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jeudi 24 août 2017

L'attrape-rêves

Louise vit au bout du monde, tout là-haut, dans une vallée belle et rude dont les rares habitants n'aiment pas se mélanger avec ceux « d'en bas ». Alors, quand un nouvel élève déboule dans la classe en cours d'année, Louise, comme les autres, pense à une erreur. Non seulement Chems n'est pas de la vallée, mais il est différent, avec ses cheveux longs, la couleur de sa peau, la vieille caravane dans laquelle il vit avec sa mère au milieu des bois... C'est cette différence que Louise trouve attirante.
Elle est bien la seule. Pour les autres, comme son père, un étranger n'a rien à faire dans la vallée où le travail manque, où la scierie du coin bat de l'aile.
Louise se sent coupée en deux. Mais Chems va prouver qu'il aime cet endroit comme s'il y était né. Quitte à le défendre au péril de sa vie.


Mon avis

Couverture envoûtante. Forêt. Titre accrocheur. Auteur à découvrir depuis si longtemps. Il ne m’en fallait pas plus pour craquer pour L’attrape-rêves de Xavier-Laurent Petit, auteur phare des éditions Écoles des loisirs.

Louise vit dans la vallée. Et les habitants de la vallée ne se mélangent pas avec ceux d’en bas, et vice versa. Même les classes sont séparées. Alors, le jour où Chems débarque dans la vallée avec sa mère, les habitants ne sont pas très enthousiastes. Ces nouveaux arrivants sont tellement peu désirés que tout le monde tentera de les faire partir. Sauf Louise.

Je ne sais pas si j’avais une idée précise de ce que j’allais lire, mais quelques suppositions me traversaient l’esprit. Et aucune ne s’est révélée juste. Tant mieux d’un côté. J’ai été surprise, et en bien. La plume est rythmée, on avance avec facilité et plaisir dans cette histoire. L’ambiance est pesante, et m’a parfois rappelé Le cœurdes louves de Stéphane Servant. Dans le genre village reculé qui fait sa loi lui-même, L’attrape-rêves se place en bonne position. Les chapitres sont courts et l’histoire ne s’attarde pas sur des détails peu utiles, ce qui fait que le roman avance vite. L’auteur n’hésite pas à faire des bonds dans le temps pour que les actions importantes arrivent plus vite. Ça peut parfois enlever un peu de consistance aux personnages secondaires, qui finalement défilent plus comme des ombres. Mais les principaux sont bien mis en valeur.

Louise est une adolescente très attachante. Plus ouverte sur le monde que ses camarades de classe, elle reste toutefois une jeune fille peu sûre d’elle à certains moments. Elle ose peu donner son avis, préfère voir Chems en cachette pour éviter de se faire railler par les autres. Ce qui découle d’une certaine logique. Je connais peu d’adolescents prêts à assumer tous leurs choix. Même à l’âge adulte, il est parfois difficile de faire front face à une majorité. Louise est réaliste dans ses actes, l’auteur n’en fait pas une adolescente idéale et courageuse ! Elle a ses craintes et ses préjugés. Chems est un peu un ovni dans cette vallée. Lui et sa mère savent qu’ils ne sont pas les bienvenus. Même s’ils sont la raison de beaucoup de bouleversements, on les connaît très peu. J’ai trouvé dommage de ne pas avoir plus de détails sur leur vie d’avant et la raison qui les a poussés à venir vivre ici. On survole beaucoup ce personnage, alors qu’il est important. Le père de Louise est aussi très important et bien traité. Il représente précisément le genre d’habitant qui a ses habitudes depuis des années, et qui ne veut pas en changer. Si sa vie est comme ça, elle ne doit surtout pas évoluer.

L’auteur traite des sujets importants en arrière-plan, grâce à la relation des deux adolescents. Comme les changements, qui peuvent être de bonnes ou de mauvaises choses. La modernité, qui arrive dans des endroits reculés. Les habitudes et routines qui sont bouleversées. La valorisation comme moyen de pression auprès d’une population, des fois ignorante. L’indépendance des enfants face à leurs parents. Ceux qui partent et ceux qui restent pour reprendre le flambeau. Plein de situations différentes se confrontent pour que L’attrape-rêves devienne un roman majeur. Ceux qu’on conseille sur le passage de l’enfance, adolescence à l’âge adulte. Ceux qu’on recommande pour une prise de conscience du monde qui nous entoure.


Auteur : Xavier-Laurent Petit
Editeur : Ecole des loisirs
Collection : Médium
Parution : 13 avril 2016
Pages : 270
EAN-13 : 9782211111430



vendredi 18 août 2017

Calpurnia

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l'été, elle s'interroge sur le comportement des animaux autour d'elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums.
Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d'observation tout ce qu'elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes? Et à quoi sert une bibliothèque si on n'y prête pas de livres?
On est dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1 899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se confronte aux difficultés d'être une jeune fille a l'aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté?


Mon avis 

En ce moment, je suis dans une phase de lecture étrange. J’ai envie de lire. Plein de choses variées. Toute ma PAL me fait envie. Et pourtant, une fois que je commence un bouquin, je suis immédiatement lassée. Heureusement, la lecture après celle-ci est en train de remédier à ça. Je ne m’inquiète pas, chaque été c’est la même chanson, je me sens mollassonne même dans mes lectures.

Calpurnia était une lecture estivale par excellence. Malheureusement, j’ai trouvé le style très lent et il y a un manque de dynamisme flagrant. Pourtant, l’histoire était vraiment très chouette. Pleine de tendresse et de vérité. L’autrice met en avant des us et coutumes de l’époque qui révoltent Calpurnia, 12 ans, seule fille au milieu de 6 frères. En 1899, au Texas.

Nous sommes en plein été caniculaire, et Calpurnia découvre la faune et la flore avec son grand-père bourru. Elle va aller de découverte en découverte et s’émerveiller devant cette nouvelle science. Sauf que, et c’est là toute la force de ce roman, Calpurnia est une fille, et les filles à cette époque apprennent à coudre, tricoter ou cuisiner. Et non pas à courir dans les bois à la recherche de plantes.
Ce que j’ai aimé avec ce personnage, c’est qu’elle n’hésite pas à évoquer les incohérences entre elle et ses frères. Dans sa tête, elle est une enfant, comme eux, et doit avoir le droit de faire ce qui la passionne. Comme eux. Sa mère ne l’entend bien sûr pas de cette oreille. Cette dernière est un personnage assez distant, malgré la force de caractère et d’autorité dont elle fait preuve sur la maison. Le père est totalement effacé, pour être remplacé par la figure du grand-père qui prend Calpurnia sous son aile. C’est un personnage très agréable. Sous ses apparences froides envers ses petits-enfants, il fait plutôt office de vieux sage. Vient ensuite toute la ribambelle de grands et petits frères. Celui qui se détache le plus est le plus grand, Harry. Un jeune homme au cœur tendre, qui à la fin du roman va nous faire un peu de peine. Comme sa sœur, en tant qu’aîné, Harry a des obligations envers sa famille.
Calpurnia est une jeune fille pleine de charme, d’intelligence et de vivacité. Grâce à elle, j’ai découvert plein de choses. Je me suis aussi souvenue de croire en mes rêves et de ne jamais baisser les bras. Nos journées sont parfois bien remplies, mais il reste toujours un peu de temps pour faire ce qu’on aime vraiment.

L’époque est très bien retranscrite. On découvre les premières joies du téléphone ou encore l'étonnement face à l’automobile. Malgré tous ces points positifs, j’ai trouvé que l’entrain n’y était pas. Je ne revenais pas vers ma lecture avec empressement. Et ce n’était pas ce même effet de lenteur voulu et apprécié que j’ai déjà pu retrouver dans d’autres romans. Il y avait un petit quelque chose qui clochait, qui ne collait pas. Ou alors c’était moi.
Ça reste une très chouette lecture, où l'on apprend pleins de belles choses. Un roman avec de belles valeurs et les interrogations réfléchies d’une jeune fille pleine de passions qui ne vont pas avec son sexe et son époque.


Autrice : Jacqueline Kelly 
Éditeur : Ecole des loisirs
Collection : Médium
Parution : 5 avril 2013
Pages : 420
EAN-139782211205337



mercredi 21 décembre 2016

3000 façons de dire je t'aime

Auteure : Marie-Aude Murail
Éditeur : École des loisirs
Collection : Médium
Parution : 22 août 2013
Pages : 265
EAN-13 : 9782211212014

Chloé, Bastien et Neville ont eu en cinquième une professeure de français qui n'aimait que les livres qui finissent mal. Un soir, elle les a emmenés pour la première fois au théâtre voir une représentation de Dom Juan de Molière. Cette soirée a changé leur vie. C'est décidé, ils seront comédiens !
Six ans plus tard, leur désir de monter sur scène est intact et ils se retrouvent au conservatoire d'art dramatique de leur ville. Le professeur le plus réputé, Monsieur Jeanson, les prend tous les trois dans son cours.
Chloé va devoir concilier les cours de théâtre avec le rythme intensif de la classe préparatoire qu'elle vient d'intégrer. Bastien, prêt à tout pour faire rire, pense qu'il suffit de regarder une vidéo de Louis de Funès pour apprendre la tirade d'Harpagon. Le beau et ténébreux Neville a peur de se donner les moyens de son ambition, d'être un autre pour savoir enfin qui il est.
Comment le théâtre va-t-il lier pour toujours la jolie jeune première, le valet de comédie et le héros romantique que Jeanson a su voir en eux ?


Mon avis


Marie-Aude Murail est une auteure que l’on ne présente plus dans la littérature jeunesse et adolescente. Elle est l’un des piliers des éditions École des loisirs, auteure chouchou des écoles, des jeunes et des moins jeunes… J’avais craqué pour pas mal de ses bouquins, et je n’avais jamais été déçue. Jusqu’à présent. Malheureusement.

Premier bémol pour moi avec ce bouquin, et ce n’est pas de sa faute, mais de la mienne : le thème. J’aime bien lire des pièces de théâtre de temps en temps, mais je ne suis clairement pas une grande adepte du genre. Je ne m’y connais pas, et j’ai dû voir à peine une dizaine de pièces durant ma courte vie. C’est rien. Ce roman n’est pas une pièce de théâtre, mais il va tourner autour de ce thème. On va y rencontrer trois personnages, complètement différents, mais passionnés par cet art. Ils vont tout faire pour monter sur les planches, et prouver qu’ils sont faits pour ça.

Second bémol : les personnages. On a pourtant trois personnalités radicalement différentes, et pourtant, aucune ne m’a touchée. Je n’ai accroché avec aucun d’entre eux. Ils me semblaient très distants, à peine esquissés. Je n’arrivais pas à avoir une image précise d’eux durant ma lecture. C’était assez dérangeant.
Chloé est la fille du trio. Et malheureusement, j’ai trouvé qu’elle n’était que ça. À chaque page, j’espérais qu’elle prenne un peu le dessus, qu’elle devienne enfin ce qu’elle voulait être. Avec son rôle, son envie de jouer et d’interpréter. Finalement, j’ai trouvé qu’elle n’était que le trophée tant convoité par les deux garçons. Celle qu’il faut conquérir à tout prix, avec ou sans sentiments.
Bastien est le rigolo de service. Il a un certain charme, on s’y attache par son côté boute-en-train, mais c’est tout. Il apporte un ton humoristique au roman. Mais là aussi, son rôle ne va pas plus loin.
Et puis, il y a Neville. Celui sur qui on va finalement tout concentrer. Il apparaît comme étant le bad boy. Celui qui n’hésite pas à voler et faire savoir qu’il n’est pas comme les autres. Si au départ je m’y suis attachée, j’ai vite déchanté. Neville est un personnage qui devient vite imbuvable.
Du coup, niveau personnages, on était mal barré. Il y a bien le prof de théâtre qui sauve un peu le truc. Mais là aussi, j’ai trouvé son rôle assez cliché finalement. Agréable certes, mais déjà vu. L’homme bourru et sévère, mais pas méchant, qui cache un secret qui est la véritable intrigue du roman. Le pourquoi du comment.

Et pour finir, j’ai été un peu déboussolée par les dialogues de théâtre qui venaient se mélanger aux dialogues « normaux » des personnages. Pour quelqu’un qui ne connaît pas forcément toutes les pièces citées et utilisées dans le roman, le mélange des deux par moment n’a fait que me perdre encore un peu plus.
Je pense que si on est amateur ou passionné de théâtre, on peut en revanche adorer ce roman ! Et même si on n’aime pas le théâtre d’ailleurs… ça peut peut-être réveiller une nouvelle passion. Mais Virginie, avec qui je l’ai lu en lecture commune, est plutôt de mon avis. Une petite déception pour nous, malheureusement. Le prochain Murail ne pourra être que meilleur.

vendredi 28 octobre 2016

La société des S, tome 1

Auteure : Susan Hubbard
Éditeur : École des loisirs
Collection : Médium
Parution : 22 août 2012
Pages : 414
EAN-13 : 9782211097666

Pendant longtemps, Ari a cru que son père, Raphael Montero, était végétarien et souffrait d'une maladie de peau. Pendant des années, elle a trouvé normal de passer ses journées cloîtrée dans un manoir, avec des milliers de livres.
Il a suffi d'une soirée, la première de sa vie dans une famille ordinaire, avec des ados de son âge, des flots de couleurs, de sons, d'odeurs et une télé branchée sur un film de vampires... pour qu'Ari comprenne qu'on lui avait menti.
Et si son père, beau comme un prince gothique, n'était pas un simple mortel, s'il appartenait à un autre monde ?
Elle est prête à le découvrir, au péril de sa vie... et de son âme.


Mon avis


J’avais commencé cette trilogie il y a quelques années, et j’avais arrêté ma lecture après à peine une centaine de page. Mais j'étais motivée à reprendre ce livre, je trouvais que cette histoire de vampires avait sa place pour une lecture automnale, donc je lui ai redonné une chance.

Et bien j’aurais du m’en tenir à ma première tentative et passer mon chemin. Définitivement. J’ai dépassé sans difficulté le passage de ma première lecture, et une fois lancée, je pensais vraiment rester dans cette ambiance de mystère et de grande maison sombre, pleine de secrets. Mais si je devais résumer mon ressentie sur ce premier tome, ça serait « incompréhension ». Je n’ai pas comprit les choix de l’auteure et sa mythologie autour du vampire est trop bancale pour que je la trouve réaliste.
Allons y pas à pas. Ari a toujours été végétarienne et vit avec son père qui est malade. Ils vivent cloitrés dans un manoir, et n’en sortent que rarement. Après une soirée passée dans la famille de sa cuisinière, Ari va découvrir le monde. Le vrai. Et tout ce qu’il comprend, notamment  Internet. Grâce à cet outil, la jeune fille va commencer à faire des recherches autour des étranges habitudes de son père.

On arrive donc dans la fameuse partie du vampire, et du passé du père d’Ari. Tout s’imbrique assez facilement, mais j’avais une drôle de sensation durant ma lecture. Les raisons et excuses de tout cela ne me semblaient pas coller à l’histoire. Les personnages ne sont pas crédibles, ou on ne leur donne pas assez de temps pour le devenir. Certains mythes bien connus du vampires sont vite évincés grâce à quelques explications brouillonnes. L’intrigue autour de la mère d’Ari est également très vite bâclée avec une raison plutôt foireuse au bout.
Les personnages manquent cruellement de saveur et de caractères. Ari est une jeune fille intéressante quand elle est dans l’ignorance, son imagination fonctionne à pleine vitesse, et ses déductions sont intelligentes. Mais une fois qu’elle commence à comprendre tout ça, elle agit bêtement, sans penser aux conséquences ou à la suite des événements. J’ai trouvé ça déstabilisant. Et ne parlons même pas des personnages qui gravitent autour d’elle ! Ils sont censés tous avoir, plus ou moins, d’importance dans l’intrigue, mais on aurait mieux fait de s’en passer et laisser Ari tout faire elle-même, du haut de ses 13 ans. Ça aurait été beaucoup plus intéressant. Ils sont tous très fades et n’apportent pas grand-chose à part quelques informations (que la jeune fille aurait fini pas trouvé elle-même, merci, bonsoir) et de la figuration.

Vous l’aurez comprit, grosse déception pour cette lecture. Je suis rarement sévère avec un livre, j’essaye toujours de donner quelques points positifs, mais là… y’a pas grand-chose à sauver. 

mardi 13 octobre 2015

Le passage du diable

Auteur : Anne Fine
Editeur : Ecole des Loisirs
Collection : Médium
Parution : 15 janvier 2014
Pages : 306
EAN-13 : 9782211209830

Depuis son plus jeune âge, Daniel Cunningham a vécu enfermé, avec pour seule compagnie les livres et sa mère – qui l'a gardé reclus, à l'écart du monde extérieur, et qui n'a cessé de lui répéter qu'il était malade. Un jour, des coups frappés à la porte vont tout changer. Des voisins ont découvert son existence, et résolu de libérer Daniel de l'emprise de sa mère. Pris en charge par le docteur Marlow et sa famille, il va découvrir peu à peu que tout ce qu'il tenait pour vrai jusque-là n'était qu'un tissu d'histoires racontées pour le protéger. Mais le protéger de quoi ? De sa vie d'avant Daniel n'a gardé qu'une maison de poupée. Et pas n'importe quelle maison de poupée : c'est la réplique exacte de la maison natale de sa mère, une maison qui recèle de nombreux et sombres secrets. Jusqu'à quels vertiges ces secrets conduiront-ils Daniel ?


Mon avis

Ce livre traine depuis sa parution sur mes étagères, et le mois d’octobre est idéal pour lire ce genre d'histoire, étrange. Une maison de poupée étrangement ressemblante à la vraie, et un jeune garçon qui ne peut en sortir... il y avait de quoi titiller ma curiosité.

J'ai beaucoup aimé cette histoire. L'auteur dose bien son suspens, et nous délivre gentiment des détails face à son intrigue. Le style est certes jeunesse, mais comme toujours chez Ecole des Loisirs on a droit à beaucoup de qualité. Un roman original, qui ne se repose pas sur le déjà vu actuel. Du sang frais durant ce mois d'Halloween, ça fait du bien!

Daniel est un adolescent (j'imagine, aucune mention concernant son âge) qui a vécu toute sa vie alité, dans sa chambre. Sa mère comme seule compagnie, qui fait croire au garçon qu'il est gravement malade, et doit rester à l'intérieur. Son enfance se résume à ça. Jusqu'au jour où ce train-train quotidien se voit bouleverser par un médecin qui prouve que Daniel n'est pas malade, et sa mère complètement folle. 
Quel situation étrange de se retrouver dans un monde inconnu, quand on a connu que sa chambre. Daniel doit tout redécouvrir, et même si l'auteur se permet quelques facilités - Daniel aura apprit énormément de choses à travers les livres, histoire d'aller plus vite ensuite - j'ai trouvé le regard de cet adolescent sur le monde tellement surnaturel. Magique, et neutre. Il s'émerveille facilement. 

L'intrigue de l'auteur veut aller encore plus loin. Car dans la maison qu'occupait Daniel et sa mère se trouve une maison de poupée. Magnifiquement réalisée, mais qui représente une vraie maison, que sa mère a très bien connu. Le mystère commence avec cette maison réduite, qui cache quantité de passages secrets. Trouverait-on les mêmes dans la vraie ? La question reste entière, jusqu'à ce que Daniel entre dans cette grande maison de famille, qu'il connait par coeur, sans jamais y être venu. 
Sa mère était-elle vraiment folle de le garder enfermer ? Et si elle voulait simplement le protéger de ce qui se cache dans cette maison ? 

Je me suis laissée entrainer par cette histoire, cette ambiance de vieille bicoque grinçante. Le résumé n'en révèle pas trop, et c'est très agréable. C'est pour cela que je n'en dirais pas plus non plus. De quoi garder le suspens entier. Si les maisons pleines de secrets et les familles déchirées vous intéressent, je ne peux que vous conseiller "Le passage du diable" qui m'aura fait frémir quelques fois. 

Une lecture d'Halloween parfaite, pour les lecteurs un peu trouillards.


lundi 15 juin 2015

La fois où j'ai écouté ma mère

Auteur : Thierry Guilabert
Editeur : Ecole des loisirs
Collection : Médium
Parution : 16 avril 2014
Pages : 168
EAN-13 : 9782211214353

Les menaces, les cris, les coups, ce soir c’en est trop. Une course à pied dans la nuit, un bus, un train, un car, et puis encore de la marche, une longue marche dans des sentiers de montagne… Et les voilà arrivées au refuge. Mila n’est pas vieille et sa mère n’est pas veuve. Pourtant c’est là, avec Catherine, Mado, Marguerite, Clémence et les autres qu’elles vont trouver leur place. Loin de tout. Loin des hommes. Loin de leur violence. Ici, aux Ouches, des vieilles femmes blessées ont décidé de vivre en communauté, de restaurer les bâtisses, de partager l’essentiel, de se serrer les coudes, de se panser le cœur. La mère de Mila connaît l’une d’entre elles, et l’appelle « nourrice ». La vie s’organise, rude et douce. Mila étudie, fait la lecture, se découvre des forces inconnues et un amour inattendu pour la montagne et sa sauvagerie. Elle se surprend à espérer que cette vie peut durer. Elle se trompe. Là-bas, en ville, dans les brumes de l’alcool, son père rumine une vengeance atroce.  


Mon avis

Il y a ce genre de livre qui sont addictif, à un tel point qu'on les dévore! Et d'autres qui le sont tout autant, mais que l'on préfère savourer, tourner les pages lentement et lire chaque mot comme s'ils étaient l'incantation d'une formule magique. C'est ce que m'a fait La fois où j'ai écouté ma mère. Une pépite inattendue.

Les paysages d'automne et d'hiver ne me laisse pas insensible en général, et ce livre est encore une fois l'exemple parfait d'une couverture qui m'a parlé avant même que je connaisse son histoire. L'auteur commence par un sujet triste, mais réel : la violence conjugale. La mère de Mila sait que si elle et sa fille reste en compagnie de son mari, elles sont perdues. Une nuit, elles partent, dans l'espoir de ne jamais revenir. Commence alors une marche sans fin, les jambes de Mila lui font mal, les deux femmes fatiguent mais savent que si elles s'arrêtent, c'est la fin. La détermination et la survie les pousse en avant, tout donner pour vivre enfin. C'est la fuite de l'espoir. On suit l’ascension dans cette montagne durant bien des pages, ce qui met vraiment l'accent sur la volonté de survivre. Et une fois en haut, c'est une autre vie qui commence. 

Mila est une adolescente comme les autres. Elles a son collège, ses amies et son train train quotidien. Le fait de partir chamboule tout, bien sur, elle s'adapte mal à ce nouvel endroit. Le refuge que les deux femmes ont rejoint est une sorte de hameau, perdu dans les alpes, avec un téléphone pour tout le monde, et des femmes qui s'aident entre elles depuis des années. Souvent âgées, elles refusent de s'enfermer dans des homes où personnes ne vient leur rendre visite. Cette petite communauté fonctionne grâce au partage de leurs rentes, et tout va pour le mieux, jusqu'à l'arrivée de ses deux âmes en peines : Mila et sa mère. 
L'adolescente va petit à petit prendre ses marques. Elle va faire la lecture aux femmes qui ne voient plus assez, réviser ses cours avec une ancienne professeur des écoles et aider dans les potagers pour que tout le monde puisse manger. J'ai aimé ces passages là, et le mot est faible. Le retour à la vie de Mila est magnifique. Elle qui pensait se retrouver coincée quelque part, sans Internet et perdue parmi ces gens qu'elle ne connait pas, trouve finalement la vie plus belle loin de tout. Amoureuse des montagnes et de la campagne, j'ai bien sur immédiatement croché avec ce nouveau mode de vie. C'est beau, tout simplement. 
Pour la mère de Mila c'est plus difficile, elle se sait hors d'atteinte, mais le doute et les peurs règnent encore. Contrairement à sa fille, elle va prendre plus de temps avant de s’acclimater à sa nouvelle vie, et profiter de l'instant présent.

On pourrait croire que l'intrigue s'arrête là, que la vie resta belle éternellement. Mais la société est bien là, et rien n'est simple dans notre monde actuel. Même quand on ne veut plus en faire partie, elle nous rattrape et nous piège. On doit lui rendre des comptes, alors qu'on se sent mieux détaché d'elle... Voilà pourquoi ce livre m'a touché au plus profond. L'auteur met soudain un réel suspens dans ce calme plat des montagnes. Avec la vie "réelle" qui reprend le dessus. 

Grâce aux montagnes et à la vie simple de ces femmes j'ai respiré, j'ai eu ce même ressentie que durant ma lecture de Wild de Cheryle Strayed. Les deux histoires n'ont pratiquement aucun rapport, à part la fuite pour revivre. On referme ce livre en se sentant mieux, mais également en voulant partir. J'ai voulu prendre mon sac et partir me perdre dans les alpes, ne plus rendre de compte à personne, et vivre pour moi. Rien que pour moi. 


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lundi 26 mai 2014

Galymède fée blanche, ombre de Thym

Auteur : Maëlle Fierpied
Editeur : Ecole des Loisirs
Collection : Medium
Parution : 12 janvier 2012
Pages : 417
EAN-13 : 9782211203791

Sous sa perruque blonde et ses allures d'étudiante, Galymède cache sa blancheur lunaire de fée. Aux premières heures de la nuit, elle survole les rues de la ville, en quête d'un voeu à exaucer mais dans la ville sans rêves, la magie se meurt.
Chaque jour vide, la peau de Galymède se teinte un peu plus de violet, et son coeur las broie du noir. Personne pour croire en elle, chez ces humains trop humains. Rien à faire ou à venir. Seulement la mélancolie des fées blanches. Puis la fin, le destin mortel d'une fée noire.
Jusqu'au jour où le destin prend des allures de mission en Féerie. Partir. Rêver à nouveau. Revivre, peut-être.
Mais, dans ce monde, les chemins traversant le territoire des elfes blancs, parcourant des terres peuplées de lutins, d'orques et de communautés de pixies, suivent de drôles de traces, toujours plus étranges et dangereuses. Très vite, Galymède règle son pas sur celui d'un mystérieux personnage qui habite ses rêves, Thym. Au point de devenir, malgré elle, son ombre...


Mon avis


Voici une relique de ma PAL, un livre qui prenait la poussière et que j’ai sorti grâce à la Book Jar. J’avais reçu ce livre car l’histoire m’intriguait, mais comme souvent, il y en a toujours eu d’autres que je préférais commencer.

Quand on commence ce livre, on ne se doute pas de l’aventure dans laquelle on se lance. Maëlle Fierpied engage son histoire dans notre monde, avec son personnage principale, la fée Galymède. L’effet que procure la plume de l’auteur est assez étrange au début. C’est vrai que j’ai commencé ce livre sans réelle conviction. Je ne m’attendais à rien de particulier, mais le style m’a embarqué dès les premières lignes. C’est un drôle de ressentie que j’ai par rapport à ce livre, autant il y avait de quoi lire et on ne s’embêtait pas, mais en même temps, il y avait un aspect de longueur que je n’explique pas. L’œuvre de Maëlle Fierpied se déguste je dirais, comme un conte. J’ai fait une pause au milieu du livre pour en lire d’autres, et je pense que j’ai bien fait. Ainsi j’ai beaucoup plus savouré ma lecture, quand je suis revenue dans cet univers, je l’ai retrouvé avec plaisir, et l’histoire est revenue toute seule.

Galymède est un personnage assez complexe. Fée blanche elle exhausse les souhaits, mais avec le manque de croyances des humains envers les personnages féeriques, elle déprime. A force de voir la vie en noire, c’est elle qui commence à changer de couleur, de blanche elle passe à violette pour devenir de plus en plus foncée. J’ai trouvé cela assez originale, ça change des gentilles fées, celles-ci peuvent devenir mauvaises, elles ne sont jamais à l’abri. 
Notre héroïne repart dans le monde féerique pour se guérir de sa déprime, mais son périple va être bien plus important. Le Vénérable, va l’envoyer sur les traces d’un mystérieux Elfe blanc dont elle rêve toutes les nuits. A travers ces rêves elle va vivre des aventures hallucinantes, qu’elle ne pensait jamais vivre un jour. Se mettre en route pour trouver quelqu’un qu’elle ne connait pas, j’ai trouvé Galymède très courageuse. Elle ne se dégonfle jamais et va faire de sacrées rencontres.

On est typiquement dans le genre de livre de fantasy ou un groupe de personnage poursuit une quête. Ici Galymède et ses compagnons font tout pour retrouver cet Elfe, quitte à prendre de gros risques. J’ai aimé cette ambiance typique des livres de fantasy qu’on a parfois l’habitude de lire. Le style m’a rappelé celui d’Anne-Laure Bondoux et mon coup de cœur que j’avais eu enfant pour La Princetta et le Capitaine. D’aventures en aventures le livre ne s’essouffle jamais, on est constamment prit dans les aléas des personnages.

L’auteur aura également su développer un univers très riche. Le monde féerique qu’elle met en place possède une véritable âme, les différents peuples qu’elle présente ont tous une histoire, un passé, un vécu. On est intéressé par les coutumes de chacun, ainsi que par ces personnages. A chaque endroit de la Féerie son atmosphère et on s’y serait cru, un vrai plaisir à découvrir.

A ma grande surprise ce livre aura su capter mon attention. Il regorge de petites créatures intrigantes, de personnages drôles et intéressants à suivre. J’ai passé un très bon moment en leur compagnie. Attention néanmoins, il y a des petits passages ou l’on a l’impression de ne pas évoluer très vite, d’où l’aspect peut être de longueurs. Mais c’est un livre qui se déguste et qu’il faut prendre le temps de lire. 

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