car Maggie va essayer de découvrir l’identité des deux amants de papier. L’atmosphère que dégage ce roman est très importante pour moi, et bien retranscrite. L’auteure mélange deux univers plutôt différents, pour les faire cohabiter. La bouquinerie Dragonfly n’est pas rentable pour son propriétaire, qui aime simplement y accumuler des livres, et voir des gens repartir avec pour quelques dollars. C’est poussiéreux et cosy. En parallèle, on découvre l’univers de Maggie, celui des start-ups de San Francisco, à la pointe de la technologie, avec un vocabulaire très particulier et qui évoluent à vitesse grand V. La rencontre de ces deux univers est très bien amenée, et ils se marient à merveille !

Il manquait un petit quelque chose pour que la bonne lecture se transforme en coup de cœur. Mais j’ai passé un excellent moment de lecture grâce à Maggie, Henry et Catherine.
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