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mardi 12 juin 2018

Si vulnérable


La famille Virtanen est unie, bien sous tous rapports. Les parents ont un emploi stable, leurs deux filles mènent une scolarité brillante. Ils sont sociables, serviables, avenants. Tous leurs voisins s'accordent à te dire. Pourtant, un jour, le père tue ses enfants, puis son épouse, avant de se donner la mort.

Pour Lauri Kivi, chroniqueur judiciaire dans l'un des plus grands quotidiens d'Helsinki, cette tragédie n'est pas sans en rappeler d'autres de même nature. Il décide d'investiguer. Il étudie les cas, traque les similitudes, interroge sans relâche et découvre enfin que sous leur aspect lisse, ces familles cachaient aux yeux de tous de terribles drames. Enfant, Lauri lui-même a été marqué par la violence de son père et cette enquête réveille ses démons intérieurs. Pire, des rapports troublants semblent le lier à l'une des victimes.

Et si ces tueries familiales n'étaient pas le résultat d'une soudaine folie meurtrière mais le fait d'un tueur en série ?


Mon avis

Merci aux éditions Fleuve Noir pour l'envoi de ce roman, un thriller aux allures de Millénium. N'ayant jamais lu (mais vu) ce dernier, je ne vais pas m'amuser à faire de comparaison. Dans l'ensemble, j'ai apprécié l'intrigue et la révélation, par contre, j'ai trouvé le rythme très lent, avec des scènes beaucoup trop détaillées, qui perdaient de plus en plus de leur intérêt au fil de l'histoire.

Lauri est journaliste dans l'un des plus grands journaux de Finlande. On le découvre avec un lourd passé, difficile à oublier et qui le handicape tous les jours. Il va commencer à rédiger des articles sur des tueries familiales, où le père de famille décide de tuer femme et enfants et de se suicider. Très vite, Lauri comprend qu'on est loin du simple pétage de câble du père, et que quelque chose de bien plus gros se cache là derrière.

Lauri est un personnage très particulier. L'auteur en fait rapidement un antihéros, avec une enfance sombre et terrifiante qui l'a amené vers un avenir peu glorieux selon les moments de sa vie. Il possède ses faiblesses, et avec ça ses colères et ses doutes, qui lui joueront souvent de bien mauvais tours. Les personnages blessés par la vie ne me dérangent pas, j'ai souvent bien plus d'empathie pour eux. Mais Lauri avait ce petit quelque chose qui fait qu'il ne me plaisait pas. Son comportement avec les autres peut largement être compréhensif, mais il allait souvent trop loin. Notamment avec les femmes. Les seuls personnages féminins présentés sont soit des trophées, soit des victimes. Aucune n'est présentée sous un jour avantageux.
Je peinais à m'intéresser à ce personnage, alors que l'enquête était vraiment intrigante. Mais elle passe rapidement en arrière-plan, alors que l'auteur se concentre sur son personnage principal. Le rythme est mal dosé. Ce qui fait que j'ai rapidement sauté des passages.

C'est un genre de roman qui n'est, probablement, pas fait pour moi. J'aime les intrigues, et ici les états d'âme et vies des personnages passaient avant l'enquête. Bien sûr, j'aime quand l'auteur me donne des informations sur ses personnages, leur crée une vie propre à côté de l'intrigue, mais pas qu'elles deviennent plus importantes que la résolution de l'enquête.
Les meurtres ne sont pas le centre de l'histoire. C'est la psychologie de l’enquêteur qui est sur le devant de la scène. Ce qui n'est pas mal, juste déstabilisant quand on attend plus d'une enquête.

La révélation est bien trouvée, je ne l'avais pas vue venir. Il y a donc cet effet de surprise que je recherche tant. Mais ça ne rattrape pas le reste.


Auteur : Simo Hiltunen
Éditeur : Fleuve éditions
Collection : Fleuve noir
Parution : 8 février 2018
Pages : 587

vendredi 23 mars 2018

Neshov, tome 3 : L'héritage impossible


Suite au terrible secret révélé au clan des Neshov, la fratrie se disloque dans de pesants non-dits. Jusqu'au jour, funeste, où ils doivent faire face, ensemble. Dans une chaleur suffocante, Torunn, héritière malgré elle de la ferme familiale et des guerres silencieuses du passé, dénouera leurs destins - traçant une vie nouvelle.


Mon avis

Peut contenir des spoils concernant Laterre des mensonges et La ferme des Neshov.

Me suis-je précipitée sur le troisième tome, dès la fin du deuxième ? Tout à fait ! Il me semble même que c’est la première fois que ça m’arrive. J’ai toujours ce besoin de créer une coupure dans un univers qui se suit sur plusieurs volumes. C’est un réflexe. Là, je n’avais qu’une envie, continuer à suivre ces personnages. Je ne pouvais pas les laisser sur cette demi-scène. Imaginer les lecteurs qui ont dû attendre que la suite soit écrite m’a déjà fait assez de peine comme ça.

Torunn est sur le seuil de la porcherie. Et le pire est bien sûr arrivé. Car il arrive toujours. Mais que faire maintenant ? Les porcs ne comprennent pas, on doit s’occuper d’eux de toute urgence. Et le reste du monde continue de tourner. Cette femme qui se croyait seule avec sa mère en plein divorce, s’était soudainement attachée à cette partie de sa famille, inconnue. Et voilà que du jour au lendemain, alors que le poids était déjà considérable depuis quelques semaines, tout repose sur ses épaules. Vraiment tout. Cette femme va se laisser ensevelir sous les responsabilités. Jusqu’à l’épuisement. Les différents paliers de vie qu’elle va traverser sont très intéressants à observer. Ses réactions peuvent paraître vides au départ, elle agit par automatisme en attendant que tout se règle un jour ou l’autre, sans qu’elle ait besoin d’en faire plus. Mais bien sûr, rien ne se produit et elle s’enlise dans une routine fade.
Margido prend encore un peu plus d’ampleur ici, alors qu’il était très discret au début. Pourtant, il est le personnage le plus linéaire de la série pour l’instant. Il évolue avec beaucoup de lenteur et de réalisme.
Erlend continue sa descente, pour remonter en flèche vers la fin. Sa condition et les changements dans sa vie lui imposent d’évoluer. Sa future paternité lui monte à la tête, et rien d’autre n’occupe son esprit. Plus rien ne passe avant ses projets. Il ne se rend pas compte que certains détails pour lui sont des montagnes insurmontables pour les autres.

J’ai trouvé ce tome très intéressant. On y voit différentes évolutions de la dépression et de la charge mentale qui s’accumule, et les façons dont les gens y réagissent. Il aurait fait une très bonne fin. Je suis tout de même heureuse de savoir qu’un quatrième volet existe, et que je vais pouvoir revoir ces personnages, et savoir ce qu’ils sont devenus.


Autrice : Anne B. Ragde
Editeur : 10X18
Collection : Domaine étranger
Parution : 19 janvier 2012
Pages : 332

mardi 20 mars 2018

Neshov, tome 2 : La ferme des Neshov


Après l'enterrement de leur mère, les frères Neshov pensaient reprendre le cours de leur vie. Mais tout a changé : Erlend est confronté au désir d'enfant de son compagnon, Margido à sa solitude et Tor, l'aîné, vit mal son quotidien à la ferme, auprès du «père»... À leur insu, le drame couve et, pour chacun d'eux, l'heure des choix a sonné.


Mon avis

Peut contenir des spoils concernant La terre des mensonges.

Idéal pour un Cold Winter challenge, la saga des Neshov d’Anne B. Ragde est glaciale et secrète. J’avais beaucoup aimé le premier tome, lu l’an dernier. Je ne voulais pas trop attendre avant de me lancer dans la suite. Une année de battement, pour moi, c’est tout à fait honorable.

La dernière, et première, réunion de famille des Neshov s’était terminée en apothéose ! Après cette révélation, on pouvait attendre beaucoup de la suite. Surtout d’un tome deux, qui est souvent le moins bon de tous, dans les séries/trilogies que j’ai pu lire. Ici, l’autrice se renouvelle et fouille un peu plus ses personnages. La vie essaie de reprendre son cours, presque trop rapidement, et les liens qui s’étaient créés à la ferme se dissolvent rapidement. Toujours aussi piquante, la plume de l’autrice croque tout ce joyeux petit monde, autant dans leurs bons que leurs mauvais moments.

Torunn essaie de reprendre sa routine quotidienne, à la clinique où elle est éducatrice canine. Mais la découverte de tout un pan de sa famille, inconnu jusqu’à il y a encore quelques jours, la marque fortement. La voilà précipitamment impliquée dans ces vies, alors qu’elle doit garder la sienne à flot. Elle va tomber amoureuse, et va être tiraillée entre ses envies et celles de sa famille. C’est un personnage, qui encore une fois, aura su me passionner.
Erlend devient de pire en pire. Alors qu’il faisait partie de mes personnages favoris, il baisse énormément dans mon estime. Toujours très matérialiste, au-dessus des autres, même snob, il n’aura plus su me charmer. Si dans le premier tome je le trouvais drôle, ici, il est devenu insupportable. Pourtant, au fond, il a de belles valeurs. C’est un personnage très fidèle, et qui sait ouvrir son esprit sur certaines choses, alors qu’il est totalement fermé et aveuglé pour d’autres.
Les personnages de la ferme sont toujours les mêmes personnages de la ferme. On sent un léger changement, dans leurs réflexions, suite à la révélation de la fin du précédent tome. Mais rien de flagrant. Ils essaient de garder ça pour eux, de faire comme si ça n’impactait pas leurs vies. Tor doit continuer à s’occuper des porcs, Margido de ses cercueils et le père… de sa télé.

Pourtant, un événement va venir tout bouleverser. Encore un. L’autrice arrive toujours à trouver quelque chose de nouveau. Et suite à ça, tout va aller très vite. Les mauvais moments vont s’enchaîner et prendre des proportions énormes !
L’ambiance froidement triste est moins présente. On découvre les univers de Torrun et Erlend, et chacun va nous faire voir un peu du pays. Ça change, et j’ai aimé ce changement.

Et la fin. Encore une fois, décapante !
J’étais tellement abasourdie par cette fin, que j’ai attaqué le troisième tome dans la foulée.


Autrice : Anne B. Ragde
Éditeur : 10X18
Collection : Domaine étranger
Parution : 1er septembre 2011
Pages : 349

mercredi 25 janvier 2017

Neshov, tome 1 : La terre des mensonges

Quelques jours avant Noël, en Norvège, dans une ferme délabrée de Trondheim, la tyrannique Anna Neshov se meurt. Ses trois fils, leur père, ombre fantomatique, et Torunn, l'unique petite-fille, se retrouvent alors pour la première fois pour une confrontation explosive où éclateront les drames secrets dont sont tissées leurs vies...


Mon avis

Cette auteure fait partie de mes belles découvertes de 2016 ! Anne B. Ragde m’avait vraiment surprise avec Un jour glacé en enfer, un roman poignant et déroutant. J’avais donc hâte de la relire, et bien sûr, je me devais de découvrir sa trilogie, celle qui fonctionne le mieux en librairie : La terre des mensonges. De la neige, la Norvège et des secrets de famille, devinez à qui ça allait plaire tout ça ? Oui ! À moi !

Les premiers chapitres m’ont un peu déconcertée je dois bien l’avouer, et au bout de 40 pages, j’étais beaucoup moins sûre de vouloir continuer. Ragde décide de nous croquer le profil de ses personnages sur une centaine de pages. Alors qu’on s’attend à des règlements de compte entre frères, on se retrouve à les suivre dans leur quotidien avant le grand drame familial. Le premier chapitre sur Margido me faisait même me poser la question de savoir si je ne m’étais pas trompée de bouquin. Mais quand on comprend la construction de l’histoire, on repart de plus belle, et on prend plaisir à découvrir ces personnages.
Ce premier tome peut paraître lent, et il l’est d’ailleurs. Mais d’une lenteur intéressante, et certainement voulue. C’est un rythme qui ne m’a pas dérangé, car il colle parfaitement au récit. Une fois qu’Anna est à l’hôpital, le temps s’est arrêté pour certains personnages. Et on le ressent à travers la plume.

Mon personnage préféré est certainement Erlend. Le troisième frère, le petit dernier et rejeté par sa famille. La première fois qu’on le rencontre à Copenhague, loin de la Norvège, j’ai trouvé ce personnage attachant dans son exubérance. Il a réussi dans la vie et aime vivre dans le luxe, maintenant qu’il peut se le permettre. Il a pour moi aussi de multiples facettes. On le découvre détaché de sa famille, vivant le parfait amour avec Krumme dans leur magnifique appartement à Copenhague. Et on va le suivre à travers plusieurs états d’esprit. C’est pour moi le personnage que l’auteure creuse le plus. J’ai aimé le voir dans toutes ces situations différentes, et comment il arrive à faire face, ou non.
Torunn est touchante également. Unique petite fille d’Anna, elle n’a jamais rencontré sa grand-mère et va traverser le pays pour voir cette femme pour qui elle n’est rien. Il faut beaucoup de courage, je pense. Tout le monde ne l’aurait pas fait. Elle va également s’attacher à son père, qu’elle connaît si peu finalement, mais pour qui elle va faire beaucoup d’efforts. Bien qu’on apprenne peu de choses sur la personnalité d’Anna, je pense que Torunn possède certains de ses traits, sans le savoir. Seule femme dans un cercle d’hommes, elle mène son monde à la baguette et ils la respectent.
Le père, Tor et Margido évoluent trop peu dans ce premier tome pour que je puisse me prononcer sur eux. J’attends de voir le reste des révélations et leurs avancées dans les suites pour me faire une plus nette idée sur eux.

Comme je le disais en début de chronique, le rythme est assez lent, et la quatrième de couverture nous promet des mensonges, des secrets de famille et donc des révélations. On doit prendre notre mal en patience et attendre les 15 dernières pages pour avoir du croustillant à se mettre sous la dent. Mais c’est pour découvrir quelque chose de plutôt énorme, qui nous fait relire la phrase dix fois pour être sûr d’avoir compris correctement. La suite promet, car après ça, il est difficile de faire comme si de rien n’était et continuer à vivre normalement. Les trois frères mais aussi le père et la petite-fille vont devoir remettre radicalement toute leur vie en question. Et j’ai hâte de lire ça !

Ce qui m’avait frappé dans Un jour glacé en enfer, c’était cette Norvège sale et froide, on aimerait s’imaginer des balades dans la neige, et en rentrant, se réchauffer avec un bon feu de cheminée. Eh bien non, ce n’est pas ça. Anne B. Ragde garde cette atmosphère ici. C’est glacial, mordant et carrément dérangeant à certains moments. Si vous cherchez une ambiance cosy, vous serez déçus, on en est loin. Très loin. La ferme des Neshov est froide et peu accueillante, voire même très crade et pas très bien entretenue. Les temps sont durs.

Auteure : Anne B. Ragde
Éditeur : 10X18
Collection : Domaine étranger
Parution : 3 mars 2011
Pages : 350
EAN-13 : 9782264051288

mardi 19 janvier 2016

Un jour glacé en enfer

Auteur : Anne B. Ragde
Editeur : 10X18
Collection : Littérature étrangère
Parution : 2 octobre 2014
Pages : 282
EAN-13 : 9782264055446

Peut-être n'est-ce rien d'autre que lui, ce meneur de chiens rustre et glaçant, qu'elle est venue chercher dans ce chalet perdu au milieu du Grand Nord. Cet homme aux mains violentes et au désir brut, presque bestial, qui la fait trembler sous sa fièvre en fendant son corps de plaisir. Mais à force de passion et de soumission, le rapport de force s'intensifie entre les deux amants. Jusqu'au jour où l'un d'eux doit sauver sa peau...


Mon avis



Je m’étais offert ce livre sur un coup de tête. Voulant découvrir l’auteure, et trouvant la couverture parfaite, j’avais craqué sans trop savoir dans quoi je me lançais. Au final, je ressors amoureuse de la plume d’Anne Ragde, je suis très heureuse d’avoir déjà en ma possession le premier tome de « La ferme de Neshov ».

Le plus perturbant dans ce roman, c’est certainement l’absence d’identité des personnages. On a souvent l’habitude de lire des romans où l’on connaît au moins leur prénom et leur physique. Ici, tout reste très flou, c’est voulu, et ça avantage l’histoire durant un bon moment. Jusqu’au moment où ça craque légèrement, mais j’y reviendrai. Mon coup de cœur va à la plume de l’auteure, elle adopte son style à l’environnement de son roman. Sèche, cassante et froide. Elle n’a pas peur d’être rude ou vulgaire, elle se mêle complètement à ses personnages.

Elle, c’est une jeune femme, la trentaine je dirais. Je l’ai imaginée blonde, le stéréotype nordique, mais suffisamment sportive pour résister au train de vie qui l’attend. Elle est arrivée mystérieusement, je pense qu’il devait faire nuit, dans la vie de cet homme qui l’a prise avec lui. Et depuis, elle vit avec lui, lui rend service dans son chalet avec ses chiens de traîneau. J’ai un avis mitigé, mais mitigé dans le bon sens du terme, c’est-à-dire que pour moi elle possède plusieurs facettes, et sait s’en servir. Je n’ai pas aimé toutes ses facettes, mais elle sait en jouer, et utiliser la bonne pour toujours être gagnante. Elle veut faire la différence, montrer qu’elle n’est pas comme les autres qu’il a pu avoir avant. Mais en même temps, elle se retrouve vite dans une routine peu sûre, en compagnie d’un homme clairement dominant.
Lui est un homme sûr de lui, qui vit pour ses chiens, et qui fait vivre ses chiens pour lui. Sa vie se résume aux mots : courses et traîneau. Je l’imaginais très grand et rustre, bourru, préférant le silence aux paroles inutiles. Un peu plus âgé qu’elle. Peut-être dix ans de plus. Les douches et les bains sont des choses dont il essaie de se passer le plus longtemps possible. Il n’aime pas les faibles, et se moque allégrement des sentiments des autres. Si j’aime les hommes bourrus habituellement, lui m’a clairement dégoûtée. Ce n’est pas le genre de bourru que j’aime, il est bien trop inhumain pour être appréciable. Mais il apporte beaucoup de challenge au personnage féminin, et c’est ce que j’ai aimé.

Le roman est parcouru de scènes de sexe assez brutales, et peu confortables. Si vous êtes sensibles à cela, et que pour vous l’acte sexuel doit forcément être beau et romantique… passez votre chemin. C’est limite plus glamour de regarder les chiens de traîneau se sauter dessus ! Pourtant, cette brutalité dans l’acte ne m’a pas gênée, je dirais même qu’elle allait parfaitement avec l’ambiance de l’histoire. C’est sale et intense. Mais rien ne fait rêver dans ce roman, c’est juste difficile. Je ne m’attendais pas à autre chose, je ne suis donc pas déçue de ma lecture.

Le petit bémol où je voulais en venir avec l’identité des personnages, c’est qu’au bout de presque 300 pages, on ne lie aucun lien avec eux. On se sent très en retrait, et c’est ce qui peut déranger car finalement on ne sait pratiquement rien d’eux, on les suit d’un instant T à un autre, et c’est tout. Il n’y a pas de réelle finalité. La fin du roman est d’ailleurs une espèce de boucle où l’on a l’impression que tout va recommencer. Mais malgré ce petit moins, j’ai été complètement happée dans cet univers glacial. Les paysages m’ont vendu du rêve comme je m’y attendais, même si la neige n’est pas belle à force, elle est aussi tranchante que des lames.
 

lundi 8 juin 2015

La lettre à Helga

Auteur : Bersgveinn Birgisson
Editeur : Points
Collection : Points
Parution : 12 février 2015
Pages : 124
EAN-13 : 9782757840795

De retour pour un été dans la maison où il passa toute sa vie, Bjarni Gislason décide d'écrire à la seule femme qu'il ait jamais aimée : Helga. Depuis le temps, la plupart des témoins ont disparu mais l'ancien éleveur de brebis se souvient de tout : la violence de son désir, l'âpreté de son existence, la beauté de la nature... Sa lettre, qui tient autant de la déclaration d'amour passionnée que de l'hymne à la terre et au mode de vie rural, est pour lui l'occasion de faire une dernière fois le tour de ce que fût son existence, et de s'interroger sur les raisons qui poussent un homme à faire "la sourde oreille" au "doux appel de l'amour". 


Mon avis

Reçu de la part des éditions Points, "La lettre à Helga" possède ce mystère dès le résumé, qui me captive et m'intrigue.

L'auteur utilise la lettre pour que son personnage s'exprime, Bjarni est un homme plein de regrets et de souvenirs. Amoureux d'Helga, il lui raconte enfin tout, dans sa longue lettre. J'ai aimé ce livre, aussi petit soit-il, car il renferme quelque chose de très fort. On découvre dans un premier temps la beauté de l'Islande. Ces prairies et champs à perte de vue, la douceur de la tranquillité. Notre narrateur est un paysan, il aime travailler la terre, se retrouver seul avec lui même. On le découvre même allergique à la ville, ces citadins tous plus sombres les uns que les autres, avec cette mine triste qu'ils trainent comme un boulet derrière eux. J'ai comprit ce personnage pour beaucoup de raisons. On découvre ensuite cette tension sexuel qui traine dans les sentiers de montagne et proche des lacs. Il a aimé Helga. Cette femme si belle, si forte, elle est tout ce qu'il désire, alors que lui même est marié. Dans cette lettre il lui dit enfin tout. Ses regrets et ses craintes. Son amour également. 

C'est un texte violent, qui résonne à nos oreilles longtemps après avoir été refermé. On ressent tout ce que le personnage exprime. C'est une lettre de fiction probablement, mais l'auteur met en avant tellement de détails, en si peu de pages, qu'ils nous donnent l'impression de retranscrire quelque chose du passé. Comme une lettre retrouvé. 

Un petit livre, qui fait beaucoup de bruit dans notre coeur. 

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jeudi 1 janvier 2015

La véritable histoire de Noël

Auteur : Marko Leino
Editions : Michel Lafon
Collection : -
Parution : 13 novembre 2014
Pages : 300
EAN-13 : 9782749922317

Au cœur de la Laponie, pays des neiges éternelles, le jeune orphelin Nicolas est recueilli par les habitants de son village. Mais ils sont tous trop pauvres pour pouvoir l’adopter. Le Conseil des Anciens prend alors une décision inédite : chaque année, le garçon sera pris en charge par une famille différente, et il en changera le jour de Noël.
Avec une étincelle d’espoir et de joie de vivre, Nicolas décide de se consacrer à sa passion : fabriquer des jouets. Le garçon va ainsi raviver l’émerveillement au cœur de cette région glacée. Et pourrait bien être à l’origine d’une des plus belles légendes.


Mon avis


Ce livre crie Noël de partout, et quand j’ai commencé à le voir chez les autres, j’avais envie de le voir chez moi également. Il existe un film aussi, que je n’ai pas encore vu, mais qui possède cette même affiche, et j’hésite presque à me le regarder l’année prochaine seulement. A voir.

L’histoire est celle de Nicolas, jeune orphelin, qui va se faire adopter par tout un village. J’ai trouvé cela tout simplement adorable, et en même temps triste. Le bon côté c’est que c’est le village entier qui se mobilise pour ce petit garçon, mais d’un autre je trouvais cela horrible que personne ne veuille complètement de Nicolas, même si les différentes raisons de chaque habitants sont expliquées, je trouvais cela triste. A 5 ans on a besoin d’une famille, une vraie, des gens qui prennent soin de vous, et sur qui vous pouvez compter. Nicolas est ici trimballé de maison en maison chaque année, il n’appartient à rien. Toute fois, cette expérience va permettre au garçon de s’endurcir bien sur, et il va plutôt bien vivre cette situation au fil des ans. L’auteur met vraiment en avant les situations de la vie, des choses qui peuvent arriver, et qui changent les gens. Chaque geste de Nicolas adulte, est lié à ce qui lui est arrivé durant son enfance. C’est comme une marionnette, on tire sur une ficelle à un bout, ça bouge de l’autre.

Nicolas est un personnage très courageux. Il m’a impressionné de les premières pages, c’est une autre époque aussi, les enfants devaient grandir plus vite pour aider leurs parents. Et notre héros est un enfant très dévoué, qui veut aider, veut faire juste. L’idée d’être un fardeau pour ces familles lui est insupportable bien sur, et il aide du mieux qu’il peut. Son idée de tradition de Noël naît alors qu’il doit partir de sa famille actuelle, pour se rendre dans la suivante. Il décide d’offrir des cadeaux aux enfants chez qui il a habité durant toute une année. A 6 ans Nicolas est quelqu’un de réfléchit, qui pense aux autres, et qui veut remercier, faire plaisir.
Mais avec l’âge c’est également quelqu’un qui ne veut plus souffrir, et qui veut se retirer. Ne plus s’attacher à personne c’est éviter de les perdre et d’avoir mal. Seulement il n’est pas parfait, et il lui arrive de faire des mauvais choix également. Mais toujours, jusqu’au bout, son but ultime est de faire plaisir aux enfants, aux autres.

La manière dont l’auteur amène cette légende de Père Noël est très originale, et m’a beaucoup plu. C’est une version très mignonne au départ, et qui finalement prend tout son sens vers la fin. Le côté mystérieux « il ne faut pas voir le Père Noël », la tournée des cadeaux réalisée en une nuit, les rennes à clochettes qui obéissent à un homme en rouge, etc. tout est raconté d’une manière qu’on ne peut qu’y croire.

Le message est bien sur celui que l’on essaye de transmettre par tous les moyens ; le but de Noël c’est d’offrir, et de voir la joie des gens qui reçoivent. Jusqu’aux dernières pages les gens du village vont faire en sorte de faire vivre cette tradition, faire vivre Noël, et j’ai trouvé cela magnifique.
Une très belle histoire de Noël, qu’il faudrait lire un chapitre par soir jusqu’au 24. A garder dans vos bibliothèques précieusement. 

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jeudi 4 décembre 2014

Cyanure

Auteur : Camilla Läckberg
Editions : Actes Sud
Collection : Babel Noir
Parution : 10 octobre 2012
Pages : 154
EAN-13 : 9782330013448

Quelques jours avant Noël, Martin Molin, le collègue de Patrik Hedström, accompagne sa petite amie Lisette à une réunion de famille sur une île au large de Fjällbacka. Mais au cours du premier repas, le grand-père, un richissime magnat de l'industrie, leur annonce une terrible nouvelle avant de s'effondrer, terrassé. Dans son verre, Martin décèle une odeur faible mais distincte d'amande amère. Une odeur de meurtre. Une tempête de neige fait rage, l'île est isolée du monde et Martin décide de mener l'enquête. Commence alors un patient interrogatoire que va soudain troubler un nouveau coup de théâtre...


Mon avis

Me voilà bien lancée dans le challenge, et j’ai rapidement lu Cyanure de Camilla Läckberg. Je n’ai jamais lu aucun de ses livres, mais je sais que son personnage principal n’est pas présent dans ce petit Spin Off, on rencontre le collègue de Patrick Hedström, Martin. Se basant sur le schéma des meilleurs romans à énigmes des grands auteurs du genre, Camilla nous plonge dans une tempête de neige, au milieu d’une petite île Suédoise, ou les occupants sont coincés pour un repas de famille.

Le livre commence comme une partie de Cluedo. Le chef de famille casse sa pipe durant le repas, alors qu’il reprochait à chacun des membres de sa famille de dilapider son argent. Martin étant policier, et le petit ami de la petite fille du mort, comprend tout de suite qu’on a assassiné Ruben, en versant du cyanure dans son verre. Tout le monde est coincé, la tempête fait rage dehors, il y a un assassin dans cette maison.

Heureusement que ce livre est court. L’intrigue et l’ambiance sont bien menés, on hésite plusieurs fois sur l’identité du tueur, mais finalement comme dans une partie de Cluedo, on aime arriver au bout pour savoir qui a fait le coup. Faire plus long aurait certainement fait perdre des lecteurs, car on ne découvre rien de bien intéressant dans cette famille. Les petits secrets de chacun resurgissent, pour se faire une idée de qui aurait pu vouloir la mort de ce vieil homme riche, mais peut aimant envers sa famille. Tout le monde est suspect, et chacun en prend pour son grade.

Comme je le disais, on a hâte d’arriver à la fin pour connaître le fin mot de l’histoire, mais le reste n’est pas assez intéressant pour qu’on se sente transportés dans cette histoire. Sympathique, mais sans plus.

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mercredi 20 février 2013

La septième vague

Auteur : Daniel Glattauer
Editions : LGF
Collection : Le livre de poche
Parution : 28 mars 2012
Pages : 279
EAN-13 : 9782253163091


Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l'unissait en esprit à Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontre, pas de sexe, pas d'avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d'amour où l'on ne connaît pas le visage de l'autre ? Où l'on rêve de tous les possibles ? Où les caresses sont interdites ? «Pourquoi veux-tu me rencontrer ?» demande Leo, inquiet. «Parce que je veux que tu en finisses avec l'idée que je veux en finir», répond Emmi, séductrice.

Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l'amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit, jusqu'au dernier mail...


Mon avis

J'avoue que je n'ai pas lu la quatrième avant ma lecture, je la découvre en fait maintenant que j'écris mon avis  dessus. En effet, on entrait dans Quand souffle le vent du nord avec un roman uniquement épistolaire. Ca change, c'est innovant alors que nous sommes dans l'ère des communications de plus en moderne le fait d'écrire sous format d'échange n'est pas très répandu. 

Daniel Glattauer sait manier le langage mail à la perfection. Important, vu que tout son roman repose sur un dialogue continu. Il ne faut surtout pas perdre le lecteur et savoir le garder accrocher à cette seule action qui est un échange de mail. De messages entre deux personnes qui ne se sont jamais vu. Donc on souligne une fluidité parfaite dans l'écriture, qui nous permet de suivre aisément cet échange. Glattauer sait utiliser les mots de ses personnages pour nous faire passer du rire aux larmes, du malaise au soulagement. 

Alors que dans Quand souffle le vent du nord, on découvre nos deux personnages qui commencent à s'écrire par hasard, dans La septième vague, c'est un retour, une rupture qui essaye de se faire oublier. J'ai trouvé Leo et Emmi beaucoup plus acerbe et prêt à chercher la petite bête, lancer des petites piques qui, ils le savent, feront mal, vont déranger l'autre. Contrairement au premier, ou leurs échanges étaient plus doux, plus mignon et peut être plus diplomate. On comprends très vite ou ils veulent en venir, mais aucun des deux n'est prêt à faire le premier envers l'autre. Et alors? Est-ce que cela donne un coup de moue au roman? Absolument pas. Car on veut savoir par quoi ils vont passer, que vont ils s’infliger encore. 

J'avais peur que le genre épistolaire s'essouffle et que l'auteur passe éventuellement quelques partie sous format romancé. Heureusement que non! Même quand il se passe huit jour sans message, on apprend les nouvelles comme les deux protagonistes, en même temps qu'eux. 
Je suis très contente d'avoir retrouvé Leo et Emmi, de les avoir lu à nouveau de m'être plongée dans leur histoire, comme si j'étais une intruse, une étrangère dans leurs boites mails. Une belle aventure. 

lundi 25 juin 2012

Purge

Auteur : Sofi Oksanen
Editions : LGF
Collection : Le livre de poche
Parution : 1er février 2012
Pages : 430


1992, fin de l'été en Estonie. L'Union soviétique s'effondre et la population fête le départ des Russes. Sauf la vieille Aliide, qui redoute les pillages et vit terrée dans sa ferme. Lorsqu'elle trouve dans son jardin Zara, une jeune femme meurtrie, en fuite, que des mafieux russes ont obligée à se prostituer à Berlin, elle hésite à l'accueillir. Pourtant, une amitié finit par naître entre elles. Aliide aussi a connu la violence et l'humiliation... À travers ces destins croisés pleins de bruit et de fureur, c'est cinquante ans d'histoire de l'Estonie que fait défiler Sofi Oksanen.


Mon avis


Purge. Le titre raconte à lui seul ce que sont ces deux femmes. De par leurs agissements et leur vie passée, Zara et Aliid ne sont que des Purges, pour ne pas dire autre chose, pour rester dans le poli(tiquement correct), et dans le publiable. Pourtant Sofie Oksanen ne se gêne que très moyennement pour raconter des cochonneries et des situations vulgaires aux lecteurs. Malgré cette vulgarité, très présente dans certains chapitres, l'auteur arrive à nous embarquer dans leurs histoires avec beaucoup de facilité. Une plume aussi lourde que du plomb, qui matraque le lecteur et l'empêche de décoller sereinement de ce récit.

Les paragraphes consacrés à Zara ne sont pas les plus évidents, n'ayant pas sa langue dans sa poche, cette jeune Russe, enfin Sofi, ne se soucie pas du fait qu'elle choc, ou non. Attention public de -18 ans s’abstenir, les mots se référents à des parties intimes fusent! Le langage est cru et sans détoure, Zara ne compte pas prendre de gants avec nous, en tout cas pas de gants en soie. Cependant ce n'est pas Zara la plus purge des deux. Aliid n'a rien a envié à la jeune fille, avec son passé plus que lourd et traumatisant. A travers ce personnage on se rend bien compte de l'horreur qu'on du vivre les personnes d'Estonie dans les années 1950, alors que la deuxième guerre mondiale est enfin terminé cette partie du monde est encore bien loin de la paix tant souhaitée.

Néanmoins, les passages du passé d'Aliid sont un peu lents et peu passionnants, bien que cette période le soit, ce personnage ne nous fait avancer qu'avec très peu d’engouement. Un gros bémol pour ce milieu de roman qui se saute assez facilement, sans qu'on perde le fil.

Pour finir, Purge, est un roman qui mérite d'être lu, rien que pour le style de l'auteur qui est grandiose. Dommage que certains passages soient lent et sans importance. 
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