lundi 28 mai 2018

Nos faces cachées


Ambrose Young est beau comme un dieu. Le genre de physique que l'on retrouve en couverture des romances. Et Fern Taylor en connaît un rayon, elle en lit depuis ses treize ans. Mais peut-être parce qu'il est si beau, Ambrose demeure inaccessible pour une fille comme elle. Jusqu'à ce qu'il cesse de l'être...

Nos faces cachées est l'histoire de cinq amis qui partent à la guerre.
L'histoire d'amour d'une jeune fille pour un garçon brisé, d'un guerrier pour une fille ordinaire.
L'histoire d'une amitié profonde, d'un héroïsme du quotidien bouleversant.
Un conte moderne qui vous rappellera qu'il existe un peu de Belle et un peu de Bête en chacun de nous...


Mon avis

Ce roman traîne dans ma PAL depuis qu’Anaïs me l’a offert pour mon anniversaire. Ne me demandez pas lequel, ce qui est un indice sur son temps dans ma PAL. J’avais très peur de le commencer, car les avis positifs sont très nombreux. Et ça a tendance à me faire l’effet inverse. Pas le fait qu’il y ait de bons avis, mais qu’ils soient nombreux. Ça veut dire que sur la masse de gens qui l’ont lu, la plupart l’ont aimé. De quoi me donner bien trop d’attentes.

Mais j’ai lancé le choix au hasard dans ma PAL sur Livraddict, et il m’a sorti celui-ci. Bon. Allez, je suis dans une bonne période de lecture, c’est le moment de sortir un peu de ma zone de confort. Je fonce, et je le termine en trois jours. Avec le nombre de préjugés que j’avais, étant persuadée de ne pas aimer, j’ai finalement mis la barre beaucoup moins haute que si je partais dans l’optique de vouloir vraiment aimer ce livre. Ce qui s’est traduit par une attente à 0, et un résultat de lecture bien au-dessus.

Ambrose Young est très beau. Et aussi très incertain sur l’avenir. Après les attentats de 2001, il décide de s’engager dans l’armée et de partir au combat. Il va en revenir transformé à jamais. Fern Taylor elle, vit l’amour par procuration en écrivant des romances et s’occupe de son cousin Bailey. Ce dernier souffre d’une maladie dégénérative, et son espérance de vie est minime. Incapable de bien des choses dans son fauteuil, Fern est à la fois une amie, ses bras et ses jambes.

Le personnage qui sort du lot, et qui fait que ce roman n’est pas comme les autres, est bien sûr Bailey. Si Amy Harmon ne l’avait pas inclus, son histoire aurait été beaucoup moins intéressante, et drôle. Bailey n’a pas eu le choix, il a développé un savoir et un sens de la répartie poussés à l’extrême. C’est son seul moyen de défense et de survie. Il ne perd pas son temps avec des non-dits ou des sous-entendus. Il agit, car il sait que demain tout peut s’arrêter. Autant ne pas perdre de temps. Son rôle entre Fern et Ambrose est capital. Il n’est pas là juste pour attendrir et faire rire. Il pose de véritables questions existentielles et importantes.
Comme le dit Bailey, Fern a le syndrome du vilain petit canard qui se transforme en cygne. Ça fait un peu cliché, et des fois on était à deux doigts d’y tomber la tête la première, dans le cliché. Mais l’autrice relève vite le niveau, et utilise simplement la réalité. Oui, des gens se sentent laids, comme certains se trouvent banals, ou encore pas mal. C’est comme ça. Et Fern est dans la première catégorie. Mais avec le temps, les choses changent, et le physique aussi. Par contre, dans sa tête, elle est incapable de voir ce changement. Ce qui pose de bonnes questions sur le regard qu’on porte sur soi et sur les autres. Ambrose a souvent des réflexions totalement justifiées à ce sujet. Il revient d’ailleurs de loin. Car entre sa vie avant son départ pour la guerre, et sa vie après son retour, c’est le jour et la nuit. L’autrice le fait vraiment avancer lentement. Il est renfermé et solitaire. Sa carapace se fendille doucement au contact de Fern, sans qu’il puisse comprendre qu’elle aime être avec lui.

La trame repose sur une simple histoire d’amour. Le fond est bien plus important que ça. C’est une réécriture très moderne et éloignée de La belle et la bête. La beauté physique est-elle plus importante que la beauté du cœur ? Les questions sont pertinentes dans notre société actuelle, où l’importance de l’esthétique est à son paroxysme. Pourtant, de plus en plus de personnes, heureusement, essaient de défendre l’inverse. Le vrai et non le nickel. Le roman d’Amy Harmon entre dans cette dénonciation du beau faux. Et du beau vrai. Du laid faux. Et du laid vrai. Elle habille son histoire de mille nuances, de personnalités au caractère changeant. Ses personnages représentent la vraie vie. Celle qui n’a pas de filtre.

J’ai réussi à vibrer avec eux. C’est donc un roman réussi pour moi. Alors que je m’attendais à être déçue, j’en ressors ravie.


Autrice : Amy Harmon
Éditeur : Robert Laffont
Collection : R
Parution : 22 janvier 2015
Pages : 436

1 commentaire:

  1. Un roman avec des sujets forts et qui semblent bien traités par l'auteure :) Merci pour ta chronique Margaud, je le lirai peut-être un de ces jours ! Passe une belle journée, bisous ♥

    Sue-Ricette

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