lundi 6 mars 2017

4 conseils pour s'organiser

Exemple d'une de mes semaines dans mon BuJo. Octobre 2016

Vous êtes nombreux à m’écrire pour connaître ma manière de m’organiser. Comment je trouve le temps pour faire tant de choses ? Comme je le disais déjà dans mon article sur les routines, tout est une question d’organisation. Il suffit de trouver un temps pour chaque chose, que ce soit de l’ordre du travail, du ménage, du plaisir ou de la famille. Si vous accordez du temps pour chacune de ces choses, et que vous étalez ça sur une semaine, vous verrez que du temps, vous en avez.

L’organisation, c’est un peu mon dada, chacun son truc. Si je peux vous apporter quelques pistes, tant mieux. Sinon, tant pis. Qu’importe le système d’organisation que vous utilisez (agenda ou bullet journal, listes ou cahiers), du moment qu’il vous convient. De mon côté, je suis une adepte du bullet journal, mais je ne suis pas là pour vous en parler en détails. Car des débats pour ou contre ou des tutoriels, le net en regorge. Et je vous invite à vous renseigner un peu sur le principe si vous êtes curieux. Peut-être que cela vous conviendra, ou pas du tout. La seule chose dont je suis sûre, c’est que si vous vous dites déjà que le bullet journal est une perte de temps, car trop compliqué, et qu’il faut savoir bien écrire et bien dessiner… vous n’avez pas compris le concept de cet outil. Oui, c’est sûr que sur le net on trouvera d’abord les cahiers les mieux illustrés, mais à la base votre talent artistique n’entre pas dans l’équation. Mon écriture de médecin et moi pouvons vous l’assurer.
Le tout est de savoir comment vous vous organisez le mieux. Du moment que vous avez choisi le bon moyen pour vous, vous avez déjà fait un pas en avant.

P.S. Ne regardez pas si ce que vous utilisez est à la mode, ou écrit dans la même typo que votre voisin de palier. On s’en fout. Le but c’est de s’organiser !

Chouchouter votre environnement

Souvent, les gens perdent la motivation de s’organiser parce qu’ils ne le font pas de la bonne manière. C’est sûr, on préfère se caler dans son canapé et regarder une série ou bouquiner plutôt que d’écrire ce qu’on doit faire dans la journée. Si en plus nos tables (de salon, de salle à manger ou le bureau) sont encombrées par de la paperasse qui traîne, ça n’encourage pas vraiment. Et si vous commenciez par vous arranger un coin confortable pour créer cette organisation ? Un bureau bien rangé, des beaux stylos et une bonne musique pourraient certainement vous motiver un peu. Apportez une touche de couleur, grâce à des fleurs ou une photo qui vous tient à cœur. C’est votre endroit, il doit vous ressembler, et vous devez aimer venir y écrire.


5 minutes

C’est le temps qu’il vous faut par jour pour vous organiser. Que ce soit le matin ou le soir, prenez ces 5 petites minutes très au sérieux. Si vous en avez besoin, au début, n’hésitez pas à les noter dans votre planification de la journée : 5 minutes pour agencer ma journée.

Étalez vos tâches

Ne planifiez pas vos besognes sur un jour, étalez-les sur la semaine. Sept jours permettent de mieux s’organiser, et vous aurez justement plus de temps. Observez votre semaine, et ajoutez dans chaque journée autant de tâches contraignantes que de moments de détente. Si vous vous attelez à tous vos travaux le lundi, sans vous accorder d’instants de repos, le reste de la semaine sera certes plus calme, mais ce lundi vous aura lessivé, et vous n’attendrez qu’une chose : le week-end ! Je préfère largement en faire un peu tous les jours, et être sur un même taux d’activité toute la semaine. Mais c’est sûr, qu’éliminer le pire avant c’est encore mieux. Donc les choses que je ne me réjouis vraiment pas de faire, je les garde pour le lundi et le mardi, et plus la semaine avance, moins les besognes sont contraignantes. Ça marche aussi bien pour les tâches professionnelles, que ménagères ou administratives. Mettez tout dans le même panier, et faites-en un peu chaque jour.

Le code couleur

Ce système est très personnel, et je sais que beaucoup n’en voient pas l’utilité. J’aime beaucoup travailler mon bullet journal avec un code couleur. Car justement, sur la semaine, je vais pouvoir voir en un coup d’œil si les choses à faire sont bien réparties. Orange pour le professionnel. Bleu pour le personnel et la maison. Rose pour le blog et la chaîne. Le mieux, c’est quand chaque couleur est représentée dans une journée, et quand le week-end est uniquement bleu.

N’ayez plus peur de vous organiser, ou d’ouvrir votre agenda.
Une fois que la technique est trouvée, tenez-vous-y, et vous trouverez toujours du temps pour vous.
Certainement la plage horaire la plus importante de vos semaines.

samedi 4 mars 2017

Moi, Peter Pan

« – Tu pleures ?
Les montagnes sont bleues derrière ses yeux. Une couleur de pluie passée qui regarde, une fois au sol, le souvenir amer de son nuage.
– Peter, répète-t-elle, tu pleures ? »


Offrant une nouvelle vision du personnage, complémentaire et à la fois détachée de celle imaginée par James M. Barrie, Michael Roch revisite le mythe du garçon qui ne veut pas grandir.

Moi, Peter Pan est un roman contemplatif, onirique et d’une poésie saisissante à lire en empruntant le chemin vers la deuxième étoile à droite avant de filer tout droit jusqu’au matin…


Mon avis

Michael Roch, c’est Kilke de la Brigadedu livre. Mais pas que ! Vu qu’il est aussi auteur. En début d’année, Treky m’a demandé si je voulais bien lire le prochain livre de Michael, Moi, Peter Pan. Alors, premièrement, je suis contente parce que j’ai lu un livre AVANT sa sortie (oui, ça ne m’arrive tellement jamais, que ça mérite d’être souligné), et en plus, je l’ai fait en une journée (118 pages en même temps tu me diras… c’était pas trop difficile comme challenge).

Clairement, si j’ai accepté à la base, c’est pour voir les liens avec le Peter Pan de James Barrie, lu il y a beaucoup trop longtemps. Les contes et les classiques de l’imaginaire ça me parle plutôt pas mal, et je voulais voir ce que ça donnait dans cette sorte de « suite ».
Moi, Peter Pan est un livre très poétique. Niveau style et plume on y est, et c’est du haut niveau (peut-être même trop pour moi). Pour être honnête, j’ai aimé ma lecture, mais il n’aurait pas fallu qu’elle soit plus longue. 118 pages, on était bien, plus, j’aurais fait une indigestion, je pense. La quatrième de couverture indique clairement le genre : contemplatif. Oh que oui ! C’est plein de belles références et de belles métaphores, mais il y en avait trop pour moi. Quand chaque scène, chaque mouvement ou objet est décrit de vingt façons différentes, je décroche.

Le fond même du roman est plutôt intéressant. C’est un très bon complément du classique, et je conseillerais grandement aux professeurs qui décident de travailler Peter Pan avec leurs élèves de prendre ce livre en bonus, et faire un traitement de texte dessus. Il y a plein de choses à en tirer. Et j’aurais sûrement apprécié avoir un prof avec qui le lire, et avoir des explications ou des liens concernant certains passages. J’aurais certainement plus apprécié ma lecture.
Ai-je vraiment compris ce livre ? Je ne suis pas sûre. J’ai relu certains passages deux fois pour être sûre, mais même comme ça, je ne suis pas convaincue d’avoir compris le message. Pour moi, on assiste ici à la recherche de soi de Peter. Entre son ombre, quelque chose, Clochette et les pirates, Peter Pan ne sait plus qui il est, et cherche vainement son cri, son lui profond. C’est une belle image pour un garçon perdu.

À lire quand on est passionné du classique. Un roman plein de références et d’images sur la vie.


Auteur : Michael Roch
Éditeur : Le peuple de Mü
Parution : 22 février 2017
Pages : 118
EAN-13 : 979-10-92961-60-7

jeudi 2 mars 2017

Beastly

Je suis un monstre. Pourtant, autrefois, j'étais le type parfait : grand, beau, riche et... atrocement méchant. Je n'aimais que moi et c'est pour cela qu'un sort m'a été jeté. Je suis devenu une bête difforme, velue, monstrueuse. Il me reste deux ans pour être aimé d'une jeune fille, sinon...

Ceci n'est pas un conte de fées. Mon histoire prend place aujourd'hui, en plein coeur de New York. J'espère que quelqu'un va venir à mon secours.


Mon avis

Il me semble que Nine m’avait offert ce livre pour notre swap. Et donc, si vous ne vous souvenez pas de ce swap, c’est parce qu’il date de plus de deux ans maintenant. Ce livre est bien trop ancien dans ma PAL ! Il était temps que je l’en sorte. Pour être honnête, en ce moment, le Young Adult ne me convient plus, ou du moins peu d’ouvrages arrivent à me séduire. J’ai commencé Beastly avec beaucoup de préjugés, et avec une très grande attente vu qu’il est une réécriture de mon conte préféré : La belle et la bête.

Je ne sais pas comment est la traduction de ce livre (Sortilège aux éditions Hachette, Black Moon), mais si vous avez envie de le lire en anglais, sachez qu’il est très accessible. Le vocabulaire est facile et la base de cette réécriture est connue de beaucoup, vous n’aurez donc aucune peine à suivre l’histoire. Peut-être qu’en français je l’aurais moins apprécié, car ne devant pas me concentrer sur la langue, j’aurais cherché les petits défauts avec plus d’acharnement.
Mais j’ai été très bon public pour cette version contemporaine de mon conte préféré. La manière dont l’autrice s’est approprié l’histoire m’a plu. Elle a su mélanger des éléments du classique et du dessin animé de Disney. Je ne cherchais pas à ce que ce soit vraiment crédible, j’avais juste envie de passer un bon moment autour de cette malédiction.

Kyle jouera le rôle du prince transformé en bête. Très porté sur le physique, il n’hésite pas à dénigrer tout le monde dans son école et sort avec la plus jolie fille. Quand il rencontre Kendra pour la première fois, il ne pense qu’à une chose : l’humilier, car elle n’est pas à son goût. Il aurait sûrement dû y réfléchir à deux fois avant de s’en prendre à elle. Kendra n’est autre qu’une sorcière, et pour donner une leçon au prince de New York, elle le change en bête. Kyle a deux ans pour aimer et se faire aimer en retour par quelqu’un, il retrouvera ainsi son apparence, sinon… il restera transformé en bête pour toujours.
Les personnages ne nous offrent pas beaucoup de surprises, tout simplement parce qu’ils reprennent le schéma de l’histoire que l’on connaît tous. Mais l’autrice a réussi à leur apporter cet air contemporain que je recherchais. Kyle est détestable, mais saura nous charmer par la suite. Sa manière de reconsidérer les autres et de s’intéresser à ce qu’ils sont au fond d’eux, et non à leur apparence, est touchante. Plus crédible également, car l’histoire se déroule sur deux ans, Kyle a du temps pour s’adapter à sa nouvelle vie, et reconnaître que la solution à sa malédiction n’est pas simple. Il y a bien sûr des petits couacs à mon goût. Comme dans le conte, la bête est un prince, ici Kyle est le fils d’un riche présentateur télé, l’argent coule à flots, et lui sera bien utile pour réaliser rapidement certains travaux nécessaires. Notamment l’aménagement de la chambre de Lindy, notre belle. Ce n’est pas un faux pas, car on se rapproche du conte. Mais pour une version contemporaine, j’aurais trouvé original que le prince ne soit pas si riche, et ne possède pas une carte de crédit illimitée. Son évolution m’a attendrie.
Lindy incarne bien la belle. Elle a un peu trop le sens du sacrifice selon moi. Sur ordre de son père, elle va se retrouver chez la bête sans avoir son mot à dire. Vu l’état du paternel, je n’aurais probablement pas été aussi gentille. Lindy est classique. Studieuse et ouverte d’esprit. Même si au départ, son amitié avec la bête n’est pas gagnée. Mais elle manque un peu de caractère. L’autrice aurait pu la rendre un peu plus déterminée et indépendante.

Mais à part ça, j’ai apprécié ma lecture. Il y a eu de très belles scènes, très romantiques quand on aime le genre. Et je pense que mes préjugés de base étaient infondés. Ou alors, je garde un étrange souvenir du film, qui ne ressemble finalement pas vraiment à ce que j’ai lu (il faudrait que je le revoie pour être sûre).
Mention spéciale pour la maison d’hiver et la bataille de boules de neige. Kyle, tu m’emmènes là-bas quand tu veux !


Autrice : Alex Flinn
Éditeur : Harper Collins
Collection : Harper Teen
Parution : 2 octobre 2007
Pages : 304
EAN-13 : 9780060874162

mardi 28 février 2017

Kaleb, tome 3 : Fusion

Puissant et dévorant, le don d'empathie de Kaleb n'a cessé d'évoluer, le conduisant par-delà le Bien et le Mal... Avant d'incarner l'Élu redouté de tous et de livrer une ultime bataille à ses ennemis pour sauver celle qu'il aime, le jeune homme doit accomplir une dernière mission : partir à la rencontre de ses ancêtres en se plongeant dans Le Livre du Volcan...

Organique, prophétique et vivant, l'ouvrage porte en lui l'empreinte des premiers enfants du volcan Eyjafjöll. Son encre a coulé avec leur sang, et ses pages palpitent de leur fureur et de leurs passions. Car ce livre millénaire se nourrit des personnages qu'il rencontre, qu'il nous raconte...


Mon avis

Peut contenir des spoilers concernant les tomes précédents, Kaleb et Kaleb Abigail

J’ai terminé une trilogie !!! Ça mérite que je le souligne, car je suis très forte pour commencer, mais pas pour finir les séries littéraires. Le troisième tome de Kaleb m’a été offert par Anaïs pour mon anniversaire, et je la remercie.

Pour être honnête, j’ai lu les deux premiers tomes de Kaleb il y a bien longtemps. Vous pensez bien que mes souvenirs sont un peu flous. Après relecture de mon avis du tome deux lu il y a bientôt 3 ans, je pense que Kaleb fait partie de ces séries que j’ai aimé découvrir à un certain âge, ou certain moment de ma vie de lectrice, mais que j’aurais dû terminer à ce moment-là également. Avoir trop attendu a malheureusement fait baisser ma note concernant cette fin. Alors que les deux premiers tomes étaient rythmés comme j’aime, ce troisième opus est construit de manière bien étrange pour une fin. J’ai attendu tout du long que le roman commence réellement 

L’autrice décide d’intégrer énormément de passages du fameux livre du volcan, écrit il y a des années et transmis de scribe en scribe. Ce qui est une merveilleuse idée de base -  j’adore quand les auteurs reviennent dans le passé dans leurs histoires pour nous en apprendre plus sur le présent des personnages. Le problème qu’il y a eu dans ce dernier tome, c’est que les passages du livre du volcan prennent beaucoup trop de place comparé à l’histoire de Kaleb. La fin est du coup précipitée, car on se concentre beaucoup plus sur le livre. J’aurais presque préféré avoir un livre à part, une sorte de hors-série, uniquement constitué des passages du livre du volcan. On aurait eu les informations concernant ces enfants dans ce hors-série, et la suite et fin de Kaleb dans le troisième tome. L’autrice aurait pu beaucoup mieux répartir ses personnages et terminer correctement sa trilogie.

J’ai donc préféré suivre les ancêtres de Kaleb. Car leur histoire de volcan est très intéressante. Toutes ces générations d’enfants maudits, c’était passionnant à suivre. Les enfants nés sous les cendres du volcan sont différents, et voir les autres membres du clan en avoir peur, puis les exclure ou les asservir rappelle étrangement une actualité bien réelle. Ils sont différents, ils font peur, il faut donc nous en préserver, avant même de discuter ou connaître l’autre. Cruelle réalité. Les premiers enfants du volcan sont tous différents, et à travers eux, nous allons enfin comprendre l’histoire de Kaleb. Malheureusement comme je le disais, ils sont intéressants, mais Kaleb l’est beaucoup moins. Sa fin est rapide, beaucoup trop. Il décide d’aller sauver Abigail et se venger quitte à tuer tout le monde sur son passage. Son aspect vilain garçon m’avait séduite au départ, car il était l’anti-héros par excellence. Ici, il n’est plus rien. Je l’ai trouvé très fade et grincheux. Autant quand il choisissait de faire le bien ou le mal, il le faisait de façon consciente. Dans cette fin, il m’a simplement donné la sensation de le faire de manière mécanique, comme une marionnette.

Le fin mot de l’histoire m’aura énormément déçue ! L’autrice aurait pu faire quelque chose d’innovant, comme peu d’auteurs osent le faire. Et malheureusement, elle termine sur une note irréaliste, et tellement too much que j’en ai ri. Je n’en revenais pas de cette fin. Et je ne m’en remets toujours pas je crois.


Autrice : Myra Eljundir
Éditeur : Robert Laffont 
Collection : R
Parution : 14 novembre 2013
Pages : 439
EAN-13 : 9782221126844


jeudi 23 février 2017

Les enfants de Peakwood

Quels sont ces étranges maux qui affligent les habitants de Peakwood, petite ville du Montana, USA ? D'où viennent les blessures qui apparaissent sur le corps de certains de ses habitants ? Pourquoi d'autres commencent-ils à agir étrangement ?
Seuls Chayton, le médecin de la ville, et son père, vieux chaman au savoir ancestral, savent reconnaître les signes. Le bouleversement qui approche. Quelque chose en lien avec un accident qui n'aurait jamais dû avoir lieu, dix ans plus tôt. Un secret dont ils ont juré de ne jamais reparler...

Mon avis

Livre bonus, cette lecture aura été la meilleure de mon challenge Cold Winter. Elle m’aura permis de clôturer le Cold Winter, et le week-end à 1000. Sans trop savoir dans quoi j’allais entrer (je lis souvent les résumés à la réception, mais pas avant la lecture, et des fois plusieurs mois s’écoulent entre les deux), j’ai immédiatement accroché à l’ambiance de la petite ville de Peakwood. Tellement accroché, que je l’ai dévoré en un dimanche !

Rod Marty découpe son histoire en cinq gros chapitres. Certains pourraient en être déroutés, et moi aussi, de base, mais j’étais tellement happée par l’histoire que je n’ai pas eu le temps d’être gênée. Comme tout bon auteur, il nous donne un prologue haletant, qui commence sur les chapeaux de roues, pour réellement commencer son histoire une dizaine d’années après cet événement. D’entrée, on est plongés dans un rythme dynamique, cet accident s’étant produit, comment peut-on nous couper dix ans, comme si de rien n’était ? Que s’est-il passé ? Et c’est là que la véritable histoire de Rod Marty commence. J’ai apprécié sa plume, et son intrigue. Il introduit les bons personnages, pour que les bons événements se produisent, et c’est important, car son intrigue n’aurait pas fonctionné sinon.

Chayton a été touché de plein fouet par l’accident de Peakwood. Dix ans après l’incident, il est le dernier médecin en ville, et vit directement dans la clinique. Son destin va être à nouveau chamboulé quand plusieurs habitants de la ville voient apparaître d’étranges hématomes sur leur corps. Ils pensaient le pire derrière eux, pourtant il est à venir.
Je ne vais pas rentrer dans les détails concernant les personnages, ils sont très importants, mais vous en parler vous révélerait trop de choses sur l’histoire. Mes préférés étant bien sûr Tom et Nora. À mon avis, il faut commencer par avoir l’esprit ouvert, car c’est un roman très mystique, qui mêle beaucoup de croyances. Pour moi, tout repose sur l’atmosphère, car une grosse partie de l’intrigue est prévisible dès le début. Mais j’ai été aveuglée concernant le fin mot de l’histoire, je ne l’avais pas vu venir. Je suis ravie d’avoir été surprise.

Je vous parlais de l’ambiance, elle est pour moi le gros plus de ce roman. J’ai marché dès les premières lignes, et je pense que c’est ce qui a fait que j’ai aimé ma lecture. Ça a fonctionné sur moi. Durant toute ma lecture, j’ai senti ce petit frisson me parcourir le corps. Celui qui vous fait tourner les pages de plus en plus vite et fait fonctionner vos méninges à mille à l’heure. Vous commencez à établir cent théories différentes sur le pourquoi du comment. Et même si j’ai compris beaucoup de choses, et que c’était amené de manière à ce qu’on le comprenne à ce moment-là, les frissons ne sont pas partis pour autant. Ce roman est photographique, je voyais toutes les images défiler devant moi en le lisant. Pour d’autres, ce sont plutôt des flashs, des sensations, ici tout était très précis. Ce qui a rajouté des frissons à ma lecture, car je m’y croyais. Et j’avais peur. C’est peut-être stupide, mais une partie de l’histoire m’a fait penser au premier tome de Peggy Sur et les fantômes. Et ce livre m’avait fait trembler quand j’étais plus jeune, car il aborde une thématique qui me fait vraiment froid dans le dos… mais je suis sadique, donc je n’en dirai pas plus. Sachez juste que les gens que vous aimez peuvent soudainement changer de visage du tout au tout.

Une très belle réussite ! Vivement le prochain roman de Rod Marty, qui ne va pas tarder à sortir d’ailleurs.


Auteur : Rod Marty
Éditeur : Scrineo
Collection : -
Parution : 8 octobre 2015
Pages : 382
EAN-13 : 9782367403625

mardi 21 février 2017

Indian Creek

Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j'avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer. — Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m'expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t'en constituer toute une réserve avant que la neige n'immobilise ton camion. Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai : — Heu... C'est quoi, une corde de bois ? Ainsi débute le long hiver que Pete Fromm s'apprête à vivre seul au cœur des montagnes Rocheuses, et dont il nous livre ici un témoignage drôle et sincère, véritable hymne aux grands espaces sauvages. Indian Creek est un captivant récit d'aventures et d'apprentissage, un Walden des temps modernes. Ce classique contemporain a établi Pete Fromm comme une des grandes voix de l'Ouest.


Mon avis

Bonus de mon Cold Winter challenge, Indian Creek de Pete Fromm a passé de longs mois dans ma Wishlist, pour enfin atterrir dans ma PAL un jour où j’avais besoin d’acheter quelque chose (ces fameux jours où juste la sensation d’acheter un livre nous réconforte, sûrement un jour sans). Des montagnes, la solitude et de la neige. La recette parfaite.

Pete a besoin de vivre quelque chose. Étudiant en biologie animale à l’université, il se plonge avec délice dans les récits de trappeurs, et est fasciné par les histoires de ces hommes. Ces figures qui aujourd’hui ont quelque chose à raconter. Mais lui, que pourra-t-il bien raconter s’il reste ici, à ne rien faire d’autre qu’étudier et vivre sa vie ?
Sur un coup de tête, il part garder des œufs de poissons à Indian Creek. Plus de 2 millions d’œufs à préserver dans un bassin au fin fond des Rocheuses. Une tente. Sa chienne Boone. Les montagnes. Et lui.

L’auteur passe par beaucoup d’émotions, et nous les livre avec justesse. Son manque d’expérience pour cette mission aurait pu lui être fatal à de nombreuses reprises, mais il décide d’en faire sa force. De ne jamais se laisser abattre, de dépasser les auteurs/trappeurs des livres qu’il a pu lire. Bien sûr, la beauté du texte réside beaucoup dans les contemplations de la nature, de la liberté et des limites que Pete va franchir. Mais il y a une sensation qui dépasse tout cela, une sorte de questionnement que j’ai trouvé tellement touchant.
Durant ces nombreux mois d’hiver, Pete rêve de passer quelques jours loin de sa solitude, loin de la neige et du froid. De prendre une vraie douche, de manger un vrai repas, de passer du temps avec ses amis. À chaque fois, son plan pour échapper quelques jours à sa solitude s’effondre. Et quand il y arrive enfin ! quand il descend de sa montagne pour la première fois depuis des semaines, il se décrit perdu. Voire même agressé par tout ce qui l’entoure. Les gens, les bruits, la facilité de vie, tout est encombrant et dénué de sens. J’ai ressenti sa détresse à ce moment-là. On se focalise quotidiennement sur des petits riens qu’on transforme rapidement en montagnes de problèmes. Alors qu’ils n’en sont pas. Il suffirait de les prendre pour ce qu’ils sont vraiment : des petits problèmes, et les traiter avant qu’ils ne deviennent énormes.
Pete Fromm vit ces quelques mois loin de tout avec tous ses sens en éveils, chaque tâche est importante, malgré sa simplicité. J’ai vraiment été bouleversée par son retour, quand il « recommence » à vivre comme avant. Lui qui cherchait quelque chose à raconter, ce qu’il a vécu restera à jamais une expérience unique, et il aura beau la raconter mille fois, elle n’aura jamais la même saveur qu’au moment où il l’a vécue.

À côté de ça, Pete m’aura beaucoup fait rire. Son manque de préparation nous vaudra quelques fous-rires. Que ce soit son arrivée avec les gardes, qui ne le pensent pas capable de survivre seul à cet endroit. La scène du couteau suisse, qui aurait pu finir au drame. Ses réflexions sur sa vie de solitaire. Une histoire qui nous fait autant rire que pleurer. Merci Pete Fromm, de m’avoir fait voyager à travers tes mots, vers Indian Creek, alors que j’étais tranquillement emmitouflée dans mon plaid à siroter une tasse de thé.  


Auteur : Pete Fromme
Éditeur : Gallmeister
Collection : Totem
Parution : 30 avril 2010
Pages : 237
EAN-13 : 9782351785027
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