jeudi 12 juillet 2018

Vers le zéro déchet : et ses difficultés ?


Changer des habitudes dans nos vies n'est pas toujours simple. Quand j'ai décidé d'aller vers le zéro déchet, nombreuses ont dû gicler pour faire place à des nouvelles. Effacer pour recommencer. Aujourd'hui encore, il y a des choses que je fais par facilité. Je trouvais ça intéressant de vous en parler. Vous montrer ce qui est encore difficile pour moi, ne pas vous parler uniquement des changements évidents et que j'ai réussi à faire du jour au lendemain. Les plus tenaces, ceux qui collent au fond de notre panier de courses.

Je rappelle bien sûr qu'on ne parle pas de nos habitudes alimentaires, mais uniquement d'emballages.



Viande, charcuterie et poisson.
Je vous disais dans cet article, que ça y est, j'avais franchi le cap. Mes tup et moi allions tout contents chez le boucher. Oui, c'est vrai, une partie du temps. Mais il y a des jours où malheureusement, le bac de promotions du supermarché est attirant. Où on se dit « super, on va pouvoir faire des réserves », ou tout simplement « pffff, pas envie d'aller jusque chez le boucher ». Et oui, c'est aussi vrai que le supermarché reste encore notre principale source de courses. C'est facile. Et surtout, mon conjoint ne soupire pas. Pour ça, je vous renvoie à cet article. On n'a pas vraiment bougé de stade en une année.

Oui, je trouve les fruits et légumes du marché plus chers. Et c'est normal. Quand on voit les provenances, quand on calcule un peu tout ce qui tourne autour de ceux du supermarché, ça coule de source. Et oui, ça m'agace de payer plus cher pour consommer mieux. Enfin, ça m'agace plus, quand le cher et tendre m'en fait la remarque dès que je rentre des courses, fière d'avoir participé à la vie des producteurs locaux. Fière de mettre dans mon frigo des produits de bonne qualité, mais oui un peu plus onéreux. Alors souvent, je craque. Je ne mets pas dans un sachet plastique, et je regarde du mieux que je peux la provenance, mais j'achète au supermarché.

Le comfort food.
Vous savez, ces biscuits et gâteaux qui font qu'une fin de journée est tout de suite plus belle ? C'est ma bête noire. J'ai beau me dire que faire moi-même c'est facile et meilleur (d’ailleurs au moment où j’écris cet article, je grignote un muffin fait maison, comme quoi), dans le terme comfort food, il y a le mot confort. Et le confort va aussi avec le fait de ne pas toujours faire soi-même. D'acheter sa paix et aller vers la facilité d'un paquet. D'aller vers cette juste dose de crème, chocolat ou beurre de cacahuètes. D'avoir le confort immédiat, simplement en déchirant un sachet, tout en étant consciente du pas bon qu’il renferme, et des déchets qu’il provoque.



Et des fois le temps.
C'est l'excuse par excellence, le temps. Personne n'a le temps. Mais oui, je vais la sortir quand même. Le temps, d'aller jusqu'au magasin en vrac, avec une poussette ou un bébé accroché dans le dos, plus un chariot qu'il faut ensuite remonter, plein, jusqu'à la maison. Le temps d'aller au marché, qui n'a lieu que le mercredi ou samedi, jours où je travaille, dès 8h. Mais le marché du mercredi est à côté du boulot, je pourrais donc profiter de ma pause de 15 min du matin pour aller acheter quelques petites choses, ou simplement des fois profiter de ces 15 min pour prendre un thé et bouquiner en paix. Le temps de préparer les produits finis, comme les biscuits ou les gâteaux, le grignotage pas terrible pour la santé, mais terriblement réconfortant pour mon esprit. Mais au moins, dans celui-ci, je sais ce que j'y ai mis. Le temps d'aller jusque chez le boucher, qui n'est pas du tout dans ma zone, pas loin, mais si j'y vais c'est uniquement pour ses produits, ce qui me fait tout de suite réfléchir à ma journée autrement. Le temps de calculer ce qui est le plus accessible. Oui, le zéro déchet fait faire des économies à bien des niveaux, mais des fois, ça m'agace de me trimbaler les bouteilles d'un litre de lait en verre, pour ensuite les ramener vide, pour en reprendre. Les bouteilles en plastique sont moins lourdes, plus grandes et moins chères. « Mais vous êtes deux non ? » parfaitement. Sauf que comme rappelé plus haut, je suis souvent seule à vouloir tendre vers ce mode de vie. Difficile de faire participer quelqu'un qui n'a pas envie de vivre de cette manière. Je reste sur le même schéma que dans l'article de 2017, je ne veux forcer personne.

Et pour finir, le découragement.
Celui qui afflue quand j'ouvre le frigo ou le placard et que je vois pleins de barquettes et de sachets du supermarché que je n'ai pas achetés, et que je n'aurais pas achetés. Alors des fois, je vais moi aussi vers cette facilité. Parce que de toute façon, ces paquets sont déjà là. À quoi bon ? Le combat reprendra demain. Comme d'autres.


8 commentaires:

  1. Je comprends totalement ce que tu dis. Pour nous s'ajoute encore l'aspect "tout n'est pas disponible dans notre village" et du coup, faut-il se déplacer pour acheter en vrac ou simplement céder à la faiblesse? Sans compter le fait que parfois on a des crises on veut absolument cuisiner quelque chose le jour même et on a pas ce qu'il faut... après, j'ai choisi de me concentrer sur les efforts que l'on fait plutot que de fixer sur le reste

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    1. C'est ce que je fais aussi la plupart du temps. Mais des fois c'est plus fort que tout, et ce fameux "reste" me saute aux yeux.

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  2. Je partage tout à fait ton avis. J'essaye moi aussi d'acheter en vrac, d'aller au marché, d'acheter ma viande chez le producteur ... mais ça a un coût financier et humain. Les sous, faut pas se mentir, c'est le souci principal pour la nourriture. Et humain. Parce que mon copain déteste, hait, abhorre totalement de faire des courses. C'est pour ma pomme. Il est tellement insupportable dans une grande surface que j'ai parfois envie de lui rouler dessus avec le chariot, quand il ne s'est pas enfui avec 4 rayons plus loin alors que j'ai les bras pleins. Quant à la cuisine, chez lui ça se résume à des pizzas surgelées et à des croque-monsieurs faits avec le gaufrier. La préparation des repas, c'est aussi pour ma pomme.

    Du coup, entre les courses et la cuisine, moi aussi j'opte pour la facilité. J'achète en vrac au magasin bio du coin le riz, les pâtes, les pépites de choc etc en grosses quantité pour n'y aller qu'une fois par mois. Le reste des courses, c'est grande surface. Je surveille les promos, j'essaye tant que possible de limiter les suremballages et d'acheter des produits transformés. Mais parfois, j'achète des cookies tout faits, j'achète les pâtes à tarte toutes prêtes, des légumes au rayon surgelés .... parce que moins cher, parce que après ma journée de taf et mon cours de sport il est 20h et que j'ai juste pas envie de passer 10 plombes dans la cuisine, parce que la comfort food, c'est bon pour le moral (moins pour les jeans mais on s'en fout).

    Je limite mes emballages, je trie mes déchets, j'essaye de manger des produits frais, je me force à ne pas acheter plus que ce dont j'ai besoin, je n'utilise que des peu de produits ménagers chimiques. C'est ça, ma façon à moi de faire du zero déchet. C'est totalement perfectible, certains diront que c'est rien, mais moi, à mon niveau, je me dis qu'au moins mes touts petits gestes comptent.

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    1. Exactement. Merci pour ton commentaire, qui ressemble beaucoup à mes propres expériences. Bien sûr qu'en faisant la comparaison avec 2016 par exemple, la différence est flagrante, et pourtant il y a des jours où tique plus facilement sur encore tout ce que je ne fais pas zéro déchet.

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  3. C'est tellement normal, tellement humain comme réaction ! Après tout, on ne peut pas changer de mode de vie en claquant des doigts (surtout avec toutes les autres responsabilités qui s'ajoutent au compte !). Des articles du genre, il y en a pas beaucoup sur la blogo, alors bravo et merci d'ajouter un peu de réalisme à toute cette histoire (qui en manque parfois, autant pouvons-nous supporter la cause et le réaliser).
    Aussi, j'aime beaucoup suivre ce que tu poste sur les différentes plateformes :)

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  4. Salut Margaud,
    Je partage les avis précédents pour dire qu'il faut voir le verre à moitié plein et regarder aussi le chemin parcouru pour voir les progrès effectués.
    Et si jamais, j'ai parfois aussi la flemme de descendre jusqu'à Atout Vrac avec mes bocaux à l'idée de remonter la rue de Lausanne... Peut-être qu'avec le temps et le succès, ils ouvriront une succursale à la rue de Romont !
    Indulgence et courage ! ;-)
    Claire

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  5. honnête et courageuse! je salue ta démarche et comprends tout à fait ton billet, Margaud !

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