lundi 9 juillet 2018

Mémé dans les orties


Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre - certains diraient : seul, aigri, méchant -, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son coeur.

Mon avis

Anaïs m’avait offert ce roman bien avant toute l’effervescence autour de l’autrice. Aurélie Valognes est aujourd’hui une source sûre dans la lecture feel-good (terme qui remplace aisément la lecture légère, qui pouvait être vu avec dédain par certains). Le feel-good a la cote en ce moment, et je trouve ça plutôt positif. J’aime les romans aux personnages torturés, ou remplis de secrets sombres, ou encore de tragiques destinées, mais j’aime aussi les moments plus communs de la vie, ceux qui arrivent dans la vie de tous les jours. Avec des personnages qui donnent des fois la sensation de sortir d’une série télé. Pas besoin d’ajouter une romance, les petites aventures quotidiennes suffisent.

Aurélie Valognes maîtrise l’histoire courte, tout en donnant à son intrigue et ses personnages suffisamment de consistance pour qu’on n’ait pas l’impression du récit bâclé. D’une intrigue basique, elle va faire évoluer différents caractères, souvent caricaturés, pour que tout rentre presque dans l’ordre à la fin.

Monsieur Brun est un homme de 80 ans plutôt acariâtre, rabougri et carrément malpoli. Il vit seul dans son appartement, et cohabite mal avec ses différentes voisines. La pire étant la concierge qui fourre toujours son nez partout, surtout dans ses affaires.
Dès la lecture du résumé, les clichés pullulent, mais comme l’autrice en joue habilement et à juste dose sur chacun des personnages, ça passe. Ce qui m’agace avec le cliché, c’est quand l’un des personnages en est la seule victime. Si tout le roman est logé à la même enseigne, je trouve ça souvent très drôle, au contraire. Ici, ils collent tous parfaitement à leur personnage.

Les descriptions autour des différentes frasques de Brun m’auront beaucoup amusée. Et les différents rebondissements viennent très justement s’y ajouter. On rit bien sûr, mais j’ai également été émue par bien des passages. Il y a toute une prise de conscience sur la solitude, mais aussi sur la vieillesse. Celle qui fait croire aux proches que la personne n’est plus capable de rien, et qu’on ne croit pas quand elle affirme le contraire. C’est un sujet important, trop souvent tabou dans les romans, que l’autrice aborde avec légèreté et sérieux.

Une excellente lecture de vacances, ou lors d’un week-end pluvieux.


Autrice : Aurélie Valognes
Editions : Le livre de poche
Collection : Le livre de poche
Parution : 9 mars 2016
Pages : 269

1 commentaire:

  1. Je l'ai lu tout récemment et je partage ton avis. C'est une lecture qui fait du bien même si elle n'est pas inoubliable c'est un bon moment de lecture pour les vacances qui se profilent!
    https://thecosmicsam.com/2018/07/08/meme-dans-les-orties-aurelie-valognes/

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