Auteure : Kate Morton
Éditeur : Pocket
Collection : Best
Parution : 2 mai 2013
Pages : 834
EAN-13 : 9782266223904
Lorsqu'elle reçoit une lettre avec cinquante ans de retard, Meredith
Burchill plonge dans un passé oublié. Elle se souvient de ce mois de
septembre 1939 où elle a été évacuée de Londres et envoyée chez des
aristocrates du Kent. Elle se souvient, mais ne veut pas en parler.
Décidée
à en savoir davantage, Edith, sa fille, se rend dans le Kent, au
château de Milderhurst, cette étrange demeure pleine de portes
condamnées et de passages secrets...
Mon avis
Magnifiquement découverte avec « Les brumes de Riverton »,
j’ai poursuivi ma lecture des Kate Morton avec « Les heures
lointaines ». On y parle de lettre retardée de plus de 50 ans,
et forcément tous les secrets qui vont avec.
Ce n’est plus à prouver, je suis une dingue des secrets de famille,
dans les romans. Plus ils sont sombres et enterrés, plus j’aime ça. Ce roman
possédait toutes les bases pour me plaire. Et pourtant, quelque chose a cloché
durant toute une partie du roman : sa lenteur. Kate Morton nous abreuve de
descriptions plus ou moins utiles, mais souvent plus pour faire joli que pour
être vraiment importantes. Dommage, car du coup l’histoire perd en rythme, et l'on
se met à sauter certains paragraphes pour avancer plus rapidement dans ce qui
nous intéresse vraiment.
Son intrigue est bien pensée, elle est malheureusement noyée sous
toutes ces informations inutiles. Des descriptions c’est bien, ça apporte du
corps au récit, mais quand c’est trop, c’est trop ! Durant toute ma
lecture, j’essayais de faire la distinction entre l’intrigue et donc la base,
et tous ces détails qui ne m’apportaient rien, à part quelques pages en plus.
Mais donc, revenons-en à l’intrigue. Meredith va recevoir une lettre avec 50 ans
de retard, problème de la poste. Elle fait croire à sa fille, Edie que ce n’est
rien d’important, mais cette dernière comprend rapidement qu’il n’en est rien.
Par un heureux hasard, Edie va se retrouver au Milderhust Castle, là d’où vient
la lettre. Elle va donc commencer à faire sa curieuse, et fouiller dans le
passé de sa mère, ainsi que dans celui des habitants de ce mystérieux château.
Avouons que tout est en place pour que l’intrigue soit excellente, non ?
Et bien elle l’est, du moment qu’on arrive à se dépatouiller de toutes ces
informations inutiles.
L’auteure nous tisse une véritable toile, avec beaucoup, beaucoup de
nœuds. Et ce gros nœud va se défaire uniquement dans les dernières pages !
Même quand on pense tenir le bout qui va nous permettre de tout résoudre, juste
en tirant dessus, on se trompe encore. C’est un don auquel nous avait déjà
habitué Kate Morton, elle relève le défi ici encore, et haut la main !
Bien que nous allions suivre Edie à la première personne dans toute la
partie au présent, c’est un personnage que j’ai trouvé finalement très en
retrait. À juste titre, car elle est pour moi comme une sorte de narratrice.
Elle est là pour nous dire ce qui s’est passé, jouer notre propre rôle de
détective dans cette affaire. C’est le seul personnage dans le brouillard, il
est donc logique que ce soit elle que nous allions suivre. Sa mère, Meredith,
est très intéressante. Elle cache beaucoup de choses, et pas que des secrets.
On sent qu’elle dissimule toute une part de sa personnalité pour le bien de
tout le monde. Et c’est ce qui la rend si intrigante.
Et bien sûr, il y a les trois vieilles sœurs du château. Perséphone,
Séraphine et Juniper. Ce sont elles les véritables mystères de l’histoire. Le
château renferme plusieurs secrets, qui sont au final tous liés. Edie va devoir
faire preuve de jugeote pour arracher la moindre confidence à ces trois-là.
L’auteure nous emmène régulièrement dans le passé pour apprendre à les
connaître durant leur jeunesse. Elles se dévoilent, montrent certaines de leurs
failles et toutes ces petites choses mises bout à bout permettent de résoudre
l’énorme puzzle de secrets du château.
Reparlons des nombreux détails, mais de leur utilité cette fois !
L’auteure nous entraîne dans une atmosphère très dense, voire même poussiéreuse
à certains moments. Et sa plume nous permet de nous immerger totalement. Je
dirais simplement qu’elle a mal dosé ses détails, c’est le bémol du bouquin.
Elle aurait facilement pu enlever 300 pages de descriptions inutiles. Mais
ça reste une belle lecture, avec une belle révélation finale.
