dimanche 2 septembre 2018

Nous, les vivants


La couverture du roman d’Olivier Bleys m’aura à moitié trompée. Il y aura bien de la neige et une cabane isolée, perdue au milieu des Andes. Malheureusement, le message du roman est bien trop éloigné de mes propres croyances pour que j’y adhère.

" Jonas est pilote d’hélicoptère. Alors qu’il est en mission de ravitaillement, son hélico est pris dans la neige, impossible pour lui de décoller et de rentrer. Dans la cabane, il fait la rencontre de Jésus, un garde-frontière qui va lui tenir un étrange discours… "

Est-ce que je suis partie dans l’idée que ça allait être une sorte de roman initiatique ? Complètement. Est-ce que le roman initiatique a pris un tout autre chemin que celui attendu? Encore gagné. Malheureusement, à partir du moment où j’ai compris où allait l’auteur, je me suis refermée comme une huître. Impossible de croire ou d’aimer son histoire.

À côté de ça, outre le message, j’aurais pu apprécier le reste, sauf que là aussi, bide complet. Les dialogues tombaient à plat, étaient pour moi dénués de sens et ne me parlaient absolument pas. Finalement l'histoire n'est pas dérangeante, mais elle est amenée de manière trop simple. L'auteur aurait pu oser beaucoup plus de choses, entraîner le lecteur à travers les méandres de l’irréel. Mais non.  L’aventure tourne rapidement en rond et la chute de l’intrigue est évidente.


Auteur : Olivier Bleys
Éditeur : Albin Michel
Collection : Romans français
Parution : 22 août 2018
Pages : 179



jeudi 30 août 2018

Pleurer des rivières


Suite de ma rentrée littéraire, j’ai foncé vers ce roman publié chez Héloïse d’Ormesson, au titre poétique. Le résumé ne me branchait pas plus que ça, et pourtant, ce fut une très bonne lecture.

" Meriem attend son huitième enfant à 28 ans. Treize ans de mariage avec son mari Franck, et des grossesses dont elle ne veut plus vraiment. Dans leurs traditions et croyances gitanes, l’avortement est très mal perçu, et les méthodes contraceptives ont toutes été abandonnées, car soit trop contraignantes, soit inconfortables. "

La plume est vive et piquante. L’auteur n'hésite pas à détruire des clichés dont les auteurs masculins ont tendance à abreuver leurs romans. Il vogue d’un personnage à un autre avec facilité sans pour autant perdre le lecteur, ce qui donne un récit rapide mais pas saccadé, au rythme agréable. On ne se perd pas dans les descriptions indigestes, l'essentiel est là et permet d’avancer.

Ce qui m’a vraiment plu dans ce roman, c'est sa thématique qui nous fait nous poser la question : que choisir entre l'éthique et la loi ? Dans quel camp se situer quand le cœur et la raison se chamaillent ? Quand on est mère, ce roman nous touche peut-être encore plus, mais qu’importe notre envie de maternité ou non, il ne nous laisse pas insensibles.
Les personnages ne sont pas forcément attachants, chacun possède ses bons et ses mauvais côtés, mais tous ont leurs idées et s’y tiennent. J’aime les personnages qui en veulent et qui n’attendent pas que les choses se passent. Alors que le résumé et le début du roman laissent beaucoup de place aux personnages masculins, on découvre au fil de la lecture que les femmes sont en fait le cœur, l’âme et la tête de cette histoire. J’ai été agréablement surprise par le ton que l’auteur leur donne. On ajoute à ça une prise de conscience très intéressante sur un sujet plutôt tabou, et ça nous donne un excellent livre.

Mériem et Séverine ont des vies radicalement différentes. Alors que l'une est à la maison pour élever les enfants, l'autre est autrice d'albums jeunesse et épouse d'avocat. Alors que l'une attend un nouvel enfant, l'autre peine à tomber enceinte. Ensemble elles vont apprendre à connaître la vie de l'autre et à l'envier. Chacune apporte un peu de magie à l'autre.  

Je le recommande vivement pour ceux qui ont envie de voir autre chose, qui n’aiment pas la littérature blanche contemporaine qui parfois est un peu pompeuse. C’est un texte cru et poignant. Coup de coeur bien mérité. Ce roman se lit en quelques heures, car une fois commencé impossible de le lâcher. Les personnages nous fascinent et on veut savoir jusqu'où ils vont aller. 


Auteur : Alain Jaspard
Éditeur : Héloïse d’Ormesson
Collection : -
Parution : 23 août 2018
Pages : 190



lundi 27 août 2018

Manuel de survie à l'usage des jeunes filles


La rentrée littéraire est arrivée ! Chaque année, c'est le même battage médiatique autour, mais cette fois, pas d’autre choix que de m’y intéresser un peu. Depuis janvier, ce rayon me revient à 50 % avec ma binôme. C'est un nouveau challenge qui me plaît.
Quand les premières épreuves de la rentrée sont arrivées, j’ai fait ma petite sélection et l’un de mes premiers choix s’est porté vers ce titre à rallonge, et à la couverture enneigée (ô surprise).

Première constatation, c'est que le titre anglais est très court, alors que la version française n’a rien à voir. En anglais, le surnom du personnage principal suffit, et n’aurait peut-être pas été assez clair pour le lectorat francophone.
Le style de l’auteur est assez contemplatif, et même si j’ai apprécié ma lecture dans l’ensemble, quelques paragraphes ont été sautés pour aller au cœur du roman. La narration se fait à travers le personnage de Sal, qui décrit chacune de ses actions. Si au début j’ai trouvé ça sympa, au bout de 100 pages, j’avais envie qu’elle accélère un peu. Pourtant, la raison de leur nouvelle vie en pleine nature m’a beaucoup touchée. J’étais aussi très impressionnée par toutes les connaissances concernant la survie emmagasinées par Sal.

" Elle est le personnage enfant qui a dû grandir trop vite pour le bien de sa petite sœur. Sa mère est une alcoolique sans le sou, dont le nouveau copain abuse facilement et avec plaisir de sa fille. Pour éviter le même sort à sa sœur, Sal met tout en œuvre pour partir et vivre librement. Leur venue dans la forêt est planifiée depuis des mois. "

Sal m’a fait penser à une mini Dexter par moment, dont les émotions ont été coupées. Son esprit est pratique, et rarement dans l'émotionnel. Ce qui la rend attachante par moment, car on se souvient pourquoi elle est là et tout ce qu’elle a traversé, mais elle est aussi très distante par sa rudesse.
Peppa est l'exact inverse. C'est une petite fille pleine d’imagination, avec un débit de parole important. Au grand malheur de sa sœur, elle ouvre la bouche souvent trop rapidement. Les deux forment un duo improbable et complémentaire.
J’ai eu un peu de peine à croire à la facilité avec laquelle elles vivent dans les bois. Ce sont des enfants de 10 et 13 ans, et tout ce qu’a appris Sal se trouve sur YouTube ou les émissions de Bear Grylls. Voir et faire sont deux choses différentes, et dans sa globalité, tout se passe très bien, peut-être trop bien pour que ça soit vraiment réaliste et plausible.

Pour moi, le bémol de cette lecture, c’est le rythme. Il est un peu lent, et l’auteur s’arrête sur une quantité impressionnante de détails. Pourtant, les récits dans le récit sont intéressants, et même très plaisants à découvrir, sans pour autant faire de l’ombre à l’aventure des deux sœurs.
J’ai été par contre ravie de découvrir les décors de la forêt écossaise. Je cherchais de la neige et du froid, j’ai été servie. Là où le style colle parfaitement, c’est avec les moments de silence dans les bois. Ces passages étaient très beaux, avec une petite touche de sagesse enfantine très agréable.


Auteur : Mick Kitson
Éditeur : Métailié
Collection : Bibliothèque écossaise
Parution : 30 août 2018
Pages : 240



vendredi 24 août 2018

Les années du silence, tome 1 : Dans la tourmente


S’il y a bien une autrice qu’on m’a toujours chaudement recommandée dans le genre « destin de vie » c’est Louise Tremblay d’Essiambre. Alors c’est avec plaisir que je me suis plongée dans le premier tome de sa série Les années du silence. J’avais besoin d’une lecture sûre, car je sortais de deux abandons. Bien qu’abandonner un livre ne me fasse rien niveau culpabilité, ça crée un peu cet effet de manque, de ne pas tomber sur le bon livre. Vous savez, cette sensation divine quand vous accrochez à votre lecture, et que plus rien ne peut vous en sortir ? C’est de ça que je parle, et c’est ça qui me manquait.

" 1942, Cécile a 17 ans, et est amoureuse de Jérôme. Leur mariage est prévu pour l’année suivante. Alors que leur amour bat son plein, Cécile tombe enceinte, hors mariage. La honte s’abat alors sur Eugène, le patriarche. Hors de question que sa fille aînée jette l'opprobre sur la famille. Il envoie donc cette dernière chez sa tante à Québec pour cacher son état. Elle devra ensuite accoucher dans une crèche, et y laisser son bébé. Durant son exil, Cécile rencontre Rolande, une jeune fille enceinte elle aussi, dont l’état est non désiré. "

J’aime ces récits romanesques, où les malheurs s’abattent sur les personnages, et où le destin leur joue de vilains tours. Cécile est une jeune femme trop sage, qui n’a longtemps pensé qu’aux siens avant de penser à elle. Son amour pour Jérôme est très fort, mais celui qu’elle liera avec le bébé qu’elle attend est encore plus grand. Eugène ne se rend absolument pas compte de ce qu’il demande à sa fille. Pour lui, c’est une erreur, un pot cassé qu’on va simplement mettre à la poubelle, en attendant de pouvoir en racheter un nouveau. Même Jeanne, la mère de famille, ne comprend pas les protestations de sa fille. Jeanne est le premier personnage qui explique le titre. À l’âge de 17 ans, elle tombe amoureuse d’Eugène, 15 ans de plus qu’elle. Après leur mariage, les enfants vont s’enchaîner, et rares seront les moments où Jeanne ne sera pas enceinte. La naissance de Cécile est son plus beau cadeau, mais quand elle comprend que son mari a des idées bien arrêtées et des envies presque quotidiennes, elle n’aura pas l’occasion de donner son avis. Maintenant que sa fille attend un enfant, elle est persuadée que c’est une chance pour elle que de l’abandonner et de pouvoir continuer sa vie. Elle est aveuglée par sa propre condition non désirée et répercute ses envies sur sa fille. Si Jeanne n’a pas pu réaliser ses rêves, elle souhaite que Cécile le puisse, sans prendre en compte que le vœu de Cécile puisse être de tout simplement garder cet enfant et d’épouser Jérôme.
C’est un roman qui commence par de véritables dialogues de sourds, chacun pensant au bien-être de l’autre, sans vraiment l’écouter. Le destin de Rolande est similaire et à la fois très différent de celui de Cécile. À 13 ans, elle devient la honte de la famille. À la fois menteuse et fille volage, elle a attendu que ses parents aient le dos tourné pour aller lever sa jupe dans les ruelles. Si seulement ils voulaient bien écouter et croire la vraie version…
Les deux personnages vont partager de beaux moments de complicité et d’amitié. Mais Cécile a une vie qui l’attend, des projets à réaliser pour que sa vie soit celle dont elle a toujours rêvé. Rolande s’efface petit à petit. C’est un personnage qui m’a énormément touchée. Son histoire est atroce, et c’est le second personnage à qui le titre va comme un gant. À force de s’être cassé la voix à hurler ses souffrances, le silence est finalement sa dernière option.
Et puis vient Jérôme. Un jeune homme amoureux, et déjà papa dans l’âme. Quand il comprend qu’il n’a pas son mot à dire quant à la garde de son propre enfant, il devient fou. La guerre fait rage, et le silence s’abat sur lui aussi.

Sans perdre de temps, Louise Tremblay d’Essiambre fait avancer son histoire dans un rythme soutenu. Il n’est pas rare que de grandes périodes passent au début d’un nouveau chapitre. Les années avancent, les rêves changent et les douleurs s’enferment dans des cœurs qui n’ont plus assez de larmes pour pleurer. J’ai été émue et secouée par ma lecture. Au final, l’autrice n’invente rien, les destins torturés existent dans plein de romans. Mais son ton est juste, ses personnages attachants et son roman ne se perd pas dans des descriptions inutiles. Elle fait de l’histoire de Cécile, Jérôme et les autres quelque chose d’efficace.


Autrice : Louise Tremblay d’Essiambre
Éditeur : Pocket
Collection : -
Parution : 26 janvier 2017
Pages : 573



mardi 21 août 2018

Ronces blanches et Roses rouges


Orphelines d'un passé dont elles n'ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune soeur Eloane sont aussi différentes qu'inséparables. Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l'aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l'incertitude... Pour échapper au mariage qui l'effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au coeur d'une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa soeur. Quitte à affronter l'ours qui rôde dans son sillage. Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges. Quitte à croire en la magie.
Mais c'est sans compter sur l'énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours...


Mon avis

Quand les éditions Magic Mirror m'ont proposé de recevoir le premier livre de leur parution, j'ai tout de suite accepté. Regardez-moi cette magnifique couverture, et c'est une réécriture d'un conte beaucoup moins connu que les habituels. Petit plus de cette maison d'édition, car la réécriture de conte n'est pas une nouveauté, c'est d'ajouter le conte original à la fin du roman. Histoire de comparer et rafraîchir la mémoire.

L'histoire de Blanche-Neige et Rose-Rouge était très floue dans mon esprit. J'avais souvenir d'un ours et d'un nain dont la barbe se coince dans le fil de sa canne à pêche, des dessins vieillots dans un recueil de contes de Grimm chez Auzou, qui en plus était mal paginé, mais que j'ai gardé durant des années. Découvrir ce que cette histoire allait devenir dans l'esprit de l'autrice m'intriguait beaucoup. De retour des Imaginales, j'avais envie de lectures de l'imaginaire, et je me suis décidée pour celui-ci.

J'ai beaucoup aimé ma lecture. L'histoire est assez sombre, et mélancolique. Sirona et Eloane n'ont plus souvenir de leur vie avant le tremblement de terre. Elles vivent paisiblement dans la chaumière d'une vieille femme qui prend soin d'elles depuis ce jour funeste. Père et mère ont disparu et aucun moyen de savoir s'ils sont toujours en vie. Leur quotidien va brusquement changer, quand Sirona est promise à un homme qu'elle n'a jamais rencontré. Folle de rage, elle décide de fuir. Ses pas la conduisent dans un étrange château où la nuit est constante et la musique enchanteresse...

L'atmosphère de ce roman est vraiment particulière. J'ai beaucoup aimé ce que l'autrice faisait ressentir à ses lecteurs. Ça me faisait penser aux univers de Vincent Tassy, des lieux figés et magiques, des personnages flous et mauvais. L'ambiance du château et de la forêt qui l'entoure est vraiment particulière, on se sent prisonnier et incapable d'aller de l'avant, de pousser une porte pour emprunter un chemin pour en sortir, tout comme les personnages.
Avec des sensations comme celles-ci, je m'attendais à une révélation très spéciale. Malheureusement, elle est assez brouillonne et pas à la hauteur de mes attentes. Le fin mot de l'histoire tombe un peu à plat, et ne m'aura pas convaincue. Je me disais « tout ça pour ça ? » Dommage, quand toute la réécriture est tout simplement magique, avec des personnages attachants, courageux et innovants.

Sirona est le personnage principal, elle fait preuve de bravoure et de bon sens, bien que très aveuglée par des charmes qu'elle ne contrôle pas. Une fois qu'elle comprend ce qui se passe dans le château, elle met tout en œuvre pour en sortir et ne pas être victime des sortilèges. Eloane est plus jeune, et l'autrice la rend surtout plus naïve. J'aurais apprécié que ce personnage soit plus développé et ne serve pas uniquement les projets de leur tutrice. Elle reste finalement très en retrait, alors que son histoire aurait pu être très intéressante.

Je garde un bon souvenir de cette lecture, malgré tout. Juste un peu déçue de la fin, qui pour moi n'allait pas avec le rythme du reste du roman.


Autrice : Laetitia Arnould
Editeur : Magic Mirror
Collection : Forgotten
Parution : 27 février 2017
Pages : 237

samedi 18 août 2018

Charley Davidson, tome 10 : Dix tombes pour l'enfer


Détective privé à mes heures et Faucheuse à plein temps, je me suis toujours posée beaucoup de questions. Mais « comment arrêter trois dieux maléfiques différents ? », c'est nouveau ! Le hic : l'un de ces dieux, même s'il n'en a pas conscience, est mon si séduisant mari. Est-il trop tard pour le ramener dans le droit chemin ? Entre une fugitive à protéger, un homme accusé du meurtre d'une femme toujours en vie à innocenter, et un pendentif surnaturel terrifiant à dissimuler, j'ai bien du mal à trouver quelques minutes pour sauver le monde...

Mon avis

Toujours en lecture commune avec Moody, on s'est décidées pour accélérer un peu notre rythme dans les Charley. En même temps, on est bientôt au bout de la traduction en cours. Snif.

Ce tome 10, étonnamment, aura été un peu en dessous pour moi. À chaque fin de tome, je me disais que c'était impossible de faire toujours mieux que le précédent. Cette fois, je crois que le neuvième tome avait atteint le sommet de la saga. Peut-être ? Ce qui malheureusement rend l'histoire moins palpitante, c'est ce retour à la presque-normalité. Reyes est très absent de ce tome (enfin, trop à mon goût), et Charley est de nouveau à fond dans ses diverses enquêtes. Elle en résout d'ailleurs trois dans un seul et même tome. Ce qui veut forcément dire que le reste de l'intrigue, la principale, celle de Pépin, Charley et Reyes, est plus effacée. Après les révélations un peu dingues des tomes précédents, ça donne un résultat un peu fade, sauf la fin. Qui elle est explosive, c'est le cas de le dire.

Charley avance, gentiment mais sûrement dans ses découvertes et dans l'apprentissage de ses dons. Elle les met un peu en pratique, ce qui est cool. Les relations entre les personnages évoluent et pas mal de choses risquent de changer dans les prochains tomes. Enfin, on l’espère !
J'ai donc une grande attente envers le 11e tome.


Autrice : Darynda Jones
Editeur : Milady
Collection : Bit-Lit poche
Parution : 19 mai 2017
Pages : 473

mercredi 15 août 2018

La ferme du bout du monde


Cornouailles, une ferme isolée au sommet d'une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille... et ses secrets.
1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu'à cet été 1943 qui bouleverse leur destin.
Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l'a préparée à ce qu'elle va y découvrir. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?


Mon avis

Reçu lors de sa sortie, plus ou moins, je suis la reine de l'attente et de la poussière dans ma PAL. Le livre est d'ailleurs sorti en poche, depuis le temps. Je savais que ce roman me faisait très envie, mais je ne me souvenais bien sûr plus de son résumé. C'est donc un peu à l'aveugle que je suis retournée en Cornouailles, après le roman de Eva Chase.

Will et Alice sont envoyés dans la ferme des parents de Maggie, en Cornouailles, durant la Seconde Guerre mondiale. Les deux citadins vont vite trouver leurs marques et apprécier la vie à la campagne. Comme souvent dans ces romans, j'ai adoré les passages à la ferme et voir grandir Will, Alice et Maggie. Leur complicité mais aussi leurs différences m'ont plu. Ce ne serait pas un bon roman rempli de secrets de famille, sans le personnage contemporain qui va essayer de tirer tout ça au clair. Malheureusement, le personnage de Lucy souffre de nombreux clichés, qui me l'ont rendue beaucoup moins attachante. Femme trompée qui doit prendre du recul sur son couple, qui s'était éloignée des siens à cause de son couple et qui retrouve la famille au bord de la ruine, elle tente bien sûr de recoller les morceaux et sauver tout le monde.

J'ai beaucoup aimé Maggie. Elle est le personnage central du roman, pleine de vie et de courage. On l'admire et on tremble plus d'une fois pour elle. Elle rêve d'indépendance et de ne pas suivre ce que sa mère voudrait pour son avenir. Une fois âgée, son personnage garde cette même verve. Véritable pilier de la famille, elle ne cédera pas aux sirènes de son fils, qui lui propose une somme alléchante contre la ferme pour la transformer en résidence de vacances. Quelque chose la retient ici, et elle ne partira pas.
Honnêtement, j'ai souvent lu les passages de Lucy en diagonale. Elle ne m'intéresserait pas, et je voulais surtout connaître la vie de Maggie.

Le secret est assez commun, enfin disons qu'il est souvent vu dans ce genre de romans. Mais l'autrice l'intègre parfaitement à son récit, le rendant crédible.
Ce qui se dégage fortement de ce roman, c'est surtout son ambiance. Les étés en Cornouailles, l'odeur de la paille, le bruit qu'elle fait quand elle crisse sous les pieds. Les vagues qui s'acharnent. Les pluies qui peuvent ruiner une année de récolte. Sarah Vaughan nous embarque dans un véritable tableau mouvant, ou chaque coup de pinceau modifie le destin des personnages.


Autrice : Sarah Vaughan
Editeur : Préludes
Collection : -
Parution : 5 avril 2017
Pages : 444


vendredi 27 juillet 2018

Un manoir en Cornouailles


Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l'été. Le temps semble s'y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu'au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.

Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d'y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l'appelle et l'attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?

Eve Chase nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l'amour et le poids des secrets réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.


Mon avis

Il est des livres, comme ça, qui traînent pauvrement dans la bibliothèque à service de presse de la librairie, et qui m'appellent. Couverture, titre et résumé. Je suis partie à travers les lignes d’Eva Chase, me perdre en Cornouailles.

La famille Alton m'aura embarquée dans leurs tourments. L'autrice décrit avec beaucoup d'émotions la fin d'une bourgeoisie anglaise, qui peine à se retirer, et dont certains membres sont prêts à tout pour garder des manoirs qui tombent en ruines. Le dernier membre de la famille tente coûte que coûte de faire refleurir le nom des Lapins Noirs auprès des citadins, qui rêvent de verdure pour des mariages dignes du début du XXe siècle.

En deux temps nous rencontrons les Alton, surtout les jumeaux Amber et Toby. Puis, 30 ans plus tard, une potentielle cliente du manoir pour son mariage, Lorna.
Les sauts dans le temps ne me dérangent jamais dans une histoire, quand c'est bien mis en place. Aucun problème de style à ce niveau-là ici, mais ma préférence va aux jumeaux et moins à Lorna. Son histoire me semblait déjà écrite, finalement un peu prévisible, bien que l'autrice crée une belle confusion en milieu de roman pour semer le doute. En tant que tel, le personnage ne m'aura pas convaincue. Elle développe une obsession pour ce manoir en Cornouailles, ce qui met bien trop rapidement la puce à l'oreille. Ses réactions sont souvent démesurées, sans réelles explications.

Amber et Toby auront été mes personnages favoris. Leur complicité, mais aussi leurs différences, sont très bien traitées. Après l'accident, Amber prend du temps à accepter son nouveau statut, et quand elle s'y habitue enfin, on le lui retire. La famille tangue, et à côté d'elle Toby se désagrège. Son rôle de grand frère ne lui apporte rien, et l'attitude de son père envers lui le brise. Les jumeaux se perdent petit à petit et quand l'amour et la haine s'en mêlent, c'est encore pire.
Parmi les personnages qui gravitent autour d'eux, on retient bien sûr Lucius, l'objet de bien des soucis, qui aurait mérité un petit approfondissement, car son personnage est très intéressant. Il représente la 5e roue du carrosse, celle qu'on ne désire pas avoir, mais qui sera pourtant une excellente roue de secours quand le moment sera venu.

Le style de l'autrice est plaisant. Elle maîtrise son secret, lui apporte du relief et de l'intérêt pour le lecteur. Elle joue malheureusement trop la carte du cliffhanger sur les fins de chapitres, ce qui finalement m'aura embrouillée. Je relisais certains passages pour être sûre de ne pas avoir loupé un bout, mais non, la révélation arrivait quelques pages plus loin. C'était une façon de tenir son lecteur en haleine, mais peut-être mal utilisée selon les scènes.
J'ai aimé cette ambiance, et en effet, comme le recommande le bandeau, les lecteurs de Kate Morton pourront certainement aimer l'univers d’Eva Chase. Est-ce qu'elle détrône pour autant Kate Morton ? Pas pour moi.


Autrice : Eva Chase
Editions : Nil
Collection : -
Parution : 3 mai 2018
Pages :  443

mardi 24 juillet 2018

L'habitude des bêtes


C'est le jour sans doute où un vieil Indien lui a confié ce chiot, Dan. Lorsque Benoît Lévesque est rentré à Montréal ce jour-là, il a fermé pour de bon la porte de son grand appartement vide. Ce n'était pas un endroit pour Dan, alors Benoît est allé s'installer dans son chalet du Saguenay, au coeur du parc national.

Mais quand vient un nouvel automne, le fragile équilibre est rompu. Parce que Dan se fait vieux et qu'il est malade. Et parce qu'on a aperçu des loups sur le territoire des chasseurs. Leur présence menaçante réveille de vieilles querelles entre les clans, et la tension monte au village...

Au-delà des rivalités, c'est à la nature, aux cycles de la vie et de la mort, et à leur propre destinée que devront faire face les personnages tellement humains de ce roman au décor grandiose.


Mon avis

Au moment de la présentation du programme de la rentrée littéraire de 2018, le représentant me parle de son coup de cœur pour le dernier Lise Tremblay, déjà paru au Québec, qui arrive chez nous en août. Son avis me donne l’eau à la bouche, j’en commande pour la librairie, et découvre avec plaisir qu’il est déjà en SP sur les étagères. Ni une ni deux, je le prends, et le commence le soir même.

Tant pis, dommage, ça ne prend pas à tous les coups. Lise Tremblay partage pourtant avec sa plume talentueuse tout ce que j’aime : les grands espaces, la forêt et le besoin de solitude. Mais il y avait un des éléments du résumé que j’attendais de voir, les loups. Ces fameux loups, qui effraient et intriguent, mais qu’on ne voit pas. Si d’abord je me suis dit que ça allait dans le ton du roman, de donner cet aspect chimérique à la bête invisible, mais qui file des sueurs froides avant même d’être vue, j’ai vite été déçue de ne pas les voir finalement.
Le titre m’a peut-être trompé également, alors que finalement il est totalement juste. Ce ne sont pas des habitudes des loups dont on va parler, mais de celles des hommes. Le monstre qui se tapit en lui, et qui n’attend qu’un signal de son alpha pour surgir et bondir sur sa proie. Le message passe facilement une fois le roman terminé. Mais je voulais voir des loups. Je reste là-dessus.

Benoit s’est acheté une jolie petite maison, perdue dans les forêts. Bien sûr, au village, tout le monde le traite comme un étranger, ce qu’il est, vu qu’il n’est pas issu du village, comme eux. Son argent lui permet de se payer la maison, mais pas leurs cœurs. Il arrive pourtant à se lier vaguement avec quelques personnes. À côté de ça, il essaie d’adopter la bonne attitude envers sa fille Carole, qui souffre d’un mal qu’il ne comprend pas.
Il est le personnage miroir, celui qui n’appartient pas à ce monde, mais qui y est tout de même, sans trop en comprendre les mœurs et coutumes. À travers lui, le lecteur va pouvoir participer à l’intrigue. J’aurais, je crois, préféré vivre l’histoire à travers un autre personnage. Un de ceux présents dans ces forêts depuis toujours. Quelqu’un directement concerné par cette chasse aux loups.
Les bêtes ne sont qu’une excuse pour réveiller d’anciennes rancunes, des plaies encore vives qui ne se referment plus.

Les décors sont somptueux. Comme ça m’a donné envie de retourner au Canada. De voir encore d’autres endroits de ce merveilleux pays. J’aime lire des romans qui s’y passent, juste pour rêver, et Lise Tremblay partage parfaitement son univers. Ses messages derrière son histoire de chasse sont très bien amenés. Ce n’est donc pas un avis totalement négatif, mais j’ai refermé ce livre avec la sensation de « c’est tout ? ». L’impression qu’il me manquait quelque chose.

J’ai également beaucoup aimé l’approche de la relation entre Benoit et Carole. Les problèmes de sa fille lui sont totalement inconnus, même quand on essaie de lui expliquer, pour lui ça reste étrange et impossible. Mais il fait de son mieux pour rester un père présent sans trop en faire. C’était très beau à lire, et innovant.


Autrice : Lise Tremblay
Editions : Delcourt
Collection : Fiction
Parution : 22 août 2018
Pages : 124

samedi 21 juillet 2018

Le café de l'Excelsior


Viens donc Jules, disait au bout d'un moment un buveur raisonnable, ne réveille pas les morts, ils ont bien trop de choses à faire, sers-nous donc une tournée...

Et Grand-père quittait son piédestal, un peu tremblant, emporté sans doute par le souvenir de cette femme qu'il avait si peu connue, si peu étreinte, et dont la photographie jaunissait au-dessus d'un globe de verre enfermant une natte de cheveux tressés qui avaient été les siens, et quelques pétales de roses à demi tombés en poussière. Il saisissait une bouteille, prenait son vieux torchon à carreaux écossais et, lent comme une peine jamais surmontée, allait remplir les verres des clients.


Mon avis

Lu en lecture commune avec Honorine, je me réjouissais de retrouver la plume de Claudel. C'est malheureusement bien tout ce que j'ai trouvé. Sa plume, que je trouve encore et toujours très juste et belle, mais l'histoire m'est complètement passée à côté.

Nous allons suivre une suite de souvenirs, ceux du narrateur, face à la perte de ses parents et sa nouvelle vie chez son grand-père, propriétaire de l'Excelsior, un café. La trame aurait permis beaucoup de choses. L'auteur n'exploite malheureusement presque rien. Le livre fait 84 pages, écrit assez large, autant vous dire que l'histoire se lit vite. À côté de ces souvenirs un peu flous, il ne reste pas grand-chose.
Il n'y a pas de fil rouge, ce qui a rendu ma lecture un peu bizarre. Je me suis perdue dans une chronologie inexistante, avec des descriptions de souvenirs d'enfant, racontés par un adulte, qui ne se souvient lui-même plus de tout.

J'aurais pu y prendre beaucoup de plaisir, peut-être, si le roman avait été un peu plus long. Un peu plus fouillé et moins vague. Je ne suis pas rentrée dans le truc. Tant pis.


Auteur : Philippe Claudel,
Editions : Le livre de poche
Collection : Le livre de poche
Parution : 1er octobre 2007
Pages : 83

mercredi 18 juillet 2018

Il est grand temps de rallumer les étoiles


Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l'observe depuis la bulle dans laquelle elle s'est enfermée.
À 17 ans, Chloé a renoncé à ses rêves pour aider sa mère. Elle cherche de l'affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l'amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n'aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu'il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.


Mon avis

Il existe des rencontres idéales entre un livre et un lecteur, j'en suis persuadée. Parfois, un livre n'entre pas dans notre vie au bon moment, ça ne fonctionne pas. Et puis des fois oui. Ce n'est pas forcément toujours une question de style, juste de moment.
C'est ce qui m'est arrivé avec le dernier roman de Virginie Grimaldi, reçu des éditions Fayard, merci à eux, et signé par l'autrice, merci à elle.

Virginie Grimaldi, c'est le rayon de soleil littéraire qui brille depuis quelques années sur les bonnes ventes des librairies. D'entrée, je suis moyennement tentée par les livres qui se trouvent dans les meilleures ventes. C'est plus fort que moi. Mais là, je voulais lire de la nouveauté (pour une libraire c'est bien, ça aide), je voulais découvrir ce qui se cachait derrière ce titre poétique.

J'ai ri, j'ai été émue, bref j'ai succombé à la plume et aux personnages. C'est simple et efficace, sans tomber dans les gros clichés ni dans le pathos. Il y a une juste dose de tout. Et c'est merveilleux. J'avais envie et besoin d'une lecture dans ce genre, à cet instant précis, et cette histoire aura été un pur régal.

Anna est au bord du gouffre. Endettée et au chômage, elle tente de faire face et de garder la tête haute, tout en élevant ses deux filles, Lily 12 ans et Chloé 17 ans. Pas simple, car en plus de ses secrets, elle doit jongler avec ceux de ses filles. Sur un coup de tête, et fortement encouragée par sa grand-mère, Anna décide d'emprunter le camping-car de ses parents et de partir plusieurs semaines faire le tour de la Scandinavie. Lily et Chloé pensent que maman est folle. Mais finalement, cette aventure est une véritable bouée de sauvetage pour ce trio.

Comme je le dis plus haut, l'autrice met les justes doses de tout dans son histoire. Lily est une préadolescente très drôle et pleine d'humour, ses mélanges de proverbes m'auront beaucoup amusé. Elle a aussi ce cœur gigantesque, sans filtre, qui lui permet de voir beaucoup de choses au-delà de ce que les gens veulent laisser paraître.
Chloé est une hypersensible. Je me suis rapidement sentie proche d'elle. Sa vision d'elle-même est tronquée par la pression qu'elle se met. Sa plus grande peur est de ne pas être aimée, ce qui lui fait faire des choses contre sa volonté. Elle est très justement décrite, sans tomber dans le cliché de l'ado à problème. C'est une ado perdue, qui utilise son blog comme défouloir, qui parlera parfois trop vite, trop fort, et qui comprendra plus tard que ses paroles ont blessé.
Anna se retrouve à un moment charnière de sa vie. Ses petites filles grandissent, ce qui n'est pas toujours facile à accepter, et sa vie professionnelle prend l'eau. Elle continue pourtant à se battre, et à aller de l'avant. Le bonheur de ses filles passe avant tout, ce qui est parfois difficile à vivre pour elle, qui fait passer sa propre vie bien loin derrière. Elle saura pourtant se confronter au passé, et oser prendre des risques pour que cette famille se ressoude.

L'autrice va axer son roman sur le voyage. Le but est de changer ses personnages d'environnement, pour qu'elles se recentrent et se retrouvent. Un lieu inconnu est donc idéal. J'ai été très heureuse de ce voyage. Les paysages et les sensations sont beaux, donnent envie et permettent de voyager à notre tour.
L'atmosphère est souvent tendue entre Chloé et Anna, et pourtant Virginie Grimaldi n'en fait pas trop, elle décrit parfaitement ce qui arrive parfois, ou souvent, entre parents et enfants, quand les deux ne se voient plus de la même façon, ou ont peur de se lâcher l'un en face de l'autre. Ce sont des instants de la vie. Des enchaînements de choix, parfois évidents, parfois difficiles, qui font que Chloé, Lily et Anna nous parlent. Elles incarnent plusieurs générations, qui peinent à se comprendre, mais qui sont criantes de sincérité.

J'ai passé un excellent moment. C'était une lecture à la fois douce et rafraîchissante, avec une pointe de philosophie.


Autrice : Virginie Grimaldi
Editions : Fayard
Collection : Littérature française
Parution : 2 mai 2018
Pages : 393

dimanche 15 juillet 2018

Ten tiny breaths, tome 1 : Respire


La vie de Kacey a explosé. Ses parents, sa meilleure amie et son petit ami sont morts dans un accident de voiture dont elle est la seule rescapée.
Souhaitant échapper à son passé, à une tante et un oncle peu scrupuleux, Kacey achète deux tickets de bus et part à l'aventure pour Miami avec Livie, sa soeur de 15 ans. Elles s'installent dans un petit immeuble et font connaissance de leurs voisins. En particulier, la pimpante Storm et le beau et mystérieux Trent...
Nouvelle vie, nouveau job, nouveaux amis, Kacey parviendra-t-elle à chasser tous les démons qui la rongent ?


Mon avis

Nos faces cachées m'avait tellement emballé que j'étais prête à refaire confiance à un roman dans le genre New Adult. Moody m'avait offert le premier tome de la série Ten Tiny Breaths de K. A. Tucker pour l'un de mes anniversaires, et je me suis dit que c'était le moment.

Ça ne peut pas marcher à tous les coups, comme on dit. Dommage, car ça avait pourtant très bien commencé. Kacey est un personnage détruit, qui va devoir passer par tous les stades de reconstruction. Si le physique a suivi rapidement, il n'en est rien pour l'esprit. Elle n'est que méfiance, tristesse et colère. Partir de chez son oncle et sa tante avec sa petite sœur de 15 ans lui semblait la seule solution pour essayer d'aller de l'avant.

J'ai aimé bien des aspects de Kacey. Je la trouvais franche et directe, et un certain humour pointait sous sa carapace. Il y avait quelque chose. Malheureusement, les scènes clichées et les séquences prévues 50 pages à l'avance commençaient à être trop nombreuses pour que j'accroche.
C'est que le roman tourne autour de certaines facilités. Quelques-unes passent crème, parce que mon cœur a fondu sans problème, mais pour d'autres c'était de trop. Tant pis, ça ne prend pas à chaque fois. Et des fois, c'est une question de moment, là ce n'était visiblement pas le bon.

Kacey partait gagnante pour finalement être elle aussi, un parfait cliché. Celui de la femme forte, tellement forte qu'elle a enfermé tous ses sentiments et émotions à double tour. Et même si ça peut refléter une part de réalité, il y avait des passages beaucoup trop courus d'avance pour que ça semble réaliste. Je ne préfère même pas revenir sur les scènes de sexe, qui tombent dans le double orgasme dès la première fois. Ce genre de facilités et de fantasmes ne m'intéressent plus. Je les trouve trop éloignés de la réalité pour qu'ils me plaisent.

Et pourtant, il y a avait des scènes drôles et tendres. Le mélange des deux était donc très particulier, car les styles viraient de l'un à l'autre, soudainement. J'aime les émotions et partager les peines des personnages. Mais ici, on passait trop rapidement de l'un à l'autre. Soudainement, les personnages se font confiance, alors qu'ils se sont vus deux fois. Des problèmes se règlent en un claquement de doigts, alors que d’autres, parfois tout aussi difficiles, traînent sur des pages et des pages.

Une lecture très mitigée. Tant pis.


Autrice : K. A. Tucker
Edition : Hugo Roman
Collection : New Romance
Parution : 5 février 2015
Pages : 358

jeudi 12 juillet 2018

Vers le zéro déchet : et ses difficultés ?


Changer des habitudes dans nos vies n'est pas toujours simple. Quand j'ai décidé d'aller vers le zéro déchet, nombreuses ont dû gicler pour faire place à des nouvelles. Effacer pour recommencer. Aujourd'hui encore, il y a des choses que je fais par facilité. Je trouvais ça intéressant de vous en parler. Vous montrer ce qui est encore difficile pour moi, ne pas vous parler uniquement des changements évidents et que j'ai réussi à faire du jour au lendemain. Les plus tenaces, ceux qui collent au fond de notre panier de courses.

Je rappelle bien sûr qu'on ne parle pas de nos habitudes alimentaires, mais uniquement d'emballages.



Viande, charcuterie et poisson.
Je vous disais dans cet article, que ça y est, j'avais franchi le cap. Mes tup et moi allions tout contents chez le boucher. Oui, c'est vrai, une partie du temps. Mais il y a des jours où malheureusement, le bac de promotions du supermarché est attirant. Où on se dit « super, on va pouvoir faire des réserves », ou tout simplement « pffff, pas envie d'aller jusque chez le boucher ». Et oui, c'est aussi vrai que le supermarché reste encore notre principale source de courses. C'est facile. Et surtout, mon conjoint ne soupire pas. Pour ça, je vous renvoie à cet article. On n'a pas vraiment bougé de stade en une année.

Oui, je trouve les fruits et légumes du marché plus chers. Et c'est normal. Quand on voit les provenances, quand on calcule un peu tout ce qui tourne autour de ceux du supermarché, ça coule de source. Et oui, ça m'agace de payer plus cher pour consommer mieux. Enfin, ça m'agace plus, quand le cher et tendre m'en fait la remarque dès que je rentre des courses, fière d'avoir participé à la vie des producteurs locaux. Fière de mettre dans mon frigo des produits de bonne qualité, mais oui un peu plus onéreux. Alors souvent, je craque. Je ne mets pas dans un sachet plastique, et je regarde du mieux que je peux la provenance, mais j'achète au supermarché.

Le comfort food.
Vous savez, ces biscuits et gâteaux qui font qu'une fin de journée est tout de suite plus belle ? C'est ma bête noire. J'ai beau me dire que faire moi-même c'est facile et meilleur (d’ailleurs au moment où j’écris cet article, je grignote un muffin fait maison, comme quoi), dans le terme comfort food, il y a le mot confort. Et le confort va aussi avec le fait de ne pas toujours faire soi-même. D'acheter sa paix et aller vers la facilité d'un paquet. D'aller vers cette juste dose de crème, chocolat ou beurre de cacahuètes. D'avoir le confort immédiat, simplement en déchirant un sachet, tout en étant consciente du pas bon qu’il renferme, et des déchets qu’il provoque.



Et des fois le temps.
C'est l'excuse par excellence, le temps. Personne n'a le temps. Mais oui, je vais la sortir quand même. Le temps, d'aller jusqu'au magasin en vrac, avec une poussette ou un bébé accroché dans le dos, plus un chariot qu'il faut ensuite remonter, plein, jusqu'à la maison. Le temps d'aller au marché, qui n'a lieu que le mercredi ou samedi, jours où je travaille, dès 8h. Mais le marché du mercredi est à côté du boulot, je pourrais donc profiter de ma pause de 15 min du matin pour aller acheter quelques petites choses, ou simplement des fois profiter de ces 15 min pour prendre un thé et bouquiner en paix. Le temps de préparer les produits finis, comme les biscuits ou les gâteaux, le grignotage pas terrible pour la santé, mais terriblement réconfortant pour mon esprit. Mais au moins, dans celui-ci, je sais ce que j'y ai mis. Le temps d'aller jusque chez le boucher, qui n'est pas du tout dans ma zone, pas loin, mais si j'y vais c'est uniquement pour ses produits, ce qui me fait tout de suite réfléchir à ma journée autrement. Le temps de calculer ce qui est le plus accessible. Oui, le zéro déchet fait faire des économies à bien des niveaux, mais des fois, ça m'agace de me trimbaler les bouteilles d'un litre de lait en verre, pour ensuite les ramener vide, pour en reprendre. Les bouteilles en plastique sont moins lourdes, plus grandes et moins chères. « Mais vous êtes deux non ? » parfaitement. Sauf que comme rappelé plus haut, je suis souvent seule à vouloir tendre vers ce mode de vie. Difficile de faire participer quelqu'un qui n'a pas envie de vivre de cette manière. Je reste sur le même schéma que dans l'article de 2017, je ne veux forcer personne.

Et pour finir, le découragement.
Celui qui afflue quand j'ouvre le frigo ou le placard et que je vois pleins de barquettes et de sachets du supermarché que je n'ai pas achetés, et que je n'aurais pas achetés. Alors des fois, je vais moi aussi vers cette facilité. Parce que de toute façon, ces paquets sont déjà là. À quoi bon ? Le combat reprendra demain. Comme d'autres.


lundi 9 juillet 2018

Mémé dans les orties


Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre - certains diraient : seul, aigri, méchant -, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son coeur.

Mon avis

Anaïs m’avait offert ce roman bien avant toute l’effervescence autour de l’autrice. Aurélie Valognes est aujourd’hui une source sûre dans la lecture feel-good (terme qui remplace aisément la lecture légère, qui pouvait être vu avec dédain par certains). Le feel-good a la cote en ce moment, et je trouve ça plutôt positif. J’aime les romans aux personnages torturés, ou remplis de secrets sombres, ou encore de tragiques destinées, mais j’aime aussi les moments plus communs de la vie, ceux qui arrivent dans la vie de tous les jours. Avec des personnages qui donnent des fois la sensation de sortir d’une série télé. Pas besoin d’ajouter une romance, les petites aventures quotidiennes suffisent.

Aurélie Valognes maîtrise l’histoire courte, tout en donnant à son intrigue et ses personnages suffisamment de consistance pour qu’on n’ait pas l’impression du récit bâclé. D’une intrigue basique, elle va faire évoluer différents caractères, souvent caricaturés, pour que tout rentre presque dans l’ordre à la fin.

Monsieur Brun est un homme de 80 ans plutôt acariâtre, rabougri et carrément malpoli. Il vit seul dans son appartement, et cohabite mal avec ses différentes voisines. La pire étant la concierge qui fourre toujours son nez partout, surtout dans ses affaires.
Dès la lecture du résumé, les clichés pullulent, mais comme l’autrice en joue habilement et à juste dose sur chacun des personnages, ça passe. Ce qui m’agace avec le cliché, c’est quand l’un des personnages en est la seule victime. Si tout le roman est logé à la même enseigne, je trouve ça souvent très drôle, au contraire. Ici, ils collent tous parfaitement à leur personnage.

Les descriptions autour des différentes frasques de Brun m’auront beaucoup amusée. Et les différents rebondissements viennent très justement s’y ajouter. On rit bien sûr, mais j’ai également été émue par bien des passages. Il y a toute une prise de conscience sur la solitude, mais aussi sur la vieillesse. Celle qui fait croire aux proches que la personne n’est plus capable de rien, et qu’on ne croit pas quand elle affirme le contraire. C’est un sujet important, trop souvent tabou dans les romans, que l’autrice aborde avec légèreté et sérieux.

Une excellente lecture de vacances, ou lors d’un week-end pluvieux.


Autrice : Aurélie Valognes
Editions : Le livre de poche
Collection : Le livre de poche
Parution : 9 mars 2016
Pages : 269

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