lundi 19 juin 2017

Les petites reines

On les a élues « Boudins de l'année » sur Facebook.

Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes ». Hakima et Astrid, n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort !

Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris...
... pour s'incruster à l'Élysée !

Place aux Petites Reines !!!


Mon avis

Pause lecture après 300 pages des Larmes rouges, Les petites reines était la lecture choisie par Virginie pour mon moins de mai. Un pur régal que de suivre l’aventure de ces trois demoiselles. Clémentine Beauvais sait manier l’humour et les beaux messages.

Pourtant, elle s’attaquait à des sujets difficiles : le harcèlement scolaire, le diktat de la minceur, le non respect des autres envers notre physique, les différences culturelles, la recherche de sa place dans une famille et surtout s’accepter tel que l’on est. Soit tout un tas de choses pas évidentes, et sur lesquelles on peut vite se casser la gueule. Le faux-pas est vite arrivé, mais pour moi Clémentine Beauvais a su utiliser les bons mots et les bonnes images.
On notera surtout un humour de haut niveau de la part du personnage de Mireille, qui m’a fait beaucoup rire, et pourtant elle a tout de même réussi à m’arracher une petite larme vers la fin. Rien que pour ces jeux de mots, cette plume vive et pleine de peps !, je m’incline. Ce savant mélange apporte un rythme très dynamique au récit.

Astrid, Hakima et Mireille sont élues respectivement boudins d’or, d’argent et de bronze de leur école. Grâce à qui ? Malo, un petit caïd qui a trouvé très malin de se faire bien voir par tout le monde en créant ce concours sur Facebook. Alors que les deux premières lauréates sont dévastées, Mireille est une habituée. En se réconfortant, les trois jeunes filles vont se découvrir un point commun : le 14 juillet. Paris. L’Élysée. Comment relier Bourg-en-Bresse — Paris ? À vélo. Le voyage est à peine commencé, que tout le monde parle déjà de ce trio. Que vont-elles bien pouvoir faire une fois arrivées sur place ?

Mireille, personnage à haut potentiel. Autant dans sa répartie que dans sa philosophie de vie. À 15 ans, elle nous fait nous remettre en question plus d’une fois, et j’ai apprécié sa franchise. Certains d’entre nous en manque cruellement, et selon les situations, c’est bien dommage. Elle ne mâche pas ses mots, et parfois tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de balancer quelque chose ne serait pas un luxe, mais au moins tout le monde sait à quoi s’en tenir. Les dernières pages du roman nous montrent une Mireille changée, et plus mûre. Au début, c’est une ado, qui profite de ses blagues pour se préserver et se défendre. À la fin on la découvre différente, mais toujours mordante.

Astrid a ma reconnaissance éternelle, car elle aime Indochine. Le boudin d’or vit au début très mal ce titre, mais avec ce périple, elle va se découvrir une âme de petite maman, de femme responsable et qui prend soin des autres. Certains, comme Mireille, vont trop vite parfois pour se rendre compte des besoins des autres. Astrid est là pour penser à tout, et écouter les problèmes des gens. Je pense que savoir écouter est une grande qualité, et pas tout le monde n’est capable de le faire correctement.

Hakima c’est la petite sœur qu’on veut protéger. Sa timidité m’aura touchée. Elle puise dans ses ressources plus d’une fois, préfère ne pas se plaindre pour ne pas déranger, et n’hésitera pas à dépasser ses propres limites.

Et enfin Kader, le soleil. Un jeune homme brisé par la vie, qui comme sa sœur Hakima, va profiter de ce voyage pour faire ses preuves. Remettre de l’ordre dans sa tête. Et vivre une aventure unique. (Et être le seul adulte de la compagnie, faut bien que ça reste un peu réaliste).

Au départ, je trouvais l’idée de faire voyager trois adolescentes, seules, sur les routes de France un peu tiré par les cheveux. La mère d’Astrid semble totalement à l’aise, les parents de Mireille pensent à une blague et ceux d’Hakima sont radicalement contre. Le fait que Kader fasse partie de l’aventure ajoute, heureusement, un peu de crédibilité à tout ça. J’aime croire en la bonté des gens, mais à la place des parents, je ne l’aurais pas permis.

Merci, Clémentine Beauvais, pour ces beaux messages. À travers ce livre, on apprend à s’accepter soi-même. On apprend à reconnaître la détresse des gens qui veulent nous écraser, parfois. On retient des répliques bien placées, qui peuvent clouer le bec aux grandes gueules. On découvre que notre famille est unique, et que les amitiés peuvent partir de rien. On visite la France. On désespère face au manque de savoir-vivre des gens qui peuvent se cacher derrière leur anonymat. Mais on sourit aussi de voir que souvent, en vrai, les gens sont bien plus gentils. Et que l’entraide n’est pas perdue.


Autrice : Clémentine Beauvais
Editeur : Sarbacane
Collection : Exprim'
Parution : 1er avril 2015
Pages : 270
EAN-13 : 9782848657684

7 commentaires:

  1. Un très bel article !! Grosses bises la belle.

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  2. Très belle chronique ! Je n'ai pas lu ce roman, mais certains sujets me parlent. Donc, je garde le titre dans un coin de ma tête pour plus tard... Belle fin de journée à toi Margaud, bises.

    Sue-Ricette

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  3. J'adore ce livre. J'en ai eu mal au abdos au premier chapitre.Et le sujet, grave, est vraiment bien traité.
    Merci pour ces belles chroniques.

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  4. Très jolie chronique. Je l'ajoute à ma wish-list !

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  5. J'aime beaucoup la couverture mais je ne pense pas lire ce livre.

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  6. Il est dans ma PAL !! j'ai drôlement hâte !

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  7. J'ai comme toi beaucoup aimé ce livre !
    Ça fait du bien, ça fait réfléchir, ça fait rire, c'est touchant bref... Un petit bijou qui devrait être mis dans bien des mains ! =)

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