mardi 13 novembre 2018

Les Outrepasseurs, tome 4 : Ferenusia


Cet article peut contenir des spoils sur les tomes précédents de la saga Les Outrepasseurs

Trois ans et demi plus tard, nous y voilà. Le quatrième et dernier tome de la saga coup de coeur Les Outrepasseurs s’inscrit parfaitement dans les menus du Pumpkin Autumn Challenge. J’ai accepté la lecture commune avec Laetitia de la Lanterne Livresque.

Il m’a fallu du temps pour remettre tout ce petit monde en place. Certains noms ne me parlaient plus du tout, et chaque page était un nouveau défi. J’ai souri à quelques détails (le chat d’Antoinette s’appelle Chess, et le domaine familial de Peter se nomme la Renardise). Si les premiers chapitres furent addictifs comme les premiers tomes, la suite m’a déçue. Peut-être ai-je laissé filer trop de temps entre les tomes, et du coup la saveur n’était plus la même. Mais je pense malheureusement que c’est plus une question de plus-value. Je ne voyais pas ce que ce dernier tome apportait. Tout ce qui me fascinait dans les premiers, n’était plus là. Les ferreux ne m’intéressaient pas. Les Outrepasseurs sont déchus. 
Les enjeux restent importants, car l’autrice défend beaucoup de sujets actuels, comme la question de genre, l’amour homosexuel, le racisme, et je trouvais ça beau qu’elle y fasse attention. Mais j’avais la sensation que ça n’apportait pas grand-chose à l'histoire. Je suis pour le fait de défendre des causes, mais il faut que ça matche avec l’intrigue. Le sujet qui collait le mieux était celui du racisme, les ferreux n’étant pas des humains, ils se regroupent et se sentent menacés. Mais je n’avais aucune envie de les suivre, ou de les connaître. C’est comme s’ils arrivaient trop tard (oui, ok, ils étaient enfermés dans des camps pendant 3 tomes). Mais les personnages ferreux que l’on suit ne me séduisaient absolument pas. J’avais la sensation qu’il manquait des choses. Ces personnages me semblaient sortir de nulle part.

Ce qui a aussi été un peu mon ressenti face à Alex. Très vite, on se doute de ses origines et de son identité. J’ai trouvé ce personnage de trop. Car ses actions n’apportent pas beaucoup aux autres personnages.
Je voulais revoir Peter. Je voulais le sentir frémir entre les pages, se mettre à la recherche d’Arnaut. Ce sont les seuls personnages qui m’aient vraiment donné envie de poursuivre ma lecture. J’ai beaucoup aimé leur évolution et leur destin. C’étaient des moments forts.

Ce que je retiens de ce quatrième tome, c’est qu’il est de trop. La fin du troisième me suffisait amplement, et j’attendais autre chose de cette suite. Les personnages présents, ainsi que leurs histoires, ne m’ont pas convaincue. Il me manquait vraiment cette palpitation que j’ai ressentie durant ma lecture de la trilogie. La magie s’est éteinte à la fin du tome trois, comme l’a si bien écrit l’autrice. Les étincelles n’étaient pas là.


Autrice : Cindy Van Wilder
Éditeur : Gulf Stream
Collection : -
Parution : 4 mai 2017
Pages : 381

jeudi 8 novembre 2018

Cold Winter Foire aux questions

Les éditions se succèdent, mais certaines questions reviennent régulièrement. Cet article sera régulièrement mit à jour, avec les questions courantes. 

Q : Comment savoir si mon livre entre dans un menu ou une catégorie bonus ? 
R : En général beaucoup de participants se posent trop de questions alors que le but est de s'amuser. Les menus sont assez larges, on peut donc y mettre pas mal de livres, sans trop se heurter la cervelle. Et même si vous avez un doute, mettez le dans votre pile. De près ou de loin, il doit certainement entrer dedans. 

Q : Où puis-je partager mes avis lecture, fait dans le cadre du challenge ?
R : Sur le groupe Facebook du challenge. Mais attention, on ne met pas des liens d'articles sans statut. Les posts seront automatiquement supprimé. 

Q : A partir de quel âge puis-je participer ?
R : Il n'y a aucune limite. Tous les âges peuvent participer, Alice est justement en train de se faire une petite Pàl. 

Q : Puis-je mettre des livres qui n'entrent dans aucun des menus dans mon challenge ?
R : Bien sûr. Ils ne rapporteront pas de points, mais ils vous feront certainement passer un bon moment. Et c'est le principal. 

Q : Ma pile à lire doit-elle être prédéfini, ou puis-je y aller à l'aveugle ?
R : Comme on le sent. Le plus simple est d'aller selon nos envies. Si vous voulez construire une pile à lire spécialement pour le challenge, allez-y. Si vous préférez choisir les titres au fur et à mesure, faites le.

Q : Est-ce que les livres lus sans catégorie, mais seulement dans un menu, comptabilisent des points ?
R : Non, seulement les catégories bonus permettent de cumuler des points.

Q : Comment atteindre le palier "Reine des neiges" alors qu'il n'y a que 12 catégories bonus (donc 12 points) ?
R : Les catégories bonus peuvent être utilisé à l'infini, on peut donc rapidement atteindre le plus haut palier. 




Cold Winter Challenge 2018


Chaque année je vous ressors le même blabla autour du challenge. Le Cold Winter est un challenge qui fête sa 7ème édition. Depuis 2012 la bloggeuse Antonine nous propose de nous préparer une petite pile à lire pour tenir durant 2 mois de froid. Les thèmes ? Le froidNoëll'hiver, etc... mais rien n'est figé (dans la glace) chacun met ce qu'il veut dans sa PAL. Dans vos choix de lectures il sera par contre demandé d'intégrer un titre qui correspond à un des 4 menus proposés

Les menus



Le but est de choisir 1 menu minimum et de remplir la condition de lecture du menu choisi en lisant 1 livre lui correspondant. Ou de mettre plusieurs livres dans le même menu, ou de choisir plusieurs menus, etc. Pour le reste de votre PAL vous êtes totalement libre (froid ou pas, Noël ou pas). 

Catégories bonus

Ça c’est pour les petits challengers, qui veulent faire un challenge sans trop de contraintes. Pour les siphonnés du glaçon j’ai concocté cette année, des catégories bonus, à ajouter aux menus de bases, gagner des points et atteindre des paliers, winteresques ! On pourra tous terminer le challenge en chantant « Libérée, délivrée ! », ça sera merveilleux.

Ces catégories bonus, les voici. On peut les ajouter plusieurs fois à nos menus (mais bon, un minimum de fairplay, boire 50 fois un thé de Noël, pour gagner 50 points, je peux le faire aussi). Elles doivent impérativement être associées à un des 4 menus mentionnés plus haut. Encore mieux, si on combine certaines catégories avec un seul livre, les points se gagnent plus rapidement. Par exemple, lire un livre à la période des fêtes (menu magie de Noël), avec une intrigue de secrets de famille, et une couverture de Noël fait déjà gagner 2 points d’un coup !



Bon super, on lit des livres et on chante du Disney. Mais qu’est-ce qu’on gagne à la fin ? Rien. Oui. Désolée, je pensais à des glaces, mais le temps qu’elles arrivent… je vous laisse imaginer la tête de votre colis. Rien, MAIS on gagne des paliers (doux moment nostalgique des forums, où plus tu écrivais de posts, plus tu montais en grade).

  • C'est l'heure du thé. De 1 à 10 points devenez un petit Bonhomme en pain d'épices
  • Pas de repos pour les braves ! de 11 à 20 points vous serez un Lutin du père Noël
  • Qui croira en vous ? de 21 à 30 points vous transformerez chaque brise en tempête de neige, devenez Jack Frost
  • Dès 31 points, palais de glaces et bonhomme de neige à gogo ! Libérée, délivrée, laisser chanter la Reine des neiges qui en est vous !  

Où et quand ? 

On se cale sous les couvertures du 1er décembre au 31 janvier (après faut retourner bosser). Pour participer, rien de plus simple : participez. Que ce soit dans votre coin, en partageant sur le groupe Facebook, sur les réseaux sociaux avec le #coldwinterchallenge, sur votre blog ou en vidéo. Le but c'est de se faire plaisir durant deux mois, d'aimer nos lectures, de partager et de découvrir.


 BON CHALLENGE A TOUS ! 





vendredi 12 octobre 2018

La fille de l'Irlandais


Susan Fletcher a surtout eu de bonnes critiques avec Un bûcher sous la neige, on doit me le prêter d’ailleurs. J’avais reçu ce titre-là dans un swap, et l’automne me semblait la période idéale pour me lancer dans cette histoire.

J’avais une petite appréhension après relecture du résumé. J’imaginais une histoire finalement un peu bateau, et j’avais peur de m’ennuyer. Grossière erreur de jugement de ma part, j’ai découvert une plume merveilleuse. L’autrice mélange les époques de ses personnages, les instants et les souvenirs. C’est un peu déroutant au départ, mais très agréable. Je trouvais ça différent. Ce n’est pas le tout de trouver une bonne intrigue, une bonne histoire, le style est aussi important.

"Evangeline, Evie ou encore Eve, est une petite fille de 7 ans, orpheline, va découvrir la vie à la campagne dans le Pays de Galles chez ses grands-parents. Peu après son arrivée, Rosie, une fillette de son âge, disparaît. Les soupçons pèsent sur tout le monde…"

Evie est attendrissante. On a de la peine pour elle, forcément. Elle perd sa mère brutalement, alors qu’elle ne connaît personne d’autre. On va la placer chez ses grands-parents maternels, qu’elle n’a jamais vus, et avec qui elle va devoir vivre maintenant. C’est un quotidien beaucoup moins triste que ce à quoi je m’attendais. Le résumé parle de reproches de son entourage, et j’avais peur que ses grands-parents lui mènent la vie dure, et ne l’aiment pas. Finalement, c’est un climat très serein et aimant qui règne dans la petite ferme du Pays de Galles. Les employés de la ferme apprécient la petite fille, et Evie va développer une passion pour la vie à la campagne.
Le rythme de l’autrice nous fait découvrir la fillette durant son enfance, mais également à l’âge adulte. Elle sera passée de Evie à Eve, et pose un regard différent sur cet été marquant, où Rosie a disparu. J’ai beaucoup aimé le changement de ton dans la narration. Les pensées d’une petite fille se confrontent à celles d’une adulte. C’étaient vraiment des points de vue intéressants et différents.

Comme l’autrice le veut bien, j’ai apprécié Daniel, Billy et les grands-parents. J’ai détesté Mr Phipps et Lewis. Ses personnages secondaires ne sortent pas de l’ordinaire. Mais elle les utilise bien, au bon moment. L’intrigue de la disparition de Rosie est rapidement un prétexte pour diminuer des personnages mal vus par le reste des habitants. Chacun accuse le voisin, et les gens sont bourrés de rancœur les uns envers les autres.
L’autrice soulève des sujets intéressants, grâce à une histoire loin des clichés.


Autrice : Susan Fletcher
Éditeur : J'ai Lu
Collection : Par ailleurs
Parution : 19 mars 2008
Pages : 318


mercredi 10 octobre 2018

La fille du roi Arthur, tome 1


Première lecture du Pumpkin Autumn Challenge, j’avais envie de quelque chose de rapide, et facile. Ce livre est dans ma PAL depuis sa sortie en 2015. Visiblement, la suite ne sera jamais traduite, Hachette a déjà épuisé le titre.

De mon point de vue, c’est une mauvaise réadaptation de la légende arthurienne. Quand je lis un roman classé en jeunesse ou ado, j’essaie toujours de me remettre dans la peau de la lectrice que j’étais à cet âge. J’évite de trop en demander à un roman. Mais quand on lit certains titres jeunesse, qui sont si bien, difficile de ne pas être critique envers ceux qui le sont moins, juste parce qu’ils sont classés en jeunesse. Donner de la qualité aux jeunes lecteurs est important. Et ce roman manque de beaucoup de choses.

L’univers est bâclé. Qu’on s’attaque à inventer quelque chose de complètement nouveau, en l'occurrence que le roi Arthur et la reine Guenièvre aient eu une fille, pourquoi pas. Mais l’histoire de Camelot, des chevaliers de la Table ronde et d’Arthur est inexistante. Le jeune lecteur ne connaissant pas cet univers n’y comprendra pas grand-chose. Qui est Merlin ? Et Mordred ? Trop de zones d’ombres dès les premières pages. L’avantage des légendes, c’est qu’on peut modifier certains aspects, sans qu’on crie trop au scandale. Mais implanter des personnages importants, sans les présenter, c’est partir du principe que le lecteur les connaît. Dans un premier tome, ça me semble un peu utopique.

Autre problème, l’âge des jeunes personnages n’est pas cité. On sait tous qu’à cette époque l’enfance prenait fin rapidement. Et très vite, les garçons comme les filles devaient faire partie de la société et tenir le rôle qui leur incombait. Ici, Rihanna (non, non je ne rigole pas) est une petite princesse protégée sur l’île d’Avalon. Tout le monde sauf elle sait qui elle est, et ce qu’elle est censée devenir. Quand elle apprend le décès de son père et sa destinée, elle passe d’un extrême à l’autre, en moins de 24 heures. En quelques jours, elle devient une guerrière et fait plier un chef saxon en quelques minutes. Même avec toute la bonne volonté du monde, j’avais de la peine à y croire.

Il manque du rythme, du réalisme et de la cohérence. Je ne suis qu’à moitié étonnée que Hachette ait épuisé le titre, sans éditer la suite.


Autrice : Katherine Roberts
Editeur : Hachette
Collection : -
Parution : 8 avril 2015
Pages : 314

lundi 8 octobre 2018

Ecouter mon cycle


La magie des livres, c’est de pouvoir trouver son bonheur sur n’importe quel sujet. J’ai toujours aimé l’occulte, la nature, la sorcellerie. La pratique Wicca m’intéresse beaucoup, mais c’est un sujet très vaste, et étant totalement autodidacte sans tout suivre, difficile de vous en parler clairement. Pour essayer de faire simple, je crois à la magie verte, en la nature, aux cristaux, aux herbes et à la magie intérieure. (L’ouvrage « Wicca » de Scott Cunningham est plutôt intéressant, et assez libre, si le sujet vous intrigue un peu.)

Vous parler des menstruations ici me semblait un bon commencement, car c’est à travers elles que j’ai vraiment pu me détacher et aller vers ce que je voulais depuis de nombreuses années. Avant ce que je vais vous décrire plus bas, je peinais à me trouver. Je ne me sentais pas en accord avec différentes choses, à commencer par ce en quoi je croyais. Étrangement, je ne me sentais pas légitime, alors que c’était un raisonnement bidon.

Dans cet article, je vous parlais de la cup (et du stérilet) et j’ai souligné quelque chose qui aujourd’hui a changé. Au moment de cet article, et il n’y a encore pas si longtemps que ça, je clamais ouvertement que mes menstruations je m’en passerais bien, mais pas pour une question de douleur, juste parce que ça m’embête. Je rembobine un peu pour vous en dire plus.

Jusqu’à mes 24 ans, mes menstruations étaient un cycle plutôt passif de ma vie. J’ai la chance de ne pas éprouver de douleur durant cette période, mais c’était surtout que je trouvais ça gênant, dans le sens pratique. Qu’importe le moyen de protection hygiénique, je trouvais ça chiant. Puis c’est à cet âge-là que le désir d’avoir des enfants s’est confirmé. Après l’arrêt de ma pilule, chaque mois quand quelques gouttes de sang apparaissaient dans ma culotte, c’était la déprime. J’ai donc commencé à détester mes menstruations. Quand je suis tombée enceinte, je les ai vite oubliées. Le retour de couche aura été un peu long, un mois et demi très bancal et complètement déréglé. La pose du stérilet au cuivre a suivi, et le rythme est revenu. Mais je gardais toujours cette haine envers mes menstruations. Je ne les voulais plus. N’étant pas fan des hormones, je ne voulais pas les stopper de façon non naturelle. J’ai donc pris mon mal en patience.


Et puis j’ai recommencé à m’intéresser à la Wicca, pratiques et croyances que je gardais au fond de moi, mais que j’avais un peu reléguées dans la base arrière de mon cerveau.
À travers mes différentes lectures (et j’en présenterai d’autres avec le temps), je me suis arrêtée sur le féminin sacré. Après la lecture de La puissance du féminin de Camille Sfez, mes menstruations sont devenues importantes. J’ai appris à les respecter, à les accepter et à les connaître. J’ai commencé mes diagrammes lunaires, et depuis, je me comprends mieux. Le diagramme lunaire est une sorte de tracker (pour faire simple) que l’on sépare en quatre saisons : hiver (menstruations), printemps (pré-ovulatoires), été (ovulations) et automne (prémenstruel). Chaque jour, on note dans quel quart on se trouve. C’est ainsi que j’ai pu découvrir que pour l'instant j’ovulais durant la nouvelle Lune et que j’avais mes menstruations durant la pleine Lune, ce qui ferait de moi une femme Lune Rouge, quelqu’un de tourné vers son développement intérieur. Suivre mon cycle, mettre des mots sur mes différents ressentis selon les saisons de mes lunaisons me permet de mieux comprendre mes humeurs ou mes émotions. Aujourd’hui, j’ai appris à vivre avec, et à m’écouter.
Entrer dans cette étape de redécouverte de mon cycle m’a ouvert les yeux sur ce que je voulais vraiment. C’est grâce à ça que j’ai pu enfin me rediriger vers ce en quoi je crois depuis des années. J’ai réussi à mettre la légitimité à la poubelle, dans ce domaine, mais pas que. Et le syndrome de l’imposteur m’a quittée.

Le blog n’est pas uniquement littéraire, vous l’avez compris depuis un moment. De nouvelles tranches de vie vont apparaître, ici et sur Instagram. Ce sont les deux plateformes les plus bienveillantes et ouvertes d’esprit que j’utilise, et c’est sur celles-ci que je compte vous parler gentiment de Wicca et toutes les choses que je fais graviter autour de cette pratique.


jeudi 27 septembre 2018

Les enfants de coeur


C’était le titre imprévu de la rentrée. Celui qui m’a fait de l’œil, alors que je n’en avais pas entendu parler. Après lecture du résumé, ces personnages me poursuivaient déjà.

"Rose et Pierrot sont arrivés en même temps à l’orphelinat. Bébés non désirés, ou impossibles à garder. Nous sommes en 1914 et des bouches à nourrir, il y en a bien assez. En grandissant, ils se trouvent des affinités et des points communs. Les religieuses sont formelles, si ces deux-là traînent trop ensemble, ils seront perdus ! Chacun y met du sien pour séparer les deux enfants, mais quand un lien se crée, difficile de le rompre."

Au départ, j’avais de la peine avec la plume de l’autrice. Je n’aimais pas les détails crus et sexuels qu’elle utilisait. C’est un texte brut, qui n’y va pas de main morte avec ses personnages. Que ce soit Rose ou Pierrot, chacun va découvrir la vie, comme personne ne devrait la découvrir. L’un va décoller pour mieux tomber, l’autre va se ratatiner la face sur le bitume avant de gravir les échelons.
Au fil de ma lecture, j’ai commencé à m’attacher à ces deux enfants éternels. Finalement, le style a fini par passer tout seul, et je trouvais même qu’il collait bien à l’univers. On arpente des rues sombres et inquiétantes, les lieux, s’ils ne sont pas luxueux, sont au contraire très sales et miteux.

Rose est une fille ni jolie ni vilaine, comme on dirait. Si elle n’avait pas cette imagination débordante, et un don pour le spectacle, elle passerait inaperçue. J’ai aimé ce personnage, bien que des facettes de sa personnalité me soient totalement passées à côté. Son côté espiègle complète parfaitement sa tendance à saisir les opportunités quand elles se présentent. Si quelque chose ne fonctionne pas, elle le contournera jusqu’à y parvenir.
Pierrot est sa face B. Prodige du piano, il se retrouve sans un sou du jour au lendemain, et va rapidement tomber dans la spirale infernale de la drogue. Jouer pour gagner, gagner pour consommer. Je l’ai malheureusement trouvé plus effacé que Rose. Je n’arrivais pas à me sentir proche de lui, pourtant il est attachant et touchant.

Rose et Pierrot baignent dans un monde provocant. Chacun va développer rapidement, et durant l’enfance, une certaine vision de la vie sexuelle. Au départ, ils la découvrent de façon brutale, et très vite cette vision sera la leur, sans qu’on leur laisse le choix. J’ai été particulièrement touchée par cet apprentissage. Les relations sexuelles sont souvent des instants importants et sacrés, dans la vie. Sujet sensible et tabou, l’autrice dévoile ici des pensées et des actes intimes. Plus on avance dans le texte, plus on s’y fait. Plus on comprend leur vision de ces moments. On y parle aussi de maternité, d’enfants non désirés, avortés ou encore perdus.

À côté de ça, il y a les spectacles et la musique. Les passions des deux protagonistes. Ce qui les pousse à se lever chaque matin, à gagner un peu d’argent par-ci par-là. Prouver qui ils sont et qui ils peuvent devenir. Malgré les bâtons dans les roues, ou la drogue, ou les mensonges. Tomber pour mieux se relever, telle est leur devise. Si leur milieu est crade, tant pis, ils feront avec.

Ce roman est une ode à la vie. Il nous pousse à croire en nos rêves. Ne jamais laisser tomber, et toujours aller de l’avant. Rien n’a été facile pour Rose et Pierrot, pourtant ils ne lâchent rien, et leurs faiblesses deviennent rapidement leurs forces.




Auteur : Heather O'Neill
Éditeur : Seuil
Collection : Cadre vert
Parution : 16 août 2018
Pages : 475

mardi 25 septembre 2018

Le bruit du dégel


Toujours dans les romans de cette rentrée, Le bruit du dégel avait tout pour me plaire. Une couverture copiée/collée sur celle de Café Givré (idéal pour un Cold Winter Challenge d’ailleurs), et des histoires dans une histoire.

"Jean, une vieille femme seule dans sa grande maison, met Kate, une inconnue venue frapper à sa porte pour une étude, au défi d’arrêter de boire du jour au lendemain. Si Kate reste sobre durant cinq jours, Jean lui racontera son histoire. Un peu étonnée par cette demande, Kate décide de jouer le jeu, car cette vieille femme en train de couper du bois, seule dans sa maison, l’intrigue. Les jours vont se succéder et les histoires aussi, sont-elles toutes vraies, ça… c’est une autre paire de manches."

Ce livre est envoûtant. Le titre est une belle métaphore sur le temps qu’il faut pour se remettre à vivre. Le dégel est une mélodie lente qui enchante, qui libère les corps et les esprits. Kate va succomber aux chants des sirènes, et aux histoires de Jean. De jour en jour, sa sobriété va lui révéler la vie comme elle l’est vraiment. Les réactions de Laurits, son colocataire/amant, et ses propres centres d’intérêt qu’elle avait laissés de côté pour adhérer à ceux de Laurits. Kate est durant une bonne partie du roman un personnage passif. Elle écoute, et constate les effets de ces histoires sur elle. Sa passivité va évoluer jusqu’à s’effacer complètement. Elle est comme une chenille dans sa chrysalide, et le papillon qui en sort enfin. Le cheminement de ce personnage m’a beaucoup plu. Et son avancée est très douce, rien de brusque. L’auteur la laisse aller à son rythme.

Jean est ambiguë. On sait qu’elle ne raconte pas tout, qu’elle oublie volontairement certains détails. Ses histoires sont celles de sa vie, de celles de ses proches et toutes les conséquences qu’elles auront sur elle. Je vous disais dans la chronique sur Nous, les vivants, que je n’avais pas accroché au message philosophique du roman. On retrouve, pour moi, un peu le même genre de message, mais mis en avant de façon radicalement différente. Jean interprète la sage, et Kate la disciple qui écoute et apprend. John Burnside s’y prend mieux, avec beaucoup de délicatesse.

Sa plume est tendre, malgré les scènes parfois difficiles et les prises de conscience de ses personnages. Il arrive à dégager des atmosphères différentes selon les lieux du roman. La maison de Jean était pour moi l'emblème même du cosy. J’y voyais des fauteuils avec de gros coussins, des pâtisseries, et beaucoup de thé. J’avais envie de voir une maison douillette, pour cette femme à la vie cabossée. Un endroit accueillant, dans lequel Kate vient se réfugier avec plaisir. Vient apprendre et désapprendre.
Au contraire de la chambre de Kate qui est blanche, et froide. Là aussi, j’y voyais une ressemblance avec l’esprit de son occupante. Une page vierge, sur laquelle les gens écrivent leurs propres histoires, sans lui laisser le temps d’écrire la sienne.

C’est un beau roman, avec de la sagesse et de la philosophie, enrobées dans des histoires de vies parfois simples et parfois torturées.  


Auteur : John Burnside
Éditeur : Métailié
Collection : Bibliothèque Écossaise
Parution : 23 août 2018
Pages : 361


dimanche 2 septembre 2018

Nous, les vivants


La couverture du roman d’Olivier Bleys m’aura à moitié trompée. Il y aura bien de la neige et une cabane isolée, perdue au milieu des Andes. Malheureusement, le message du roman est bien trop éloigné de mes propres croyances pour que j’y adhère.

" Jonas est pilote d’hélicoptère. Alors qu’il est en mission de ravitaillement, son hélico est pris dans la neige, impossible pour lui de décoller et de rentrer. Dans la cabane, il fait la rencontre de Jésus, un garde-frontière qui va lui tenir un étrange discours… "

Est-ce que je suis partie dans l’idée que ça allait être une sorte de roman initiatique ? Complètement. Est-ce que le roman initiatique a pris un tout autre chemin que celui attendu? Encore gagné. Malheureusement, à partir du moment où j’ai compris où allait l’auteur, je me suis refermée comme une huître. Impossible de croire ou d’aimer son histoire.

À côté de ça, outre le message, j’aurais pu apprécier le reste, sauf que là aussi, bide complet. Les dialogues tombaient à plat, étaient pour moi dénués de sens et ne me parlaient absolument pas. Finalement l'histoire n'est pas dérangeante, mais elle est amenée de manière trop simple. L'auteur aurait pu oser beaucoup plus de choses, entraîner le lecteur à travers les méandres de l’irréel. Mais non.  L’aventure tourne rapidement en rond et la chute de l’intrigue est évidente.


Auteur : Olivier Bleys
Éditeur : Albin Michel
Collection : Romans français
Parution : 22 août 2018
Pages : 179



jeudi 30 août 2018

Pleurer des rivières


Suite de ma rentrée littéraire, j’ai foncé vers ce roman publié chez Héloïse d’Ormesson, au titre poétique. Le résumé ne me branchait pas plus que ça, et pourtant, ce fut une très bonne lecture.

" Meriem attend son huitième enfant à 28 ans. Treize ans de mariage avec son mari Franck, et des grossesses dont elle ne veut plus vraiment. Dans leurs traditions et croyances gitanes, l’avortement est très mal perçu, et les méthodes contraceptives ont toutes été abandonnées, car soit trop contraignantes, soit inconfortables. "

La plume est vive et piquante. L’auteur n'hésite pas à détruire des clichés dont les auteurs masculins ont tendance à abreuver leurs romans. Il vogue d’un personnage à un autre avec facilité sans pour autant perdre le lecteur, ce qui donne un récit rapide mais pas saccadé, au rythme agréable. On ne se perd pas dans les descriptions indigestes, l'essentiel est là et permet d’avancer.

Ce qui m’a vraiment plu dans ce roman, c'est sa thématique qui nous fait nous poser la question : que choisir entre l'éthique et la loi ? Dans quel camp se situer quand le cœur et la raison se chamaillent ? Quand on est mère, ce roman nous touche peut-être encore plus, mais qu’importe notre envie de maternité ou non, il ne nous laisse pas insensibles.
Les personnages ne sont pas forcément attachants, chacun possède ses bons et ses mauvais côtés, mais tous ont leurs idées et s’y tiennent. J’aime les personnages qui en veulent et qui n’attendent pas que les choses se passent. Alors que le résumé et le début du roman laissent beaucoup de place aux personnages masculins, on découvre au fil de la lecture que les femmes sont en fait le cœur, l’âme et la tête de cette histoire. J’ai été agréablement surprise par le ton que l’auteur leur donne. On ajoute à ça une prise de conscience très intéressante sur un sujet plutôt tabou, et ça nous donne un excellent livre.

Mériem et Séverine ont des vies radicalement différentes. Alors que l'une est à la maison pour élever les enfants, l'autre est autrice d'albums jeunesse et épouse d'avocat. Alors que l'une attend un nouvel enfant, l'autre peine à tomber enceinte. Ensemble elles vont apprendre à connaître la vie de l'autre et à l'envier. Chacune apporte un peu de magie à l'autre.  

Je le recommande vivement pour ceux qui ont envie de voir autre chose, qui n’aiment pas la littérature blanche contemporaine qui parfois est un peu pompeuse. C’est un texte cru et poignant. Coup de coeur bien mérité. Ce roman se lit en quelques heures, car une fois commencé impossible de le lâcher. Les personnages nous fascinent et on veut savoir jusqu'où ils vont aller. 


Auteur : Alain Jaspard
Éditeur : Héloïse d’Ormesson
Collection : -
Parution : 23 août 2018
Pages : 190



lundi 27 août 2018

Manuel de survie à l'usage des jeunes filles


La rentrée littéraire est arrivée ! Chaque année, c'est le même battage médiatique autour, mais cette fois, pas d’autre choix que de m’y intéresser un peu. Depuis janvier, ce rayon me revient à 50 % avec ma binôme. C'est un nouveau challenge qui me plaît.
Quand les premières épreuves de la rentrée sont arrivées, j’ai fait ma petite sélection et l’un de mes premiers choix s’est porté vers ce titre à rallonge, et à la couverture enneigée (ô surprise).

Première constatation, c'est que le titre anglais est très court, alors que la version française n’a rien à voir. En anglais, le surnom du personnage principal suffit, et n’aurait peut-être pas été assez clair pour le lectorat francophone.
Le style de l’auteur est assez contemplatif, et même si j’ai apprécié ma lecture dans l’ensemble, quelques paragraphes ont été sautés pour aller au cœur du roman. La narration se fait à travers le personnage de Sal, qui décrit chacune de ses actions. Si au début j’ai trouvé ça sympa, au bout de 100 pages, j’avais envie qu’elle accélère un peu. Pourtant, la raison de leur nouvelle vie en pleine nature m’a beaucoup touchée. J’étais aussi très impressionnée par toutes les connaissances concernant la survie emmagasinées par Sal.

" Elle est le personnage enfant qui a dû grandir trop vite pour le bien de sa petite sœur. Sa mère est une alcoolique sans le sou, dont le nouveau copain abuse facilement et avec plaisir de sa fille. Pour éviter le même sort à sa sœur, Sal met tout en œuvre pour partir et vivre librement. Leur venue dans la forêt est planifiée depuis des mois. "

Sal m’a fait penser à une mini Dexter par moment, dont les émotions ont été coupées. Son esprit est pratique, et rarement dans l'émotionnel. Ce qui la rend attachante par moment, car on se souvient pourquoi elle est là et tout ce qu’elle a traversé, mais elle est aussi très distante par sa rudesse.
Peppa est l'exact inverse. C'est une petite fille pleine d’imagination, avec un débit de parole important. Au grand malheur de sa sœur, elle ouvre la bouche souvent trop rapidement. Les deux forment un duo improbable et complémentaire.
J’ai eu un peu de peine à croire à la facilité avec laquelle elles vivent dans les bois. Ce sont des enfants de 10 et 13 ans, et tout ce qu’a appris Sal se trouve sur YouTube ou les émissions de Bear Grylls. Voir et faire sont deux choses différentes, et dans sa globalité, tout se passe très bien, peut-être trop bien pour que ça soit vraiment réaliste et plausible.

Pour moi, le bémol de cette lecture, c’est le rythme. Il est un peu lent, et l’auteur s’arrête sur une quantité impressionnante de détails. Pourtant, les récits dans le récit sont intéressants, et même très plaisants à découvrir, sans pour autant faire de l’ombre à l’aventure des deux sœurs.
J’ai été par contre ravie de découvrir les décors de la forêt écossaise. Je cherchais de la neige et du froid, j’ai été servie. Là où le style colle parfaitement, c’est avec les moments de silence dans les bois. Ces passages étaient très beaux, avec une petite touche de sagesse enfantine très agréable.


Auteur : Mick Kitson
Éditeur : Métailié
Collection : Bibliothèque écossaise
Parution : 30 août 2018
Pages : 240



vendredi 24 août 2018

Les années du silence, tome 1 : Dans la tourmente


S’il y a bien une autrice qu’on m’a toujours chaudement recommandée dans le genre « destin de vie » c’est Louise Tremblay d’Essiambre. Alors c’est avec plaisir que je me suis plongée dans le premier tome de sa série Les années du silence. J’avais besoin d’une lecture sûre, car je sortais de deux abandons. Bien qu’abandonner un livre ne me fasse rien niveau culpabilité, ça crée un peu cet effet de manque, de ne pas tomber sur le bon livre. Vous savez, cette sensation divine quand vous accrochez à votre lecture, et que plus rien ne peut vous en sortir ? C’est de ça que je parle, et c’est ça qui me manquait.

" 1942, Cécile a 17 ans, et est amoureuse de Jérôme. Leur mariage est prévu pour l’année suivante. Alors que leur amour bat son plein, Cécile tombe enceinte, hors mariage. La honte s’abat alors sur Eugène, le patriarche. Hors de question que sa fille aînée jette l'opprobre sur la famille. Il envoie donc cette dernière chez sa tante à Québec pour cacher son état. Elle devra ensuite accoucher dans une crèche, et y laisser son bébé. Durant son exil, Cécile rencontre Rolande, une jeune fille enceinte elle aussi, dont l’état est non désiré. "

J’aime ces récits romanesques, où les malheurs s’abattent sur les personnages, et où le destin leur joue de vilains tours. Cécile est une jeune femme trop sage, qui n’a longtemps pensé qu’aux siens avant de penser à elle. Son amour pour Jérôme est très fort, mais celui qu’elle liera avec le bébé qu’elle attend est encore plus grand. Eugène ne se rend absolument pas compte de ce qu’il demande à sa fille. Pour lui, c’est une erreur, un pot cassé qu’on va simplement mettre à la poubelle, en attendant de pouvoir en racheter un nouveau. Même Jeanne, la mère de famille, ne comprend pas les protestations de sa fille. Jeanne est le premier personnage qui explique le titre. À l’âge de 17 ans, elle tombe amoureuse d’Eugène, 15 ans de plus qu’elle. Après leur mariage, les enfants vont s’enchaîner, et rares seront les moments où Jeanne ne sera pas enceinte. La naissance de Cécile est son plus beau cadeau, mais quand elle comprend que son mari a des idées bien arrêtées et des envies presque quotidiennes, elle n’aura pas l’occasion de donner son avis. Maintenant que sa fille attend un enfant, elle est persuadée que c’est une chance pour elle que de l’abandonner et de pouvoir continuer sa vie. Elle est aveuglée par sa propre condition non désirée et répercute ses envies sur sa fille. Si Jeanne n’a pas pu réaliser ses rêves, elle souhaite que Cécile le puisse, sans prendre en compte que le vœu de Cécile puisse être de tout simplement garder cet enfant et d’épouser Jérôme.
C’est un roman qui commence par de véritables dialogues de sourds, chacun pensant au bien-être de l’autre, sans vraiment l’écouter. Le destin de Rolande est similaire et à la fois très différent de celui de Cécile. À 13 ans, elle devient la honte de la famille. À la fois menteuse et fille volage, elle a attendu que ses parents aient le dos tourné pour aller lever sa jupe dans les ruelles. Si seulement ils voulaient bien écouter et croire la vraie version…
Les deux personnages vont partager de beaux moments de complicité et d’amitié. Mais Cécile a une vie qui l’attend, des projets à réaliser pour que sa vie soit celle dont elle a toujours rêvé. Rolande s’efface petit à petit. C’est un personnage qui m’a énormément touchée. Son histoire est atroce, et c’est le second personnage à qui le titre va comme un gant. À force de s’être cassé la voix à hurler ses souffrances, le silence est finalement sa dernière option.
Et puis vient Jérôme. Un jeune homme amoureux, et déjà papa dans l’âme. Quand il comprend qu’il n’a pas son mot à dire quant à la garde de son propre enfant, il devient fou. La guerre fait rage, et le silence s’abat sur lui aussi.

Sans perdre de temps, Louise Tremblay d’Essiambre fait avancer son histoire dans un rythme soutenu. Il n’est pas rare que de grandes périodes passent au début d’un nouveau chapitre. Les années avancent, les rêves changent et les douleurs s’enferment dans des cœurs qui n’ont plus assez de larmes pour pleurer. J’ai été émue et secouée par ma lecture. Au final, l’autrice n’invente rien, les destins torturés existent dans plein de romans. Mais son ton est juste, ses personnages attachants et son roman ne se perd pas dans des descriptions inutiles. Elle fait de l’histoire de Cécile, Jérôme et les autres quelque chose d’efficace.


Autrice : Louise Tremblay d’Essiambre
Éditeur : Pocket
Collection : -
Parution : 26 janvier 2017
Pages : 573



mardi 21 août 2018

Ronces blanches et Roses rouges


Orphelines d'un passé dont elles n'ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune soeur Eloane sont aussi différentes qu'inséparables. Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l'aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l'incertitude... Pour échapper au mariage qui l'effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au coeur d'une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa soeur. Quitte à affronter l'ours qui rôde dans son sillage. Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges. Quitte à croire en la magie.
Mais c'est sans compter sur l'énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours...


Mon avis

Quand les éditions Magic Mirror m'ont proposé de recevoir le premier livre de leur parution, j'ai tout de suite accepté. Regardez-moi cette magnifique couverture, et c'est une réécriture d'un conte beaucoup moins connu que les habituels. Petit plus de cette maison d'édition, car la réécriture de conte n'est pas une nouveauté, c'est d'ajouter le conte original à la fin du roman. Histoire de comparer et rafraîchir la mémoire.

L'histoire de Blanche-Neige et Rose-Rouge était très floue dans mon esprit. J'avais souvenir d'un ours et d'un nain dont la barbe se coince dans le fil de sa canne à pêche, des dessins vieillots dans un recueil de contes de Grimm chez Auzou, qui en plus était mal paginé, mais que j'ai gardé durant des années. Découvrir ce que cette histoire allait devenir dans l'esprit de l'autrice m'intriguait beaucoup. De retour des Imaginales, j'avais envie de lectures de l'imaginaire, et je me suis décidée pour celui-ci.

J'ai beaucoup aimé ma lecture. L'histoire est assez sombre, et mélancolique. Sirona et Eloane n'ont plus souvenir de leur vie avant le tremblement de terre. Elles vivent paisiblement dans la chaumière d'une vieille femme qui prend soin d'elles depuis ce jour funeste. Père et mère ont disparu et aucun moyen de savoir s'ils sont toujours en vie. Leur quotidien va brusquement changer, quand Sirona est promise à un homme qu'elle n'a jamais rencontré. Folle de rage, elle décide de fuir. Ses pas la conduisent dans un étrange château où la nuit est constante et la musique enchanteresse...

L'atmosphère de ce roman est vraiment particulière. J'ai beaucoup aimé ce que l'autrice faisait ressentir à ses lecteurs. Ça me faisait penser aux univers de Vincent Tassy, des lieux figés et magiques, des personnages flous et mauvais. L'ambiance du château et de la forêt qui l'entoure est vraiment particulière, on se sent prisonnier et incapable d'aller de l'avant, de pousser une porte pour emprunter un chemin pour en sortir, tout comme les personnages.
Avec des sensations comme celles-ci, je m'attendais à une révélation très spéciale. Malheureusement, elle est assez brouillonne et pas à la hauteur de mes attentes. Le fin mot de l'histoire tombe un peu à plat, et ne m'aura pas convaincue. Je me disais « tout ça pour ça ? » Dommage, quand toute la réécriture est tout simplement magique, avec des personnages attachants, courageux et innovants.

Sirona est le personnage principal, elle fait preuve de bravoure et de bon sens, bien que très aveuglée par des charmes qu'elle ne contrôle pas. Une fois qu'elle comprend ce qui se passe dans le château, elle met tout en œuvre pour en sortir et ne pas être victime des sortilèges. Eloane est plus jeune, et l'autrice la rend surtout plus naïve. J'aurais apprécié que ce personnage soit plus développé et ne serve pas uniquement les projets de leur tutrice. Elle reste finalement très en retrait, alors que son histoire aurait pu être très intéressante.

Je garde un bon souvenir de cette lecture, malgré tout. Juste un peu déçue de la fin, qui pour moi n'allait pas avec le rythme du reste du roman.


Autrice : Laetitia Arnould
Editeur : Magic Mirror
Collection : Forgotten
Parution : 27 février 2017
Pages : 237

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