dimanche 28 août 2016

Là où tombent les anges

Auteure : Charlotte Bousquet
Éditeur : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Parution : 3 septembre 2015
Pages : 395
EAN-13 : 9782354882068


Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili.
Naïve, la tête pleine de rêves, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l'épouser.
Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l'exhiber lors de dîners mondains.
Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Quand la Première Guerre mondiale éclate, Robert est envoyé au front. C'est l'occasion pour Solange de s'affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s'organisent peu à peu sans les hommes...


Mon avis



Merci à Victor pour la proposition de cette lecture commune, qui me fait enfin sortir ce roman très tentant de ma bibliothèque. Je me réjouissais de rencontrer le personnage de Solange et découvrir son quotidien.

Charlotte Bousquet écrit à la fin de son roman qu’il a été très difficile à écrire. Je veux bien la croire. Elle s’attaque à un gros morceau de l’histoire, dans un premier temps, avec la Première Guerre mondiale. Il faut faire attention aux anachronismes, et garder une histoire possible à cette époque. Ensuite, elle nous fait suivre le destin de Solange et de ses amies, des femmes très différentes, qui vont rester à Paris, alors que les hommes sont au front. Il faut pouvoir se mettre à la place de chacune d’elle, pour comprendre le bon fonctionnement de la capitale à ce moment-là.
Je dirais que le pari est réussi. Le récit comporte une certaine lenteur durant ses 400 pages, ce qui peut être un bon comme un mauvais point. On prendra plus facilement le temps de savourer le roman, mais en même temps, on se lasse un peu de cette lenteur, malgré le fait que l’auteure avance rapidement dans son découpage, grâce aux saisons et aux années qui passent.
Le quotidien de Solange à Paris devient rapidement routinier, les peurs se répètent de jour en jour. Détails qui m’auront fait traîner ma lecture sur une semaine environ. On est loin du page turner, mais l’ambiance est là, bien retranscrite, et l’on s’attache à ces personnages.

Solange est une jeune provinciale, qui débarque à Paris pour échapper à la violence de son père. J’ai beaucoup aimé la suivre durant sa première année parisienne. On la découvre curieuse et vive ! Un nouveau monde s’offre à elle. Puis arrive Robert… et Robert est un homme quelque peu étrange. Amoureux, il va épouser Solange pour mieux la garder enfermée à longueur de journée, et la sortir le soir dans les dîners importants. Elle se rend compte, trop tard, qu’elle est devenue une simple babiole qu’on exhibe lors des soirées mondaines. La jalousie de Robert ne fait que grandir, même durant la guerre. Tout porte à croire que Solange fera le bon choix. Et elle le fait, en quelque sorte. Je ne supportais pas de la voir rester ainsi, et d’un autre côté, je ne pouvais pas complètement désapprouver son choix. Alors que la guerre fait rage, que les gens ont faim et meurent autour d’elle, elle n’est pas dans le besoin. Je pense qu’un combat éternel devait se faire en elle, chaque jour.
Et puis, il y a tante Emma. Elle aura été la petite touche pimentée de ce roman. Une vieille tante acariâtre, qu’on va apprendre à aimer (le schéma un peu facile et évident, mais qui prend). Finalement, c’est elle que j’ai préféré suivre.
Lili, en revanche, est censée représenter l’inverse de Solange, sa meilleure amie pleine de fougue  qui ne craint ne le froid ni la misère, mais un je-ne-sais-quoi m’a fait détester ce personnage. Peut-être parce que je la trouvais égoïste ?

J’ai beaucoup aimé le final. Digne de ce que j’attendais depuis le début. Limite trop tendre. Mais suffisant et nécessaire.
Pour conclure, Là où tombent les anges est un bon roman, qui m’aura appris beaucoup de choses sur la Première Guerre mondiale, malgré cet effet de lenteur.

samedi 27 août 2016

L'assassin royal, tome 5 : La voie magique

Auteure : Robin Hobb
Éditeur : J'ai Lu
Collection : Fantasy
Parution : 4 octobre 2002
Pages : 381
EAN-13 : 9782290320211

Le roi Vérité est vivant ! Il a imposé une ultime mission à Fitz : «Rejoins-moi !»
Loin sur les sentiers mystérieux de l'Art, au-delà du royaume des montagnes, le jeune homme se met en quête pour répondre à l'appel de son souverain affaibli. Mais il reste seul, pourchassé par les forces de Royal, l'usurpateur, et sans possibilité de compter sur ses propres alliés, qui le manipulent comme un simple pion.
Or d'autres forces sont en marche... dans son périple, Fitz va en effet se voir révéler son véritable statut : c'est par lui que s'accomplira, ou sera réduit à néant, le destin du royaume des Six-Duchés. Et c'est là une charge bien lourde à porter quand on est traqué par ses ennemis, trahi par ses proches, et affaibli par la magie...


Mon avis

Peut contenir des spoil sur les tomes précédents de la saga. Pour voir mes précédents avis, rendez-vous au sommaire



Bon, avouons qu’avec Galleane nous avons pris un peu de retard dans nos lectures communes de la saga. Oui, avril 2015 pour le tome 4. Bien les filles, on va vite terminer la série à ce rythme ! Du coup, on s’est mises d’accord pour avancer un peu plus vite, et lire 1 tome chaque trimestre. Ça devrait nous faire avancer un peu plus rapidement, et surtout, on s’éviterait les embrouilles de cerveau quand on reprend un tome, à devoir tout remettre en place.

Fitz Chevalerie était donc dans de sales draps à la fin du 4e tome. Prétendu mort pour pas mal de monde, et finalement ça « l’arrangeait » bien, vu qu’il pouvait ainsi agir en toute discrétion. Sauf que rien n’est jamais simple, et sa mission : retrouver le roi Vérité, va vite être semée d’embûches.

On partage le même avis avec Galleane, ce tome commence lentement (bon, vu mon souvenir du tome 4, j’ai eu droit à 120 pages plutôt lentes pour me remettre dans le bain). Fitz se cache et tente de trouver des solutions pour aller vers les montagnes. Par contre, une fois le cap des 120 pages franchi, l’histoire devient palpitante ! Heureusement. Il se passe mille choses, on ne voit rien venir et soudain… BOOM ! On retrouve plein de personnages qu’on n'avait pas revus depuis longtemps. Ça a été mon petit moment plaisir. Revoir ces personnages pour lesquels je me faisais du souci, tout de même, et voir que Fitz va pouvoir continuer à avancer, en ne restant pas seul, ça enlève un poids.

Certains personnages que l’on retrouve m’auront surpris d’ailleurs. Il y a des révélations assez importantes, des décisions graves qui doivent être prises et un voyage à entreprendre urgemment. On n’a pas le temps de se poser trop de questions. Malgré ça, ce tome 5 est un tome transitoire, encore une fois, pour moi. J’espère sincèrement que le sixième (qui indique une certaine coupure dans la saga) saura me convaincre et m’apporter plus de matière.

Vivement novembre pour découvrir ça !

vendredi 26 août 2016

Nos âmes rebelles

Auteure : Samantha Bailly
Éditeur : Rageot
Collection : -
Parution : 17 février 2016
Pages : 277
EAN-13 : 9782700249262


Sonia est la plume, Lou le crayon.
Ensemble, elles tiennent un blog BD où elles réinventent leur vie avec humour et impertinence : le bac, les parents, les rencontres, les garçons...
Mais savent-elles vraiment si elles sont rebelles ?
Et faut-il renoncer à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ?


Mon avis



Autant j’avais beaucoup aimé Nos âmes jumelles, je me retrouvais dans les personnages, l’adolescente au fond de moi avait trouvé une certaine résonance en Sonia et Lou. Autant dans Nos âmes rebelles, je me suis sentie totalement étrangère, loin de les comprendre. Je l’ai lu rapidement, tout simplement parce que je ne retrouvais plus les liens que j’avais créés avec ces personnages. Samantha ne m’a jamais déçue, et je ne tiendrai pas compte de cette petite déception. Je crois que je suis plus sensible à ses romans avec des personnages plus adultes peut-être.

On retrouve Sonia et Lou à un moment charnière de leur vie, elles vont devoir choisir quoi faire après le lycée, une sacrée étape. Mais si seulement il n’y avait que ça, les problèmes de cœur vont gagner les deux adolescentes, de différentes manières. Passionnément pour l’une, discrètement pour l’autre. Pour avoir vécu les deux schémas d’amour plus ou moins au même âge, voire plus âgée, j’ai autant compris l’une que l’autre sur ce plan. L’amour peut prendre plusieurs visages, et Samantha Bailly nous en donne deux exemples différents, mais qui peuvent toucher de plein fouet n’importe qui.

Malgré cette plume que j’aime, ces personnages dont j’étais proche dans le premier tome, quelque chose n’a pas prise. Je me sentais très éloignée de Lou et Sonia. Leurs filières ne voulaient rien dire pour moi (différence France/Suisse) et du coup, je n’arrivais pas à me sentir concernée par ces questions. Pourtant je vous rassure, en Suisse aussi, le « après école obligatoire » est stressant. Malgré tout ça, quelque chose m’a chiffonné. Je crois que je ne saurais même pas l’expliquer clairement. Merci pour ta chronique brouillonne Margaud ! Oui, je sais, c’est assez nul pour quelqu’un qui chronique des bouquins depuis des années. Mais des fois, c’est inexplicable. Ça ne prend pas. Et ça ne prendra pas mieux. À la base, je ne voulais même pas le chroniquer par écrit, me disant que je ne pouvais rien en sortir de correct. Et peut-être que j’aurais dû m’écouter. Mais j’ai trop de respect pour Samantha Bailly pour juste dire rapidement dans une vidéo que son livre ne m’a pas autant captivé que les autres. Il fallait que je le mette quelque part par écrit. Tout de même.

À mon avis, la fin du premier tome m’avait suffi. Il y avait une intrigue qui m’avait fait cogiter durant tout le roman. Dans cette suite, je n’ai simplement pas retrouvé cette ambiance, ce même intérêt. Et tant pis, ce n’est pas grave. Ça ne peut pas prendre à chaque fois. Je fais confiance à Samantha, et je suis sûre que son prochain roman saura me convaincre.

mercredi 24 août 2016

La maîtresse de guerre

Auteur : Gabriel Katz
Éditeur : Pocket
Collection : Science-fiction Fantasy
Parution : 10 mars 2016
Pages : 468
EAN-13 : 9782266260473

À sa naissance, tout le village du Nordland était en deuil : l'enfant unique d'Horn, le maître d'armes, était une fille.
Vingt ans plus tard, Kaelyn n'aspire qu'à marcher sur les traces de son père et devenir Maîtresse de guerre, la plus haute des distinctions. Armée de son courage, de son talent et de quelques rudiments d'escrime, elle prend la route du lointain sultanat d'Azman, terre barbare en proie aux cannibales. Mais ce n'est pas sur le champ de bataille que la belle et sensuelle Kaelyn va mener son combat, car de nombreux défis l'attendent avant qu'elle puisse se prétendre digne de porter l'épée...


Mon avis



Je découvre La maîtresse de guerre avant Le puits des mémoires, alors que ce sont les mêmes univers. Heureusement, j’ai déjà la trilogie dans ma bibliothèque, il ne me reste plus qu’à l’en sortir. Rapidement, parce que je me réjouis d’en savoir plus sur ce monde.
Gabriel Katz, c’est avant tout un coup de cœur pour sa duologie Aeternia. Elle m’avait subjuguée il y a pile une année, quand le deuxième tome était sorti. Je n’avais jamais lu cela, un univers sombre comme je les aime. Alors forcément, Katz m’ayant déjà surprise, en très bien, j’attendais beaucoup de ce roman.

En commençant La maîtresse de guerre, j’ai retrouvé cette plume que j’aimais tant. Pas de chichi, on va droit à l’essentiel, et surtout, si l'on peut balancer quelques vannes et scènes sanglantes au milieu, ça passe encore mieux. C’est pour moi l’identité littéraire de Gabriel. Pour l’avoir côtoyé en vrai, il colle parfaitement à ses univers et à sa plume.
Mention spéciale pour la quatrième de couverture, qui pour une fois en dit juste assez, et surtout pas trop. Maintenant que je connais la fin de l’histoire, je peux affirmer que c’est certainement l’un des résumés les moins spoilant que j’ai pu lire. Il nous révèle à peine le début de l’histoire. On est donc surpris dans notre lecture.

Pour faire honneur à ce superbe résumé non spoilant, je vais en dire le moins possible concernant l’histoire, et passer directement à mon avis sur les personnages et l’intrigue.
Kaelyn entre facilement dans la catégorie badass. Mais badass guerrière, épée, combat, etc. (je vous partagerai un article génial sur les héroïnes badass, et mon avis sur la question une fois, ça pourrait en faire un chouette article). Malgré son envie d’apprendre, elle est parfois un peu stupide dans ses agissements, et on la sent très débutante dans l’art de la guerre. Mais elle apprend vite, laisse de moins en moins parler ses émotions, ou presque, et connaît une véritable évolution dans ce roman. Elle part de rien, pour aller le plus loin possible. Et j’ai eu un gros coup de cœur pour sa tirade de fin et sa dernière scène. Un moment mythique !
Hadrian est le personnage le plus énigmatique du roman. On le cerne très mal et c’est un bon point. Il peut donc nous réserver beaucoup de surprises sans qu’on s’y attende. Si Gabriel nous livre le fond de la pensée de Kaelyn, ce n’est pas le cas pour Hadrian. On va devoir l’observer longuement avant de penser le connaître.

L’intrigue est intéressante, car vraiment inattendue. Un peu comme dans Aeternia, on sent que l’auteur peut partir d’une ligne à l’autre dans quelque chose qu’on n’attendait pas. Retournement de situation garanti. Personnages attachants, auxquels il ne faut pas trop s’attacher justement (quand on commence à connaître l’esprit tordu de Gabriel, on n’est à l’abri de rien, George Martin tu as un représentant francophone de taille).
Si je devais tout de même donner une préférence à l’une des œuvres, je pencherais pour Aeternia. Même si La maîtresse de guerre est formidable !

mardi 23 août 2016

Aristotle and Dante discover the secrets of the universe

Auteur : Benjamin Alire Saenz
Éditeur : Simon & Schuster
Collection : -
Parution : 21 février 2012
Pages : 359
EAN-13 : 9781442408920

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais...
C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.


Mon avis



Ce livre me fascinait déjà bien avant ma lecture. J’avais peur de me lancer, d’être déçue, car j’aurais mis la barre trop haut. Encore. Des fois, je devrais vivre dans une grotte concernant les avis littéraires. Je m’éviterais quelques déceptions, et de trop grandes attentes.

Si vous avez envie de lire en anglais, je place ce livre dans les faciles à lire. Il y a énormément de dialogues entre les personnages, ce qui rythme beaucoup la lecture. Le vocabulaire est simple, sans être simplet.
Aristote est un adolescent qui va apprendre à nager grâce à Dante. Les deux garçons sont plutôt opposés. L’un est mélancolique sans trop savoir pourquoi. L’autre a déjà des idées bien arrêtées sur lui-même. Ils vont se lier d’amitié, malgré leurs différences. Entrez avec délice dans le quotidien d’Aristote et Dante.

Le début et la fin sont vraiment délicieux. J’ai trouvé que l’auteur cernait parfaitement l’état d’esprit des adolescents. En ce qui me concerne, impossible de ne pas me sentir proche d’Aristote. Je me suis beaucoup retrouvée dans sa manière de penser. C’est un garçon qui ne manque de rien. Pourtant, quelque chose cloche. Ses parents ne sont pas des plus causants, et ses sœurs et son frère sont beaucoup plus grands que lui. Il se sent donc en décalage. De plus, le silence qui pèse sur son frère et son emprisonnement ne l’aide pas non plus. Il se pose beaucoup de questions sur lui.
Dante est différent. Déjà dans la relation qu’il entretient avec ses parents. Elle se rapproche beaucoup de la mienne. Cette famille est très unie, ils s’aiment, et malgré sa phase d’adolescent, Dante n’a pas honte de cet amour. Il assume parfaitement qui il est, et ce qu’il aime. J’ai été admirative le concernant. Souvent, à l’adolescence, on se cherche, et c’est parfois difficile d’assumer pleinement ses goûts. On a peut-être honte, on veut entrer dans une certaine case, sans être comme les autres pour autant.

Ce que j’ai vraiment su apprécier dans ce roman, c’est la simplicité de ses personnages. Trop souvent, les romans nous dépeignent des personnages complexes, aux nombreux problèmes, tristes, une situation familiale difficile, et j’en passe. L’inverse existe aussi. Des personnages tellement heureux, qu’ils en deviennent creux.
Ici, l’auteur arrive à saisir le quotidien d’adolescents tout à fait normaux. Il en fait quelque chose de très réaliste. Même si une certaine longueur au milieu vient légèrement briser cette osmose. Aristote et Dante possèdent beaucoup d’humour également. C’est un livre plein de charme, car il n’est pas comme les autres. Que ce soit à travers ses personnages, ou les situations qu’ils vont vivre. J’ai vraiment apprécié ma lecture. C’était doux, et pétillant à la fois. Je me suis sentie en harmonie complète avec ces personnages et leurs questions sur la vie.



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