Editeur : Points
Collection : Points
Parution : 20 août 2015
Pages : 375
EAN-13 : 9782757849194
Ils étaient quatre inséparables. Hank, Kip,
Ronny et Lee. Les rois de la petite ville de
Little Wing. À l'âge adulte, leurs chemins ont
divergé. Certains sont restés et voudraient
fuir. D'autres sont partis loin et ne pensent
qu'à revenir. Tous sont en quête de quelque
chose, du bonheur peut-être. Quoi qu'il arrive,
Little Wing est leur port d'attache. C'est chez
eux. Et toujours, ils y retournent.
Mon avis
Merci aux éditions Points pour l’envoi de ce livre. J’ai commencé « Retour
à Little Wing » en attendant quelque chose de particulier. Je ne l’ai pas
vraiment eu, mais ce que j’ai découvert m’a tout autant plu.
On rencontre quatre amis qui sont nés à Little Wing. Chacun effectue ensuite
son parcours… qui ne lui convient pas complètement. Entre ceux qui rêvent de
partir et ceux qui veulent revenir. L’auteur utilise le schéma de la petite
ville des États-Unis où tout le monde se connaît, pour nous croquer en quatre
profils différents la société d’aujourd’hui.
Celui qui n’est jamais parti, qui s’est marié avec une fille de son
école, deux enfants, une ferme peu rentable, quelques dettes et des envies de
grandeur quand il regarde chez le voisin.
L’artiste qui a réussi, qui s’est envolé dans toutes les grandes
villes du monde, qui a tout testé. Mais qui rêve de la vie paisible de ses amis
restés à Little Wing.
L’entrepreneur qui n’a pas fait les bons investissements, qui s’est
marié à une femme d’une autre ville, qui a toujours été jaloux de la réussite
des autres.
Et le simple de la bande, qui a eu un accident, dont il ne se remettra
jamais complètement. Qui n’espère pas grand-chose, mais qui aimerait tant
partir, qu’on le laisse tranquille.
J’ai ressenti une atmosphère assez oppressante, on ne se sent pas
vraiment bien à Little Wing. On se sent épié, jamais vraiment seul, toujours
jugé. Il ne se passe pas grand-chose, c’est un quotidien à la limite du
malsain.
En lisant ce bouquin, je me suis rendu compte que Little Wing
représentait assez bien le monde d’aujourd’hui. Ce mouvement de « l’herbe
est plus verte ailleurs » s’est considérablement développé avec Internet,
les réseaux sociaux, les vies parfaites d’Instagram, les mises en scène des
vlogs de Youtube. On regarde, qu’on le veuille ou non, « quotidiennement »
la vie des autres, et inconsciemment on en vient à vouloir mieux pour nous.
Là où Retour à Little Wing est intéressant, c’est qu’il remet les
pendules à l’heure à la fin. Quand on le referme, on se dit que finalement
notre routine n’est pas trop mal, et qu’au moins il n’y a aucune mise en scène
pour la rendre parfaite aux yeux des autres. Elle est ce qu’elle est. On
devrait prendre plus de temps à se rendre compte que ce
qu’on a vaut tout autant que ce que les autres essayent de nous montrer.
