mercredi 18 juillet 2018

Il est grand temps de rallumer les étoiles


Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l'observe depuis la bulle dans laquelle elle s'est enfermée.
À 17 ans, Chloé a renoncé à ses rêves pour aider sa mère. Elle cherche de l'affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l'amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n'aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu'il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.


Mon avis

Il existe des rencontres idéales entre un livre et un lecteur, j'en suis persuadée. Parfois, un livre n'entre pas dans notre vie au bon moment, ça ne fonctionne pas. Et puis des fois oui. Ce n'est pas forcément toujours une question de style, juste de moment.
C'est ce qui m'est arrivé avec le dernier roman de Virginie Grimaldi, reçu des éditions Fayard, merci à eux, et signé par l'autrice, merci à elle.

Virginie Grimaldi, c'est le rayon de soleil littéraire qui brille depuis quelques années sur les bonnes ventes des librairies. D'entrée, je suis moyennement tentée par les livres qui se trouvent dans les meilleures ventes. C'est plus fort que moi. Mais là, je voulais lire de la nouveauté (pour une libraire c'est bien, ça aide), je voulais découvrir ce qui se cachait derrière ce titre poétique.

J'ai ri, j'ai été émue, bref j'ai succombé à la plume et aux personnages. C'est simple et efficace, sans tomber dans les gros clichés ni dans le pathos. Il y a une juste dose de tout. Et c'est merveilleux. J'avais envie et besoin d'une lecture dans ce genre, à cet instant précis, et cette histoire aura été un pur régal.

Anna est au bord du gouffre. Endettée et au chômage, elle tente de faire face et de garder la tête haute, tout en élevant ses deux filles, Lily 12 ans et Chloé 17 ans. Pas simple, car en plus de ses secrets, elle doit jongler avec ceux de ses filles. Sur un coup de tête, et fortement encouragée par sa grand-mère, Anna décide d'emprunter le camping-car de ses parents et de partir plusieurs semaines faire le tour de la Scandinavie. Lily et Chloé pensent que maman est folle. Mais finalement, cette aventure est une véritable bouée de sauvetage pour ce trio.

Comme je le dis plus haut, l'autrice met les justes doses de tout dans son histoire. Lily est une préadolescente très drôle et pleine d'humour, ses mélanges de proverbes m'auront beaucoup amusé. Elle a aussi ce cœur gigantesque, sans filtre, qui lui permet de voir beaucoup de choses au-delà de ce que les gens veulent laisser paraître.
Chloé est une hypersensible. Je me suis rapidement sentie proche d'elle. Sa vision d'elle-même est tronquée par la pression qu'elle se met. Sa plus grande peur est de ne pas être aimée, ce qui lui fait faire des choses contre sa volonté. Elle est très justement décrite, sans tomber dans le cliché de l'ado à problème. C'est une ado perdue, qui utilise son blog comme défouloir, qui parlera parfois trop vite, trop fort, et qui comprendra plus tard que ses paroles ont blessé.
Anna se retrouve à un moment charnière de sa vie. Ses petites filles grandissent, ce qui n'est pas toujours facile à accepter, et sa vie professionnelle prend l'eau. Elle continue pourtant à se battre, et à aller de l'avant. Le bonheur de ses filles passe avant tout, ce qui est parfois difficile à vivre pour elle, qui fait passer sa propre vie bien loin derrière. Elle saura pourtant se confronter au passé, et oser prendre des risques pour que cette famille se ressoude.

L'autrice va axer son roman sur le voyage. Le but est de changer ses personnages d'environnement, pour qu'elles se recentrent et se retrouvent. Un lieu inconnu est donc idéal. J'ai été très heureuse de ce voyage. Les paysages et les sensations sont beaux, donnent envie et permettent de voyager à notre tour.
L'atmosphère est souvent tendue entre Chloé et Anna, et pourtant Virginie Grimaldi n'en fait pas trop, elle décrit parfaitement ce qui arrive parfois, ou souvent, entre parents et enfants, quand les deux ne se voient plus de la même façon, ou ont peur de se lâcher l'un en face de l'autre. Ce sont des instants de la vie. Des enchaînements de choix, parfois évidents, parfois difficiles, qui font que Chloé, Lily et Anna nous parlent. Elles incarnent plusieurs générations, qui peinent à se comprendre, mais qui sont criantes de sincérité.

J'ai passé un excellent moment. C'était une lecture à la fois douce et rafraîchissante, avec une pointe de philosophie.


Autrice : Virginie Grimaldi
Editions : Fayard
Collection : Littérature française
Parution : 2 mai 2018
Pages : 393

dimanche 15 juillet 2018

Ten tiny breaths, tome 1 : Respire


La vie de Kacey a explosé. Ses parents, sa meilleure amie et son petit ami sont morts dans un accident de voiture dont elle est la seule rescapée.
Souhaitant échapper à son passé, à une tante et un oncle peu scrupuleux, Kacey achète deux tickets de bus et part à l'aventure pour Miami avec Livie, sa soeur de 15 ans. Elles s'installent dans un petit immeuble et font connaissance de leurs voisins. En particulier, la pimpante Storm et le beau et mystérieux Trent...
Nouvelle vie, nouveau job, nouveaux amis, Kacey parviendra-t-elle à chasser tous les démons qui la rongent ?


Mon avis

Nos faces cachées m'avait tellement emballé que j'étais prête à refaire confiance à un roman dans le genre New Adult. Moody m'avait offert le premier tome de la série Ten Tiny Breaths de K. A. Tucker pour l'un de mes anniversaires, et je me suis dit que c'était le moment.

Ça ne peut pas marcher à tous les coups, comme on dit. Dommage, car ça avait pourtant très bien commencé. Kacey est un personnage détruit, qui va devoir passer par tous les stades de reconstruction. Si le physique a suivi rapidement, il n'en est rien pour l'esprit. Elle n'est que méfiance, tristesse et colère. Partir de chez son oncle et sa tante avec sa petite sœur de 15 ans lui semblait la seule solution pour essayer d'aller de l'avant.

J'ai aimé bien des aspects de Kacey. Je la trouvais franche et directe, et un certain humour pointait sous sa carapace. Il y avait quelque chose. Malheureusement, les scènes clichées et les séquences prévues 50 pages à l'avance commençaient à être trop nombreuses pour que j'accroche.
C'est que le roman tourne autour de certaines facilités. Quelques-unes passent crème, parce que mon cœur a fondu sans problème, mais pour d'autres c'était de trop. Tant pis, ça ne prend pas à chaque fois. Et des fois, c'est une question de moment, là ce n'était visiblement pas le bon.

Kacey partait gagnante pour finalement être elle aussi, un parfait cliché. Celui de la femme forte, tellement forte qu'elle a enfermé tous ses sentiments et émotions à double tour. Et même si ça peut refléter une part de réalité, il y avait des passages beaucoup trop courus d'avance pour que ça semble réaliste. Je ne préfère même pas revenir sur les scènes de sexe, qui tombent dans le double orgasme dès la première fois. Ce genre de facilités et de fantasmes ne m'intéressent plus. Je les trouve trop éloignés de la réalité pour qu'ils me plaisent.

Et pourtant, il y a avait des scènes drôles et tendres. Le mélange des deux était donc très particulier, car les styles viraient de l'un à l'autre, soudainement. J'aime les émotions et partager les peines des personnages. Mais ici, on passait trop rapidement de l'un à l'autre. Soudainement, les personnages se font confiance, alors qu'ils se sont vus deux fois. Des problèmes se règlent en un claquement de doigts, alors que d’autres, parfois tout aussi difficiles, traînent sur des pages et des pages.

Une lecture très mitigée. Tant pis.


Autrice : K. A. Tucker
Edition : Hugo Roman
Collection : New Romance
Parution : 5 février 2015
Pages : 358

jeudi 12 juillet 2018

Vers le zéro déchet : et ses difficultés ?


Changer des habitudes dans nos vies n'est pas toujours simple. Quand j'ai décidé d'aller vers le zéro déchet, nombreuses ont dû gicler pour faire place à des nouvelles. Effacer pour recommencer. Aujourd'hui encore, il y a des choses que je fais par facilité. Je trouvais ça intéressant de vous en parler. Vous montrer ce qui est encore difficile pour moi, ne pas vous parler uniquement des changements évidents et que j'ai réussi à faire du jour au lendemain. Les plus tenaces, ceux qui collent au fond de notre panier de courses.

Je rappelle bien sûr qu'on ne parle pas de nos habitudes alimentaires, mais uniquement d'emballages.



Viande, charcuterie et poisson.
Je vous disais dans cet article, que ça y est, j'avais franchi le cap. Mes tup et moi allions tout contents chez le boucher. Oui, c'est vrai, une partie du temps. Mais il y a des jours où malheureusement, le bac de promotions du supermarché est attirant. Où on se dit « super, on va pouvoir faire des réserves », ou tout simplement « pffff, pas envie d'aller jusque chez le boucher ». Et oui, c'est aussi vrai que le supermarché reste encore notre principale source de courses. C'est facile. Et surtout, mon conjoint ne soupire pas. Pour ça, je vous renvoie à cet article. On n'a pas vraiment bougé de stade en une année.

Oui, je trouve les fruits et légumes du marché plus chers. Et c'est normal. Quand on voit les provenances, quand on calcule un peu tout ce qui tourne autour de ceux du supermarché, ça coule de source. Et oui, ça m'agace de payer plus cher pour consommer mieux. Enfin, ça m'agace plus, quand le cher et tendre m'en fait la remarque dès que je rentre des courses, fière d'avoir participé à la vie des producteurs locaux. Fière de mettre dans mon frigo des produits de bonne qualité, mais oui un peu plus onéreux. Alors souvent, je craque. Je ne mets pas dans un sachet plastique, et je regarde du mieux que je peux la provenance, mais j'achète au supermarché.

Le comfort food.
Vous savez, ces biscuits et gâteaux qui font qu'une fin de journée est tout de suite plus belle ? C'est ma bête noire. J'ai beau me dire que faire moi-même c'est facile et meilleur (d’ailleurs au moment où j’écris cet article, je grignote un muffin fait maison, comme quoi), dans le terme comfort food, il y a le mot confort. Et le confort va aussi avec le fait de ne pas toujours faire soi-même. D'acheter sa paix et aller vers la facilité d'un paquet. D'aller vers cette juste dose de crème, chocolat ou beurre de cacahuètes. D'avoir le confort immédiat, simplement en déchirant un sachet, tout en étant consciente du pas bon qu’il renferme, et des déchets qu’il provoque.



Et des fois le temps.
C'est l'excuse par excellence, le temps. Personne n'a le temps. Mais oui, je vais la sortir quand même. Le temps, d'aller jusqu'au magasin en vrac, avec une poussette ou un bébé accroché dans le dos, plus un chariot qu'il faut ensuite remonter, plein, jusqu'à la maison. Le temps d'aller au marché, qui n'a lieu que le mercredi ou samedi, jours où je travaille, dès 8h. Mais le marché du mercredi est à côté du boulot, je pourrais donc profiter de ma pause de 15 min du matin pour aller acheter quelques petites choses, ou simplement des fois profiter de ces 15 min pour prendre un thé et bouquiner en paix. Le temps de préparer les produits finis, comme les biscuits ou les gâteaux, le grignotage pas terrible pour la santé, mais terriblement réconfortant pour mon esprit. Mais au moins, dans celui-ci, je sais ce que j'y ai mis. Le temps d'aller jusque chez le boucher, qui n'est pas du tout dans ma zone, pas loin, mais si j'y vais c'est uniquement pour ses produits, ce qui me fait tout de suite réfléchir à ma journée autrement. Le temps de calculer ce qui est le plus accessible. Oui, le zéro déchet fait faire des économies à bien des niveaux, mais des fois, ça m'agace de me trimbaler les bouteilles d'un litre de lait en verre, pour ensuite les ramener vide, pour en reprendre. Les bouteilles en plastique sont moins lourdes, plus grandes et moins chères. « Mais vous êtes deux non ? » parfaitement. Sauf que comme rappelé plus haut, je suis souvent seule à vouloir tendre vers ce mode de vie. Difficile de faire participer quelqu'un qui n'a pas envie de vivre de cette manière. Je reste sur le même schéma que dans l'article de 2017, je ne veux forcer personne.

Et pour finir, le découragement.
Celui qui afflue quand j'ouvre le frigo ou le placard et que je vois pleins de barquettes et de sachets du supermarché que je n'ai pas achetés, et que je n'aurais pas achetés. Alors des fois, je vais moi aussi vers cette facilité. Parce que de toute façon, ces paquets sont déjà là. À quoi bon ? Le combat reprendra demain. Comme d'autres.


lundi 9 juillet 2018

Mémé dans les orties


Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre - certains diraient : seul, aigri, méchant -, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son coeur.

Mon avis

Anaïs m’avait offert ce roman bien avant toute l’effervescence autour de l’autrice. Aurélie Valognes est aujourd’hui une source sûre dans la lecture feel-good (terme qui remplace aisément la lecture légère, qui pouvait être vu avec dédain par certains). Le feel-good a la cote en ce moment, et je trouve ça plutôt positif. J’aime les romans aux personnages torturés, ou remplis de secrets sombres, ou encore de tragiques destinées, mais j’aime aussi les moments plus communs de la vie, ceux qui arrivent dans la vie de tous les jours. Avec des personnages qui donnent des fois la sensation de sortir d’une série télé. Pas besoin d’ajouter une romance, les petites aventures quotidiennes suffisent.

Aurélie Valognes maîtrise l’histoire courte, tout en donnant à son intrigue et ses personnages suffisamment de consistance pour qu’on n’ait pas l’impression du récit bâclé. D’une intrigue basique, elle va faire évoluer différents caractères, souvent caricaturés, pour que tout rentre presque dans l’ordre à la fin.

Monsieur Brun est un homme de 80 ans plutôt acariâtre, rabougri et carrément malpoli. Il vit seul dans son appartement, et cohabite mal avec ses différentes voisines. La pire étant la concierge qui fourre toujours son nez partout, surtout dans ses affaires.
Dès la lecture du résumé, les clichés pullulent, mais comme l’autrice en joue habilement et à juste dose sur chacun des personnages, ça passe. Ce qui m’agace avec le cliché, c’est quand l’un des personnages en est la seule victime. Si tout le roman est logé à la même enseigne, je trouve ça souvent très drôle, au contraire. Ici, ils collent tous parfaitement à leur personnage.

Les descriptions autour des différentes frasques de Brun m’auront beaucoup amusée. Et les différents rebondissements viennent très justement s’y ajouter. On rit bien sûr, mais j’ai également été émue par bien des passages. Il y a toute une prise de conscience sur la solitude, mais aussi sur la vieillesse. Celle qui fait croire aux proches que la personne n’est plus capable de rien, et qu’on ne croit pas quand elle affirme le contraire. C’est un sujet important, trop souvent tabou dans les romans, que l’autrice aborde avec légèreté et sérieux.

Une excellente lecture de vacances, ou lors d’un week-end pluvieux.


Autrice : Aurélie Valognes
Editions : Le livre de poche
Collection : Le livre de poche
Parution : 9 mars 2016
Pages : 269

vendredi 6 juillet 2018

Et à la fois je savais que je n'étais pas magnifique


Coska, jeune homme discret et romanesque, se retrouve dans une école d'art dont les codes lui échappent. Il choisit de tout quitter pour s'adonner à sa véritable passion, l'écriture.
Il participe alors à un concours organisé par une célèbre marque de vêtements, Martha Kahl. Cette dernière engage le jeune homme pour inspirer leur prochaine collection. Le voilà à nouveau propulsé dans un monde de faux-semblants aussi envoûtant que pernicieux.
Trop sensible pour pouvoir résister à la promesse de reconnaissance qui s'offre à lui, il devient victime des règles d'un jeu qui auparavant le répugnait. Dans ce rêve éveillé, la chute se profile inévitablement.
Un roman d'apprentissage qui décortique le monde du paraître avec une sincérité et une sagacité troublante.


Mon avis

Lire le livre d’un ami est une sensation spéciale, on le lit de toute façon d’une manière particulière. En prêtant attention à des détails, ou peut-être en étant plus clémente. Le livre de Jon m’a fait sortir de ma zone de confort. L’univers est celui de la mode, quelque chose qui me parle assez peu.

Je ne savais pas à quoi m’attendre et j’ai été ravie de ma lecture. Il faut passer le cap des 50 premières pages, qui introduisent le personnage de Coska, ainsi que sa participation à ce concours d’écriture. À travers ce premier chapitre, on découvre également le style de l’auteur, les métaphores pleuvent et la plume est soutenue. C’est un livre qu’on prendra le temps de lire. Difficile de lire quelques lignes par-ci par-là, quand on s’y met on aime pouvoir y rester durant plusieurs pages. De quoi s’imprégner de la plume de Jon Monnard.

Coska est un jeune homme un peu perdu. Dans ses études et sa vie. Il va participer à un concours, proposé par la maison de couture Martha Kahl. Son texte sera retenu et sera l’ébauche d’une nouvelle collection haute couture. À partir de ce moment-là, Coska va entrer dans un monde qu’on ne peut qu’inventer et imaginer, celui des défilés, des strass et autres mondanités. Le titre va prendre tout son sens, car l’auteur nous rappelle plus d’une fois que ce que vit son personnage est quelque chose d’éphémère, finalement, tout le monde aurait pu être à sa place, il n’est personne et ne le sera probablement jamais. C’est une litanie qui résonne aux oreilles de Coska, il n’en tiendra pas toujours compte, et se laissera prendre au jeu. Celui de l’amour et celui de la reconnaissance. Les masques changent chaque jour, chaque heure ! Et aucun personnage ne se fait de cadeau. Ils ne sont pas là pour ça. Petit à petit, toute cette frénésie va venir grignoter l’esprit du jeune homme, jusqu’au moment où tout sera trop tard. Comment deviner que tout est sur le point de basculer, quand tout est si facile ? Coska m’aura énormément émue. Son histoire peut se confondre avec celle de tant d’autres personnes. Qu’importe le milieu, on s’est peut-être déjà retrouvé à sa place. Justement, en ne trouvant pas sa place.

L’univers de la mode rencontre celui de la littérature. Ils pourraient former un superbe couple. Malheureusement, Martha Kahl fait de la littérature tout ce que je n’aime pas. Elle la rend froide et élitiste. Son idée est pourtant honorable, au début. Mettre en avant les lecteurs, les livres. Mais finalement, l’appât du gain et du prestige l’emporte, et les lecteurs ne seront pas présents, ni le livre d’ailleurs.

À travers son roman, Jon Monnard aborde l’aspect de la folie, de la recherche et de l’amour. D’abord physique, cet amour verra plusieurs transformations avant de se poser et d’adoucir notre héros.
J’ai été embarquée par cette histoire, par ces mots, et sachant que Jon est sur l’écriture de son nouveau roman, je suis une lectrice très impatiente de retrouver sa plume.



Auteur : Jon Monnard
Editions : L’Âge d’homme
Collection : Contemporains
Parutions : 30 mars 2017
Pages : 165

dimanche 24 juin 2018

Dans le murmure des feuilles qui dansent


Anaëlle, une jeune femme dont la vie a été bouleversée par un accident, se reconstruit doucement, entre son travail et sa passion pour l'écriture.

Thomas raconte des histoires merveilleuses d'arbres et de forêt pour mettre un peu de couleur dans la chambre d'hôpital de Simon, un garçon lumineux et tendre.
Chacun se bat à sa manière contre la fatalité. Mais est-ce vraiment le hasard qui va sceller leur destin?

Dans ce nouveau roman, Agnès Ledig noue une histoire simple et poignante où des âmes blessées donnent le meilleur d'elles-mêmes et nous rappellent, dans une nature à la fois poétique et puissante, que la vie est plus forte que tout.


Mon avis

Le nouveau roman d'Agnès Ledig m'est parvenu dédicacé dans ma boîte aux lettres, donc merci à Albin Michel et Agnès, le petit mot m'a vraiment touchée.

À la base, je devais réaliser une nouvelle interview de l'autrice, au format écrit comme je l'avais fait pour Rainbow Rowell. Je me suis donc attaquée à ce roman, mais malheureusement il ne m'aura pas comblée comme les autres. Je ressors très mitigée de cette histoire, et je me voyais mal réaliser une interview autour d'un livre que j'ai moyennement aimé.

Hervé est procureur et s'embête un peu dans son bureau, son boulot et son foyer. Son quotidien va être bouleversé par l'arrivée de la lettre d'Annaëlle, ancienne étudiante qui a assisté à l'un de ses cours et qui a besoin de précisions pour l'écriture de son roman.
En parallèle, nous allons rencontrer Thomas, 28 ans et menuisier. Pris d'une part par son travail, il va devoir jongler avec les visites à l’hôpital pour veiller sur son frère Simon, 8 ans, atteint de leucémie.
Comme à son habitude, Agnès Ledig prend des instants de la vie et nous les raconte à sa façon. Sa plume pourtant, cette fois, n'aura pas su me convaincre.

Je suis restée totalement hermétique à l'histoire et aux personnages de Hervé et Annaëlle. J’ai très vite trouvé leurs échanges de lettres agaçants. Ils rient un peu rapidement de la greffière de Hervé, Jocelyne, et cette dernière est le stéréotype de la vieille fille amoureuse de son patron. Et c'est vraiment quelque chose qui m'a agacée. Malgré ses défauts, Jocelyne me faisait beaucoup de peine. Je ne dis pas que ce genre de personnes n'existent pas, mais dans les livres ou les films ils sont vus et revus. Il manquait une petite touche de légèreté à Jocelyne, que j'aurais adoré lui trouver. Peut-être par vengeance au caractère souvent froid et jaloux qu'on a trop souvent associé aux célibataires d'un certain âge.
Il y avait ensuite les idées reçues des personnages autour de leur correspondance. Très vite, Hervé et Annaëlle pensent que les gens au courant imaginent quelque chose de mauvais. Une liaison, alors qu'il est marié ! Alors qu'un homme et une femme peuvent très bien entretenir des rapports amicaux, sans sentiments amoureux ou de désir. Oui, ça arrive. Et c'est trop rarement montré. J'ai pourtant apprécié Annaëlle, elle est touchante comme jeune femme. Brisée, mais rafistolée. Son projet de maison m'a enchantée, je rêve d'une petite maison comme celle qu'elle achète dans le roman. Avec des choses à réparer, comme chez elle, mais rien d'insurmontable.

Ensuite, j'ai beaucoup aimé l'histoire de Thomas et Simon. Ce sont d'ailleurs ces personnages qui m'auront donné envie de terminer le roman. Thomas s'est attaché à son demi-frère, Simon, 20 ans de moins que lui. Le jeune garçon est atteint de leucémie, et sa famille ne compte pas le laisser seul à l'hôpital. Entre les parents et Thomas, ils vont se relayer pour être au chevet de l'enfant. Le jeune homme va donc très vite se rendre compte qu'il est difficile d'être partout. Que ce soit au travail pour tenir les délais de ses travaux, et tenir compagnie à Simon.
Le sujet est grave, les personnages touchants, bien sûr que je ne suis pas restée indifférente à Thomas. Lui et son frère ont réussi à m'émouvoir, je me suis sentie proche d'eux, et la simplicité de leur relation et de leurs passions m'a transporté. C'est un aspect que j'ai trouvé très attachant chez eux. Leur intérêt pour la forêt et ses habitants, les grands espaces et la nature.

Malheureusement, la fin est rapide et brute. Je n'ai pas trouvé le rythme égal au reste, elle donne cette impression de précipitation, et quand arrivent les dernières lignes on n'est pas vraiment prêt.
Pour avoir vraiment beaucoup aimé sa duologie avec « On regrettera plus tard » et « De tes nouvelles », j'ai trouvé celui-ci en dessous, j'ai donc été un peu déçue.


Autrice : Agnès Ledig
Éditeur : Albin Michel
Collection : Romans français
Parution : 28 mars 2018
Pages : 389

jeudi 21 juin 2018

Butcher's Crossing


Dans les années 1870, persuadé que seule la nature peut donner un sens à sa vie, le jeune Will décide de quitter le confort de Harvard pour tenter la grande aventure dans l'Ouest sauvage. Parvenu à Butcher's Crossing, une bourgade du Kansas, il se lie d'amitié avec un chasseur qui lui confie son secret : il est le seul à savoir où se trouve l'un des derniers troupeaux de bisons, caché dans une vallée inexplorée des montagnes du Colorado. Will accepte de participer à l'expédition, convaincu de toucher au but de sa quête. Le lent voyage, semé d'embûches, est éprouvant mais la vallée ressemble effectivement à un paradis. Jusqu'à ce que les deux hommes se retrouvent piégés par l'hiver...

Mon avis

Avertissement : Les scènes de chasse et d’écorchages sont détaillées.

Vous vous souvenez de ces histoires de couvertures, trop attirantes, qui font que je ne lis pratiquement pas le résumé du bouquin ? Il en fait partie. Et ce fut une bonne surprise.

John Williams plante son décor dans le Colorado en 1870. Le jeune Will Andrews cherche à vivre une expérience unique, celle de l’homme dans la nature, au cœur de la chasse et de la vente de peaux de bisons.
Le style est très contemplatif, l’auteur décrit avec précision les paysages qui se succèdent devant les yeux de Will. Puis la plume devient soudainement rythmée et vive, et les actions s’enchaînent. C’est donc un style assez inégal, qui colle pourtant parfaitement au récit.

Will sera notre personnage miroir. Celui qui ne connaît rien à la vie de chasseur, et qui découvre un nouveau monde. Il incarne le personnage naïf, tendre et sage. Celui qui suit les ordres et qui n’ira jamais à l’encontre de ce qu’on lui dit. Il sait que ce n’est pas son terrain, il va donc suivre le mouvement. Cette expérience va le changer. Il reste cependant un personnage assez plat, il ne fait pas de vague, ce qui le rend parfois un peu terne. Mine de rien, il reste le personnage auquel je me serai le plus attachée.
Hodge est également un suiveur. Il fait confiance au chef de troupe : Miller. Son but est de revenir vivant de cette expédition, qui l’effraie et fait remonter de vilains souvenirs. Mais lui aussi reste assez passif. Celui qui va vraiment oser tenir tête aux autres est Fred, l’écorcheur. Il veut simplement effectuer son travail, sur la période demandée et prendre sa part. Quand le voyage commence à changer de mouvement, il fait entendre son mécontentement. Je l’ai beaucoup aimé, car il sait ce qu’il fait, et ose affronter Miller. Il connaît très bien le terrain, et sait que les fantasmes de Miller peuvent les mener à leur perte.
Miller est le personnage le plus élaboré. Depuis 10 ans, il rêve d’une chasse au bison dans les grandes et vastes plaines du Colorado. Des bisons par milliers, comme on n’en a jamais vu. Il n’a aucune preuve que ces troupeaux soient toujours là, mais il le sent, et il a enfin l’opportunité de réaliser son rêve. Tant pis pour le reste, ou les autres. L’auteur l’utilise pour donner corps à l’ambition, celle qui peut nous coûter beaucoup et nous mettre en danger. Miller n’a aucune conscience, et suit simplement son instinct, jusqu’à a limite du raisonnable.

Ce n’est pas un roman qui offre une grande aventure de chasseur. Il est plutôt là pour illustrer les différentes étapes d’un esprit rongé par un rêve, une chimère. L’auteur pousse ses personnages dans certains de leurs retranchements. Il n’y a que très peu de violence physique entre les quatre hommes, c’est amené de façon beaucoup plus subtile que simplement quelques coups de poing. La folie les guette tous, et elle est finalement bien plus dangereuse que des coups.
J’ai été surprise par cette lecture. Elle m’a montré quelque chose que je ne m’attendais pas à voir.


Auteur : John Edward Williams
Éditeur : 10X18
Collection : Littérature étrangère
Parution : 1er mars 2018
Pages : 336

lundi 18 juin 2018

Charley Davidson, tome 9 : Neuf tombes et des poussières


Mon nom ? Jane Doe. En fait, pas vraiment, mais comme je ne m'en souviens pas... Oh, et je peux voir les morts.

Plus bizarre encore, tous ceux qui m'entourent depuis que je me suis réveillée sans mémoire semblent me cacher des choses, surtout ce cuisinier hyper sexy qui me fait craquer et qui ment comme il respire. Mais je suis décidée à découvrir la vérité, quitte à devoir lui passer sur le corps...


Mon avis

Peut contenir des spoils concernant les tomes 1 à 8.

Charley essaie tant bien que mal de reprendre sa vie en main. Avec une amnésie qu'elle traîne depuis un mois, sans savoir qui elle est, ça s'annonce difficile. Heureusement, Dixie l'a engagée dans son resto, et lui permet de gagner un petit quelque chose pour éponger les dettes contractées suite à ses divers examens. Non seulement les médecins ne connaissent pas la cause de son traumatisme, mais en plus ça lui aura coûté la vente de plusieurs organes.

On connaissait Charley, déesse de la mort (enfin faucheuse quoi), jeune mère et épouse, prête à vivre enfin la vie qu'elle mérite. Et l'autrice le lui enlève ! Paf, comme ça, en un claquement de doigts. La fin du 8e tome m'avait profondément choquée ! Je voulais tellement voir cette petite famille grandir et s'aider, presque comme s'ils étaient normaux. Sauf que non. Satan veut toujours anéantir tout le monde, dont son fils et donc avec ça (et surtout) sa petite fille. Au moment où Charley découvre son véritable nom, et donc l'intégralité de tous ses pouvoirs, son cerveau grille, et remet les compteurs à zéro.

Ce tome, complètement dans le flou pour notre héroïne, rappelle les premiers tomes. Quand Charley n'avait pas encore conscience de toute l'étendue de ses pouvoirs. Comme elle ne se souvient pas non plus qu'elle est mariée à Reyes, on rit devant ses tentatives de séduction… envers son propre mari. Car ses proches l'ont retrouvée, mais aucun ne doit lui dire la vérité sur son identité, tous la surveillent de près ou de loin, et attendent qu'elle se souvienne de tout, elle-même. Soit une véritable torture pour tout le monde !

Les enquêtes reprennent également. Alors enceinte de 8 mois et demi dans le tome précédent, Charley ne pouvait pas faire grand-chose pour la police et le FBI à ce moment-là. On se souvient aussi de son refuge en terre sainte, pour éviter tout danger. Pour ce qui est de foutre son nez partout, ça doit être dans son ADN car Miss Davidson, amnésique ou non, ne peut pas s'empêcher de mener l'enquête. Et mettre sa vie en danger, par la même occasion.

Un tome qui met tout le reste assez en stand-by, bien que la fin apporte un gros indice sur la suite des événements. Et ils ne sont pas réjouissants. Ce qui est sûr, c'est qu'on se rapproche dangereusement de la fin, et nous sommes en train de rattraper les sorties US. Il va falloir être donc très patient à partir du T12, car le 13e n'est toujours pas sorti en anglais. Oui, patience est mère de vertu. Enfin, il paraît.


Autrice : Darynda Jones
Éditeur : Milady
Collection : Bit-Lit
Parution : 21 octobre 2016
Pages : 474

vendredi 15 juin 2018

La nuit des cannibales


« Le réveil, déjà... Il est sept heures. Bizarre, j'aurais juré l'avoir réglé sur huit. Sous ma main, la table de nuit est plus basse que d'habitude. La radio gueule un truc qui ressemble à Madonna, ou Lady Gaga bref, ce n'est pas France Info. Je me lève dans le noir et me demande d'où vient cette infâme odeur de pieds. Je n'ai jamais senti des pieds de ma vie, et même si j'ai assez bu pour me réveiller dans un lit qui n'est pas le mien, ça n'a jamais fait puer personne. L'interrupteur, enfin, me tombe sous les doigts. J'allume.

Je regarde mon bras... qui n'est pas mon bras. Mon nez me paraît pointu, mes pommettes aussi. Putain, je ne suis pas moi. »

Lorsque Maxime de Retz, homme d'affaires de 43 ans, se réveille dans le corps d'un ado, la situation est pour le moins embarrassante. Mais, quand on essaie de l'assassiner, là, tout part carrément en vrille.


Mon avis

Merci aux éditions Pygmalion pour cet envoi, et à Gabriel Katz pour la dédicace. Desmeon commence à se faire long, mais je resterai patiente. Cet auteur est un peu comme chez lui ici. J'accroche souvent à ses histoires glauques et rocambolesques. Je ne vous le présente plus, car entre Aeternia et le Puits des mémoires, il me semble en avoir parlé souvent.
La nuit des cannibales est un mélange de roman d'action mêlé à du surnaturel. Personnellement, c'est en me fiant juste au titre que j'ai réussi à me faire avoir, je vais donc essayer de vous faire un avis, avec le moins d'infos possible sur l'intrigue. J'aime la facilité.

J'avais déjà dit ça pour N'oublie pas mon petit soulier, ne commencez pas par celui-ci si vous voulez découvrir l'auteur, selon moi. Car les précédents ouvrages cités vous immergent beaucoup plus dans le style de l'auteur. Mais si vous avez envie d'un livre qui se dévore en quelques jours, qu'on ne lâche pas, car l'auteur utilise un rythme frénétique et que les cliffhanger de fin de chapitre vous excitent, foncez !

La nuit des cannibales est une chasse à l'homme particulière, avec à la clé des gains qui ne se calculent pas en argent. Les personnages sont sans pitié et souvent tête brûlée. Notre héros, et l'antihéros par excellence, avec une morale assez proche de 0. Suivre un « méchant » change du schéma de narration habituel. J'ai trouvé ça très chouette que l'auteur mette en avant l'appât du gain, avant quoi que ce soit d’autre. Il n'y a pas de bonnes actions faites juste pour faire le bien, chaque pensée du personnage va vers un but bien précis, tant pis pour les dommages collatéraux.
Le point faible, et ce n'est pas la première fois, le personnage féminin mériterait un autre traitement. Ce n'est pas la pire chez l'auteur, mais ici il lui donne un rôle très particulier, qui finalement ne va pas aboutir. Marie est très sympa, mais ne sert pas à grand-chose. On va très peu la connaître, et son rôle n'est pas exploité de la manière dont on pourrait l'attendre.

Quant à la fin, elle est surprenante ! C'était presque trop beau pour être vrai, et en effet, connaissant Gabriel Katz, il ne pouvait pas nous laisser avec quelque chose de simple et facile. Il fallait que ça claque, et ça claque du début à la fin. Quand on a l'habitude, on sait qu'on ne doit pas trop s'attacher à ses personnages, il sait les faire mourir en quelques lignes.

Ce roman est idéal quand on a envie de lire quelque chose qui part dans tous les sens, qui se lit rapidement et qu’on a envie de se vider la tête.


Auteur : Gabriel Katz
Éditeur : Pygmalion
Collection : Romans
Parution : 15 mars 2017
Pages : 374

mardi 12 juin 2018

Si vulnérable


La famille Virtanen est unie, bien sous tous rapports. Les parents ont un emploi stable, leurs deux filles mènent une scolarité brillante. Ils sont sociables, serviables, avenants. Tous leurs voisins s'accordent à te dire. Pourtant, un jour, le père tue ses enfants, puis son épouse, avant de se donner la mort.

Pour Lauri Kivi, chroniqueur judiciaire dans l'un des plus grands quotidiens d'Helsinki, cette tragédie n'est pas sans en rappeler d'autres de même nature. Il décide d'investiguer. Il étudie les cas, traque les similitudes, interroge sans relâche et découvre enfin que sous leur aspect lisse, ces familles cachaient aux yeux de tous de terribles drames. Enfant, Lauri lui-même a été marqué par la violence de son père et cette enquête réveille ses démons intérieurs. Pire, des rapports troublants semblent le lier à l'une des victimes.

Et si ces tueries familiales n'étaient pas le résultat d'une soudaine folie meurtrière mais le fait d'un tueur en série ?


Mon avis

Merci aux éditions Fleuve Noir pour l'envoi de ce roman, un thriller aux allures de Millénium. N'ayant jamais lu (mais vu) ce dernier, je ne vais pas m'amuser à faire de comparaison. Dans l'ensemble, j'ai apprécié l'intrigue et la révélation, par contre, j'ai trouvé le rythme très lent, avec des scènes beaucoup trop détaillées, qui perdaient de plus en plus de leur intérêt au fil de l'histoire.

Lauri est journaliste dans l'un des plus grands journaux de Finlande. On le découvre avec un lourd passé, difficile à oublier et qui le handicape tous les jours. Il va commencer à rédiger des articles sur des tueries familiales, où le père de famille décide de tuer femme et enfants et de se suicider. Très vite, Lauri comprend qu'on est loin du simple pétage de câble du père, et que quelque chose de bien plus gros se cache là derrière.

Lauri est un personnage très particulier. L'auteur en fait rapidement un antihéros, avec une enfance sombre et terrifiante qui l'a amené vers un avenir peu glorieux selon les moments de sa vie. Il possède ses faiblesses, et avec ça ses colères et ses doutes, qui lui joueront souvent de bien mauvais tours. Les personnages blessés par la vie ne me dérangent pas, j'ai souvent bien plus d'empathie pour eux. Mais Lauri avait ce petit quelque chose qui fait qu'il ne me plaisait pas. Son comportement avec les autres peut largement être compréhensif, mais il allait souvent trop loin. Notamment avec les femmes. Les seuls personnages féminins présentés sont soit des trophées, soit des victimes. Aucune n'est présentée sous un jour avantageux.
Je peinais à m'intéresser à ce personnage, alors que l'enquête était vraiment intrigante. Mais elle passe rapidement en arrière-plan, alors que l'auteur se concentre sur son personnage principal. Le rythme est mal dosé. Ce qui fait que j'ai rapidement sauté des passages.

C'est un genre de roman qui n'est, probablement, pas fait pour moi. J'aime les intrigues, et ici les états d'âme et vies des personnages passaient avant l'enquête. Bien sûr, j'aime quand l'auteur me donne des informations sur ses personnages, leur crée une vie propre à côté de l'intrigue, mais pas qu'elles deviennent plus importantes que la résolution de l'enquête.
Les meurtres ne sont pas le centre de l'histoire. C'est la psychologie de l’enquêteur qui est sur le devant de la scène. Ce qui n'est pas mal, juste déstabilisant quand on attend plus d'une enquête.

La révélation est bien trouvée, je ne l'avais pas vue venir. Il y a donc cet effet de surprise que je recherche tant. Mais ça ne rattrape pas le reste.


Auteur : Simo Hiltunen
Éditeur : Fleuve éditions
Collection : Fleuve noir
Parution : 8 février 2018
Pages : 587

lundi 28 mai 2018

Nos faces cachées


Ambrose Young est beau comme un dieu. Le genre de physique que l'on retrouve en couverture des romances. Et Fern Taylor en connaît un rayon, elle en lit depuis ses treize ans. Mais peut-être parce qu'il est si beau, Ambrose demeure inaccessible pour une fille comme elle. Jusqu'à ce qu'il cesse de l'être...

Nos faces cachées est l'histoire de cinq amis qui partent à la guerre.
L'histoire d'amour d'une jeune fille pour un garçon brisé, d'un guerrier pour une fille ordinaire.
L'histoire d'une amitié profonde, d'un héroïsme du quotidien bouleversant.
Un conte moderne qui vous rappellera qu'il existe un peu de Belle et un peu de Bête en chacun de nous...


Mon avis

Ce roman traîne dans ma PAL depuis qu’Anaïs me l’a offert pour mon anniversaire. Ne me demandez pas lequel, ce qui est un indice sur son temps dans ma PAL. J’avais très peur de le commencer, car les avis positifs sont très nombreux. Et ça a tendance à me faire l’effet inverse. Pas le fait qu’il y ait de bons avis, mais qu’ils soient nombreux. Ça veut dire que sur la masse de gens qui l’ont lu, la plupart l’ont aimé. De quoi me donner bien trop d’attentes.

Mais j’ai lancé le choix au hasard dans ma PAL sur Livraddict, et il m’a sorti celui-ci. Bon. Allez, je suis dans une bonne période de lecture, c’est le moment de sortir un peu de ma zone de confort. Je fonce, et je le termine en trois jours. Avec le nombre de préjugés que j’avais, étant persuadée de ne pas aimer, j’ai finalement mis la barre beaucoup moins haute que si je partais dans l’optique de vouloir vraiment aimer ce livre. Ce qui s’est traduit par une attente à 0, et un résultat de lecture bien au-dessus.

Ambrose Young est très beau. Et aussi très incertain sur l’avenir. Après les attentats de 2001, il décide de s’engager dans l’armée et de partir au combat. Il va en revenir transformé à jamais. Fern Taylor elle, vit l’amour par procuration en écrivant des romances et s’occupe de son cousin Bailey. Ce dernier souffre d’une maladie dégénérative, et son espérance de vie est minime. Incapable de bien des choses dans son fauteuil, Fern est à la fois une amie, ses bras et ses jambes.

Le personnage qui sort du lot, et qui fait que ce roman n’est pas comme les autres, est bien sûr Bailey. Si Amy Harmon ne l’avait pas inclus, son histoire aurait été beaucoup moins intéressante, et drôle. Bailey n’a pas eu le choix, il a développé un savoir et un sens de la répartie poussés à l’extrême. C’est son seul moyen de défense et de survie. Il ne perd pas son temps avec des non-dits ou des sous-entendus. Il agit, car il sait que demain tout peut s’arrêter. Autant ne pas perdre de temps. Son rôle entre Fern et Ambrose est capital. Il n’est pas là juste pour attendrir et faire rire. Il pose de véritables questions existentielles et importantes.
Comme le dit Bailey, Fern a le syndrome du vilain petit canard qui se transforme en cygne. Ça fait un peu cliché, et des fois on était à deux doigts d’y tomber la tête la première, dans le cliché. Mais l’autrice relève vite le niveau, et utilise simplement la réalité. Oui, des gens se sentent laids, comme certains se trouvent banals, ou encore pas mal. C’est comme ça. Et Fern est dans la première catégorie. Mais avec le temps, les choses changent, et le physique aussi. Par contre, dans sa tête, elle est incapable de voir ce changement. Ce qui pose de bonnes questions sur le regard qu’on porte sur soi et sur les autres. Ambrose a souvent des réflexions totalement justifiées à ce sujet. Il revient d’ailleurs de loin. Car entre sa vie avant son départ pour la guerre, et sa vie après son retour, c’est le jour et la nuit. L’autrice le fait vraiment avancer lentement. Il est renfermé et solitaire. Sa carapace se fendille doucement au contact de Fern, sans qu’il puisse comprendre qu’elle aime être avec lui.

La trame repose sur une simple histoire d’amour. Le fond est bien plus important que ça. C’est une réécriture très moderne et éloignée de La belle et la bête. La beauté physique est-elle plus importante que la beauté du cœur ? Les questions sont pertinentes dans notre société actuelle, où l’importance de l’esthétique est à son paroxysme. Pourtant, de plus en plus de personnes, heureusement, essaient de défendre l’inverse. Le vrai et non le nickel. Le roman d’Amy Harmon entre dans cette dénonciation du beau faux. Et du beau vrai. Du laid faux. Et du laid vrai. Elle habille son histoire de mille nuances, de personnalités au caractère changeant. Ses personnages représentent la vraie vie. Celle qui n’a pas de filtre.

J’ai réussi à vibrer avec eux. C’est donc un roman réussi pour moi. Alors que je m’attendais à être déçue, j’en ressors ravie.


Autrice : Amy Harmon
Éditeur : Robert Laffont
Collection : R
Parution : 22 janvier 2015
Pages : 436

lundi 21 mai 2018

Les chroniques de Virgin River, tome 2 : Refuge


Ce soir-là, à Virgin River, petite ville perdue dans les montagnes au nord de la Californie, la tempête fait rage. Alors que Vic s'apprête à fermer le bar où il travaille, une jeune femme débarque, un petit garçon endormi dans les bras. Elle a un bleu à la pommette, la lèvre fendue, et ce regard traqué des êtres que la peur talonne en permanence. L'ancien marine reconverti en cuisinier devine une histoire sombre et propose de les héberger pour la nuit.
Colosse taciturne, mal à l'aise avec les femmes, il décide, contre toute attente, de prendre la mère et l'enfant sous son aile. Avec tous les risques que cela comporte...


Mon avis

Y’a des jours où la chance nous sourit. Comme le jour où j’ai trouvé les tomes 2 à 7 de Virgin River à Emmaüs. Je me souviens encore, la neige n’allait pas tarder, ça devait être fin novembre, et le vendeur m’a vu arriver avec ma pile de romances et m’a lancé « vous, vous devez avoir hâte au mauvais temps, histoire de bouquiner toute la journée. » Alors ça oui, et pas qu’un peu !
Mais c’est par un joli jour de printemps que j’ai décidé de commencer le tome 2 de cette série doudou. J’en avais besoin. Le genre de journée où il vous faut du réconfort.

L’avantage de cette série, c’est que même si elle suit un certain fil rouge, les aventures ont un début et une fin dans chaque tome. Et les histoires d’amour concernent toujours d’autres personnages. Ici on va rencontrer Paige, qui fuit un mari violent. Elle se réfugie dans le bar de Vic qui était sur le point de fermer. Incapable de laisser une femme et son fils à la porte, il les héberge pour la nuit. Et ça ne sera pas que pour une nuit, on connaît la chanson.

Vic est un personnage qu’on rencontre dans le premier tome, et qu’on découvre beaucoup plus ici. Son histoire familiale m’a beaucoup touchée. C’est un gros ours au cœur tendre, qui ne s’est jamais demandé s’il aimerait changer des choses dans sa vie, et accueillir de nouvelles personnes qui pourraient la partager avec lui. Paige incarne le personnage blessé qui cherche un refuge. Elle est malheureusement tombée dans l’engrenage du mari pervers narcissique dont elle peine à se dépatouiller. Elle préfère fuir que l’affronter et le quitter. Elle sait que dans le premier cas, il y a des risques, mais elle pourra être loin de lui. Dans le deuxième, elle devra faire preuve de courage et de patience. Et quand on essuie une énième blessure, on n’en a peut-être plus la force.
Bien que chacun soit souvent un cliché des personnages habituels de romances, les rebondissements et les choix de l’autrice les concernant sont intéressants. Elle n’hésite pas à appuyer sur la corde sensible avec des familles qui doivent faire face à des instants de la vie difficiles, des choix de Dame Nature, pas toujours équitables. Mais c’est une belle fresque de ce qu’est la vie.

J’aime Virgin River pour ces petites histoires sympathiques, bien qu’ici, que ce soit la principale ou les secondaires, les thèmes abordés ne sont pas évidents et plutôt douloureux. Mais j’aime Virgin River surtout pour son décor. Virgin River représente le genre de petite ville dont je rêve. C’est Starshollow (Gilmore Girls) ou encore Tree Hill (Les frères Scott), mais dans les montagnes. Un petit endroit calme, où les gens se connaissent et s’entraident.

Si vous cherchez une lecture doudou, douce et réconfortante, c’est une valeur sûre.


Autrice : Robyn Carr
Éditeur : J’ai Lu
Collection : Pour Elle, Promesses
Parution : 28 août 2010
Pages : 411

lundi 23 avril 2018

Ainsi soit-elle


On a longtemps pris la parole de l'homme pour la vérité universelle et la plus haute expression de l'intelligence, comme l'organe viril constituait la plus noble expression de la sexualité.

Il faut que les femmes crient aujourd'hui. Et que les autres femmes - et les hommes - aient envie d'entendre ce cri. Qui n'est pas un cri de haine, à peine un cri de colère, car alors il devrait se retourner contre elles-mêmes. Mais un cri de vie. Il faut enfin guérir d'être femme. Non pas d'être née femme mais d'avoir été élevée femme dans un univers d'hommes, d'avoir vécu chaque étape et chaque acte de notre vie avec les yeux des hommes et les critères des hommes. Et ce n'est pas en continuant à écouter ce qu'ils disent, eux, en notre nom ou pour notre bien, que nous pourrons guérir.

B.G.


Mon avis

Il existe quantité de livres sur le combat pour l’égalité homme-femme. Est-ce que j’en ai lu beaucoup ? Non. Mais quand on commence, il faut bien commencer avec l’un d’entre eux. Mon commencement a eu lieu il y a bientôt 10 ans, quand j’ai écrit mon travail de diplôme autour du rôle du personnage féminin dans la littérature adolescente. Forcément, il me fallait une base de féminisme. Et j’avais lu le Que sais-je sur le sujet, chez PUF. Petit, mais costaud. Le deuxième sexe de De Beauvoir y est passé aussi, mais à 17 ans et même à 27, je le trouve très complexe et parfois indigeste. Du coup, je conseille une lecture en plusieurs étapes, en plusieurs fois.

Je sais qu’à la fin de cet article, vous serez plusieurs à me faire des recommandations de lectures. Je lirai tous vos commentaires, mais certainement pas tous vos conseils. Premièrement, car il me sera sûrement difficile de tout lire. Et deuxièmement, parce que je ne suis pas intéressée par tout. Le sujet est vaste, et ma liste d’envie déjà assez longue (vous la retrouvez en fin d’article). Arrêtons là cette introduction bien trop longue.

C’est en flânant un peu rapidement (quel joyeux oxymore que voilà) à la bibliothèque que je suis tombée sur l’ouvrage de Benoîte Groult. J’emprunte, et je le commence le soir même. En une soirée et quelques pages, elle me fait déjà pleurer 3 fois. De colère. De déception. Pas envers son texte, bien sûr que non, mais ce qu’il dénonce. Ce qu’il démontre, encore une fois, noir sur blanc, avec preuves à l’appui. Et c’en est désolant.
Avec un vocabulaire du quotidien, Benoîte Groult nous retrace bon nombre d’inégalités homme-femme. À travers ces exemples, elle ne fait pas seulement que parler de cette différence de traitement absurde d’un sexe à l’autre, elle réveille aussi toutes les inégalités. Couleur de peau, sexe et croyances étant les principales.
Ce texte n’est pas là pour cracher sa haine. Il prouve que le monde des Hommes a été mal construit. Beaucoup trop d’erreurs ont été excusées ou oubliées, laissées sans conséquence, à part pour celles et ceux qui en souffrent.

Au XXIe siècle, dans la plupart des pays d’Occident, nous ne sommes pas loin de cette égalité. Il reste du travail à faire, bien sûr, mais quand on voit tout ce qui a été accompli en 100 ans par rapportaux 20 siècles précédents (+ AJC), on peut continuer à se battre en y croyant vraiment. C’est ce que le texte de Groult m’a rappelé. Oui, j’ai souffert, et je souffre encore certains jours d’inégalités. Salaire plus bas que le libraire aux même taux horaire, et mêmes papiers que moi. Clients misogynes, qui ne veulent parler qu’à mes collègues masculins ou au gérant. Réflexions faites sur mon intelligence, ma profession, mon physique, mes choix, uniquement parce que je suis une femme. Comment le prouver me direz-vous ? Navrée, mais ça se ressent. Quelqu’un qui fait ce genre de remarques, sans prendre en compte le sexe de la personne à qui elle les fait, aura vraiment une autre attitude d’approche. 
Je n’accepte pas qu’on discrimine publiquement et dans « les règles » quelqu’un à cause de son sexe ou sa couleur de peau, qui ne sont pas des choix. C’est ainsi. Ainsi soit-elle, ainsi sommes-nous tous. Uniques, et humains.

Qu’on ne vienne pas me faire des théories sur nos différences. Je sais. Oui, les hommes ont un pénis, et les femmes un vagin, donc on n’est pas pareils ! D’ailleurs, à ce propos, on ne mutile pas le sexe, du sexe opposé. Sous aucun prétexte. Religieux ou autre, sans que le ou la principal.e concerné.e ne soit d’accord. Faut vouloir, mais soit. Les différences biologiques sont multiples, mais je vous rassure, les femmes font autant partie des êtres humains, que les hommes. Du coup, on s’aide, plutôt que se faire du mal ?

Ce livre est à transmettre. Fille ou fils. Mère ou père. Femme ou homme. On mérite mieux. À nous d’y contribuer.

Pour terminer petite liste, non définitive, des livres parlant du féminisme, de la femme, des menstruations, de l’égalité que j’ai envie de lire, ou que j’ai déjà lu, pour l’instant (23.03.18) :

  • Lune rouge de Miranda Gray
  • Puissance du féminin de Camille Sfez
  • Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir
  • Libérées de Titou Lecoq
  • Le nouveau féminin de Meghan Don
  • La révolte d’Eve de Marcelle Tinayre
  • Chère Ijeawele de Chimamanda Ngozi Adichie



Autrice : Benoîte Groult
Éditeur : Le livre de poche
Collection : -
Parution : 13 septembre 2006
Pages : 219


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