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mardi 21 juin 2016

Le coeur des louves

Auteur : Stéphane Servant
Editeur : Rouergue
Collection : DoaAdo
Parution : 21 août 2013
Pages : 541
EAN-13 : 9782812605581

Célia est arrivée seule, à la fin de l'été.
Livrée à elle-même dans la vieille maison, elle attend sa mère. Le village est toujours pareil, perdu au fond de la vallée, avec ses montagnes couvertes de forêts et son Iac Noir.
Leur retour réveille de vieilles histoires.
Celles d'une grand-mère à la réputation sulfureuse.
Car ici, tout le monde se connaît depuis toujours.
On s'aime trop ou on se hait et ce sont les hommes qui font la loi, par la force s'il le faut.
Pour découvrir ce qui se cache sous la surface des choses, elle devra se tailler un chemin, entre mensonges et superstitions.
Et se faire louve pour ne pas être proie.


Mon avis



Est-ce qu’on devine un coup de cœur ? Est-ce qu’en commençant un livre on espère qu’il en sera un ? Je ne savais, pour ma part, encore rien du Cœur des louves de Stéphane Servant. J’avais lu la quatrième, certainement, avant de l’acheter, mais c’était il y a un moment. Et si un livre se trouve dans ma PAL, c’est pour une bonne raison en général, je n’ai donc pas besoin de relire le résumé.

Dans ce livre, j’ai découvert bien plus qu’une histoire passionnante, j’y ai découvert une plume. Une plume complexe, qui ne prend pas son lectorat pour des débiles. La collection Doado est peut être faite pour les adolescents, mais les textes qu’ils y proposent peuvent, souvent, facilement être lus par un lecteur plus âgé. Je suis certaine que ma mère adorerait ce livre d’ailleurs. Stéphane Servant ne cherche pas à simplifier son histoire, il l’écrit sûrement comme elle lui vient. Son héroïne est une adolescente, d’accord, mais pas une sous-douée pour autant. Oui, peut être que des fois il s’attarde trop sur des passages insignifiants qui n’apportent au final aucun plus à l’histoire, mais on sent qu’il aime jouer avec les mots et les nuances qu’ils peuvent provoquer. Son roman est à la fois dur et poétique. Un rocher pointu enveloppé de plumes.

Célia arrive au village de sa grand-mère. Elle est la première sur les lieux, sa mère Catherine la rejoindra d’ici un jour ou deux. Même si Célia connaît ce village pour y être venue durant les vacances chez sa grand-mère Tina, elle doit maintenant le redécouvrir par ses propres moyens. Tina est décédée, et avec elle tous les secrets du passé se sont retrouvés enterrés dans une vieille chambre, fermée à clé. Mais sur son passage, la jeune fille sent que quelque chose cloche. Les gens la regardent de biais, et elle comprend rapidement que sa grand-mère était traitée comme une sorcière et une putain. Célia décide de comprendre ce qui a bien pu se passer, des années auparavant.
On entre alors dans le vif du sujet, avec des flash-back à la première personne qui commencent à nous donner des indices. Célia, curieuse, qui pose de plus en plus de questions, rassemble et recolle les morceaux. Tina, l’étrangère qui vient du Nord. Les loups qui hantent ce village de montagne. Les hommes craintifs face à ces bêtes, face à la guerre… face aux femmes. Puis dans le présent, Alice, la fille du moulin, qui gambade la nuit dans la forêt. Catherine et son nouveau roman qu’elle tient à garder secret. Tout est de trop pour paraître normal. Puis enfin, la lumière se fait. Comme un lever de soleil, progressivement, les nœuds du passé se dénouent.

Comment ne pas succomber à cette histoire ? Elle dénonce la faiblesse des hommes. La peur de voir une femme qui ne les craint pas, qui ne se soumet pas et qui ne les écoute pas. Comment des années plus tard, les générations futures de ces mêmes hommes, sont toujours possédés par les mêmes peurs. Veulent toujours garder les femmes dans l’ignorance pour qu’elles ne tentent pas de se rebeller. À cela s’ajoute la peur du dehors, de ce qui ne vient pas du village. « Car tant que nous sommes entre nous, rien ne peut nous arriver », tout est sous contrôle, le monde leur appartient. Un monde si petit. Qui s’effrite…
On retrace également les failles de l’adolescence. La transformation du corps et de l’esprit. Comment tout se met à tanguer à cet âge-là. L’auteur utilise une image splendide pour décrire l’évolution et les moments de recherche d’Alice et Célia. Puis enfin, la famille. Le centre même de cette histoire.

L’ambiance de ce roman est mystique. J’ai aimé découvrir ce village, presque englouti par la montagne. On croit que le temps s’y est arrêté, que ce soit dans les mentalités, ou dans les décors. Tout est à sa place, et pour le mieux, ne devrait pas en bouger. Puis les forêts, le lac Noir, et les bêtes. L’atmosphère idéale, pour un roman hors du commun. Des secrets et des révélations, des mensonges et des faux espoirs. J’ai succombé au Cœur des louves, je le sais, car ma tête ne peut s’empêcher de penser à lui, de rejouer certaines scènes, de repenser à ces personnages.

mercredi 1 avril 2015

Plus tard, je serai moi

Auteur : Martin Pages
Editeur : Rouergue
Collection : Doado
Parution : 13 mars 2013
Pages : 96
EAN-13 : 9782812604911

Comment résister à des parents qui vous rêvent artiste, alors que vous voulez juste savoir qui vous êtes, au fond de vous-même, comme toute collégienne de ce XXIe siècle ? Et pourquoi ne pas devenir médecin ou avocat, si c'est votre désir ? Une fable pleine d'humour et de fantaisie de Martin Page, où l'auteur met en scène la pression exercée par les parents sur une jeune collégienne. Et comment cette dernière, plus sage que les adultes, souhaite simplement "devenir elle-même".  


Mon avis

Petit livre de la collection Doado des éditions Rouergues, j'avais envie de le lire depuis un moment. Il est arrivée en début d'année dans ma PAL, pour en sortir rapidement finalement. Je l'ai lu lors de l'un de mes jours de congés, vous savez ce genre de journée ou vous avez réussit à faire tout ce que vous deviez faire avant midi, et l'après-midi se profil, rient que pour vous...

L'auteur met en avant une problématique peu exploitée dans la littérature ado : l'avenir. Comment choisir sa voie ? La jeune fille que nous allons suivre dans ce court roman, est confronté à un problème de taille, ses parents veulent absolument qu'elle devienne artiste, alors qu'elle même ne sait pas dans quoi elle a envie de se lancer. 

Les parents sont une grosse blague, caricaturés à mort, ils reprennent tous les clichés des parents imposants. Pour provoquer le déclic artistique de leur fille ils sont prêt à tout et s'en devient ridicule. Un jour ce sont des instruments, puis une caméra, puis des pinceaux et une toile, etc. Tout est poussé à l'extrême. 
Mais la réaction de leur fille n'est pas celle qu'ils attendaient. Elle voit que tout va trop loin, et ne sais pas vers qui se tourner. 

La finalité permet de se poser les bonnes questions. Que voulons-nous plus que tout ? Au collège, au lycée, on nous brouille l'esprit en nous demandant ce que nous aimerions faire plus tard, alors qu'il est déjà difficile d'être soi-même, de s’accepter tel que nous sommes et de vivre avec notre propre existence.  Est-ce que les parents oublient comment c'est d'être ado et d'être perdu ? Ce roman remet un peu les pendules à l'heure, d'une manière loufoque.

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mardi 21 mai 2013

La fille mirage

Auteur : Elise Broach
Editeur : Rouergue
Collection : Doado Noir
Parution : 20 mars 2013
Pages : 315
EAN-13 : 9782812604997

Ils sont trois ados sur la route des vacances.

Lucy est à l'arrière, pendant que son frère aîné Jamie conduit, flanqué de son inséparable copain, Kitf, un type mignon mais insupportable. La route est longue jusqu'à Phoenix et, alors qu'ils traversent une zone désertique du Nouveau-Mexique, un orage violent éclate, en début de nuit.

Visibilité zéro. C'est alors que leur voiture heurte quelque chose. En un instant, leurs vies basculent...

Coincés au milieu de nulle part, Lucy et les deux garçons vont perdre une part de leur innocence, mais aussi se découvrir eux-mêmes, pour le meilleur.


Mon avis

En découvrant ce roman dans les caisses d'arrivage, que je n'avais repérer nulle part ailleurs, je me suis tout de suite intéressée à sa couverture. J'aime ce genre d'univers, ou les héros sont dans un road trip, en route vers une destination connue ou non. Dans le cas de nos protagoniste, ils savent très bien ou ils se rendent, et pourtant rien ne va se passer comme il devrait. Et c'est là que tout commence. 

Je ne suis pas déçue de cette lecture. On découvre un style très bon, celui d'Elise Broach qui nous donne la possibilité d'entrer dans son univers ou rien n'est simple, ou personne n'est innocent. Avant tout, il faut souligner qu'elle possède un sacré style, on se croit réellement dans le désert du Nouveau Mexique, à voir du sable rose à perte de vu, et une route, une seule route, longue et interminable. J'admire la manière dont elle arrive à manier son roman avec justesse. Elle ne nous permet pas de nous ennuyer, car dès la fin du premier chapitre, tout s'emballe. Un point important, car j'ai d'abord cru qu'on allait trainer dans le quotidien de ces trois adolescents durant bien des chapitres avant qu'il se passe quelque chose. 

Je n'étais jamais à l'aise durant ce roman, j'ai beaucoup aimé, mais impossible de me sentir tranquille, pour moi tout le monde semblait suspect, on ne pouvait faire confiance à personne, et personne ne me mettait en confiance. Rapidement on peut se mettre à la place d'un de nos trois protagonistes, Jamie est le grand frère qui conduit, et qui va donc percuter quelque chose, c'est celui qui risque d'avoir le plus d'ennuis, mais qui va également s'en créer tout seul. Il m'a parut très sur de lui pour quelqu'un d'aussi jeune et ayant heurté ce "quelque chose". Kit c'est le meilleur ami, très sur de lui qui veut absolument être le plus loin possible de tout problème. Et puis il y a Lucy, la petite soeur, qu'on pourrait presque prendre pour la voix de la raison, qui va insister pour rebrousser chemin, et voir l'obstacle qu'ils ont heurté. 
On découvre un univers très noir au final, dans lequel les trois adolescents ne pensaient pas atterrir, et il est plutôt bien abordé. Je m'emballe facilement dans ce genre de roman, et du coup j'invente ma suite. Je vous avoue, étant tellement difficile dans les policiers (comme les BD en fait) que quand je découvre le fin mot de l'histoire avant la fin du roman et que j'ai raison, ça me dégoûte. Selon moi, j'aime être surprise dans un policier, de A à Z. Ou alors, quand finalement mon idée était meilleure que celle de l'auteur (ça arrive, je ne veux pas paraître prétentieuse, mais des fois, hein...). Tandis que là, la vérité s'installe petit à petit, et je l'ai trouvé très bonne. Elle apparaît doucement, et on est bluffé. C'est un bon épisode des Experts, sans Experts (j'aime pas les Experts en plus). 

Un très bon roman, du début à la fin. Et qui surprend par son dénouement.  

jeudi 26 avril 2012

Moi et la mer de Weddell

Auteur : Arnaud Tiercelin
Editions : Rouerques
Collection : Doado
Parution : 18 janvier 2012
Pages : 183

Marius sort avec Daphné, la plus belle fille du collège. Il est entouré de Malek et d'Arthur, ses amis indéboulonnables. Son grand frère est une future rock star interplanétaire. Ses parents sont normalement ennuyeux. Son grand-père est presque un héros de la dernière guerre. Il a même Vanille, son vieux teckel aux dents pourries. Tout va pour le mieux.

Mais pourquoi étouffe-t-il ? Pourquoi a-t-il toujours envie de rejoindre le pôle Sud ? Pourquoi son frère n'est-il plus le même depuis qu'il est parti étudier à Bordeaux ? Et pourquoi Daphné ne comprend-elle pas qu'il ne l'aime plus ?

En fait, Marius rêve de la vraie vie.

Jusqu'au jour où il va s'enfuir...


Mon avis

Dans la collection Doado j’avais été très surprise par le titre Le faire ou mourir, qui avait été un gros coup de cœur. 
On commence par la couverture, un point que je compte souligner dans chacune des chroniques désormais. Une couverture qui attire l'oeil, et qui rappel le désespoir du personnage. Une attente de quelque chose qui ne vient pas, qui est loin et n'existe que dans ses rêves. Une couverture qui se rattache parfaitement au roman. 
Marius, est très attachant dès les premières pages. On peut sans autre se l’imaginer, jusqu’à sa voix, ses tiques, ses petites manies. L’écriture est agréable et colle parfaitement au personnage principal. Mais étrangement, on s’en lasse au bout d’une centaine de pages. La plus grosse déception étant le fait que Marius hésite énormément, est très contradictoire. On attend quelque chose qui ne vient pas. Qui ne viendra pas. Une mer qu’on espère. Le personnage un peu « à côté de la plaque » de Marius est bien marrant et attachant au début, mais il nous fatigue. Son esprit par dans tous les sens, sans nous laisser le temps de le suivre.
Ce livre n’est pas mauvais, au contraire il est bien construit, mais il manque le petit truc accrocheur qui fait qu’on ait envie de continuer, de savoir absolument la fin. On retentera le coup une autre fois peut être ? 

lundi 6 février 2012

Le faire ou mourir

Auteur : Claire-Lise Marguier
Edition : Rouergue
Collection : Doado
Parution : 14 septembre 2011
Pages : 102

Vus de l'extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings... Mais le jour où les skateurs s'en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c'est Samy qui s'est interposé et lui a sauvé la mise. Et c'est comme ça qu'ils se sont rencontrés, et que l'histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire. C'était la première fois que quelqu'un le touchait avec autant de douceur...


Mon avis
Habituellement, je ne lis jamais les remerciements de l’auteur. Car je ne me sens pas concernée, ce sont des personnes qui me sont inconnues, en général des proches de l’écrivain. Mais ici, un nom m’a fait m’arrêter aux remerciements : Nicola.
«A Nicola, merci pour Indochine. Merci d’avoir amené ce groupe si loin, il m’a révélé une part de moi-même qui m’était inaccessible. Merci d’être juste toi.» La fan d’Indochine qui est en moi n’a pas hésité une seconde, il me fallait lire ce livre.

Une auteur qui a du style. Un vrai. Qui a trouvé sa plume, qui a su trouver les mots qu’il fallait pour parler des maux adolescents. Un rythme soutenu, très peu de pauses pour respirer, car « Le faire ou mourir » fait partie de ces livres qui ne vous laissent aucun moment de répits.
La narration se fait à travers Damien, comme s’il écrivait une lettre, ou un journal. Il n’y a aucun dialogue, seulement les mots de Damien qui raconte ce qui ne va pas.

Que peut-on trouver d’original dans la vie d’un adolescent qui est mal dans sa peau ? Qui découvre son homosexualité et qui s’automutile ? Une vie triste, qui va voir une brèche grâce à Samy et sa bande. Le personnage de Damien est travaillé à la perfection. Quand il se retrouve seul dans la salle de bain avec sa lame de rasoir, on a envie de le prendre dans les bras, de lui dire que ce n’est qu’un passage que tout s’arrangera. Il est si fragile. Une famille qui ne le soutient pas, et qui va l’empêcher de voir Samy et sa bande de gothique. Alors les marques sur son corps vont se multiplier, et on a l’impression d’y être, de se faire lacérer à sa place. Claire-Lise Marguier nous décrit ses scènes avec tellement de précision que l’on pourrait prétendre à du vécu.
Puis, soudainement, tout s’emballe. Tout va très vite. On ne sait plus ce qui ce passe. Damien craque et se met à faire n’import quoi. Et arrive la chute. Qui nous scotch sur notre canapé. Une fin des plus originales pour un simple roman.

Un grand merci à cette auteur que je ne connaissais pas, mais que je vais surveiller. Elle m’a permis de me retourner vers les éditions du Rouergue et sa collection Doado. Des textes qui disent les choses comme elles sont, qu’importe si c’est trash et que ça choque.


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