lundi 16 juillet 2012

END, Tome 1 : Elisabeth

Auteur : Merli et Barbara Canepa
Editions : Soleil
Collection : Métamorphose
Parution : 6 juin 2012
Pages : 56

Si le monde autour de vous jamais ne changeait. Si le murmure du vent et le balbutiement de la pluie indéfiniment se répétaient. Si le silence souverain régnait jusqu’à ce que l’invisible finisse par vous appartenir... Tel est mon univers. Un monde où la berceuse du temps a cessé sa complainte. Un monde anémié où les âmes perdues trouvent enfin la paix dans leurs mausolées solennels et sans âges. Je suis âgée de 13 ans. Mon nom est Elisabeth. Mes cheveux sont blancs comme la vie. Mourir est votre seule chance de me rencontrer.


Mon avis

Métamorphose est une collection qui a déjà su prouver la qualité des ouvrages quelle publie. Impossible de passer à côté de END la nouvelle série bande dessinée de Barbara Canepa qu'on connait, forcément, pour Sky Doll - longtemps en rupture de stock, voilà que la série refait surface depuis septembre 2011. 

Malgré un coup de crayon toujours aussi sublime, la trame n'est pas évidente à comprendre dans ce premier volume. L'histoire se met en place, avec beaucoup de zones d'ombres, qui sont bien sur là pour nous faire cogiter la moindre et nous donner envie de continuer. Le monde dans lequel évolue le personnage d'Elisabeth est très étrange et complexe. Pas toujours facile de suivre les rebondissements entre le réel et l'univers d'Elisabeth. Entre les messages à faire passer à sa soeur encore vivante, et son don - ou sa malédiction - particulier, sa nouvelle vie est bien difficile. 

Ce premier tome est peut être trop flou, et nous n’apercevons qu'un petit bout du chemin sur lequel Canepa nous entraîne. On attend donc fortement le second tome, pour en savoir plus sur la mystérieuse mort de notre protagoniste principale, mais également sur les mystères qui englobent le collège ou elle était. Les dessins et les couleurs collent parfaitement à cet univers brumeux et étrange. Une ambiance froide règne en permanence durant notre lecture.Un bonheur pour les yeux. 

dimanche 15 juillet 2012

Belle

Auteur : Robin McKinley
Editions : Mnémos
Collection : Dédales
Parution : 21 avril 2011
Pages : 237

« J'ai été ému et enchanté par ce livre. Je ne voulais pas qu'il prenne fin.

Peter S. Beagle »

Belle était loin d'être aussi jolie que ses soeurs. À quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d'une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s'acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l'histoire d'un château magique et de la terrible promesse qu'il avait dû faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous... ? » Ceci est son histoire... une histoire d'amour et de rêve.


Mon avis

Seul et unique roman de l'auteur traduit pour l'instant - 1993 pour la première édition de Belle - Robin McKinley possède pourtant une jolie bibliographie, qui mériterait certainement d'être connu. S'ils possèdent tous la même qualité que celui-ci, on est en train de louper quelque chose, à moins de se mettre à la VO, et c'est ce qui est prévu dans mon cas, pour m'évader encore dans son univers. 

Si vous cherchez à être surprit, avec un texte et une histoire originale, passé votre chemin. Belle est clairement, comme son nom le laisse présager, une réécriture du célèbre conte de Madame Leprince de Beaumont La Belle et la Bête. Alors McKinley à la hauteur ? Of course ai-je envie de crier! Les amateurs de contes y trouveront leur compte (et le jeu de mot n'était pas voulu, mais je le garde). On connait tous de près ou de loin l'histoire, et ici l'auteur nous offre une version plus que crédible. 

A commencer par son style, avec lequel elle nous bluff ! J'ai envie de dire que tous les sortilèges présents dans le château de la Bête se sont emparés de sa plume pour nous envoûter dès les premières lignes. On apprécie car c'est le genre qui vous emprisonne entre les pages et vous fait oublier tout ce qui se passe autour de vous. C'est une fois le livre refermé qu'on revient dans la réalité, un peu à contre coeur. L'univers qu'a su recréer Robin McKinley est fabuleux et magique, si réel qu'on y resterai avec plaisir. 

Elle habille ses personnages d'un caractère et d'une personnalité qui nous ravi du début à la fin. Autant Belle - de son vrai prénom Honneur - que les membres de sa famille, qui sont d'une nature très humble et solidaire. Même si les caractères un peu cruche et naïve des deux grandes soeurs peuvent nous agacer, elles ne sont pas là très longtemps de toute manière, celui de Belle rattrape le tout ; forte, intelligente, téméraire et courageuse, elle nous impressionne. En bien, forcément. Mais le personnage que l'on attend dès les premières pages, c'est bien entendu la Bête ! Une Bête qui rassemble le bon comme le mauvais, qui arrive à se contrôler, mais qui peut par moment perdre tous ses moyens. Elle nous plaît parce qu'elle fait ce sublime mélange entre le bien et le mal, elle nous paraît plus humaine que n'import quel autre personnage humain du roman. 

Et pour la touche finale admettons tout de suite que l'auteur a su nous accrocher de part ses décors magiques et son atmosphère enchantée. On plonge avec délice dans cette forêt dense et fascinante pour s'y perdre et se retrouver au château de la Bête. Pour les incontournables du Disney, il faudra juste oublier Big Ben et Lumière pour les remplacer par Lydia et Bessie, les deux brises qui exauces les ordres de notre Belle, toujours aussi amoureuse des livres.

Une couverture française qui laisse par contre un peu à désirée et qui rappel trop le genre qu'on préfère ne pas nommé, celui dont Harlequin est le maître : la romance. Mais la romance un peu naïve et nunuche. En comparaison aux deux belles couvertures anglaise et américaine, celle-ci ne fait pas le poids. Seul bémol de l'ouvrage, et encore ce n'est qu'une petite fausse note, car l'objet en tant que tel n'a ici pas vraiment d'importance, vu que son contenu est tout bonnement au dessus de tout. Ce qui lui vaut, bien sur, le coup de coeur !




Pour en savoir plus : le site de l'auteur.





















USA Harper Collins 
UK Fickling David Books

mardi 10 juillet 2012

Juste une ombre

Auteur : Karine Giebel
Edition : Fleuve noir
Collection : Thriller
Parution : 8 mars 2012
Pages : 500


Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde.
Tu manipules ? Tu deviendras une proie.
Tu domines ? Tu deviendras une esclave.
Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t'imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour...
Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.
À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.
Juste une ombre.
Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.
On t'observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d'aller consulter un psychiatre. Tes amis s'écartent de toi.
Personne ne te comprend, personne ne peut t'aider. Tu es seule.
Et l'ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos.
Ou seulement dans ta tête ?
Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard...


Mon avis

Karine Giebel a su conquérir son public, moi également. Son talent pour savoir exactement ou il faut appuyer pour faire mal ne laisse personne indifférent, et ses livres sont en général addictifs. Maîtresse incontestée du genre, Karine Giebel est une pro pour nous laisser croire tout et n'import quoi jusqu'aux dernières lignes. 

Avec Juste une ombre, elle nous prouve, encore une fois, qu'elle sait exactement ou elle mène ses lecteurs, qu'elle arrive sans encombres à les perdre pour mieux les surprendre. Pourtant, ici, le pari n'était pas gagné d'avance, car l'histoire peine à se mettre en place, prend trop de temps pour se poser, et les détails affluent de tout côtés, sans grande importance. Jusqu'aux 150 premières pages, le roman patine, les personnages s'embourbent dans leur routine qui ne nous intéresse pas. Mais ou se cache le suspens que nous avions aimé - voir même adoré - de Morsures de l'ombre 

Cloé est donc le personnage principale, on l'apprécie autant qu'on la déteste. Hautaine, snob, reine de son royaume, elle agace plus qu'elle ne plait. On lui trouve malgré ça beaucoup de qualités, comme étant une femme forte et sure d'elle, qui ne se laisse pas diriger par un univers d'hommes. Et pourtant elle porte le mauvais rôle, trop mauvais selon moi, celui de la femme castratrice qui ne se gêne pas de rabaisser pour mieux régner. De démolir pour grandir. Un peu plus d'humanité lui aurait valu le prix du meilleure rôle féminin, qui reste indécerné depuis belle lurette ! Il est difficile de la prendre en pitié quand l'Ombre commence à la harceler, on pourrait presque lui souhaité qu'Elle aille jusqu'au bout. Qu'Elle l'anéantisse. Mais Cloé reste une personne, avec des défauts, mais également un passé lourd a porter, impossible donc de lui vouloir tant de mal trop longtemps. Au final elle nous impressionne comme elle nous insupporte.  
Et puis bien sur, on retrouve le personnage parallèle, comme toujours avec Giebel : le commandant Alexandre Gomez, le stéréotype du flic déchu. Encore en service mais plus pour très longtemps, enchaînant conneries sur connerie et détruit par la vie. Moins de clichés au dessus de sa tête et il serait directement sortit du lot, à croire que ces flics sont tous pareils, mais c'est bien connu, ce cher Monsieur Gomez aurait été décrit comme étant quelqu'un sans histoire et banal qu'on aurait réussit à lui casser du sucre sur le dos pour manque d’originalité. Le renouveau n'existe-t-il plus pour les personnages de policiers ? Malgré ce caractère déjà vu et revu, Gomez reste un personnage attachant et fort, qui ne mâche pas ses mots, pour notre plus grand plaisir, qui oublie carrément de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l'ouvrir et se contre fiche de ce que pensent les gens.
Mais face à cette Ombre, lequel de nos deux protagonistes sera le plus fort ? Le plus résistant ? Car même s'ils nous intéressent beaucoup, c'est surtout elle qui mène le bal, qui fait tournoyer nos deux héros, qui leur en fait voir de toutes les couleurs. Les perdant dans leur propre folie, dans leur propre peur. Avouons qu'elle sauve tout le roman, avec son invincibilité et ses tours de passe-passe, car les autres personnages auraient mérité une plus belle part de descriptions, même s'ils sont secondaires, mais n'ont pas gagné à la loterie des caractères, ils restent tous assez banals et peu étudiés. 

Mais alors si les personnages ne sont pas si top que ça, que reste-t-il pour que ce soit un bon thriller psychologique? Tout le reste bon sang! La fameuse petite étincelle qui fait briller Morsures de l'ombre est à nouveau présente, celle qui avait tant manqué dans Chiens de sang et Jusqu'à ce que la mort nous unisse, deux de ses précédents romans qui, admettons le, ne souffrirons pas trop si on ne s'y attarde pas. Cette atmosphère de plus en plus oppressante, cette manière de nous perdre entre le vrai et le faux, ce talent de mettre le visage de n'import quels personnages sous la capuche de l'Ombre harceleuse. Tout le monde devient suspect, la victime elle-même est soupçonnée.

Un mot pour la fin et sur la fin, qui n'est qu'une porte ouverte vers une éventuelle suite, mais Karine Giebel ne fait jamais de suite. Il faudra donc l'inventer nous-même, tout en sachant quelle est inutile. Mais impossible de ne pas espérer encore, de croire que tant de douleur peut enfin être stoppé. 

mercredi 4 juillet 2012

C'est lundi que lisez-vous ? 17


Lectures passées
Une semaine finalement bien pourvue en lecture, alors qu'elle s'annonçait mal. Trois lectures terminées : Petits papiers meurtrisConfessions d'une Glitter Addict et Rebelles

Lecture actuelle
Un polar comme je les aime avec Juste une ombre de Karine Giebel. 

Et pour la suite ?
On pense à refaire les contes, et paf je me mets à Belle de Robin McKinley, qui regarde La Belle et la Bête sous un autre oeil. Entre deux je glisserai END Elizabeth, la nouvelle bande-dessinée de Barbara Canepa. 


In my Mailbox 20


In my Mailbox a été mis en place par Kristi du blog de The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C'est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boite aux lettres ainsi que les livres achetés ou emprunter en bibliothèque.


Rebelles

Auteur : Anna Godbersen
Edition : Albin Michel
Collection : -
Parution : 27 février 2008
Pages : 452

Des filles rebelles dans des robes sublimes font la fête jusqu'à l'aube.
Des garçons irrésistibles aux sourires machiavéliques ont des intentions suspectes.
Mensonges, secrets et scandales.
Nous sommes à Manhattan... en 1899.


Mon avis


Trouvé en occasion, souvent chroniqué « Rebelles » le premier tome de la série « The Lux » d’Anna Godbersen ne pouvait pas, ne pas atterrir entre mes pattes de lectrice affamée. Une quatrième de couverture qui en dit juste assez pour nous donner envie d’entrer dans ce monde de froufrous et de faux semblant, d’apparences et de mensonges. L’auteur commence fort en nous présentant le personnage central de ce volume à travers son propre enterrement, pour mieux nous catapulter quelques semaines avant le drame. Une fois ceci fait, notre cerveau de lecteur ne demande qu’une chose ; découvrir le comment de pourquoi, connaître avant les personnages le fin mot de l’histoire. Mauvaise pioche, Anna Godbersen est la reine des fausses pistes, et va nous faire cogiter ! Un bémol retentit pourtant durant toute cette lecture, le rythme n’est pas assez soutenu, on aurait tendance à avancer bien plus vite que les personnages eux-mêmes. Leurs réflexions sont lentes et parfois sans intérêt. Avouons, sans arrières pensées, que beaucoup de paragraphes peuvent être sautés sans que l’on se retrouve perdu. Que les dialogues suffisent à comprendre l’avancement des événements qui n’arrivent qu’au compte goutte.
Le découpage du roman se retrouve être parfait par contre. Des chapitres magnifiquement mit en place, avec au début de chacun d’eux une coupure de journal qui pourrait nous donner des pistes sur le chapitre que l’on va entamer. Chacun d’eux se centre plus au moins sur l’un de nos protagonistes, qui sont tout de même nombreux.
Une écriture agréable à lire, qui colle très bien à l’époque du roman (1899) mais qui ne fait aucunement vieux jeu ou snob. Le langage des personnages n’est pas exagérés, bien qu’ils soient tous jeunes, ils font tout de même partie de la haute société et doivent avoir le vocabulaire qui va avec, quand ils se retrouvent à des bals ou autres banquets, par contre une fois seuls, les bonnes manières s’envol quelques peu, pour notre plus grand plaisir et le leur également. 



L’intrigue repose donc clairement sur la tragique fin d’Elizabeth Holland, notre personnage principal. Qui est dans le coup, qui lui en veut ? A vouloir trop jouer les détectives durant notre lecture, on en oublierait presque les autres détails importants qui sont liés aux autres personnages. Car si l’évidence nous apparaît plusieurs fois, c’est parce que l’auteur voulait jouer sur ce terrain là. Les soupçons s’envolent d’une personne à l’autre, car tout le monde à de quoi vouloir tuer cette pauvre Liz. Bien que tout ceci se veuille originale, la vérité est vite devinée et nous est confirmé dans les dernières lignes. Aucune importance, les personnages rattrapent bel et bien toute la trame grâce à leurs bonnes, mais aussi mauvaises, manières. Vous cherchiez les ancêtres de Serena Van Der Woodsen et Blair Waldorf de Gossip Girl ? Arrêtez de chercher, ils sont là. Pénélope, Elizabeth, Diana, Henry et Will, grâce à eux Anna Godbersen nous repeint nos It Girls préférées version 1900.
Une ambiance très mondaine et malsaine, avec des décors et des robes tout droit sorti d’un rêve, ou le mot apparence rime avec fausseté. Rebelles nous plonge dans une réalité atroce : l’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. Ah bon ? Vraiment ? Demandez à Elizabeth Holland, je ne suis pas sure que sa réponse vous plaira tant que ça. Là ou la haine et l’amour se côtoie de trop près il vaut mieux peut être n’avoir aucune attache, et disparaître.

Un premier tome un peu lent, ou beaucoup de paragraphes n’ont pas une grande importance et peuvent être sautés sans problème. Mais une fin qui donne terriblement envie de connaître la suite. 
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...