samedi 8 juin 2019

Kit moins de déchet pour vadrouiller

Il fait beau, et tu crèves d'envie de te prélasser en terrasse, à siroter une boisson bien fraîche, manger une glace et j'en passe. Moi aussi. J'ai beau ne pas aimer l'été, je sais apprécier les choses quand elles se présentent. Mais ce n’est pas parce qu'on est dehors qu'on relâche les petits gestes zéro déchet. Je te montre ce que j'ai toujours dans mon sac, pour être prête à savourer un moment détente, tout en participant le moins possible à la chaîne du déchet. 

Dernièrement j'ai acheté les fameuses pailles en inox. Et à chaque fois que j'en parle j'ai la même discussion : Oui mais chez moi je ne bois pas avec une paille, donc achat inutile. Je suis parfaitement d'accord avec toi. Moi aussi, à la maison la paille ne me sert à rien. C'est pour ça que j'ai toujours deux pailles sur moi, dans mon sac. Car quand tu commandes ton cocktail, ou ton thé froid maison dans ton bar préféré, souvent tu as droit à une belle paille en plastique, voir même deux, des fois que t’aurais deux bouches, on ne sait jamais. Certains établissements commencent à ne plus mettre de paille, ou des pailles compostables, mais c'est pas encore partout comme ça. Alors la paille qui se trouve dans mon sac devient utile, je chope le coup de demander mes boissons sans paille, et je sors la mienne. Un cocktail plein de glaçons avec une paille, c'est quand même plus agréable qu'à même les lèvres. 
Je t'avais déjà parlé du petit geste facile à adopter pour les glaces ici, mais je t'en reparle aujourd'hui. Depuis quelques étés maintenant j'ai abandonné les glaces dans les gobelets en carton avec la petite cuillère en plastique. Une glace possède un contenant mangeable à la base, et le cornet biscuit est quand même meilleur que le gobelet en carton. Depuis l'été passé je garde aussi une petite cuillère de la maison dans mon sac, pour que notre fille puisse en profiter, sans déchet. 

C'est bien chouette d'avoir toujours ces petites choses sur soi, mais au début je les oubliais toujours dans le sac que je ne prenais pas, et BIM tu peux être sûr que c'est ce jour-là que j'en aurais eu besoin. Alors j'ai trouvé l'astuce, toutes les petites choses qui se baladent dans les différentes poches de mes sacs (baume à lèvres, couteau Suisse, baume du tigre, lunettes de soleil, pailles, cuillère, mouchoirs…) je les mets maintenant dans une pochette. Et quand je prends un autre sac le matin je n'ai qu'à prendre toute la pochette et la mettre dans le sac de la journée. Comme ça je ne me retrouve jamais à court, et c'est vachement plus pratique pour embarquer tout ce petit monde sans devoir tout sortir et remettre dans ces fameuses poches. 
Et c'est encore plus pratique quand tu as un enfant. Un enfant c'est toujours rempli d'imprévu, déjà que moi toute seule je me retrouve toujours à faire autre chose que ce que je comptais faire à la base, une fois dehors. Mais alors avec un enfant ! Dans ma pochette magique je mets d'office une patte, et une cuillère. La glace qui se retrouve plus autour que dans la bouche, un nez qui coule ? Hop tu dégaines. J'ai aussi toujours un pansement et une lingette désinfectante dans mon portemonnaie, ces petits genoux s'égratignent si facilement… Et bien sûr, jamais sans notre gourde en inox, on ne sait jamais. On a opté pour celle-ci, car le bouchon est vraiment pratique pour les petits, et ça évite les fuites dans le sac, en plus l'inox garde bien au frais.



Et voilà, avec ça je suis parée pour pas mal de choses. On peut toujours faire mieux, et quelquefois certaines sorties provoquent des déchets que j'aurais pu éviter. Mais comparé à ceux que j'arrête de faire depuis l'adoption de ces gestes, c'est franchement pas mal. 
Par exemple, et c'est juste pour que tu puisses comparer, pas pour critiquer, l'autre jour j'étais chez le grand méchant Starbucks (personne n'est parfait) et j'ai commandé mon iced latte dans mon gobelet en verre (j'avais prévu d'aller m'en prendre un à ma pause, du coup j'avais pris ce qu'il fallait). En attendant ma commande, j'entends deux jeunes femmes discuter juste après moi, chacune avait commandé un frappuccino dans des gobelets en plastique de là-bas, prenait donc avec ceci une paille en plastique chacune, et l'une d'entre elle voulait encore une petite cuillère en plastique pour la crème chantilly. Cinq déchets pour deux boissons. Il y a 3 ans en arrière j'aurais eu les mêmes gestes qu'elles, et je ne me serais même pas poser la question de la cuillère ou de la paille, etc. J'aurais consommé ma boisson, et c'est tout. Aujourd'hui, rien que de les entendre ça m'a fait tiquer. Rien que la paille, je me dis, ça aurait toujours pu être ça. Pas de gobelet réutilisable cette fois ? Tant pis, ça arrive. Des petites choses peuvent si vite être adoptées. Et souvent quand on en a une, les suivantes suivent beaucoup plus facilement. 
En fait la clé c'est de faire ça avec facilité. Du moment que tu trouves ça contraignant, baisses tes objectifs. Un geste après l'autre. J'ai d'abord eu que la cuillère dans mon sac. Puis les pailles. Puis la bouteille, etc. Tu peux pas devenir le.la pro du zéro déchet en une nuit (ça se saurait), mais du moment que tu mets en place un truc qui te semble simple, les autres deviennent moins compliqués, crois-moi, testé et approuvé.

jeudi 30 mai 2019

Adapter son rythme de lecture

Comment tu fais pour lire encore autant maintenant que ta fille est là ? On me pose tellement souvent cette question, directement ainsi, ou sous différentes formes. Du coup je me suis dit que vous parler de mes deux rythmes de lecture pourrait être sympa. En effet je ne lis pas toujours de la même façon, ni pour les mêmes raisons. Je vais détailler ça en deux genres de lectures, et dans ces deux genres il peut y avoir des sortes de sous-catégories. Pour mon travail c'est devenu nécessaire que je fonctionne un peu comme ça. Je vous explique ça : 

Lecture personnelle 
Le genre commun on va dire. Celui que beaucoup de lecteurs ont. Ce sont des livres qui 99 % du temps ont été acheté par envie. Ceux que j'ai décidé de me procurer car sûre de mes choix. Ça peut être neuf en librairie, ou gratuitement par la boite à livre, ou encore d'occasion à Emmaüs. Ceux-ci seront lu à un rythme normal, je vais prendre mon temps, ou les dévoré mais je lirais le roman de façon très consciente et personnelle. Je me permets de faire dormir un livre parfois des années dans ma pile des non-lus et parfois je le lirais dès son achat. C'est ici aussi que je vais mettre mes relectures. Avoir envie de relire un texte lu il y a des années, ou le parcourir sans aucun but précis, juste revoir certaines scènes. Pour les essais je fonctionne autrement, vu qu'ils sont souvent surlignés. Je reviendrais donc généralement vers ces passages mit en couleur. 

Ces lectures sont généralement faites dans des cadres particuliers aussi, je suis très saisonnière dans mes livres, et prendre le soin de choisir un livre qui va avec le temps ou mon humeur, fait partie de ces petits plaisirs de lecteurs. On réunit plusieurs éléments pour que ça nous parle à l'instant T. 



Lecture professionnelle 
Le genre que j'ai dû dissocier des lectures personnelles, pour pouvoir m'en sortir. Voilà plus d'une année qu'avec ma collègue nous avons repris le rayon littérature, soit la fiction dites adultes dans son ensemble. C'est un gros morceau de la librairie. Les nouveautés arrivent chaque jour, avec des piques importants fin août et début septembre jusqu'à Noël, puis un petit en janvier, mais ensuite les nouveautés continuent, à une fréquence moins dense, mais elles sont quand même présentes jusqu'à fin juin. Et si on ne sait pas de quoi parle ces livres, c'est plus difficile à conseiller. Il faut donc les lire. Pas tous bien sûr, car impossible, mais parmi tous ces titres il faut piocher ceux qu'on a envie de défendre. Ce sont souvent des services de presse, envoyés par le fournisseur, car la lecture de ces romans pour de futures ventes fait partie de notre métier, et donc le livre en lui-même devient notre outil de travail. On ne le payera pas toujours. 

Une nouveauté, selon les piques d'importances, aura 2 ou 3 mois de vie. Si on lit un livre trop tard après sa parution, il ne sera peut-être même plus en présentation. J'essaye donc de lire ceux qui me parlent le plus assez rapidement. Et pour faire vite, il faut lire vite. Sauf qu'en lisant chaque virgule, ça sera parfois difficile d'avoir un rythme rapide. J'ai donc décidé, pour ces lectures-là, d'effectuer des lectures plus ou moins rapides. Il m'arrive donc de sauter régulièrement des paragraphes, de lire surtout les dialogues, etc. Je n'hésite pas à lire plusieurs pages d'affilées pour m'imprégner du style de l'auteur. Ça me semblait un peu barbare au début, mais finalement ça me permet d'étendre mes conseils en librairie. Et puis aucun livre lus, dans n'importe quel cadre, n'est perdu. Lire un livre de mon côté pour moi, fera un très bon conseil plus tard. Pas en nouveauté, certes, mais on ne peut pas lire que ça. Et il arrive souvent qu'un livre soit lu pour une lecture pro et passe finalement dans les lectures perso, car je commence à avoir un coup de coeur, et donc j'ai envie de me consacrer complètement à ce texte, et vice-versa. 

J'alterne entre les deux rythmes, sans me mettre de pression. On a beau devoir lire, que ce soit pour les études, le travail ou que sais-je, mais si ça peut rester un bon moment tant mieux. Les lectures professionnelles, sont des lectures plaisir également, ce sont simplement des livres que je n'aurais pas achetés tout de suite, des livres que je ne me serais pas empressé de lire… En fait j'aime bien lire comme ça. Il y a ce côté avidité dans le rythme pro et l’oisiveté dans le rythme perso. Les deux se complètent. Certains ont tendance à me répéter que je prends ça trop au sérieux, qu'il y a trop d'objectifs, mais lire fait partie de mon métier. Si je lis 2 livres par mois de temps en temps ce n'est pas grave, mais c'est problématique pour conseiller de nouvelles choses à nos clients. On ne peut pas éternellement rester sur nos coups de coeur passés, il faut découvrir de nouvelles choses. Le secret est de ne pas tomber dans le burn-out de la lecture, la fameuse panne. Elle ne me fait pas peur, et justement prendre certaines lectures avec plus de distance et de légerté me permet de ne pas craquer. Ne pas tomber de l'autre côté. Alterner, adapter, feuilleter, abandonner, dévorer, etc, tout ça fait partie du droit du lecteur. Que ce soit le lecteur de son côté, pour lui, ou le lecteur qui lit aussi pour ses études ou son travail. Et puis, quoi de mieux que de pouvoir lire à la fois pour son plaisir perso, que pro ? 

J’avais envie de revenir là-dessus avec vous, pour répondre à cette question de comment fais-tu ? J’adapte et je ne compte pas. En fait, si je ne travaillais pas dans le monde du livre je ferais probablement autrement, mais toujours réadapter des choses dans son quotidien pour que ça soit plus facile et agréable est une solution pour moi. Aujourd’hui je fonctionne comme ça, et peut-être que dans un an je ferais autrement. S’écouter avant tout.

lundi 20 mai 2019

Les réseaux sociaux sont-ils des Licornes ?

Il est des romans qui nous poursuivent. Ceux qu'on décide d'ouvrir grâce à un titre, à cause d'une couverture ou encore d'un résumé. C'est comme ça que Licorne m'est tombé dessus. D'abord à cause de son titre un peu trop facile, les licornes sont devenues pour moi les égéries d'un mouvement un peu étrange, mélange entre quelque chose de mignon et niais, de mystique et de commun. La licorne est devenue banale. Quel titre parfait pour ce roman. 
MissMaëla98 aimerait être influenceuse. On suit son parcours chaotique pour y arriver, mettre tout en œuvre pour atteindre ce rêve plein de paillettes. Elle finira par y perdre quelques crédits pour lesquels on s'endette, de l'amour propre aussi, et pas mal de sommeil. Mais tant pis, quand on a un objectif, on est capable de tout pour y arriver. Après la lecture de ce roman j'ai eu pleins de sensations. J'étais en colère, reconnaissante, et dubitative. Que penser d'un texte comme celui-ci ? Le plus simple est de donner toutes les facettes de mes interrogations. Parfois l'une répond à l'autre, et des fois non. 



Une publication chez Gallimard Blanche pour une caricature des réseaux sociaux ? 
J'étais très étonnée de voir ce titre, avec ce sujet, chez Gallimard. La maison d'édition est réputée pour être très blanche (comme le nom de sa collection), contemporaine et « littéraire ». Au départ j'avais envie de croire que c'était une bonne chose. Le publique de la collection (en général et dans son ensemble, il me sera impossible de faire des exceptions pour tout le monde, comme le texte de l'autrice finalement), est plutôt étranger des réseaux sociaux, une occasion peut-être de leur parler de ce sujet. Sauf que, si le sujet ne les intéresse pas, ils ne risquent pas d'ouvrir le livre. Et si toute fois ils l'ouvrent, ils découvriront finalement, exactement ce qu'ils pensent déjà cet univers méconnu : faux-semblants et superficialité. Ou alors serait-ce un moyen de faire découvrir cette collection à une génération plus jeune, qui n'ose pas se tourner vers ces livres ? De peur de ne pas être la cible ? Les deux réponses sont peut-être les bonnes, ou aucune des deux. 
L'image des réseaux sociaux sera la même que celle qu'on voit dans de nombreux reportages. Ce même effet miroir est d'ailleurs présent dans le roman quand des chaînes de télévisions interviewent l'héroïne. On retrouve alors le portrait d'une génération obnubilée par son image, par son ascension virtuelle, par les cadeaux et les attentions des marques. Mais aussi des chutes. Des corps qui s'amaigrissent pour rentrer dans une robe. Des attaques verbales violentes. Des abus. Le roman est presque une mise en garde. Mais une mise en garde à l'usage de qui ? De la génération qui ne connaît pas ce monde, et qui a déjà cette image en tête ? Pourquoi la mettre en garde ? Pour lui donner une raison de plus de lever les yeux au ciel devant les gens qui parlent à leur téléphone et prennent des photos de leur petit déjeuner ? 

Et pourquoi pas un aspect plus réaliste de la sphère réseaux sociaux ? 
Car si le modèle du dessus existe vraiment, il n'est pas unique. Comme dans chaque univers il y a son contraire, et même des nuances. Si, si. La preuve en est, nous sommes des milliers à avoir des comptes Instagram, des chaînes Youtube, des réseaux où nous nous activons chaque semaine dans le but et l'envie de partager. C'est peut-être trop utopiste pour certains, mais nous existons. Nous avons besoin d'un peu de reconnaissance, ne le nions pas, mais nous avons aussi su ne pas tomber dans l'extrême. Et ceci s'applique à n'importe quelle communauté. Le réseau comme moyen de ne pas sentir seul avec sa passion. D'avoir le loisir de partager et d'échanger avec des gens du monde entier, en plus des gens que l'on côtoie tous les jours. Nous ne sommes pas des exceptions qui auraient été un grain de sable dans un roman traitant d'une majorité. Peut-être que je m'avance un peu, mais je pense que nous sommes nombreux à juste aimer ce petit moment d'échange, sans forcément y voir les strass et les paillettes. Est-ce réservé aux lecteurs ? Est-ce que ça veut dire que toutes les influenceuses beauté sont dans le même panier ? Aurait-ce été trop difficile de nuancer cet univers, en lui apportant aussi une facette positive ? Une autre héroïne, qui, en parallèle de Maëla arrive à faire la part des choses, à aimer ce qu'elle fait sur la toile, tout en faisant autre chose, ou juste une réussite qui ne nécessite pas de vendre son âme. 

Une fin imparfaite ? 
Je vais devoir parler de la fin pour terminer de me poser des questions. Si vous voulez lire ce roman sans connaître la fin, arrêtez-vous là, si être spoilé ne vous dérange pas, on continue. Le personnage de Nora Sandor commence à un moment donné à se poser des questions. Et des questions importantes. En effet lors d'une soirée, elle se fait approcher par BodyMax un vidéaste fitness, ce dernier lui propose même de faire une vidéo avec elle. Elle saisit cette chance de se faire connaître un peu plus. Dragueur l'homme n'hésite pas à lui tenir la main dans les rues de Paris, et à la montrer dans son vlog. Ses abonnés affluent sur la chaîne de Maëla. Pourtant le soir avant de repartir en Bretagne il va plus loin. Au départ c'est un acte sexuel, on ne sait pas si Maëla dit oui ou non, on ne voit que le début et le départ. Mais plus elle y pense, plus elle est immergée dans cet univers qu'elle rêvait tant d'atteindre, plus elle comprend que cet acte sexuel n'était pas raccord avec ce qu'elle voulait. Avait-elle vraiment dit non ? Une chose est sûre, elle se sent souillée, violée. Elle va alors faire le choix d'en parler publiquement. Une photo suffit. Maëla pense d'abord être soutenue, comme une victime aimerait l'être, mais bien sûr c'est tout le contraire. BodyMax l'a traite de menteuse et de profiteuse, tout le monde pense qu'elle a volontairement abusé de la notoriété du vidéaste. Et du jour au lendemain elle n'a plus rien. Le néant. Elle se sent sale, doit quatre crédits différents, et n'est plus personne. Certains banalisent même son viol, en appuyant le fait qu’elle n’avait pas dit non à ce qu'il paraît, et que des victimes souffrent vraiment de cet acte. Au plus bas, elle décide même de mettre en ligne son suicide, en direct sur Snapchat. Elle pense à bien mettre le bon filtre, la couronne de fleur lui va si bien. C'est à ce moment-là que j'ai cru être complètement perdue, et de ne pas reconnaître ce que moi je connais de mon petit milieu faisant parti de cet univers. 
Ce dernier étant tellement vaste que je conçois bien que des cas comme ça arrive, que des gens s'endettent, et même perdent la vie, comme dans d'autres milieux. Déroutée et apeurée j'avais envie de me voiler la face. De me dire que c'était trop. Mais non. Il faut bien se rendre compte que des cas comme ça existe, et peuvent même être nombreux. Comme toujours, ce qu'on ne voit pas, existent souvent bel et bien. C'est pourquoi je suis super partagée sur ce texte, autant il dénonce et met en avant des drames et des actes qui peuvent aller trop loin, ce qui me plait aussi, car le monde n'est pas rose et pleins de licornes, comme on veut nous le faire croire grâce aux bons filtres. Mais est-ce que dans ce genre d'exemples ça aurait été compliqué d'avoir un autre point de vue ? Un autre vécu ? Est-ce que ça aurait fait trop ? 

L'happy end vient peut-être dans l'épilogue ? 
On y retrouve Maëla, dans une grande maison au bord de la mer, le temps a passé entre maintenant et sa tentative de suicide, qui a ratée grâce à des marshmallow qui ont absorbé pas mal des substances avalées. Elle a peut-être réussi à créer le bonheur tant convoité, mais rien n'est moins sûr. Son succès elle le doit à son malheur. Après les gros titres qui mettent en avant le côté dangereux de la course aux abonnés et aux likes, sa popularité remonte. Elle commence alors à prôner un mode de vie sans addiction aux réseaux sociaux. Une vidéo en entraîne des tas d'autres, et des coachings, et des séminaires, etc. La question que je me pose est : est-ce une meilleure réussite ? De gagner sa vie grâce aux réseaux, dont elle désintox les gens ? Est-ce que ce n'est pas complètement contradictoire ? C'est pour ça que je suis partagée sur ce roman. Il m'aura apporté tout ce que j'ai cité plus haut. Si on peut souvent être d'accord pour dire que c'est horrible, mais réaliste, on peut aussi lui reprocher de cacher le bon côté des réseaux. De diaboliser quelque chose, qui comme beaucoup, peuvent être bénéfique selon notre façon de l'utiliser. 

Bon ou mauvais ? 
Il restera entre les deux. Si j'ai affirmé qu'il était bon il y a quelques heures, je pense maintenant nuancer mon avis, et rester indécise. C'est un roman qui fait réfléchir, et parler. On a envie d'échanger autour des vastes questions qu'il soulève.

mardi 26 mars 2019

Trouver sa voix


Parler de sexisme ordinaire a été fait des milliers de fois. J’en entends parler de près ou de loin. Parfois lors de moments entre amies, ou en famille. Et même en le vivant à une petite échelle, c’est l’échelon de trop. Sentir que ce que je dis a moins de valeur que le discours d’un homme, je ne le vis peut-être pas tous les jours, mais les quelques fois où ça m’est arrivé, je m’en souviens, car la sensation au fond des entrailles est marquante. Et quand ça se passe dans le milieu professionnel j’aimerais pouvoir taper du poing sur le comptoir, comme je le ferais en dehors. Mais non. Je garde mon visage de façade, et j’attends de voir ce client se diriger vers mon collègue. Encore.

C’est rageant. C’est humiliant. C’est un automatisme qui fait mal. Not all men comme ils disent, mais souvent un seul suffit. Le ressentir tous les jours, une fois par semaine, une fois par mois, une fois par année, suffit. Suffit à te faire croire que tu vaux moins, que ton savoir est plus faible, que ton conseil de femme sera forcément niais ou trop féminin pour un homme. Juste parce que ton sexe n’est pas le même que le sien. Et même quand tu sais au fond de toi que tu es compétente, le doute n’a pas besoin de ça pour s’installer. Ni la haine.



Et j’ai lu Vox de Christina Dalcher. J’ai senti mon corps être parcouru de frissons à chaque page. J’ai regardé mon poignet, là où se trouve ma montre actuellement, et j’ai imaginé ce compte-mot qui défile et t’empêche d’utiliser plus de 100 mots par jour. 10 de plus et c’est une décharge, toujours plus forte, jusqu’à la mort parfois. J’ai frissonné devant la facilité du basculement de l’État. Comment des passeports peuvent facilement disparaître. Comment des gens peuvent se faire enfermer dans des camps car leur orientation sexuelle n’est « pas la bonne ». J’ai eu peur en voyant ma fille parler sans y penser, sans se rendre compte qu’en quelques minutes son compte-mot serait épuisé et lui ferait alors très mal. Et qu’aucun bisou magique ne pourrait l’a réconforté. Je l’ai imaginé ne pas comprendre, et pleurer de ne pouvoir s’exprimer. Tout ça, parce qu'on est de sexe féminin. 

Si la fin de ce roman dystopique est un peu bâclée et précipitée, le tout n’en reste pas moins important. Comme toujours ce genre de roman nous paraît bien loin de notre vie, et pourtant… le pas est si facile à franchir. A force d’être attentive, je me rends toujours plus compte de la façon dont on muselle les voix qui dérangent. On peut choisir de fermer les yeux, comme les femmes du roman qui décident d’avancer le dos voûté, les lèvres scellées. Ou on peut décider de crier. Murmurer lors des histoires du soir que se taire on le fait que quand on le décide, nous.  

samedi 16 mars 2019

10 ans

Depuis l'année passée, je réfléchis à cet article. Je m'étais dit que m'y prendre à l'avance ne serait pas une mauvaise chose… et voilà que je suis en retard. 10 ans les amis. Je tiens un blog «littéraire» depuis 10 ans ! 

Capture d'écran de mon premier blog littéraire : Liseuse-en-book

Pour cet article, petite rétrospective de ces dernières années… A la base je suis de la génération Skyblog, avec des montages photo plutôt effrayants (souviens-toi des images en noir et blanc, et le sujet en couleur. Les GIF paillettes et étoiles qu'on avait réussi à animer sur nos photos, etc.) et que des blogs j'en commençais un nouveau tous les trimestres. Il m'en fallait un pour raconter ma vie, mais que je pouvais partager avec des gens que je connaissais. Un autre pour partager mes pensées intimes, que les gens ne devaient surtout pas trouver. Et un autre pour écrire des poèmes. Des pépites d’adolescence qui n'existent plus. Heureusement. Ou malheureusement, selon les jours. 
Un jour, j'ai découvert le monde des blogs littéraires. Je trouvais ça fascinant. Tous ces gens qui partagent leurs avis, et les émotions que certains livres leur avaient fait vivre. J'avais très envie de rentrer dans la brèche moi aussi. De donner mon avis, et que peut-être, quelque part, quelqu'un me lirait. Et nous voilà. 10 ans après. Et durant ces années j'ai : 

  • Obtenue mon papier de libraire. 
  • Ouvert une chaîne Youtube. 
  • Lié des amitiés très fortes. 
  • Hésité à tout fermer, tout arrêter. 
  • Apprit de mes erreurs dans ce domaine, mais aussi dans d'autres. 
  • Fait des interviews d'auteurs. 
  •  Monté une scène complète pour un salon littéraire. 
  • Osé mettre sur mon CV et ma lettre de motivation que j'étais bloggeuse et vidéaste littéraire. 
  • Eu ma propre émission de radio sur Radio Fribourg. 
  • Répondu à beaucoup de questions autour de booktube, le métier de libraire, etc. pour des mémoires. 
  • Chroniqué 800 ouvrages. 
  • Arrêté de baisser les bras dès que quelque chose n'allait pas. 
  • Adapté mes formats, pour qu'ils me correspondent toujours, et ne me lassent pas. 
  • Osé aborder des sujets que je gardais pour moi. 
  • Lu des centaines et des centaines de commentaires. Certains adorables, d'autres plus durs.
  • Comprit que j'avais trouvé l'endroit où je me sentais le mieux. Dans un domaine qui me plait et dans lequel j'aime m'épanouir. 
  • Arrêté d'avoir honte de certaines de mes lectures. 
  • Et tant d'autres choses encore… 

Ce qui est sûr, c'est que depuis le début de cette aventure, je n'ai jamais lu autant. Je n'ai jamais échangé autant d'informations sur les livres. Je n'ai jamais autant appris par moi-même. Je suis reconnaissante de pouvoir vivre tout ça, en étant parfaitement à l'aise dans ce que je fais. J'ai gagné en confiance en moi et parfois aussi en les autres. J'ai appris à être moi-même, et vous m'avez accepté ainsi. C'est si précieux de se sentir bien, en étant vrai. C'est si important de ne pas avoir peur. Ma confiance je vous la dois énormément, car à travers 10 ans de blog et tout ce qui s'en est suivi, vous avez peut-être envie de me remercier vous aussi pour les conseils et les avis, mais sans vos mots encourageants et bienveillants, les conseils se seraient arrêtés. On dit souvent que laissé un mot c'est pas grand-chose, mais pour le faire très peu moi-même, je sais à quel point c'est difficile des fois de laisser sa trace chez les autres. On a peur de tomber dans la masse de commentaires. Ou de ne pas être lu. Ou de simplement « embêter » la personne avec notre avis. Mais non. Vos commentaires sont précieux. Et j'adore vous lire, même si je n'arrive pas toujours à vous répondre et à échanger vraiment avec vous. Je vous lis. Tous. 


Merci pour ces 10 ans, qui ont été déterminantes dans ma vie. Merci d'être fidèles, ou nouveaux, ou juste de passage.

dimanche 24 février 2019

Se voir dans les yeux des autres

C'était le temps des vacances la semaine dernière. Et même si on ne fait rien de spécial, avoir juste des journées sans planning et sans horaires, c'est comme un petit coin de paradis. C'est le moment de terminer une lecture qui devient de plus en plus prenante au fil des pages (La scène des souvenirs de Kate Morton). C'est aussi l'occasion de commencer plusieurs lectures en même temps, parce que c'est ainsi qu'elles nous viennent (Ces instants-là de Herbjorg Wassmo et Pourquoi pas ? De David Nicholls). 

C'était aussi ce genre de semaine, où je ne fais pas spécialement d'effort. J'ai eu ma période make-up quand il y a eu le gros boom des youtubeuse beauté. Je voyais ces tutos de dingues, et je voulais des dégradés sur mes paupières. Avec le temps, et la prise de conscience écologique aussi, je termine mes produits sans les racheter. J'ai appris à comprendre ma peau. 
Et des semaines comme la semaine dernière, c'est le moment idéal pour faire une pause, et ne rien mettre. Pas de mascara. Pas de rouge à lèvres. Pas de fard. Pas d'anticernes. Même pas de poudre. Vous pouvez me dire que de votre côté c'est quelque chose qui ne vous prend plus la tête depuis longtemps, voire même que vous n'avez jamais été une adepte du maquillage. De mon côté, je n'ai aucune gêne à avouer que ça ne fait pas si longtemps que ça que j'ai arrêté de me lisser les cheveux tous les matins, parce que les ondulations naturelles n'allaient jamais dans mon sens. Ça ne fait pas si longtemps que j'ose sortir sans aucune trace de maquillage sur le visage. Des jours je n'en ai pas envie, ni besoin, car le visage dans le miroir me va ainsi. D'autres matins, c'est l'hécatombe, et je ne rêve que d'une chose, une grosse gomme pour tout effacer et recommencer. Et d'autres encore, j'ai juste envie. Envie de vert et de doré sur mes yeux. Envie de lèvres foncées et pétantes. Envie d'un trait de liner. Etc. 

Le samedi de cette fameuse semaine, je me suis rendue à l'anniversaire d'un membre de ma famille. En mode pratique, bonne chaussure (courir après une enfant de 2 ans toute une soirée est un sport olympique), et pull confort. Une fois sur place je salue beaucoup de gens de mon âge, qui me sont totalement inconnus. Des jeunes femmes d'une trentaine d'années à peine, parfois jeune maman, comme moi. Alors qu'à mes yeux elles ressemblent à des dames (celles dont tu as souvenir quand tu étais enfant, qui avaient un peu plus de la vingtaine et te semblaient si graaaandes), je me reflète dans les leurs comme une ado. C'est le genre d'instant, assez banal finalement, qui me remet totalement en question, où je me dis que je ne fais pas assez « mon âge ». Un de mes traits de caractère est celui du caméléon. Il peut être très pratique et très embêtant. Adolescente déjà j'aimais me calquer énormément sur les autres. Pratique, car je m'adaptais aux personnalités des autres rapidement. Moins cool, il m'a été très difficile pour moi de me trouver, ayant toujours cette sensation de « copier » les autres. Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu ce ressenti, et ce sont parfois les situations les plus anodines qui font remonter de drôles de souvenirs. Une personne populaire à l'école, alors qu'on était invisible. Des groupes d'amis, alors qu'on est seule. 

(margaudliseuse sur Instagram)

En rentrant j'ai repensé à tout ça. Je me suis regardée dans le miroir, j'ai essayé de m'imaginer dans les yeux de ma fille, dans les yeux de l'homme que j'aime, dans ceux des gens autour de moi que j'apprécie, et finalement j'ai relativisé. Un style n'est qu'un style. On se rattache beaucoup à nos vêtements. On aime ou non accorder les pièces, et des fois moins on fait d'effort plus l’image en retour est meilleur. Car on l'aura fait sans se préoccuper du regard des autres sur nous. On aura donc encore plus d'assurance. Des fois c'est l'inverse. Mais l'effort mit dans une tenue va forcément nous faire regarder ce que les autres peuvent bien voir de nous. Un vêtement, un maquillage ou une coiffure peuvent agir comme une carapace, un mode de protection, ou comme une parure, un mode de séduction. Le lendemain de cette soirée, j'ai repris confiance, j'ai mis les mêmes vêtements et plutôt que de me voir comme une éternelle ado mal dans sa peau, je me suis trouvée bien, à l'aise et confiante. 

Difficile de toujours se sentir soit. Le personnage de Dorothy dans La scène des souvenirs de Kate Morton, justement, est un peu comme ça. Elle veut absolument être amie avec Vivien, qui représente tout ce qu'elle admire. Vivien est une femme belle, riche, au grand coeur et mariée à un auteur célèbre. Dorothy est une jeune femme orpheline à cause de la guerre, qui masse les pieds d'une vieille aristocrate chaque jour. Elle aime rêver à une vie différente, et compte bien s'enfuir avec Jimmy, l'amour de sa vie. Des années plus tard elle a fondé une famille, et vit heureuse, à la campagne. Le jour des 2 ans de son fils, elle va pourtant commettre l'impensable, sous les yeux de sa fille aînée Laurel. Cette dernière fera comme si cette scène n'avait jamais existé, jusqu'au jour de ses 70 ans, où sa mère mourante, laisse glisser une photo d'elle et une autre femme, d'un livre. C'est le début d'une véritable chasse au trésor, la chasse du passé de sa mère. Qui était Dorothy avant de marier leur père ? Et surtout qui était vraiment Vivien Jenkins ?

Il me restait plus que celui-ci avant La prisonnière du temps, qui sort le 4 avril. C'était mon dernier Kate Morton, et j'avais même quelques préjugés. J'ai avancé doucement, arpentant les salles de bibliothèque avec Laurel, et évitant les bombes avec Dorothy. Au départ je ne m'attachais à personne, et surtout pas aux personnages principaux. Dorothy me donnait la sensation d'une femme avare et vénale, prête à tout pour gagner assez d'argent et partir de Londres, tout même le pire. J'étais tellement préoccupée par ce personnage distant, que je n'ai pas vu venir la révélation finale. Elle m'a sauté à la figure, sans que je ne comprenne rien, et m'a laissé sur le… tu vois quoi. C'était pas super original, mais c'était surtout bien amené. L'autrice te fait penser à tout autre chose pendant 400 pages, et quand les 76 dernières arrivent, tu t'arrêtes de respirer. Je ne fais que vous recommander cette autrice si vous aimez les secrets de famille, La scène des souvenirs, fait partie de ses meilleurs pour moi. 

Et comme ça tombe bien, ces personnages vont plutôt bien avec le thème abordé plus haut. La vie est bien faite non ? Je vous aime, aimez-vous.

lundi 28 janvier 2019

Aujourd'hui je suis triste.


Il n'y a pas de raison particulière et dramatique à ça. C'est un ressentie que j'ai de temps en temps. Bien sûr plusieurs facteurs doivent se rencontrer pour que cette couleur bleuté, légèrement grise, vienne pleuvoir en moi. Des menstruations plus présentes que celles des autres mois. La maladie d'un proche. Les souvenirs d'amitiés brisées, quand on en voit d'autres se créer.
La mélancolie a toujours fait partie de moi. C'est un sentiment que j'ai apprivoisé avec le temps, et que j'aime beaucoup. Elle me donne de l'inspiration, et m'incite à m'écouter vraiment. Des fois elle est très forte, comme ces jours, mais je sais qu'elle va se faire de plus en plus petite, pour rester longtemps endormie au fond de mon ventre. J'ai grandi avec, et ça me va. Chaque émotion fait partie de nous, vouloir les effacer demande souvent trop d'énergie, alors qu'apprendre à les écouter et les apprivoiser sera bien plus bénéfique par la suite.

Dans ce genre de moment, j'en profite, j'avance des projets qui vont avec cette émotion. Je noirci plus de pages dans mon journal intime, je déverse tout, même les petites choses qui me semble sans importance. Avec les années je me suis rendu compte que j'aimais lire ces détails. Quand j'essaye de décrire le plus justement possible comment je me sens, comment je vois ce qui m'entoure. Ça donne des pages très étranges, mais terriblement libératrices. Comme je suis en pleine période de mes lunes, je fais mes activités habituelles beaucoup plus doucement, en pleine conscience pour m'imprégner de ces moments de douceur. De quoi terminer sa journée calmement.



Je n'hésite pas à faire traîner ma lecture du Cri de Nicolas Beuglet. Le suspens est bien là, l'histoire prenante aussi, mais mon état d'esprit est à des km de ce genre de bouquin. Alors je pioche des lectures plus en adéquation avec cette phase. Lune rouge de Miranda Gray par exemple. En fait il y a quelques années je mettais un point d'honneur à ne pas lire plusieurs livres à la fois. Ça me rappelait trop mes lectures obligatoires que je couplais avec mes lectures plaisir. Alors que maintenant je peux avoir que des lectures plaisir. J'y suis finalement revenu, parce que le traumatisme des lectures obligatoires est loin derrière moi, et que lire de la fiction en même temps que de la non-fiction m'évite de m'embrouiller l'esprit et de mélanger les histoires. J'ai toujours un livre « table de chevet » qui sera souvent un livre de non-fiction sur des sujets qui m'intéressent et que je peux sans autre reposer plusieurs soirs d'affiler sans me sentir perdue. Mais j'ai aussi besoin de lire ces ouvrages chez moi, car j'aime marquer des passages et les souligner. J'aime réagir tout de suite, et en parler avec mon conjoint qui potasse des livres de jeux de rôle juste à côté.

Depuis une année, découvrir ces ouvrages plus intimes, me fait voir mon corps et mes cycles d'une façon différente. Des fois j'enrage dans mon coin, car j'apprends des choses, basiques, que chacun et chacune devrait savoir, et qu'on ne dit jamais, ou trop rarement. Je peste contre l'éducation sexuelle nulle à l'école obligatoire, me souvenant de ces 50 et uniques minutes en dernière année. 50 minutes, sur 10 ans d'école. Alors que 10 ans plus tard, grâce à 2-3 lectures accessibles sur le sujet, j'en sais bien plus. Les joies d'en bas de Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl, par exemple, est à la fois très instructif, tout en ajoutant des petites touches humoristiques de-ci delà. Les autrices y parlent d'orgasmes, les attentes et les craintes, qui y sont liées, des premières fois, de contraception, etc.
Je reviens aussi très souvent à La puissance du féminin de Camille Sfez, je vous en parlais en vidéo il y a peu de temps. Si un aspect spirituel de votre intimité et de votre féminité vous intéresse, ce livre est idéal. En pleine lecture de Lune Rouge, j'axe mon apprentissage sur les cycles féminins. J'aime cette façon très mystique qu'a Miranda Grey de nous parler de ces différents instants de nos mois. On comprend, on apprend et on écoute.

La tristesse passe, et laissera place à la joie. Comme à chaque fois. On tombe un peu, on s’égratigne, mais on pense nos petites blessures, et on se relève. Comme à chaque fois.



mardi 15 janvier 2019

Noël : ses lectures et ses réflexions


Mon train-train de lecture a bien changé cette année. Ce qui me semble tout à fait normal, vu l'âge de ma fille, et l'attention dont elle a besoin. Du coup j'adapte mes moments lectures, sans bouder mon plaisir. Je lis peut-être même plus qu'avant si on compte tous les albums que je lis plusieurs fois par jour, pour certains. Et ça m'enchante beaucoup. Ce sont des moments vraiment uniques, qu'on ne vivra pas longtemps, autant en profiter. Bien sûr que des fois me poser plusieurs heures d'affilée pour bouquiner ou juste glander comme je veux, me manque. Mais je fais autrement. Je lis donc beaucoup le soir, dès qu'elle est couchée et surtout j’ai arrêté de chercher LE moment de lecture absolue. Finalement quelques pages éparpillées dans ma journée me vont aussi. C’est juste une façon de voir son temps et de l’adapter.

Mais bien souvent, le soir le sommeil m’assaille. Et des fois, même si le livre est bien, mes yeux se ferment et les lignes se croisent. Ce qui allonge clairement la lecture de quelques jours. Alors quand en plus le livre est moyen… c'est encore pire. J'ai mis tellement de temps à terminer, parce que je voulais connaître la fin, Christmas Pudding ! Quand en plus la fin était à la hauteur du reste de l'ouvrage, c'est-à-dire peu intéressante, ça a tendance à m'agacer un peu. Mais c'est le jeu. L'histoire de ces personnages anglais, de différentes classes sociales, qui se critiquent les uns les autres, et qui tentent des combines pour atteindre leur but m'aura beaucoup ennuyé. Un petit livre bien décevant. Le style est lent et long, les passages entre les personnages sont ennuyeux, rien ne m'aura charmé, même pas la grande maison perdue dans la campagne anglaise.



Avant cela j'étais partie dans le Vermont, dans la station de ski Snow Cristal, avec Kayla et Jackson. Mon premier Sarah Morgan, et certainement pas le dernier. Si je peux lui reprocher d'être un peu long, et d'insister plusieurs fois sur des détails qu'on a compris la première fois, l'ambiance était bien là. Des forêts enneigées à perte de vue, un cabanon avec vue sur la nature, des chocolats chauds qui embaumaient les pages et des baisers sous la neige. Oui je me sentais bien dans La danse hésitante des flocons de neige, j'ai rit et mon petit coeur s'est attendri. Le personnage de Kayla était très touchant, et les personnages secondaires qui se greffent à elle m'ont mise dans l'ambiance de Noël.

Pour rattraper le Christmas Pudding un peu loupé, je me suis plongée dans LA lecture que j'attendais le plus cet hiver Sur ma liste de Rosie Blake. Une couverture toute douce et cosy, et une ambiance comme je les aime. C'est peut-être mon coup de cœur de Noël. Bien que la période du roman soit celle des fêtes, ce n'est pas ce qui se ressent le plus. L'autrice met l'accent sur l'esprit hygge des Danois, avec son personnage Clara, qui pour aider une femme qui veut fermer sa boutique et partir au soleil, va tout faire pour ranimer la rue marchande de Yulethorpe en reprenant le magasin de jouets. Clara est un personnage adorable, qu'on aimerait croiser dans la vraie vie. Je me réjouissais de la retrouver chaque jour entre ces pages. De découvrir les nouvelles vitrines et les aménagements apportés de-ci delà. Une lecture pas seulement Noël, mais hivernale, qui fait du bien au moral.

Je suis assez sensible au hygge, c'est un état d'esprit que j'aime beaucoup, et que je ne trouve pas juste à la mode. C'est une découverte de 2-3 ans qui m'a beaucoup aidé dans bien des domaines, qui m'a accompagné dans mes choix vers une vie plus minimaliste, Slow et moins de déchets. Avoir lu ce livre juste avant Noël, m'aura peut-être permis de vivre plus sereinement ces quelques jours. Bien que j'aime cette période, il y a toujours les aléas de la vie qui se moquent bien des fêtes et de la magie. Les gens parfois stressés, peu aimables et renfrognés. La santé de nos proches qui défaillent. Si tout ceci ternit un peu les étincelles, il reste les lumières douces et chaudes des bougies.




samedi 22 décembre 2018

Cadeaux de Noël minimalistes


Noël est la fête de l’abondance. Beaucoup lui attribuent malheureusement toute cette mauvaise effervescence, commerciale, achats superflus et surconsommation. Alors que je vois en Noël plein d’autres choses. Le partage, l’entraide et beaucoup de magie. À nous de rendre ces fêtes à notre image. Pour moi, les cadeaux ont toujours fait partie de mes Noëls. Il y a eu beaucoup de superflu, beaucoup d’achats neufs, pas forcément indispensables.

En grandissant, j’ai changé mon regard là-dessus. Mais je veux garder cette magie. Alors les moments en famille et les repas animés et pleins de bonnes choses restent. Les cadeaux, eux, évoluent. D’ailleurs, qui a envie d’un énième bibelot qui prend la poussière sur une étagère ? D’un ustensile dont on ne se servira jamais, et qui traînera au fond d’un placard ? Alors voilà ce que j’aime offrir depuis quelques années maintenant :
  • Des bons dans des restaurants qu’on a envie de faire découvrir.
  • Des biscuits
  • Des accessoires zéro déchet (lingettes démaquillantes, tawashi, essuie-tout, etc.)
  • Des bons pour le spa
  • Des billets de spectacles ou de cinéma

Souvent, les adultes préfèrent s’offrir ce dont ils ont vraiment besoin eux-mêmes. Bien qu’une surprise fasse toujours plaisir. Un petit quelque chose peut faire autant plaisir qu’un cadeau neuf, qu’on aurait peut-être mal choisi. Mais quand je veux vraiment offrir quelque chose de spécial, je vise le seconde main. Jouets pour notre fille, ou encore des choses utiles pour toute la famille. Je zieute les groupes d’échanges de ma région toute l’année, et quand je trouve ce que je cherche, j’aime pouvoir lui donner une seconde vie, chez nous, à un prix souvent accessible. Je garde tout ça bien caché, jusqu’au jour J. Et les réactions sont les mêmes que si ça avait été du neuf. En plus, on évite les déchets dus aux emballages des boîtes neuves.



Avant de se précipiter en magasin et craquer sur les premières boîtes de jouets, réfléchissons à la vie de ces objets dans le foyer des autres. Ne vont-ils pas finir dans un coin de chambre où on ne s’occupera plus d’eux? Tandis qu’un moment spécial, qu’on vit tous ensemble, restera dans nos mémoires, ou dans nos appareils photo, histoire de s’en souvenir. Grâce à ce genre de cadeaux, j’ai été voir un spectacle de magie, la comédie musicale du Roi Lion, on m’a offert une journée au spa qui m’a fait tellement bien. Une année de billets de cinéma, qui m’a permis de découvrir de super films. Je m’en souviens mieux que d’autres objets. Mais j’ai aussi aimé ces cadeaux pratiques, que mes proches ont eu la bonne idée de m’offrir, souvent en seconde main, ou justement trouvé. Faire plaisir ne doit pas faire saigner nos portefeuilles ni faire vomir les pièces de nos maisons. La magie est importante, faites en sorte qu’elle reste intacte. Acheter pour acheter, acheter pour perdre du temps à dépoussiérer, acheter pour participer à la surconsommation… réfléchir un peu ne demande pas beaucoup d’effort. Et bizarrement, se triturer l’esprit sur LE cadeau idéal, parfois bien cher et encombrant, fait plus chauffer nos neurones que l’inverse.

vendredi 21 décembre 2018

Prè Cold Winter


Trop impatiente pour attendre le 1er décembre, le Cold Winter aura un peu d'avance chez moi. Qui a dit qu'il fallait prendre les challenges littéraires au sérieux ? Et puis, la magie commence bien quand on veut. Alors un petit tour à Covent Garden était le rendez-vous idéal pour se mettre dans l'ambiance de cette fin d'année.

Un Noël à Covent Garden de Jules Walker n'était pas du tout dans ma sélection à la base. Mais sa couverture toute mimi (contrairement au 3/4 des romances actuelles) m'a fait craquer. Je pensais lire une histoire d'amour vue et revue, et finalement, c'était une bonne surprise. Les codes de la romance sont là, mais l'autrice les adapte parfaitement à son univers et à ses personnages, les rendant tout d'un coup beaucoup moins clichés. Tilly est une bille en informatique, et envoie un virus à tout l'Opéra dans lequel elle travaille en tant que maquilleuse. Marcus est un cadre en informatique, fraîchement engagé pour mettre l'Opéra à jour, niveau technologie. Les deux personnages vont bien sûr cordialement se détester, pour finir par s'apprécier. On s'en doute.

J'ai aimé :
- L'univers. C'est très agréable de découvrir quelque chose de différent. Les ballets et les opéras possèdent leur propre vocabulaire et autres habitudes, que j'ai adoré suivre à travers l'expérience de Tilly.
- Les différentes intrigues. Bien qu'on se doute de la fin, l'autrice n'hésite pas à parsemer sa romance d'autres histoires. On découvre donc une relation virtuelle entre Tilly est un personnage inconnu. Des rumeurs sur les différents artistes, vendus à des journaux à ragots. Et des anciennes rancunes de famille.
- Les personnages. Ils ne sont pas forcément clichés... bon si, un peu quand même. Mais l'autrice leur ajoute des facettes qu'on ne voit pas toujours.

C'était une bonne histoire, qui m'a plongée dans l'ambiance de Noël à Londres. Je brise un peu la magie, en poursuivant avec Quand tu descendras du ciel de Gabriel Katz, maintenant que le challenge a vraiment commencé. L'histoire a beau se passer à Noël, Gabriel est fort pour faire quelque chose à son image, peu féerique et carrément plus rocambolesque.

Qui dit début décembre (bon bien plus tard, le temps que je mette cet article en ligne) dit aussi calendrier de l'Avent. Je ne sais pas si vous êtes des adeptes, mais perso c'est un incontournable de mes mois de décembre. Je retombe en enfance pour de bon. Chaque année, le choix est difficile. J'évite les coffrets beauté, ou bougies, et préfère les gourmandises comme les chocolats (classique) ou le thé. L'année passée, j'avais craqué pour celui de Nature & Découverte, qui m'avait un peu déçue, du fait qu'on avait que 12 thés, qui étaient donc à double à partir du 13 décembre. Cette année, j'ai fait craquer le porte-monnaie en prenant celui de Tekoé. Magasin de thé que j'affectionne beaucoup, et dont le calendrier de l'Avent n'est pas seulement composé de thé, mais de tout ce qui entoure l'univers du thé. J'ai hâte d'ouvrir mes 24 petites boîtes. De plus le format est vraiment sympa, et sera réutilisable, vu que je compte le garder pour un calendrier personnalisé pour ma fille, l'an prochain. Le compte à rebours est officiellement lancé !





jeudi 20 décembre 2018

Cette période de l'année...


Quand Samhain tire sa révérence, je suis déjà dans une préambiance de Noël. Je regarde les calendriers de l'Avent. Je prépare la vidéo du Cold Winter challenge, mon esprit glisse gentiment d'une saison à une autre. Et je crois que c'est ma période préférée. Celle qui précède de quelques jours le 31 octobre, jusqu'au 31 décembre. Je suis dans une bulle de confort et de douceur. J'ai envie de faire beaucoup de pâtisseries, de regarder plein de films et de séries nostalgiques, et j'ai déjà envie de lire des livres de Noël. Je pense aux cadeaux que je vais faire à ceux que j'aime. Je vis ce moment de l'année comme un moment entre parenthèses.

Alors quand au niveau de mes lectures c'était un peu le point mort, et que je voulais tout de même rester dans cet esprit d'automne, lire la suite de Sorcière de Cate Tiernan me semblait parfait. Et en effet, c'était ce qu'il me fallait. En le terminant, je me faisais encore la réflexion que ce n'était pas une série phénoménale, que je lui trouvais même pas mal de défauts, mais je crois que c'est ma série YA, celle sur laquelle je ferme un peu les yeux, et où je plonge avec délice dans l'histoire de Morgan, sorcière de sang, qui découvre la magye et la Wicca aux côtés de son petit ami Cal.
Les scènes sont parfois tirées par les cheveux, et l'esprit de la Wicca se transforme gentiment en magie fantastique. Les tracas de Morgan me font parfois lever les yeux au ciel, et sa naïveté nous fait sourire. Mais c'est un petit plaisir coupable, comme regarder un film un peu niais en adoptant tout l'attirail cliché de la lectrice : chats, plaid, grosses chaussettes en pilou et tasse de thé sont au rendez-vous !

Pour transformer petit à petit la maison, je change les coussins du canapé, pour des couleurs plus Noël, je change mon plaid aussi. Les photophores citrouilles vont gentiment être remplacés par les lumignons Noël. Et le sapin se dressera fièrement dans le salon d'ici le dimanche 2 décembre. Les CD de chants et musiques de Noël tournent déjà régulièrement dans la stéréo. Et les pâtisseries vont se parer des couleurs festives et de paillettes. Cet esprit de préparatifs me fait tellement plaisir. J'y trouve beaucoup de réconfort.



J'associe aussi beaucoup de souvenirs à cette période. Des souvenirs que je garde précieusement ou quand j'en ai un précis, j'essaie de le retranscrire le plus justement possible dans mes journaux, car j'ai envie de les garder, de pouvoir les relire et les revivre. L'un d'eux concerne l'un de mes premiers rendez-vous avec l'homme qui partage ma vie. On ne sortait d'ailleurs pas encore ensemble. Mais il m'avait invitée au marché de Noël de Montreux, petite tradition qui est restée d'ailleurs. On avait fait les choses bien, gros pulls et thé de Noël. Le soir, en revenant sur Fribourg, il m'a emmenée voir l'adaptation d'Anna Karenine, et en sortant du cinéma, il y avait une véritable tempête de neige ! On avait l'impression d'être coincés dans une boule à neige, c'était magique. Je garderai cette image en tête, j'espère, toute ma vie...

mercredi 19 décembre 2018

Quand l'abandon me pèse...


Je crois qu'il est temps que le blog change de façon de faire. L'aspect trop scolaire des chroniques littéraires ne me convient plus du tout. Quand je vois la pile de livres s'accumuler et ne pas être chroniquée, ça me démotive. Mais comme j'aime tout de même avoir un certain suivi, et écrire ici, il faut que je m'adapte. Alors c'est ce que je vais tenter ces prochains temps. Des articles différents, pas forcément construits comme les précédents, et qui mélangeront peut-être des fois plusieurs livres, quelques moments de mon quotidien, etc.

Vous savez, pour la plupart, que je suis toujours dans mes lectures pour le Pumpkin Autumn Challenge, jusqu'à ce que le Cold Winter commence. C'est là que tu vois que mes articles tardent et dorment dans mon ordi... Ces derniers temps, mes lectures me sont tombées de mains (abandon successif de : Balades irlandaises, Shadows de Robyn McKinley et Les sorcières de Mayfair d'Anne Rice).
Pourtant, avant ça, je m'étais plongée dans Par un matin d'automne de Goddard, qui avait été une bonne surprise. Peut-être un peu long parfois, avec une fin plutôt énigmatique et pas vraiment révélatrice. J'ai même un mal fou à me souvenir des noms des personnages... Leonora Galloway, voilà ! Cette femme va revenir avec nous sur le mystère de sa naissance. La guerre de 14-18 fait rage, et des enfants sans père, il y en a des centaines. Mais Leonora serait l'enfant d'un grand nom de l'aristocratie anglaise, à moins que ce ne soit qu'un mensonge, son père étant décédé avant sa conception. Entourée d'une grand-mère détestable, d'un grand-père passif et d'un arrière-grand-père qui a dû fuir le manoir, Leonora ne sait plus qui croire. Et si tout reposait sur le récit d'un homme qui a connu tout ce monde avant sa naissance ?

Le roman est bien construit et j'ai passé un bon moment. Mais même avec ça, il me manquait cette dose de mystère, celle qui nous ronge jusqu'à la fin ! La plume est parfois lente, et prend beaucoup de temps pour arriver là où elle veut aller, mais malgré tout elle est belle. Pose un décor somptueux autour de cette grande bâtisse, et de ses habitants. Je retiens surtout les descriptions de lieux, qui sont magiques ! Quand on aime les secrets de famille, comme moi, on devient peut-être difficile avec le temps, Goddard se hisse difficilement à la hauteur de certaines autrices que j'apprécie dans le genre, mais apporte un très beau roman.

Entre temps, j'ai feuilleté le prix Renaudot (Le Sillon de Valérie Manteau) et le Goncourt (Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu) qui ne m'ont pas autrement convaincue, mais au moins je sais de quoi ça parle, et je connais les styles de ces deux romans promus. Je préfère nettement me replonger dans une lecture « à moi », une lecture qui me sorte de cet arrière-goût bizarre qu'ont laissé les trois abandons successifs. Sans vraiment prendre le temps de choisir, j'ai foncé vers le troisième tome de Sorcière de Cate Tiernan. Les suites de séries qu'on aime, sont pour moi des valeurs sûres, des livres qu'on aime retrouver, et c'est exactement ce que Sorcière est en train de faire. Il accompagne également parfaitement la fin du Pumpkin Autumn Challenge. Il faut dire que je suis assez impatiente de piocher dans ma pile du Cold Winter, je pense même commencer déjà une fois Sorcière terminé.

mardi 18 décembre 2018

Lire et voir : Dans la forêt

J’ai toujours aimé voir les adaptations des livres que je lisais, quand j’en avais la possibilité. Des fois, ça prend des mois, voire des années. Le livre n’est plus assez frais dans ma tête, et certains détails m’échappent. Ce qui n’est heureusement pas arrivé avec Into the forest, l’adaptation de Dans la forêt de Jean Hegland, enfin publié en français, chez Gallmeister (Totem, avec une couverture canon, pour le poche).

Ce roman date de 1996, et met en scène deux sœurs, Nell et Eva, qui survivent dans leur maison familiale, construite au milieu des bois, loin de tout. Le monde est privé d’électricité et tout commence à se dégrader. Des gens tombent malade et les structures coupées de courant ne permettent pas de les soigner. Avec le temps, elles vont apprendre à vivre plus que survivre et se découvrir l’une et l’autre.

C’est une histoire qui a eu beaucoup de bonnes critiques, dès sa sortie francophone en 2017. Peut-être que ces dernières m’en auront fait attendre beaucoup. C’est finalement en ayant digéré un peu le récit que j’ai vraiment réussi à déceler les différents messages, et les valeurs qu’il cachait.
Le roman est construit d’une façon très décousue, le personnage de Nell va tenir un journal de bord de leur vie telle qu’elle est maintenant, sans ressources modernes. Mais la time line change souvent, on découvre les personnages enfants, puis juste avant des moments dramatiques de leur vie, et enfin durant leurs premiers mois de survie. Ce que le film n’utilise pas du tout. Ce dernier commence au moment de la panne, et ne revient que brièvement en arrière, pour quelques détails. C’est une narration qui ne dérange pas dans un film, et qui le rend peut-être même plus digeste. Mais j’ai aimé que le livre fasse des bonds dans le temps. Les personnages trouvent beaucoup plus de profondeur à mes yeux ainsi. Un défaut du film, qui englobe 310 pages en 1h40, et qui du coup efface beaucoup de nuances. Des détails, mais des détails qui permettent de cerner beaucoup mieux des personnages. Et pouvoir se retrouver dans la tête de Nell et Eva, dans une histoire comme celle-ci, c’était très important. Elles vivent l’une sur l’autre durant des mois, et traversent des épreuves inimaginables. Le film ne fait qu’effleurer la surface, quand le livre creuse profondément.

Ce que le roman permet de ressentir encore plus, c’est tous les changements qui vont avec cette panne de longue durée. Les priorités changent, et le quotidien est plus brut. Manger. Dormir. Chasser. Produire. Survivre. Recommencer. Le livre s’étale bien sûr bien plus sur ces routines dont dépendent les deux sœurs. Le film n’est pas mauvais sur ce sujet, certaines scènes très courtes, permettent de se rendre compte de la torture mentale qui les assaille.
Là où l’adaptation est très forte, peut-être plus que le roman, c’est certainement sur les scènes qui impactent violemment la vie des héroïnes. Les images et les sons sont inévitables. Le jeu des actrices (Ellen Page et Evan Rachel Wood) y est pour beaucoup. Chacune maîtrise son rôle et lui apporte ce que j’avais imaginé dans le roman. Le détachement d’Eva, et la hargne de Nell.

Il y a peu, j’ai recommencé à corner mes livres. Car je n’ai pas toujours des post-its sous la main. Dans le roman, deux pages sont cornées, c’est que vraiment elles m’ont saisie !
Page 35 : Eva et moi étions libres de nous promener et d’apprendre à notre guise […] On faisait pousser des courges et on jouait avec des prismes, et nos parents expliquaient à l’État que ce que nous faisions, c’était l’école.
Ce roman met en avant de merveilleuses valeurs. On y retrouve de la pédagogie qui s’apparente à celle de Montessori. On comprend tout ce dont l’homme est capable de faire s’il retire les barrières de la société qui emprisonnent son esprit. C’est une déclaration à la liberté de vie. Ce que malheureusement, le film ne transmet pas assez. Reste en surface, encore une fois.

Conclusion, je ne peux pas vous laisser passer à côté de ce roman, qui n’est pas un roman post-apocalyptique où le monde s’effondre. C’est un roman qui fait renaître la Terre, et ses personnages.


dimanche 16 décembre 2018

Sorcières de fiction et d'aujourd'hui


Octobre a été rythmé par des lectures magiques. Les sorcières étaient au rendez-vous. Roman, essai et bande dessinée. J’ai envie de changer un peu mes chroniques. J’ai envie de parler de plusieurs livres, de thèmes etc. Dans un même article. Un livre, une chronique, un article me paraît trop scolaire aujourd’hui. Donc je change. En plus je suis pas du tout en retard (humhum) pour cet article, qui a traîné dans mes dossiers bien quelques semaines avant de partir en correction. Les sorcières ont laissées place aux lutins de Noël, mais bon... 

Je commence par l’essai Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet, que j’avais découvert grâce à son essai Chez soi, une odyssée de l’espace domestique, que je relirais bien d’ailleurs. Le thème ici est légèrement différent, et très actuel.

On retrouve des sorcières un peu partout aujourd’hui. Que ce soit sur Etsy, sur Instagram, ou simplement à côté de chez soi. Une nouvelle vague de sorcellerie moderne, qui puise souvent son inspiration dans les sorcières du 17e siècle, celles qu’on a jugées et brûlées. Que reste-t-il de ces femmes aujourd’hui ? Quelles sont les sorcières du 21e siècle et pourquoi ne les laisse-t-on toujours pas tranquilles ?

Ce qui m’a peut-être déstabilisée dans un premier temps, c’est le rapport à la sorcellerie qui, après l’intro et le premier chapitre, n’est plus beaucoup évoqué. Je m’attendais à en avoir plus, que les sorcières de n’importe quelle époque allaient revenir régulièrement en référence. Si j’ai été très touchée, et concernée par les trois-quarts de l’essai, le chapitre 2 concernant le non-désir d’enfant m’aura souvent fait froncer les sourcils. Je ne pensais pas qu’il partirait limite dans le jugement des femmes qui décident d’avoir des enfants. J’ai été touchée en plein cœur par ce que l’autrice avançait. Toutes les mères sont simplement victimes d’une spirale patriarcale, et sociétale. La généralité m’a déplu. Mais les passages parlant de la liberté, de la terre, d’un retour vers une vie simple et naturelle, si c’est ce qui peut nous rassurer et nous faire du bien, m'ont énormément parlé. Ce livre a environ 50 pages de cornées, des phrases stabilobossées, car elles résonnent fortement en moi. Un essai qui chamboule et vers lequel il faudra revenir.

J’ai ensuite fait un bond en arrière, et suis partie à Salem Village, avec Abigaël dans les années 1600. Les filles de Salem, de Thomas Gilbert chez Dargaud, une bande dessinée, que j’ai décidé de lire pour son sujet, et non pour ses dessins. En général, je flashe sur des illustrations, et ensuite je m’attarde sur l’histoire. Ici, j’ai fait une exception. J’ai mis mes goûts de côté, et j’ai foncé. C’était une histoire forte, et difficile à lire sans finir en larmes. Abigaël est une jeune fille qui va découvrir la vie de femme adulte de l’époque, et qui va se sentir enfermée dans son propre village. Sa curiosité pour ce qui se passe ailleurs, pour des expériences parfois occultes vont bien sûr lui attirer des ennuis. Ses proches vont la condamner. Comme beaucoup d’autres femmes autour d’elle. Une bande dessinée très puissante, qui ne décrit que trop bien ce qui s’est passé pour ces femmes. La dernière planche est juste…. À couper le souffle !


Et pour terminer cet article, je vous emmène dans le clan des Sorcières du clan du Nord de Irena Brignull chez Gallimard Jeunesse. Qui n’est d’ailleurs pas si jeunesse que ça. C’est un livre où les avis m’ont un peu sauté aux yeux, alors que je ne les cherchais pas spécialement. Beaucoup étaient mitigés, certains lecteurs ont abandonné, je m’attendais donc à très peu de choses en le commençant. Et j’ai finalement passé un excellent moment de lecture.

Poppy change encore une fois d’école, car autour d’elle, tout finit toujours pas capoter. De son côté, Claré est une piètre sorcière, alors qu’entre elle et sa cousine, une reine sorcière doit être élue, selon une prophétie vieille de 303 ans. Quand les deux jeunes femmes vont se rencontrer par hasard, c’est le coup de foudre amical !

J’ai adoré l’univers de l’autrice, qu’elle met en place rapidement, sans perdre le lecteur, tout en faisant avancer son intrigue. Les deux se mélangent parfaitement. Dans son récit, elle intègre des sorcières parfaitement réalistes, qui puisent leur puissance et leurs pouvoirs dans la nature. Les petits détails de la vie du clan m’ont beaucoup plu. Leur rapport à leur magie est très intéressant.

Les personnages ne sont pas en reste. Poppy est Claré sont bien traitées, et aucune des deux ne tombe dans des clichés faciles, qui sont souvent trop présents dans d’autres romans jeunesse. Bien que l’autrice utilise un certain temps un triangle amoureux, elle lui apporte beaucoup de nuances, contrairement au schéma classique qu’on rencontre souvent dans les romans. Un triangle, qui du coup n’est pas dérangeant, car absolument pas le centre de l’intrigue. On s’intéresse aux pouvoirs des sorcières, à la prophétie et ce qui va en découler 303 ans plus tard.
C’est un univers sombre et déroutant. Les sorcières ne sont pas gentilles ni douces, elles peuvent être terribles et pleines de hargne. J’ai trouvé que Gallimard jeunesse osait un sacré pari en traduisant cette série. Elle n’est pas le genre de série autour des sorcières qu’on a l’habitude de trouver au rayon jeunesse. C’est différent, et ça sort des sentiers battus. Une vraie réussite. Je ne m’attendais pas à aimer autant.



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