vendredi 17 mars 2017

Le goût du bonheur, tome 2 : Adéläide

Les étés immuables sur l'île québécoise d'Orléans sont à jamais perdus. La guerre et les réquisitions ont dispersé la plupart des hommes. Et le destin s'acharne sur Adélaïde, désormais épouse du brillant Nicholas McNally sans cesse menacé par la démence de sa propre soeur. Adélaïde, elle, reste droite malgré tous les déchirements qui l'assaillent. Si la jeune femme conserve le goût du bonheur en pleine tragédie, c'est à Florent qu'elle le doit, cet ami de toujours dont la tendresse défie les années. Pour combien de temps encore ?


Mon avis

Peut contenir des spoilers concernant le tome précédent Le goût du bonheur, tome 1 : Gabrielle.

Si j’ai lu le premier tome au ralenti, j’ai dévoré la suite de la trilogie de Marie Laberge : Le goût du bonheur. Ces romans auront ma peau. J’ai terminé Adélaïde un dimanche soir, et j’étais en larmes. Cette fin est insupportable. Déchirante. Pire que celle du premier tome !

Comment revenir sur ce second volume ? Premièrement, il ne possède pas ce fameux bémol que je souligne régulièrement, ce n’est pas un tome passerelle. Il possède sa propre intrigue, ses moments de doute et de joie. Marie Laberge m’impressionne toujours avec sa plume, mais également avec ses personnages certes nombreux, mais tous attachants. Souvent, je galère quand il y a trop de personnages, mais ici, impossible de se tromper ou de confondre. Chacun possède son rôle, et on s’attache à tout le monde. L’autrice fait évoluer son histoire sans heurt, alors que la fin du premier tome était difficile, autant pour les personnages que pour les lecteurs.

Au début, Adélaïde est en proie à de nombreux doutes. Elle doit affronter la colère de son père. Faire le deuil de sa mère, et se consoler du départ de son amant. L’enfant qu’elle porte alors aurait pu la détruire socialement à jamais. C’était sans compter sur le dévouement de Nic, qui la prend sous son aile. Quand on y repense, Adélaïde a beaucoup de chance. Et pourtant, elle va traverser de nombreuses épreuves. Je pourrais parler de cette femme pendant des heures. Elle est tout ce que j’admire. Adélaïde croit en ses idées et se bat pour qu’on l’écoute et qu’on la respecte. Dans une société qui prône le savoir-vivre, elle est je trouve la plus tolérante et ouverte d’esprit. Malheureusement, elle est la victime de beaucoup de préjugés, alors qu’elle est la première à défendre les droits de femmes et à refuser certaines coutumes religieuses qui condamnent les pêcheurs sans raison valable. C’est naturellement qu’Adélaïde fait face à tout ça, enceinte, et ensuite mère avec un mari parti à la guerre.

Plusieurs choses m’ont marqué dans ce roman. J’en parle plus haut, mais notamment le décalage entre la vraie vie et la politique ecclésiastique. On sent que l’église n’est plus à sa place, et n’évolue pas assez comparé au monde. En Europe, la guerre fait rage, et les personnages de Laberge s’insurgent contre cet acharnement qu’a Hitler sur les juifs. Que ce soient les personnages croyants et non croyants, chacun possède sa part de vérité, chacun va expliquer à l’autre son ressenti. C’est une ouverture d’esprit assez grande pour cette époque de trouble.
La seconde chose qui m’a marqué, et qui marque Florent dans le roman également, c’est la proximité entre les riches et les pauvres. D’une rue à l’autre, on dégringole d’une classe sociale à une autre. Les riches sont très riches, tandis que les pauvres ne peuvent pas se chauffer l’hiver. Et le personnage de Florent est le plus légitime pour ressentir cette différence. Il est conscient de sa chance, mais refuse beaucoup du luxe qu’on lui offre. Tout ça le dérange. Et va nous déranger, nous lecteurs, également.
Et bien sûr, comment parler de ces romans sans parler des femmes ? Gabrielle avait allumé la mèche dans le premier tome, sa fille reprend parfaitement le flambeau et transforme une petite flambée en feu de joie ! Son tempérament est une véritable révolte pour de nombreux personnages masculins. Qui se sentent dépassés par cette femme sûre d’elle et pleine d’idées pour l’entreprise qu’elle gère à la place de son mari. Nic peut d’ailleurs recevoir une médaille pour son comportement envers sa femme, pour l’époque à laquelle ils vivent. Ces couples (j’avais déjà souligné l’avancée de celui de Gabrielle et Edward dans le premier) sont avant-gardistes. Ils veulent prouver que l’homme et la femme sont sur un pied d’égalité. Et ça fait du bien.

Comme pour Gabrielle, Marie Laberge ajoute beaucoup de cachet à son histoire en passant avec aisance d’un personnage à un autre. On navigue de page en page sans jamais se lasser. Ça coule de source. Tout est calme et plat, on prend plaisir à suivre ces personnages attachants, quand soudainement une énorme vague vient tout ravager, et bien sûr, c’est toujours sur les dernières pages que cette vague arrive. Nous laissant dans un état à la limite de l’inconscience. Elle m’a ravagé le cœur ! Si le troisième tome poursuit et termine sur cette lancée, cette trilogie aura pour sûr mon coup de cœur ! Le deuxième l'a déjà en tout cas, impossible de ne pas le lui attribuer.


Autrice : Marie Laberge
Éditeur : Pocket
Collection : Best
Parution : 3 mai 2007
Pages : 949
EAN-13 : 9782266167611


3 commentaires:

  1. J'ai moi même refermé les pages de ce deuxième tome hier soir et que dire de cette fin. Elle me laisse sans voix, que d'émotions.Pour moi, le troisième tome ne risque pas de prendre la poussière dans ma PAL.

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  2. Tu m'as donné envie d'acheter le tome 1, c'est malin, j'avais dit que je me calmais niveau achat de livre ! Je le sais pourtant qu'il ne faut pas trainer sur ton blog trop longtemps^^

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  3. Un jour, il faudra vraiment que je me mette à cette saga ! je n'en lis que du bien... Bon week-end !

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