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vendredi 7 septembre 2012

Le pavillon des enfants fous

Auteur : Valérie Valère
Editions : LGF
Collection : Le livre de poche
Parution : 1er janvier 1978
Nouvelle édition : 1er juin 2007
Pages : 157
ISBN-13 : 9782253030072

À treize ans, Valérie Valère a été internée au pavillon des enfants fous d'un grand hôpital parisien. À quinze ans, elle écrit le récit de ce séjour.

Son livre n'est pas seulement une vision du monde hospitalier, des traitements pour les malades mentaux, le cri pathétique d'une adolescente de treize ans qui, un jour, a refusé toute nourriture : elle prend conscience des raisons profondes qui l'ont amenée au comportement suicidaire qu'est l'anorexie. Et son récit est avant tout l'histoire d'une guérison.

Le témoignage implacable d'une enfant sur le monde des adultes. J'y ai passé deux nuits blanches. Car l'écriture entraîne irrésistiblement. Et puis on veut savoir si elle s'en sort, ou plutôt dans quel état. 

Christiane Rochefort, Le Monde.


Mon avis

Suite à une conversation avec une bloggeuse que j'affectionne tout particulièrement, et qui se reconnaîtra, j'avais ajouté ce titre de Valérie Valère dans ma Wishlist. Retardant le moment de l'acheté, c'est ma très chère Jed's qui me l'avait envoyé lors de notre swap Wishlist. Ne pouvant plus reculer, voulant faire baisser ma PAL également, je me lançais il y a deux jours dans le récit sombre de cette petite fille solitaire. 

Valérie Valère pourrait être comparée à une étincelle, on a de la peine à la faire prendre, puis elle se met à briller, pour s'éteindre aussitôt. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas ce destin tragique, je renvois simplement vers la page wikipédia, pour faire simple.   

Comment, est-ce qu'à 15 ans, peut-on parler avec une telle rage? On en a les mains qui tremblent, en tenant ce petit livre de poche, si léger, tout comme elle lors de son internement dans cet asile : 13 ans, 30 kilos. Valérie fait valser les mots sur les pages, pour les envoyer avec force contre le mur! On sent qu'il lui a été impossible de faire un récit qui suit une certaine trame, un fil rouge quelconque, les mots et les phrases se chevauchent, se répètent, se perdent... Si des modifications auraient pu être apportées par l'éditeur, ce dernier a tenu à ce que le texte reste inchangé, pour marquer réellement la détresse et le désespoir de sa créatrice.  

C'est un livre à lire. Pour quelles raisons exactement je ne saurais le dire. 

mardi 24 janvier 2012

Rien ne s'oppose à la nuit

Auteur : Delphine de Vigan
Editeur : JC Lattès
Collection: -
Parution : 17 août 2011
Pages : 436

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.


Mon avis

Depuis son livre No et moi, je suis devenue une accro à Delphine de Vigan. Jour sans faim et Les heures souterraines ont rythmé mes lectures. Bien sur que je me suis jetée sur son dernier roman, que j'ai commencé aussitôt.
Un très beau style, comme je m'y suis habituée dans ses précédents livres. Pendant une grande partie du roman nous allons avancer sous les traits d'un narrateur extérieur, et par la suite, par Delphine elle-même.

Je ne lis que très rarement des biographies, ou des autobiographies, d'ailleurs quand j'ai commencé celle-ci je m'attendais à un roman, quelque chose de fictif. Alors c'est sur, quand j'ai compris que Delphine nous parlait de sa mère, ça m'a tout de suite touchée. Il n'y a aucune intrigue, tout repose sur les souvenirs de la mère de l'auteur. J'ai trouvé cette manière de raconter les événements magnifique, comme si tout cela n'avait pas existé, comme si on parlait de la vie de quelqu'un d'autre.
Malheureusement cette vie a bel et bien été vécue. A première vue, très prometteuse, et remplie d'avenir. Puis plus les années passent, plus les rêves s'effacent. Chaque personnage est réel, chacune de leurs actions chacune de leurs paroles, bien que cette fille qui raconte la vie de sa mère romance quelques passages, étoffe certaines scènes.

Durant toute cette vie l'ambiance est lourde, très sombre et étouffante. Je refermais des fois le livres quelques instants pour respirer, regarder dehors, admirer le paysage. Et durant toute cette lecture je me posais cette même question : Comment l'auteur a-t-elle eu le courage de rédiger ceci sur sa mère ? Ou a-t-elle puisé cette force ? Comment a-t-elle affronté le reste de sa famille, pour faire aboutir ce livre ? Ce livre reste pour moi un hommage de Delphine à sa mère, ainsi qu'un témoignage prenant sur les crevasses que l'on peut rencontrer dans sa vie, et celles que nos proches doivent traverser également. Il faut savoir faire face, apprendre à aider, à soutenir ces gens qui nous sont chers. Quand bien même cela devient difficile.
J'en ai presque les larmes aux yeux en rédigeant cette chronique. Il y a des livres, comme ça, qui laissent en vous une trace, et qui demande du temps pour être digéré, comprit.

Je terminerais par un grand merci à cette auteur, que j'admire de plus en plus. 


mercredi 18 janvier 2012

Pierre Bottero

Nous sommes dimanche 8 novembre et Pierre Bottero a un accident de moto, à 45 ans l'écrivain à succès ne s'en relèvera pas.
Marié et papa de deux filles, c'est avec un choque énorme que je dis adieu à ce maître de la littérature Jeunesse. Comme Ewilan et Ellana m'ont transporté dans ce monde tellement étrange mais agréable. Le plaisir que j'ai eu à découvrir les familles de Nathan et Shaé. Les larmes qui me sont venus aux yeux avec Zouck.
Non je ne vais pas m'attarder sur une biographie et bibliographie de l'auteur, ses œuvres sont assez connues pour ne pas avoir besoin de plus de détails.

Une chose restera graver en moi à jamais je pense. En mai 2009 je travaillais au Salon du livre de Genève, et Pierre Bottero était en dédicace, sans plus attendre je me dirige vers sont stand, qui comptait déjà beaucoup de fan. Comme tout le monde je fais la queue et attend mon tour. Quand j'arrive enfin devant lui je lui tends mon livre (Ellana tome 2), et me réjouis de découvrir ce qu'il va m'écrire. Il fixe le badge des personnes travaillant au Salon que je porte autour du cou, et me dit « Vous travaillez pour qui ? » rouge comme une tomate je donne le nom de ma librairie. Il me complimente sur mon métier, me signe mon livre et avant de partir me dit : « Alors à l'année prochaine. » Oui seulement l'année prochaine il ne sera pas là.

Hommage.

Quand j'étais nietschéen

Auteur : Alexandre Lacroix
Editeur : Flammarion
Collection: -
Parution : 24 août 2009
Pages : 255

À seize ans, j'ai découvert les livres de Nietzsche. J'ai lu La Généalogie de la morale au moment de mon anniversaire. Ces lectures m'ont plongé dans une douce, amère et terrible folie. Leur effet a duré un peu plus d'un an. Pendant quatorze mois, j'ai vu le monde, j'ai parlé, j'ai agi, j'ai respiré même à travers Nietzsche. Rien d'autre n'existait, j'étais habité par sa pensée, possédé par elle. Le livre que vous tenez entre les mains est une reconstitution, aussi fidèle que la mémoire le permet, de cette possession.


Mon avis

Une autobiographie, ce n'est pas courant pour mes lectures, je préfère les romans. La particularité avec Lacroix, c'est que son portrait d'adolescent accro à la philosophie de Nietzsche est très romancé. C'est ce qui m'a plût dans ce livre. On ne se croirait pas dans sa vie à lui, mais vraiment comme dans un romans fiction. Les scènes sont des fois gênantes on a l'impression d'être rentré trop loin dans sa vie, et pourtant on continue. Le tout est plutôt raconté avec humour.
J'ai passé un très bon moment à lire ce livre. Ca m'a donné par la même occasion envie de lire quelque chose de Nietzsche.
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