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mardi 4 octobre 2016

Rebecca

Auteure : Daphné du Maurier
Éditeur : Albin Michel
Collection : Grandes traductions
Parution : 25 février 2015
Pages : numérique
EAN-13 : 9782226343253

Une longue allée serpente entre des arbres centenaires, la brume s'accroche aux branches et, tout au bout, niché entre la mer et les bois sombres, un château splendide :
Manderley, le triomphe de Rébecca, la première Mme de Winter, belle, troublante, admirée de tous.
Un an après sa mort, le charme noir de Rébecca tient encore en son pouvoir le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse de Maxim de Winter, jeune et timide, pourra-t-elle échapper à cette ombre inquiétante, à son souvenir obsédant qui menacent jour après,jour de plonger Manderley dans les ténèbres ?
Le chef-doeuvre de Daphné du Maurier, immortalisé au cinéma par Alfred Hitchcock, a fasciné depuis sa parution plus de trente millions de lecteurs à travers le monde. Comme Les Hauts de Hurlevent ou Jane Evre, Rebecca est devenu un des plus grands mythes de la littérature mondiale.


Mon avis


Déjà le troisième livre pour le club des Moldus de Lecture! Et pour cette fois, nous avons voté pour « Rebecca » de Daphné du Maurier. Grand classique, qui s’est refait une beauté et une nouvelle traduction dernièrement, et que du coup, on a revu un peu partout. De mon côté, je l’ai lu en numérique (oui, qui l’eût cru ?), via la plateforme pour laquelle je travaille, Glose. Alors, je me suis amusée à faire mes petites annotations directement dans la marge du bouquin, et sur mon profil, durant ma lecture (chose que je ne fais habituellement jamais). Et c’est assez marrant de relire ses pensées à un instant précis du livre, une fois qu’on l’a terminé et qu’on connaît le fin mot de l’histoire.

Ah chère Daphné… Votre roman est très bon. Mais qu’est-ce qu’il est long à démarrer ! Il m’a fallu une semaine pour en dépasser la moitié. Pour que l’histoire prenne correctement et que je m’intéresse à Rebecca et aux habitants de Manderley. Je dirais que toute la première partie est là, et construite de cette manière lente, pour nous donner cette sensation de lieu « hanté » par quelqu’un de disparu. Un souvenir qui ne veut pas partir, que les gens entendent encore, aperçoivent furtivement dans les couloirs. Rebecca. Puis soudainement, on a droit à un revirement de situation total, et le roman perd cet aspect lent, comme un papillon sortant de sa chrysalide, pour devenir haletant !

J’ai eu beaucoup de peine avec la nouvelle Madame de Winter. Elle m’aura fait lever les yeux au ciel plus d’une fois. Cette jeune femme manque cruellement de confiance en elle, se rabaisse constamment, et les gens autour d’elle ne l’aident pas. Dès son arrivée à Manderley, elle sait que ça va être difficile de se faire écouter et respecter. Elle ne connaît pas les codes d’une maîtresse de maison, et surtout… comment passer après quelqu’un comme Rebecca ? La première Madame de Winter la hante, alors qu’elle ne l’a connaît pas. Mais tout le monde semble la comparer à cette femme, son propre mari semble encore être amoureux d’elle !
Alors, même si elle me faisait penser à un elfe de maison, elle m’a peinée sur le moment. Je me revoyais adolescente. Ne sachant pas où me mettre dans une pièce pour être la plus discrète possible, et attendre que ça passe. Quand arrive le fameux passage de changement de situation, BIM ! c’est une tout autre Madame de Winter qu’on découvre. Elle avait besoin de ce déclic, de cette révélation pour gagner en confiance. Dommage que ces instants soient limite trop courts dans le roman. J’aurais voulu la voir beaucoup plus à l’œuvre en tant que Madame de Winter, maîtresse de Manderley, et pas simple nouvelle épouse chétive.

Pour les autres personnages, je pense que moins on en dit, mieux c’est. Que ce soit Maximilien de Winter, ou Madame Danvers, chacun possède sa part de mystère. Rien n’est fait pour améliorer la vie de la nouvelle Madame de Winter, et certaines choses auraient dû être révélées dès le départ pour que la vie soit plus facile. Mais sinon, on n’en aurait pas fait un roman… donc beaucoup moins intéressant.

L’auteure met en évidence une ambiance lourde. Manderley possède plusieurs aspects. À la fois accueillant et charmant, le domaine peut rapidement se transformer en cauchemar. La mer apporte ce côté idyllique par moment, et terrifiant l’heure d’après. Rien n’est fait pour qu’on s’y sente complètement chez soi. On ressent constamment ce malaise, cette pièce manquante du puzzle qu’est Rebecca. Comme si l'on avait laissé la porte d’entrée ouverte et que le froid y entrait sans qu’on puisse correctement chauffer les pièces.

L’intrigue est terriblement bien trouvée ! On s’attend à beaucoup de choses, et dès le départ le brouillard autour de Rebecca de Winter est opaque. Les indices commencent à tomber, mais il faut faire le tri entre le vrai et le faux. La fin est abrupte, et nous laisse cette sensation de fin sans fin. On connaît toutes les parties de l’histoire, et pourtant, une page ou deux pour terminer correctement le récit n’auraient pas été de trop. Mais cette fin nous laisse sans voix, et donc on sait que c’est un livre qu’on gardera en mémoire, rien que pour cette dernière page.
 

dimanche 6 mars 2016

Avant toi

Auteur : Jojo Moyes
Editeur : Milady
Collection : Milady Littérature
Parution : 21 mars 2014
Pages : 523
EAN-13 : 9782811211936

Au chômage dans un coin perdu de l'Angleterre, Lou met tout en oeuvre pour retrouver du travail. Lorsqu'on lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un jeune tétraplégique, elle saute sur l'occasion. Mais Will, le jeune handicapé, rêve de mettre fin à ses jours.


Mon avis


Première lecture de notre club « Moldus de lecture » avec Nine, Emilie et Lili, durant le week-end à mille, je me suis lancée dans les 500 pages de « Avant toi » de Jojo Moyes. Et c’était malheureusement 500 pages de trop…

J’ai beaucoup aimé le film « Intouchable », et pour moi la trame de ce livre-là y ressemble fortement. Ce qui était un bon point de base, car je m’attendais à aimer ce livre du coup. De plus les avis positifs pullulaient sur le net, donc j’étais très motivée. Malheureusement, pour moi l’auteure manque cruellement d’originalité, et son scénario était pour moi tout tracé. J’ai vu venir la fin très rapidement, et ça ne m’a pas du tout surprise. De plus, on rencontre énormément de clichés, et des personnages caricaturés.

Louisa est une jeune femme qui vient de perdre son boulot, elle accepte donc un peu par nécessité le poste d’aide-soignante de Will, un tétraplégique. Le but étant avant tout de redonner goût à la vie à cet homme, qui a tout perdu il y a deux ans après son accident. Le personnage de Louisa est celui qui sauve un peu les meubles, son côté guilleret et ses fringues de toutes les couleurs m’auront fait sourire quelques fois. Par contre, elle n’est pas spécialement bien entourée. Ses parents sont toujours là pour lui sortir des petites remarques déplacées sur son poids ou son avenir. Sa petite sœur, maman, est le prodige de la famille malgré ses erreurs, et le petit copain est un égoïste fini. Voilà qui pose les bases. Et je dois dire que ces personnages secondaires m’ont beaucoup, beaucoup énervée. Manque de chance, quand elle arrive chez Will, elle se retrouve nez à nez avec un homme détruit, autant physiquement que moralement. Sa situation le pardonne un peu, mais il reste quelqu’un de détestable et méchant durant une bonne partie du roman (en même temps… tu me mets dans un fauteuil où je ne peux plus rien faire moi-même, je pense que je serais pas en mode bisounours non plus). Lou va tout faire pour lui redonner le sourire. Et c’est là que quelques pages auraient pu être zappées. On passe de très, très longs moments sur les activités de Will et Lou, et la préparation de ces dernières sans que cela soit vraiment intéressant. On retrouve des scènes mignonnes et drôles entre les deux protagonistes, mais c’était digne des comédies romantiques de M6 le mercredi après-midi. Cliché et déjà vu. Sans surprise.

Je pense que le personnage qui vaut vraiment le coup ici est Will. Même si c’est un beau salaud au départ, il garde une conviction en tête et campe sur ses positions. Le « talent » de Jojo Moyes pour le coup aura été de nous embarquer dans le quotidien d’un tétra, et l'on se rend vraiment compte que c’est horrible. J’ai été admirative de ce personnage, car il sort justement un peu du cliché qu’est le roman. Oui, avant c’était un beau gosse, riche qui vivait à 200 %, et maintenant il ne peut même plus croquer une pomme lui-même. C’est une sacrée chute, un retour à la case départ. Et c’est violent.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été spécialement emballée par cette histoire, trop prévisible. Je me suis attachée à Will, et j’ai été heureuse de la fin. Même si je m’y attendais, je n’aurais pas voulu que l’auteure fasse autre chose, elle aurait pu apporter un point final différent, oui, mais le gros « choc » de la fin était bien.
 
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