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dimanche 24 juin 2018

Dans le murmure des feuilles qui dansent


Anaëlle, une jeune femme dont la vie a été bouleversée par un accident, se reconstruit doucement, entre son travail et sa passion pour l'écriture.

Thomas raconte des histoires merveilleuses d'arbres et de forêt pour mettre un peu de couleur dans la chambre d'hôpital de Simon, un garçon lumineux et tendre.
Chacun se bat à sa manière contre la fatalité. Mais est-ce vraiment le hasard qui va sceller leur destin?

Dans ce nouveau roman, Agnès Ledig noue une histoire simple et poignante où des âmes blessées donnent le meilleur d'elles-mêmes et nous rappellent, dans une nature à la fois poétique et puissante, que la vie est plus forte que tout.


Mon avis

Le nouveau roman d'Agnès Ledig m'est parvenu dédicacé dans ma boîte aux lettres, donc merci à Albin Michel et Agnès, le petit mot m'a vraiment touchée.

À la base, je devais réaliser une nouvelle interview de l'autrice, au format écrit comme je l'avais fait pour Rainbow Rowell. Je me suis donc attaquée à ce roman, mais malheureusement il ne m'aura pas comblée comme les autres. Je ressors très mitigée de cette histoire, et je me voyais mal réaliser une interview autour d'un livre que j'ai moyennement aimé.

Hervé est procureur et s'embête un peu dans son bureau, son boulot et son foyer. Son quotidien va être bouleversé par l'arrivée de la lettre d'Annaëlle, ancienne étudiante qui a assisté à l'un de ses cours et qui a besoin de précisions pour l'écriture de son roman.
En parallèle, nous allons rencontrer Thomas, 28 ans et menuisier. Pris d'une part par son travail, il va devoir jongler avec les visites à l’hôpital pour veiller sur son frère Simon, 8 ans, atteint de leucémie.
Comme à son habitude, Agnès Ledig prend des instants de la vie et nous les raconte à sa façon. Sa plume pourtant, cette fois, n'aura pas su me convaincre.

Je suis restée totalement hermétique à l'histoire et aux personnages de Hervé et Annaëlle. J’ai très vite trouvé leurs échanges de lettres agaçants. Ils rient un peu rapidement de la greffière de Hervé, Jocelyne, et cette dernière est le stéréotype de la vieille fille amoureuse de son patron. Et c'est vraiment quelque chose qui m'a agacée. Malgré ses défauts, Jocelyne me faisait beaucoup de peine. Je ne dis pas que ce genre de personnes n'existent pas, mais dans les livres ou les films ils sont vus et revus. Il manquait une petite touche de légèreté à Jocelyne, que j'aurais adoré lui trouver. Peut-être par vengeance au caractère souvent froid et jaloux qu'on a trop souvent associé aux célibataires d'un certain âge.
Il y avait ensuite les idées reçues des personnages autour de leur correspondance. Très vite, Hervé et Annaëlle pensent que les gens au courant imaginent quelque chose de mauvais. Une liaison, alors qu'il est marié ! Alors qu'un homme et une femme peuvent très bien entretenir des rapports amicaux, sans sentiments amoureux ou de désir. Oui, ça arrive. Et c'est trop rarement montré. J'ai pourtant apprécié Annaëlle, elle est touchante comme jeune femme. Brisée, mais rafistolée. Son projet de maison m'a enchantée, je rêve d'une petite maison comme celle qu'elle achète dans le roman. Avec des choses à réparer, comme chez elle, mais rien d'insurmontable.

Ensuite, j'ai beaucoup aimé l'histoire de Thomas et Simon. Ce sont d'ailleurs ces personnages qui m'auront donné envie de terminer le roman. Thomas s'est attaché à son demi-frère, Simon, 20 ans de moins que lui. Le jeune garçon est atteint de leucémie, et sa famille ne compte pas le laisser seul à l'hôpital. Entre les parents et Thomas, ils vont se relayer pour être au chevet de l'enfant. Le jeune homme va donc très vite se rendre compte qu'il est difficile d'être partout. Que ce soit au travail pour tenir les délais de ses travaux, et tenir compagnie à Simon.
Le sujet est grave, les personnages touchants, bien sûr que je ne suis pas restée indifférente à Thomas. Lui et son frère ont réussi à m'émouvoir, je me suis sentie proche d'eux, et la simplicité de leur relation et de leurs passions m'a transporté. C'est un aspect que j'ai trouvé très attachant chez eux. Leur intérêt pour la forêt et ses habitants, les grands espaces et la nature.

Malheureusement, la fin est rapide et brute. Je n'ai pas trouvé le rythme égal au reste, elle donne cette impression de précipitation, et quand arrivent les dernières lignes on n'est pas vraiment prêt.
Pour avoir vraiment beaucoup aimé sa duologie avec « On regrettera plus tard » et « De tes nouvelles », j'ai trouvé celui-ci en dessous, j'ai donc été un peu déçue.


Autrice : Agnès Ledig
Éditeur : Albin Michel
Collection : Romans français
Parution : 28 mars 2018
Pages : 389

lundi 4 septembre 2017

La renarde

A quarante-sept ans, Nicole, qui vient de perdre brutalement son mari et dont les enfants sont partis, décide de se retirer loin du bruit de la ville dans sa maison familiale en Bourgogne. La solitude et la vie rude l'effraient un peu. Mais, très vite, elle redécouvre la nature et ne tarde pas à renaître. 
Une magnifique histoire d'amour et un hymne à la vie, par l'auteur de la saga Les Gens de La Paulée.


Mon avis

Océane m’avait offert ce livre, qu’elle avait eu bien du mal à trouver en plus, lors de notre swap d’été en 2016. Si vous n’aviez toujours pas deviné mon amour pour les renards, ce titre vous met sur la piste. L’histoire de cette femme en deuil après la mort de son mari, avec qui elle avait une relation fusionnelle depuis toujours, qui peine à reprendre pied et part s’isoler à la campagne me tentait beaucoup. Lors d’une promenade en forêt, elle va tomber sur une renarde avec qui elle va créer un lien spécial.

Je suis très mitigée sur cette lecture. Autant tous les messages et moments de reconstruction grâce à la nature, les balades, les nouvelles rencontres et les animaux de la campagne m’ont beaucoup touché, autant le personnage de Nicole est parfois très mal décrit par l’auteur, ce qui la fait rapidement tomber dans certains clichés que j’aurais préféré ne pas trouver dans ma lecture.
La plume n’est pas plus entraînante que ça. On avance doucement dans ces 190 pages et la renarde est finalement un personnage très secondaire.

Nicole vient vivre dans cette maison, seule, pour se remettre de la mort de son mari. Grâce à la rencontre avec une renarde, elle va gentiment refaire surface. Petit à petit, elle va également se lier d’amitié avec les habitants du village et découvrir un mode de vie qu’elle ne soupçonnait même pas, elle qui vient de Paris. Malheureusement, souvent, l’auteur accable Nicole d’une personnalité très cliché. Elle se rabaisse en s’insultant elle-même de connasse ou salope, qui sont des mots très forts je trouve. Autant je me traite parfois d’idiote quand je fais une erreur, autant je ne me suis jamais traitée de salope ou de connasse. Je trouve ça de trop. Nicole a souvent d’étranges réactions, que je n’ai pas trouvées en adéquation avec son personnage. J’ai rapidement jugé, je l’avoue, car je me demandais si cette description était là parce que l’auteur était un homme, et non pas une femme, et qu’il avait simplement mal décrit son personnage, ne le comprenant peut-être pas. Et pourtant, cette fois, cette réflexion est cliché de ma part. Un homme peut parfaitement décrire une femme et inversement. D’autres auteurs ou autrices le font. Mais visiblement, Hugues Douriaux n’y arrive pas forcément très bien.

Les balades en forêt étaient plaisantes et reposantes. Pleines de charme et de tranquillité. J’ai beaucoup aimé cette ambiance. Malheureusement, trop peu présente pour sauver totalement le bouquin.


Auteur : Hugues Douriaux
Éditeur : Le grand livre du mois
Collection : -
Parution : Novembre 2007
Pages : 188 pages
EAN-13 : -



jeudi 24 août 2017

L'attrape-rêves

Louise vit au bout du monde, tout là-haut, dans une vallée belle et rude dont les rares habitants n'aiment pas se mélanger avec ceux « d'en bas ». Alors, quand un nouvel élève déboule dans la classe en cours d'année, Louise, comme les autres, pense à une erreur. Non seulement Chems n'est pas de la vallée, mais il est différent, avec ses cheveux longs, la couleur de sa peau, la vieille caravane dans laquelle il vit avec sa mère au milieu des bois... C'est cette différence que Louise trouve attirante.
Elle est bien la seule. Pour les autres, comme son père, un étranger n'a rien à faire dans la vallée où le travail manque, où la scierie du coin bat de l'aile.
Louise se sent coupée en deux. Mais Chems va prouver qu'il aime cet endroit comme s'il y était né. Quitte à le défendre au péril de sa vie.


Mon avis

Couverture envoûtante. Forêt. Titre accrocheur. Auteur à découvrir depuis si longtemps. Il ne m’en fallait pas plus pour craquer pour L’attrape-rêves de Xavier-Laurent Petit, auteur phare des éditions Écoles des loisirs.

Louise vit dans la vallée. Et les habitants de la vallée ne se mélangent pas avec ceux d’en bas, et vice versa. Même les classes sont séparées. Alors, le jour où Chems débarque dans la vallée avec sa mère, les habitants ne sont pas très enthousiastes. Ces nouveaux arrivants sont tellement peu désirés que tout le monde tentera de les faire partir. Sauf Louise.

Je ne sais pas si j’avais une idée précise de ce que j’allais lire, mais quelques suppositions me traversaient l’esprit. Et aucune ne s’est révélée juste. Tant mieux d’un côté. J’ai été surprise, et en bien. La plume est rythmée, on avance avec facilité et plaisir dans cette histoire. L’ambiance est pesante, et m’a parfois rappelé Le cœurdes louves de Stéphane Servant. Dans le genre village reculé qui fait sa loi lui-même, L’attrape-rêves se place en bonne position. Les chapitres sont courts et l’histoire ne s’attarde pas sur des détails peu utiles, ce qui fait que le roman avance vite. L’auteur n’hésite pas à faire des bonds dans le temps pour que les actions importantes arrivent plus vite. Ça peut parfois enlever un peu de consistance aux personnages secondaires, qui finalement défilent plus comme des ombres. Mais les principaux sont bien mis en valeur.

Louise est une adolescente très attachante. Plus ouverte sur le monde que ses camarades de classe, elle reste toutefois une jeune fille peu sûre d’elle à certains moments. Elle ose peu donner son avis, préfère voir Chems en cachette pour éviter de se faire railler par les autres. Ce qui découle d’une certaine logique. Je connais peu d’adolescents prêts à assumer tous leurs choix. Même à l’âge adulte, il est parfois difficile de faire front face à une majorité. Louise est réaliste dans ses actes, l’auteur n’en fait pas une adolescente idéale et courageuse ! Elle a ses craintes et ses préjugés. Chems est un peu un ovni dans cette vallée. Lui et sa mère savent qu’ils ne sont pas les bienvenus. Même s’ils sont la raison de beaucoup de bouleversements, on les connaît très peu. J’ai trouvé dommage de ne pas avoir plus de détails sur leur vie d’avant et la raison qui les a poussés à venir vivre ici. On survole beaucoup ce personnage, alors qu’il est important. Le père de Louise est aussi très important et bien traité. Il représente précisément le genre d’habitant qui a ses habitudes depuis des années, et qui ne veut pas en changer. Si sa vie est comme ça, elle ne doit surtout pas évoluer.

L’auteur traite des sujets importants en arrière-plan, grâce à la relation des deux adolescents. Comme les changements, qui peuvent être de bonnes ou de mauvaises choses. La modernité, qui arrive dans des endroits reculés. Les habitudes et routines qui sont bouleversées. La valorisation comme moyen de pression auprès d’une population, des fois ignorante. L’indépendance des enfants face à leurs parents. Ceux qui partent et ceux qui restent pour reprendre le flambeau. Plein de situations différentes se confrontent pour que L’attrape-rêves devienne un roman majeur. Ceux qu’on conseille sur le passage de l’enfance, adolescence à l’âge adulte. Ceux qu’on recommande pour une prise de conscience du monde qui nous entoure.


Auteur : Xavier-Laurent Petit
Editeur : Ecole des loisirs
Collection : Médium
Parution : 13 avril 2016
Pages : 270
EAN-13 : 9782211111430



vendredi 18 août 2017

Calpurnia

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l'été, elle s'interroge sur le comportement des animaux autour d'elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums.
Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d'observation tout ce qu'elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes? Et à quoi sert une bibliothèque si on n'y prête pas de livres?
On est dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1 899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se confronte aux difficultés d'être une jeune fille a l'aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté?


Mon avis 

En ce moment, je suis dans une phase de lecture étrange. J’ai envie de lire. Plein de choses variées. Toute ma PAL me fait envie. Et pourtant, une fois que je commence un bouquin, je suis immédiatement lassée. Heureusement, la lecture après celle-ci est en train de remédier à ça. Je ne m’inquiète pas, chaque été c’est la même chanson, je me sens mollassonne même dans mes lectures.

Calpurnia était une lecture estivale par excellence. Malheureusement, j’ai trouvé le style très lent et il y a un manque de dynamisme flagrant. Pourtant, l’histoire était vraiment très chouette. Pleine de tendresse et de vérité. L’autrice met en avant des us et coutumes de l’époque qui révoltent Calpurnia, 12 ans, seule fille au milieu de 6 frères. En 1899, au Texas.

Nous sommes en plein été caniculaire, et Calpurnia découvre la faune et la flore avec son grand-père bourru. Elle va aller de découverte en découverte et s’émerveiller devant cette nouvelle science. Sauf que, et c’est là toute la force de ce roman, Calpurnia est une fille, et les filles à cette époque apprennent à coudre, tricoter ou cuisiner. Et non pas à courir dans les bois à la recherche de plantes.
Ce que j’ai aimé avec ce personnage, c’est qu’elle n’hésite pas à évoquer les incohérences entre elle et ses frères. Dans sa tête, elle est une enfant, comme eux, et doit avoir le droit de faire ce qui la passionne. Comme eux. Sa mère ne l’entend bien sûr pas de cette oreille. Cette dernière est un personnage assez distant, malgré la force de caractère et d’autorité dont elle fait preuve sur la maison. Le père est totalement effacé, pour être remplacé par la figure du grand-père qui prend Calpurnia sous son aile. C’est un personnage très agréable. Sous ses apparences froides envers ses petits-enfants, il fait plutôt office de vieux sage. Vient ensuite toute la ribambelle de grands et petits frères. Celui qui se détache le plus est le plus grand, Harry. Un jeune homme au cœur tendre, qui à la fin du roman va nous faire un peu de peine. Comme sa sœur, en tant qu’aîné, Harry a des obligations envers sa famille.
Calpurnia est une jeune fille pleine de charme, d’intelligence et de vivacité. Grâce à elle, j’ai découvert plein de choses. Je me suis aussi souvenue de croire en mes rêves et de ne jamais baisser les bras. Nos journées sont parfois bien remplies, mais il reste toujours un peu de temps pour faire ce qu’on aime vraiment.

L’époque est très bien retranscrite. On découvre les premières joies du téléphone ou encore l'étonnement face à l’automobile. Malgré tous ces points positifs, j’ai trouvé que l’entrain n’y était pas. Je ne revenais pas vers ma lecture avec empressement. Et ce n’était pas ce même effet de lenteur voulu et apprécié que j’ai déjà pu retrouver dans d’autres romans. Il y avait un petit quelque chose qui clochait, qui ne collait pas. Ou alors c’était moi.
Ça reste une très chouette lecture, où l'on apprend pleins de belles choses. Un roman avec de belles valeurs et les interrogations réfléchies d’une jeune fille pleine de passions qui ne vont pas avec son sexe et son époque.


Autrice : Jacqueline Kelly 
Éditeur : Ecole des loisirs
Collection : Médium
Parution : 5 avril 2013
Pages : 420
EAN-139782211205337



samedi 4 mars 2017

Moi, Peter Pan

« – Tu pleures ?
Les montagnes sont bleues derrière ses yeux. Une couleur de pluie passée qui regarde, une fois au sol, le souvenir amer de son nuage.
– Peter, répète-t-elle, tu pleures ? »


Offrant une nouvelle vision du personnage, complémentaire et à la fois détachée de celle imaginée par James M. Barrie, Michael Roch revisite le mythe du garçon qui ne veut pas grandir.

Moi, Peter Pan est un roman contemplatif, onirique et d’une poésie saisissante à lire en empruntant le chemin vers la deuxième étoile à droite avant de filer tout droit jusqu’au matin…


Mon avis

Michael Roch, c’est Kilke de la Brigadedu livre. Mais pas que ! Vu qu’il est aussi auteur. En début d’année, Treky m’a demandé si je voulais bien lire le prochain livre de Michael, Moi, Peter Pan. Alors, premièrement, je suis contente parce que j’ai lu un livre AVANT sa sortie (oui, ça ne m’arrive tellement jamais, que ça mérite d’être souligné), et en plus, je l’ai fait en une journée (118 pages en même temps tu me diras… c’était pas trop difficile comme challenge).

Clairement, si j’ai accepté à la base, c’est pour voir les liens avec le Peter Pan de James Barrie, lu il y a beaucoup trop longtemps. Les contes et les classiques de l’imaginaire ça me parle plutôt pas mal, et je voulais voir ce que ça donnait dans cette sorte de « suite ».
Moi, Peter Pan est un livre très poétique. Niveau style et plume on y est, et c’est du haut niveau (peut-être même trop pour moi). Pour être honnête, j’ai aimé ma lecture, mais il n’aurait pas fallu qu’elle soit plus longue. 118 pages, on était bien, plus, j’aurais fait une indigestion, je pense. La quatrième de couverture indique clairement le genre : contemplatif. Oh que oui ! C’est plein de belles références et de belles métaphores, mais il y en avait trop pour moi. Quand chaque scène, chaque mouvement ou objet est décrit de vingt façons différentes, je décroche.

Le fond même du roman est plutôt intéressant. C’est un très bon complément du classique, et je conseillerais grandement aux professeurs qui décident de travailler Peter Pan avec leurs élèves de prendre ce livre en bonus, et faire un traitement de texte dessus. Il y a plein de choses à en tirer. Et j’aurais sûrement apprécié avoir un prof avec qui le lire, et avoir des explications ou des liens concernant certains passages. J’aurais certainement plus apprécié ma lecture.
Ai-je vraiment compris ce livre ? Je ne suis pas sûre. J’ai relu certains passages deux fois pour être sûre, mais même comme ça, je ne suis pas convaincue d’avoir compris le message. Pour moi, on assiste ici à la recherche de soi de Peter. Entre son ombre, quelque chose, Clochette et les pirates, Peter Pan ne sait plus qui il est, et cherche vainement son cri, son lui profond. C’est une belle image pour un garçon perdu.

À lire quand on est passionné du classique. Un roman plein de références et d’images sur la vie.


Auteur : Michael Roch
Éditeur : Le peuple de Mü
Parution : 22 février 2017
Pages : 118
EAN-13 : 979-10-92961-60-7

samedi 6 août 2016

Une île

Auteure : Tracey Garvis Graves
Éditeur : Milady
Collection : Romans poche
Parution : 19 septembre 2016
Pages : 401
EAN-13 : 9782811212674

Anna Emerson n'hésite pas un instant lorsque les Callahan lui proposent de se rendre aux Maldives pour donner des cours à leur fils T.J., en rémission d'un cancer. Mais rien ne se passe comme prévu : le jet privé à bord duquel ils ont embarqué se crashe au beau milieu de l'océan Indien. Les voici naufragés sur une île déserte où ils vont devoir apprendre à survivre. Si l'adolescent rechute, rien ne pourra le sauver. Anna se sent malgré tout étrangement attirée par son compagnon d'infortune. Alors que chacun d'eux n'a plus que l'autre pour unique horizon, leur seule chance de s'en sortir est ce lien précieux qui ne cesse de grandir entre eux.


Mon avis



Offert par ma Moody, pour mon anniversaire… l’année passée, « Une île » était parfait pour la thématique : un livre qui se déroule sur une plage ou en été. Qu’est-ce qu’on trouve sur une île ? Des plages en général. Et là, de la plage, il va y en avoir !

Premier bémol, comme ça c’est fait, on passe au positif après, l’auteure ne rend pas son histoire crédible, durant toute la première moitié. Pourquoi ? Anna et TJ vont s’échouer sur une île, après un accident d’hydravion. Ils survivent. C’est déjà pas mal. C’est la galère des premiers jours de survie, mais rapidement, la mer commence à rejeter sur leur île (notons qu’il y en a plein d’autres, autour) les valises et autres morceaux de l’appareil. Dont le radeau de survie avec récolteur d’eau, etc. La vie est tout de même bien faite ! Même sur une île déserte. Donc, même si j’étais heureuse pour les deux personnages, à me dire qu’ils allaient pouvoir survivre un moment, je n’ai pas trouvé cela crédible. Ils trouvent « facilement » à manger, ne se blessent que très peu, nagent même avec des dauphins en mode : c’est nos potes depuis toujours ! Too much !! Sincèrement, je ne voulais pas qu’ils meurent, mais je voulais qu’ils en bavent un max. C’est une île déserte. Au milieu des Maldives. Avec personne autour pour venir les chercher. C’est pas un Club Med ! Et limite on a l’impression qu’ils sont en vacances, tranquillement.

Après ce petit coup de gueule, j’avoue que j’ai aimé ma lecture. Eh oui, Anna et TJ sont attachants, donc même si les éléments plus hauts m’ont un peu agacée, j’ai aimé suivre leur quotidien de Robinson Crusoé.
Anna a 31 ans quand ils s’échouent. Et elle va devoir s’occuper d’un gamin de presque 17 ans qu’elle ne connaît pas. Elle devait juste être sa prof de vacances, sauf que voilà, plouf dans l’eau ! Au départ, elle fait très maman poule avec TJ d’ailleurs. L’adolescent se remet d’un cancer, il est donc encore fragile pour elle. J’ai aimé beaucoup de choses chez Anna. Ses réflexions sont intelligentes et elle se remet souvent en question. TJ est… TJ est parfait. D’accord, je l’avoue. Sincèrement, c’est un ange ce garçon. Jamais un mot plus haut que l’autre, toujours à vouloir rendre service, à prendre sur lui. Sérieusement, à 17 ans, sur une île déserte avec un prof, j’aurais pas fait la maligne, et certainement que j’aurais jamais arrêté de pleurer, « au-secours-venez-me-chercher » ! Mais TJ est très mature pour son âge. Sûrement que sa maladie et maintenant ce crash (pas de bol le garçon quand même !) l’auront fait grandir plus vite.

La seconde partie du roman est beaucoup plus intéressante que la première, et plus crédible aussi (enfin presque), donc ça aide à apprécier un roman. Ce sont certainement les moments que j’ai préféré lire. C’est comme se réveiller d’un rêve et voir que le monde autour continue bel et bien de tourner. Ça fait donc un sacré contraste avec le début. Même si j’ai levé les yeux au ciel plus d’une fois avec la partie île, j’ai été très touchée par la suite. Une belle lecture encore une fois. Malgré les petits points négatifs du début.
 

jeudi 8 janvier 2015

La Survivance

Auteur : Claudie Hunzinger
Editions : Grasset
Collection : Roman
Parution : 29 août 2012
Pages : 278
EAN-13 : 9782246798729

Jenny et Sils sont contraints par la dureté des temps de rendre les clefs de leur librairie et de leur domicile. Ils vont chercher refuge dans une maison perdue, en ruines, perchée dans la montagne. Avec leurs cartons de livres, une ânesse et une chienne, il leur faut s'acclimater à cette nouvelle existence : survivre aux intempéries, tels des Robinson Crusoé du XXIe siècle, exclus de la société matérialiste. Dans cet âpre combat, la redécouverte des corps, l'apprentissage de l'isolement et la puissance de la littérature leur feront-ils découvrir une nouvelle manière d'être au monde ?


Mon avis



Ce début d’année 2015, une nouvelle bonne résolution littéraire à vu le jour sur le blog : je veux me remettre à lire plus de contemporain, de littérature dite plus « adulte ». Alors quoi de mieux que ce livre acheté lors de la rentrée littéraire 2012, qui prenait la poussière sur mes étagères ?

La Survivance une histoire belle et triste à la fois. Un couple de libraire met la clé sous la porte et décide de se réfugier, tel des ermites, dans une petite maisonnette de montagne ; la Survivance. Accompagné de leur chienne, une ânesse et leurs cartons de livres, les deux personnages vont devoir vivre, et survivre. Le printemps est clément, mais froid, et la maison comporte quelques failles. Pourtant la simplicité de n’appartenir à personne est la plus belle récompense après tant d’année au sein de la société, qui continue d’évoluer, mais pas eux.

Ce livre délivre un beau message de liberté et de choix. Se retrouver seul maître, mais devoir courber l’échine sous la splendeur de la nature, se sentir habité par elle et vouloir lui appartenir. Jenny est une femme d’une soixantaine d’années, amoureuse des histoires. Elle prend vite gout à cette nouvelle vie, s’associe à la nature du mieux qu’elle peut, et la respecte. Son admiration pour les grands cerfs qui s’approchent par moment de la maisonnette l’intriguent et l’impressionnent. Son compagnon, Sils, est plus casanier, défaitiste et nostalgique à certain moment. Il peuple ses journées de trouvailles de minéraux, qui une fois broyé se transformeront en pigment, puis en peinture. Leur vie est simple, mais complète.

L’auteur rythme ses pages de multiples références littéraires, de quoi donner envie de découvrir, ou redécouvrir certains auteurs. Sils et Jenny sont de grands relecteurs. Nous sommes souvent à chercher la nouveauté, vouloir dévorer des livres encore inconnus. Nos deux protagonistes profites de relire, ce qu’on ne fait que trop rarement. Je le vois avec mon métier, il faut être à la page, avoir lu avant le client si possible et proposer toujours plus de nouveautés. Mais quand prendrons-nous vraiment le temps de revenir vers nos premiers auteurs, nos premiers romans ? Un séjour à la Survivance m’aurait beaucoup plu je pense. Un week end en immersion. Aucun réseau, la paix.

Une belle plume qui accompagne une belle histoire. La Survivance est une lecture très calme, qui ressource après une période de Noël rempli et stressante.
 
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jeudi 24 juillet 2014

Beignets de tomates vertes



Auteur : Fannie Flagg
Editeur : J'ai Lu
Collection : Roman
Parution : nouv. ed. 24 juillet 2009
Pages : 474
EAN-13 : 9782290020579


«Un sacré numéro, Idgie ! La première fois qu'elle a vu Ruth, elle a piqué un fard et elle a filé à l'étage pour se laver et se mettre de la gomina. Par la suite, elles ont ouvert le café et ne se sont plus jamais quittées. Ah ! les beignets de tomates vertes du Whistle Stop Café... J'en salive encore !»

Au sud de l'Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d'une voie ferrée... Ninny, quatre-vingt-six ans, se souvient et raconte à Evelyn les histoires incroyables de Whistle Stop. Et Evelyn, qui vit très mal l'approche de la cinquantaine et sa condition de femme rangée, découvre un autre monde. Grâce à l'adorable vieille dame, elle peut enfin se révéler, s'affirmer...

Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d'humour. Un baume au coeur, chaud et sucré.


Mon avis


Depuis le temps qu’une amie me le conseil, je me lance enfin dans Beignets de tomates vertes, film culte qui avant tout est un livre qui fait presque partie des classiques. Le titre me faisait penser à l’été, du coup c’est en plein mois de juillet que j’ai décidé de m’y mettre.

Les débuts ont été un peu difficiles, j’ai eu besoin des 150 premières pages avant de m’y retrouver parmi tous ces personnages, et les différentes époques. En effet l’auteur place son histoire dans une histoire, et par moment l’histoire, sort de l’histoire. Oui c’est pas évident. Je sais. Mais une fois le cap passé, on aime se replonger avec plaisir dans les souvenirs et péripéties de la ville de Whistle Stop. Personnellement je n’ai pas vu les pages passé. Et les seules fois ou je regardais ou j’en été c’était pour en parler avec mon amie qui me l’avait conseillé.
Le style est fluide est agréable, ça se lit vraiment tout seul, et rien ne nous paraît lent, ou ennuyeux. Chaque instant est passionnant. Bravo à l’auteur.

Dans les années 1985 nous découvrons Evelyn, mère de famille de bientôt 50 ans qui vit très mal le fait de prendre du poids et de l’âge. En rendant visite à sa belle-mère à l’hospice, elle va faire la rencontre de Ninny, une vieille femme de plus de 80 ans qui va commencer à lui raconter la vie de Whistle Stop dans sa jeunesse, les gens qu’elle y a connu et leurs histoires. De cette époque on rencontre Idgie jeune femme à forte personnalité, qui n’a pas sa langue dans sa poche, et n’hésite pas à défier des membres du Ku Klux Klan eux-mêmes. Ruth, femme douce et gentille, mais qui sous cet aspect très gentille, cache quelqu’un de très fort et patient. Buddy, Cleo, Big George et bien d’autres encore font également parti du décor et apportent beaucoup à l’histoire.
Comme je vous disais, bien que l’histoire semble simple et banal, on découvre une multitude de choses qui nous donnent envie de continuer encore et encore.

Evelyn est un personnage qui évolue beaucoup durant le roman, et les histoires que Ninny lui raconte vont l’aider. Femme renfermée et soumise, elle se découvre une âme de féministe sur le tard. Ses sautes d’humeurs m’ont fait rire plus d’une fois, mais entre ça et les pertes de notions du temps de Ninny, je me suis souvent sentie mal à l’aise face à ces femmes qui perdaient leurs moyens.
Les dernières pages sont de véritables bouffées d’espoir ! J’ai trouvé la fin parfaite, et n’aurait pu rêver mieux pour ce roman. On n’a pas cette sensation de fin qui coupe court à l’histoire, et qui nous laisse un peu sur notre fin. C’est comme une mélodie qui s’éteint petit à petit, aucune cassure nette. Doux et fragile.

C’est un sentiment assez étrange que j’ai face à ce livre, car j’ai adoré, mais en même temps il me manquait quelque chose. Les chapitres se passent toujours dans des années différentes, et j’ai parfois eu de la peine à me situer dans le temps, c’est certainement ce qui m’a le plus déplut. Il y a trop de sauts en avant et en arrière. Il n’y a pas beaucoup de chronologie, et c’est vrai que ça m’a perdu plus d’une fois, j’ai même retrouvé des erreurs parmi les dates des chapitres ou un événement est censé être séparé de quelques jours d’un autre, mais en fait les chapitres sont datés avec deux années de différences.

A part ça c’est vraiment le seul bémol que je donnerais à ce livre, car pour le reste il est divin. On le déguste, et on a même droit à des recettes à la fin, et j’ai trouvé ça vraiment original. On salive tout le long de notre lecture, à avoir des descriptions de repas, de dessert, etc. et au moins l’auteur nous fait le plaisir de nous donner la possibilité de reproduire les recettes du Whistle Stop Café à la maison. Comment retrouver un peu de l’ambiance de ce bouquin, dans sa cuisine. 

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